Techniques d’Interprétation Saxophone Pour Une Musique Plus Expressive

🎷 Tu sais jouer les notes… mais est-ce que tu racontes vraiment quelque chose avec ton saxophone ?

Que tu joues du jazz, de la pop ou de la musique classique, ces idées vont t’aider à sonner plus expressif, plus personnel, plus musical.

Interpréter une mélodie au saxophone ne consiste pas seulement à jouer les bonnes notes au bon moment. Interpréter, c’est transformer une ligne écrite en un discours expressif, personnel et vivant. Le saxophone, par sa proximité avec la voix humaine, offre une large palette de nuances et d’inflexions. Voici cinq axes essentiels pour enrichir ton interprétation.

Alors voyons ensemble comment passer de la note au message 🎶🎷

Les nuances (piano, forte, crescendos, decrescendos) participent à l’expressivité. Pense la mélodie comme une phrase parlée : elle monte, elle descend, elle insiste sur certains mots. 

La plupart du temps, les nuances sont indiquées sur la partition. Elles traduisent clairement l’intention du compositeur par rapport à la mélodie. Respecter les nuances est un premier pas indispensable pour interpréter une mélodie. 

Mais il arrive que tu n’aies pas d’indications de nuances sur ta partition : Pense alors à la mélodie quand tu la joue et essaye d’en faire ressortir l’intensité sonore qu’elle mérite selon toi : quels passages, méritent d’être faibles, Pianos, lesquels selon toi doivent être plus forts. 

Le vibrato est l’un des outils expressifs majeurs du saxophoniste. Bien utilisé, il apporte chaleur et profondeur à une note tenue. 

Mais Il ne doit jamais être automatique : certaines notes gagnent à être droites, d’autres à vibrer légèrement ou plus amplement selon le style, le tempo ou l’intensité émotionnelle.

Le vibrato au saxophone est principalement un vibrato de mâchoire, et non de doigt comme à la guitare ou de gorge comme à la flûte.

  • Imagine un mouvement très léger de la mâchoire inférieure, comme si tu disais lentement “ya-ya-ya” ou « wa-wa-wa »sans articuler.
  • La lèvre inférieure reste souple, jamais crispée.
  • Le mouvement est régulier, contrôlé, et vient modifier très légèrement la hauteur de la note

Utiliser le vibrato musicalement

  • Applique-le surtout sur les notes longues, souvent en fin de phrase.
  • Tu peux démarrer la note droite et faire apparaître le vibrato progressivement.
  • Évite le vibrato constant sur toutes les notes : pense-le comme un outil expressif.

Interpréter, c’est aussi jouer avec le temps. Sans jamais sortir de la mesure, tu peux légèrement anticiper ou retarder certaines notes pour créer de la souplesse rythmique. Cette micro-liberté donne l’impression que la mélodie respire et évite une exécution trop rigide.
Cela demande une pulsation intérieure solide : plus tu es ancré dans le tempo, plus tu peux t’en éloigner subtilement. Cette approche est particulièrement présente dans le jazz, la musique brésilienne ou certaines ballades, mais elle enrichit aussi d’autres styles.

Ce qu’on veut faire : 

Tu ne modifies pas la structure rythmique ici, mais la sensation du placement.

  • Tu peux légèrement retarder une note expressive.
  • Ou anticiper une note de passage.
  • Le tout en retombant toujours sur les temps forts.

Comment l’exécuter concrètement

  • Garde une pulsation interne très stable (travail au métronome indispensable).
  • Joue la mélodie parfaitement en place.
  • Ensuite, autorise-toi de micro-décalages volontaires.

Les appoggiatures, notes de passage ou petits glissendos sont autant de moyens d’embellir une mélodie. Ils créent une tension puis une résolution, attirant l’oreille vers les notes importantes.
Attention cependant à ne pas surcharger : les ornements doivent servir l’intention musicale, pas la masquer. Ils sont souvent plus efficaces lorsqu’ils soulignent les temps forts ou les notes structurantes de la phrase.

Qu’est-ce qu’une appoggiature au saxophone ?

C’est une note d’approche, jouée juste avant la note cible.

  • Elle peut être diatonique (dans la gamme)
  • ou chromatique (un demi-ton au-dessus ou en dessous)

Comment les jouer

  • L’appoggiature est courte et légère
  • La note cible reste la plus importante

👉 Exemple :
Pour arriver sur un do :

  • joue un ré (au-dessus) très bref → do
  • ou un si (en dessous) → do

Le glissendo : on l’utilise pour passer d’une note à l’autre, en ajoutant les notes intermédiaires (diatoniques ou chromatiques) entre les deux notes. Par exemple, pour jouer un intervalle do-la (descendant) on intercalera entre le do et le la les notes : si et sib avant de tomber sur le la qui est notre note cible.

Le saxophone permet de “sculpter” chaque attaque. Un scoop, un portamento (glissement continu entre deux hauteurs) ou un vibrato progressif sont des moyens puissants de personnaliser ton jeu.
Ces effets rapprochent l’instrument de la voix humaine et renforcent l’expressivité. Ils doivent être utilisés avec intention : demande-toi toujours ce que tu veux raconter avec cette note précise.

Le scoop

Le scoop consiste à attaquer légèrement en dessous de la note, puis à monter vers elle.

Exécution :

  • Commence la note avec une embouchure plus relâchée.
  • Monte très vite à la hauteur juste en resserrant légèrement la mâchoire.
  • Le mouvement est bref, expressif, jamais caricatural.

🎷 Très utilisé en jazz et en blues.

Le portamento

Le portamento est un glissement continu entre deux notes.

Exécution :

  • Combine :
    • un léger mouvement de mâchoire
    • un relâchement progressif de l’embouchure
    • parfois un doigté intermédiaire (selon l’intervalle)

Enfin, interpréter une mélodie, c’est parfois s’en éloigner légèrement. Ce que j’appelle l’encadrement mélodique consiste à entourer une note cible par des notes voisines (au-dessus, en dessous, chromatiques ou diatoniques), créant ainsi une forme de broderie improvisée.
Cette approche introduit une part d’improvisation tout en respectant l’identité de la mélodie originale. Elle permet de varier les reprises d’un thème, de le rendre plus vivant et de développer progressivement ton propre langage musical.

Conclusion

Interpréter une mélodie au saxophone, c’est trouver l’équilibre entre fidélité au texte et liberté expressive. En travaillant le son, le temps, les ornements et l’improvisation, tu transformes une suite de notes en un véritable récit musical. L’objectif n’est pas d’en faire trop, mais de faire juste, avec intention et sensibilité.

En bonus, si tu veux écouter cet article avec quelques exemple sonores, je t’invite à aller sur ma chaîne Youtube :

Gamme d’Improvisation : Guide Complet

Bonjour à toi ! Si tu es un lecteur assidu de ce blog, tu auras certainement déjà parcouru les articles de la série « gammes d’improvisation ». Et si tu es sérieux, tu as même peut-être commencé à les travailler dans tous les sens et dans toutes les tonalités pour les imprimer dans tes doigts…

Il est temps je pense de revenir sur ces articles pour en faire une synthèse ! Ce sera l’occasion pour toi de réviser ou de vérifier que tu as bien tout compris… Du moins, de la partie théorique : comment les construire et dans quel contexte les utiliser. Pour la pratique, c’est une autre paire de manches et il n’y a que le travail, l’expérimentation et le temps pour te permettre de t’améliorer.

En effet, ne nous voilons pas la face… L’improvisation est un exercice compliqué nécessitant des compétences nombreuses.

Après, tout dépend de ce que vous voulez avoir comme rendu… Sortir un solo digne de Michael Brecker, Bob Berg ou Chris Potter n’est pas donné à tout le monde… Et la majorité des saxophonistes n’en sera jamais capable… et je me mets dans ce lot. Il faut dire que ces musiciens sont tellement des extra-terrestres…Mais c’est aussi pour cela qu’on les aime…

Néanmoins, improviser, c’est composer sur le moment. Composer des phrases musicales sur une progression harmonique en utilisant des notes. Donc improviser, c’est jouer des notes, jusque là tout le monde suit ?? (rire)

Mais quelles notes ?

Nous allons puiser dans un réservoir de notes pour improviser. Ce réservoir provient de différentes gammes que nous prendrons soin de bien choisir au préalable, en faisant une analyse harmonique pour connaître la tonalité du morceau a minima.

Ensuite, une fois la bonne tonalité trouvée, il faudra repérer les bons degrés pour construire les différentes gammes.

Pour rappel, nous allons utiliser des chiffres arabes pour qualifier les degrés d’une gamme. Les degrés, se sont simplement l’ordre d’apparition de la note dans cette gamme.

Exemple pour La majeur :

Voici donc la synthèse de l’architecture des principales gammes utilisées en improvisation (il en existe d’autres, cette liste n’est pas exahaustive):

Je mets ces gammes en premier car elles me semblent être les plus abordables pour les niveaux débutants à intermédiaires. Elles fonctionnent en général avec à peu près tout, si tant est qu’on choisisse la bonne dans le contexte du morceau.

Pour faire simple, les gammes pentatoniques sont déduites des différentes gammes majeures. Elles contiennent 5 notes choisies de ces gammes à partir de certains degrés :

  • La Pentatonique majeure : Composée des degrés 1, 2, 3, 5 et 6, elle est utilisée pour improviser sur des accords majeurs et sur des morceaux ayant une tonalité majeure. 
  • La Pentatonique mineure : Composée des degrés 1, 3b, 4, 5, 7b, elle est utilisée pour improviser sur des accords mineurs ou des morceaux à tonalité mineure. Elle est très courante en blues. 
  • Pentatonique dominante : Composée des degrés 1, 2, 3, 5, 7 d’une gamme majeure, elle est utilisée principalement sur les accords de septième dominante (comme G7 C7 ou A7 par exemple), typiques du blues et du jazz. 

Si vous voulez retrouver les détails de mes explications sur ces trois gammes, je vous invite à cliquer ci-dessous.

Ces gammes sont des variantes des gammes pentatoniques, ajoutant une « note bleue » (b5) pour la gamme blues mineure et un b3 pour la gamme blues majeure. Elles sont essentielles dans le vocabulaire improvisé en blues et dans le jazz fusionné avec le blues.

  • Gamme blues mineure : Composée des degrés 1, 3b, 4, 5b, 5, 7b, elle est utilisée pour donner une sonorité typique du blues, surtout sur des progressions I-IV-V ou sur des accords de septième. 
  • Gamme blues majeure : Elle se construit en partant de la gamme pentatonique majeure, les 6 notes de la gamme blues majeure seront donc les degrés 1-2-3b-3-5-6. 

J’aurais pu commencer par ces gammes car toutes les autres gammes d’improvisation de notre système occidental se construisent à partir de ces dernières (notamment les gammes majeures). Mais le choix des pentatoniques ou blues est en général plus judicieux au départ car il y a moins de notes !

Néanmoins, pour des phrases plus riches et plus colorées, ces gammes vous offrent plus de possibilités et sont fondamentales à connaître et à travailler. D’ailleurs, si vous suivez un cursus de formation avec un professeur de musique, il vous a certainement déjà fait commencer le travail avec des somptueux recueils de gammes (pour ma part, c’était celui de Marcel Mule qui m’a martyrisé dans ma jeunesse)

  • Gamme majeure : Composée des sept notes constituant nos fameux 7 degrés (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7), elle est utilisée pour improviser sur des accords majeurs. En jazz, elle est souvent utilisée dans des contextes plus modaux ou pour des passages de tonalité stable sur des cadences ii-V-I notamment.
  • Gamme mineure naturelle : Composée des notes (1, 2, 3b, 4, 5, 6b, 7b), elle est utilisée pour improviser sur des accords mineurs dans un contexte classique ou modal.
  • Gamme mineure harmonique : Composée des notes (1, 2, 3b, 4, 5, 6b, 7), elle est utilisée dans des contextes de jazz plus complexes, notamment dans les progressions de type mineur avec des accords de septième ou mineurs harmoniques. Cette gamme va très bien fonctionner sur les progressions 2-5-1 mineurs. Personnellement j’adore la couleur orientale de cette gamme ! 

On commence ici à être sur des niveaux plutôt avancés d’improvisation, mais si vous aimez Miles Davis, John Coltrane, Wayne Shorter ou Cannonball Adderley, cette partie va certainement vous intéresser… La musique modale en jazz est une approche où l’harmonie se base davantage sur des modes (gammes dérivées des degrés d’une tonalité) plutôt que sur des accords traditionnels et leurs progressions. Cette approche a marqué un tournant dans l’histoire du jazz dans les années 1950-1960.

Si cela devient trop compliqué (ce serait normal), passez ce paragraphe car il risque plus de vous embrouiller qu’autre chose, et revenez y quand vous serez plus affûté(e) en maitrise des degrés et des gammes…

Néanmoins, voici les modes les plus utilisés : 

  • Mode dorien (mineur) : Utilisé pour improviser sur des accords mineurs. Le dorien est le mode du jazz modal et convient aux progressions d’accords mineurs où il conserve une sonorité mineure mais avec une sixte majeure. Le principe ici est de considérer l’accord mineur sur lequel on se trouve comme le deuxième degré d’une autre gamme. Ex, l’accord A-7 est bien le deuxième degré de la gamme de Sol Majeur, donc on jouera la gamme de Sol majeur mais en partant du La par exemple. Il se construit sur les degrés 1 2 3b 4 5 6b 7b.
  • Mode mixolydien (dominant) : Utilisé principalement pour improviser sur des accords de septième dominante (comme G7). Tous les accords « 7 » sont les cinquièmes degrés d’une gamme majeure. Donc par exemple, sur l’accord A7, nous jouerons Ré Majeur, en partant du La par exemple. Il se construit sur les degrés 1 2 3 4 5 6 7b
  • Mode lydien : Utilisé pour improviser sur des accords majeurs avec une septième majeure, comme dans des contextes de jazz plus modernes. Il possède une quarte augmentée qui lui donne une sonorité unique qui sonne « fantastique » ou « flamboyant ». Pour garder l’exemple l’accord AMaj7 ici sera considéré comme le 4ème degré de Mi majeur. Nous pourrons donc jouer avec quatre dièses à la clé (tonalité de mi Majeur). Il se construit sur les degrés 1 2 3 4# 5 6 7
  • Mode phrygien : Utilisé pour improviser sur des accords mineurs ou dans des contextes d’accords dominants secondaires. Assez avancé aussi, mais si cela vous chante, vous considèrerez ici votre accord de A-7 comme le troisième degré de Fa Majeur. Vous pourrez jouer avec un seul bémol (Tonalité de fa majeur). Il se construit sur les degrés 1 2b 3b 4 5 6b 7b

Maintenant qu’on a dit ça, reste à utiliser ces gammes à bon escient, c’est à dire que les notes jouées doivent idéalement bien sonner dans le contexte global du morceau, même si à certains moments on joue plus ou moins « out ». Ceci vient à force de travail et d’expérience. L’oreille peut aider aussi :).

Nous pourrions aussi parler des gammes bebop, altérées, ou gamme par ton… mais ces techniques sont encore plus avancées, donc je ne développerai pas plus. Sachez juste qu’elles existent et fouillez le net si vous voulez en savoir un peu plus 😉 

En jazz et en blues, l’improvisation repose sur une variété de gammes qui permettent de naviguer entre des sonorités majeures, mineures, dominantes et modales. Chaque gamme a une fonction particulière en fonction de l’accord ou de la progression harmonique sur laquelle elle est appliquée. Pour maîtriser l’improvisation, il est essentiel de connaître et de pratiquer ces gammes dans différents contextes musicaux, en particulier les gammes pentatoniques, blues, majeures, mineures, modales et bebop.

Donc le mieux : mettez vous un métronome et expérimentez ! Commencez par des grilles simples, typiquement un blues (3 accords), puis passez progressivement à des grilles de jazz plus compliquées. Jouez, trouvez vos phrases et ensuite essayez de les placer sur des accompagnements enregistrés (Backing tracks : notamment sur youtube (gratuit), ou les play-a-longs Aebersold (payant), ou encore l’application iReal Pro (payant) : Google play / App store ) ou pendant vos répétitions et jam sessions entre amis ! 

Pour aller plus loin, je vous invite également à aller consulter deux de mes vidéos sur l’improvisation, vidéos “exemple” de l’utilisation des pentatoniques, gammes blues et modes… 

Pentatonique mineure : Improvise sur une gamme pentatonique

Utilisation Pentatonique, gamme blues, mode dorien, gamme mineur harmonique : Tuto : Faire une impro jazz percutante sur Work song, tout instrument!

Comment acheter un saxophone sans se prendre la tête (ou presque) ?

Aujourd’hui je reçois Olivier du site Slow saxo, qui vend des saxophones reconditionnés, et partage ses conseils pour bien choisir un saxophone.

Cet article s’adresse en priorité aux saxophonistes débutants, pour qui le choix d’un saxophone est difficile (comment se faire une idée de la qualité d’un saxophone si on ne sait pas à minima sortir toutes les notes ?), et qui n’ont évidemment pas encore de préférence en matière d’instrument, mais les saxophonistes qui ont déjà quelques années de pratiques pourront y trouver des informations intéressantes. 

A toi Olivier  ! 

Merci Sylvain pour ton invitation à publier cet article ici.

Avant toute chose, je précise que si on veut faire des choix éclairés et efficaces, on va essayer au maximum d’éviter les préjugés 😉.

Commençons par essayer de décrire l’offre. Le marché des saxophones offre aujourd’hui un choix immense, avec une profusion de marques et de modèles d’instruments, rendant la sélection complexe mais aussi très enthousiasmante pour l’acheteur. Auparavant fabriqués principalement en Amérique et en Europe, les saxophones ont vu à partir des années 1980 l’arrivée des productions japonaises et taïwanaises, floutant les frontières entre les catégories. Aujourd’hui, un saxophone d’étude peut rivaliser avec un intermédiaire d’autrefois.

Les catégories de saxophones (en schématisant car il n’est pas toujours évident de ranger un sax dans une de ces catégories) :

  • Saxophones d’étude : prix bas, avec une qualité de fabrication satisfaisante, mais ayant tendance à manquer de caractère tonal et limités en termes d’ergonomie et de sensation.
    Exemples : Yamaha YAS 23 ou 280 (le plus récent), Jupiter JAS 769-767
  • Intermédiaire ou semi-pro : plus chers, avec une qualité de fabrication plus précise et une sensation plus cohérente de l’action. Tonalement plus complexes avec une réponse plus rapide et plus claire. Les instruments de cette qualité sont souvent tout ce dont un joueur amateur aura jamais besoin.
    Exemple : Yamaha YAS 480
  • Professionnel : les plus chers, avec une qualité de fabrication supérieure, mécaniques équilibrées entre solidité et légèreté. Tonalement complexes, avec une réponse immédiate.
    Exemple : Selmer Supreme. Certains saxophonistes estiment que le Selmer Mark VI n’a jamais été surpassé depuis la fin de sa production en 1973.

On ne peut pas ne pas évoquer les saxophones low-cost fabriqués le plus souvent en Chine. Au départ ces saxophones étaient de fabrication plutôt médiocre. Aujourd’hui il existe des instruments à des prix qui défient toute concurrence qui sont parfaitement jouables, mais du fait de contrôles qualité aléatoires, nécessitent d’être essayés (ou d’avoir de la chance). Ajoutons que ces instruments n’ont pas la solidité, ni bien souvent la justesse d’un Yamaha ou d’un Jupiter, et que les luthiers rechignent à les entretenir, tant la qualité des pièces et des matériaux peut laisser à désirer.

Choisir un saxophone

Attention aux idées reçues (ex « telle ou telle marque est nulle ») , rumeurs parfois propagées sur des forums par des personnes qui n’ont-elles-mêmes jamais soufflé dans un instrument de la marque. De plus les choses évoluent : ce qui pouvait être vrai dans les années 1980 ne l’est peut-être plus aujourd’hui : les saxophones de marque Jupiter par exemple, à partir des séries 700, sont d’excellents saxophones. 

Demandez conseils à des personnes qualifiées, par exemple à votre professeur (même si certains professeurs un tantinet « conservateurs » ne jurent que par Yamaha par exemple et sous-estiment les Jupiters ou d’autres marques qu’ils ne connaissent pas).

Un Selmer Axos à 3000 € aura peut-être un son qui vous plait, mais vous trouverez peut-être le Yamaha à 2000 € beaucoup plus facile à jouer… Le meilleur sax sera celui qui vous correspond.

C’est essentiellement le saxophoniste qui fait le son, et dans une moindre mesure l’instrument.

Saxophones d’études

Le marché des saxophones d’études est en constante évolution. Voici quelques conseils pour faire un choix judicieux :

  • Privilégier un instrument juste, facile d’émission, agréable à jouer et réactif, fiable, dont les réglages tiennent sur la durée. Les marques Yamaha et Jupiter proposent ce type de saxophones.
  • Attention aux saxophones ultra-bon marché : Bien qu’ils soient tentants, tous ne sont pas fiables. Certains offrent un bon rapport qualité-prix, mais d’autres peuvent être inutilisables.
  • Achetez auprès de détaillants établis : Que ce soit en magasin ou en ligne, privilégiez les vendeurs reconnus. Les achats en ligne offrent souvent une période de réflexion permettant de tester l’instrument à domicile.

Exemples de marques et modèles :

  • Yamaha YAS-280 (Alto) : Excellente qualité de fabrication, intonation précise, parfait pour les débutants.
  • Jupiter JAS700 (Alto) : Bon rapport qualité-prix, robuste et facile à jouer.

Budget moyen : entre 500 € (occasion) et 1 000 € (neuf)

Saxophones de catégorie intermédiaire

Les saxophones intermédiaires offrent un excellent rapport qualité-prix, avec une fabrication soignée :

  • Marques reconnues : Yamaha, Jupiter, Keilwerth, P. Mauriat, avec Yamaha dominant avec sa série 475.
  • Préférences personnelles : À ce niveau, le choix dépend largement du ressenti de l’instrument, chaque modèle offrant des différences.

Exemples de marques et modèles :

  • Yamaha YAS-480 (Alto) : Un instrument de très haute qualité pour les musiciens intermédiaires.
  • Yanagisawa A-WO1 (Alto) : sonorité chaude et riche.
  • Selmer Axos (Alto) : Modèle entrée de gamme de Selmer.

Budget moyen : entre 1 000 € (occasion) et 3 000 € (neuf).

Saxophones professionnels 

Pour ceux qui cherchent un instrument haut de gamme :

  • Marques de renom : Selmer, Yanagisawa et Yamaha sont les références des professionnels.
  • Autres options : Keilwerth, Borgani, Rampone & Cazzani, P. Mauriat.
  • Tester un maximum de modèles : Avec un budget important, il est crucial d’essayer de nombreux instruments pour trouver celui qui convient parfaitement. Ces saxophones sont conçus pour durer des années, voire toute une vie.

Exemples de marques et modèles :

  • Selmer Série III (Alto ou Ténor) : Une référence pour les saxophonistes classiques et jazz.
  • Yamaha YAS-82Z (Alto) : Saxophone professionnel polyvalent, idéal pour le jazz et le classique.
  • P. Mauriat PMXA-67R (Alto) : Saxophone apprécié pour son timbre chaleureux et riche.

Budget moyen : 2 500 € et plus.

Quelques conseils pour choisir un sax intermédiaire ou pro

Les saxophones de qualité professionnelle se distinguent par leur capacité à répondre aux préférences personnelles des joueurs. Bien que des modèles comme le Yamaha 62 puissent être encensés par des experts, cela ne garantit pas qu’ils conviendront à tous. La clé est de se concentrer sur le ressenti personnel :

  • Le bon choix dépend de vos sensations : Un instrument doit vous inspirer et répondre à votre manière de jouer.
  • Évitez les avis biaisés : Des conseils comme « Aucun vrai pro ne joue sur cette marque » sont souvent infondés et réducteurs.

L’achat d’un saxophone professionnel doit avant tout être basé sur l’essai personnel. Bien que les recommandations sur la fiabilité et la précision soient utiles, le son et la sensation doivent primer :

  • Écoutez votre ressenti : Essayez plusieurs modèles sans vous laisser influencer par les marques préférées des autres.
  • Ne vous fiez pas aux jugements généraux : La meilleure façon d’évaluer un saxophone est de le tester vous-même et de juger si son caractère sonore correspond à vos attentes.

Il est tentant de choisir l’équipement utilisé par ses héros du saxophone, mais cela peut être trompeur :

  • Le son vient du joueur, pas seulement de l’instrument : Votre jeu influencera davantage le son que l’instrument en lui-même.
  • Un saxophone doit être adapté à votre style : Par exemple, choisir un saxophone naturellement brillant si vous recherchez un son sombre et doux rendra la tâche difficile.

Se jeter à l’eau et faire son premier achat de saxophone !

Lorsque vous achetez un saxophone pour la première fois, plusieurs stratégies s’offrent à vous :

  • Commencer avec un saxophone d’étude, passer à un modèle intermédiaire, puis évoluer vers un saxophone professionnel qui pourrait vous accompagner toute votre vie.
  • Ou choisir directement sur un modèle intermédiaire ou professionnel dès le départ.

Cependant, ces choix impliquent des considérations importantes :

  • Il faut des années pour maîtriser pleinement un saxophone. Durant ce temps, votre technique et votre son évolueront, de même que vos préférences musicales, et il se peut que l’instrument que vous avez choisi initialement ne corresponde plus à vos besoins (par exemple, son trop brillant ou trop douce). Bien que les becs puissent ajuster la réponse, le caractère fondamental de l’instrument reste difficile à changer.
  • En jouant, vous rencontrerez d’autres saxophonistes avec des marques différentes, et il est probable que vous découvriez un instrument qui vous convient mieux.

Pour ceux qui ont les moyens, commencer avec un saxophone semi-pro voire pro peut être un bon investissement. Cependant, une progression par étapes reste plus appropriée, surtout pour les jeunes débutants. Si vous trouvez que votre premier saxophone est parfait, vous êtes gagnant, mais la majorité des instrumentistes bénéficiera d’une montée en gamme progressive.

Achat d’un instrument neuf en magasin

  • Consulter un musicien expérimenté : Un professeur ou un ami saxophoniste peut vous guider en évaluant les points forts et les faiblesses des instruments, tout en tenant compte de votre budget et de vos besoins.
  • Prendre son temps : Ne vous précipitez pas et testez plusieurs modèles pour trouver celui qui vous convient. Chaque saxophone, même au sein d’une même marque ou série, a une personnalité unique.
  • Tester des modèles au-dessus du budget : Cela vous donnera un aperçu des possibilités supérieures et vous aidera à mieux apprécier les choix disponibles dans votre gamme de prix.
  • Faire le choix d’un magasin qui emploie un technicien expérimenté dans les instruments à vent. Vérifier que l’instrument neuf est bien préparé (réglé) avant de partir avec.
  • Garanties : un instrument neuf doit bien sûr être garanti au moins un an, parfois deux ou trois ans. Certains magasins proposent un entretien offert la première année.

Achat d’un instrument d’occasion

Acheter un saxophone d’occasion peut être une excellente manière d’acquérir un instrument de bonne qualité à un prix plus abordable : il est possible de trouver des modèles bien au-delà de votre budget initial à un coût réduit.

Cependant, l’achat d’occasion comporte des risques, principalement liés à l’entretien de l’instrument. Lorsque vous achetez un saxophone d’occasion, l’historique de l’instrument est crucial :

  • L’instrument a-t-il été bien entretenu ?
  • Dommages cachés : L’usure ou les réparations antérieures peuvent influencer la jouabilité.
  • Inspection minutieuse : Examinez les mécanismes, les tampons et l’état général. Si vous êtes débutant, faites-vous accompagner par quelqu’un qui s’y connaît.

Un instrument visuellement usé peut fonctionner correctement, mais dans la plupart des cas, un saxophone en mauvais état extérieur qui n’a pas été révisé nécessitera un entretien plus poussé voire des réparations..

Achat d’occasion en ligne (leboncoin / ebay…) 

Le plus souvent il s’agit d’achat à un particulier : l’achat est risqué si le saxophone n’est pas passé entre les mains d’un luthier. Bien souvent une révision est nécessaire, voire des réparations, autant de frais qui vont s’ajouter à la facture.

Cas particulier des saxophones vintages

Les saxophones vintage sont prisés pour leur caractère unique. Ils peuvent en effet offrir un sonplus riche et nuancée. Ils étaient souvent fabriqués avec soin et des matériaux de qualité supérieure, avec un plus esthétique indéniable : jouer sur un saxophone vintage apporte un certain charme et un style inimitable.

Cependant, il y a des inconvénients notables :

  • Usure importante : Attendez-vous à des besoins de réparation plus fréquents, sauf si l’instrument a été restauré.
  • Connaissances requises : Mieux vaut être expérimenté ou avoir une source de conseil fiable avant d’investir dans un saxophone vintage.
  • Attention à certains instrument anciens qui n’étaient pas accordés sur un La 440 hz

Achat d’un saxophone reconditionné : une bonne alternative à l’achat d’instrument neuf

Un achat de saxophone reconditionné présente les mêmes avantages (en terme de rapport qualité / prix notamment) que l’achat d’occasion, mais sans les risques, car l’instrument aura été vérifié et réglé par un professionnel avant la vente : les pièces usées sont changées ou réparées, et l’instrument bénéficie des réglages réalisés lors de sa révision. 

Il s’agit aussi d’un chat écologique, avec un bilan carbone bien inférieur à un instrument neuf (transport sur des milliers de kilomètres, énergie nécessaire à l’extraction des matières premières et à la fabrication).

Voir quelques modèles de saxophones reconditionnés sur le site Slow saxo, qui met en vente des instruments réputés pour leur qualité (Yamaha, Jupiter, Keilwerth…).

LES BECS

Le bec est essentiel pour produire un bon son au saxophone. Il détermine la qualité sonore bien plus que l’instrument lui-même. C’est là que l’embouchure entre en jeu : la manière dont vous tenez le bec dans votre bouche influence considérablement la justesse et la couleur du son.

La plupart des saxophones, surtout les modèles étudiants bon marché, sont livrés avec des becs en plastique moulé. Ces becs :

  • Manquent de précision : Ils sont rarement bien conçus, ce qui rend difficile l’obtention d’un son juste.
  • Sont peu durables : Ils s’usent rapidement, ce qui compromet encore davantage leur performance.

Bien qu’ils puissent convenir temporairement, ils peuvent freiner l’apprentissage des débutants.

Il est recommandé de remplacer rapidement le bec d’origine par un modèle de meilleure qualité. Exemple Selmer C* : un choix polyvalent, apprécié pour sa richesse sonore et sa flexibilité. Il convient à un large éventail de styles de jeu, ou pour des becs plus Jazz par ex. Meyer 7M, Vandoren V5 A35.

Il n’est pas nécessaire d’investir dans une ligature coûteuse au début. Une simple ligature en laiton fera très bien l’affaire.

Le bec joue un rôle crucial dans l’accordage du saxophone. Contrairement à des instruments comme le piano ou la guitare, où l’accordage est fixe, l’accord du saxophone repose sur deux éléments :

  • Position du bec sur le liège du bocal : Faire glisser le bec vers l’intérieur ou l’extérieur ajuste la hauteur du son.
  • Technique de l’embouchure : L’accord final dépend du contrôle du joueur, qui doit ajuster continuellement la pression et la position de ses lèvres.

Les problèmes d’accord sont souvent dus à :

  • Un positionnement incorrect du bec : Trop avancé ou trop reculé sur le liège.
  • Une mauvaise technique de jeu : L’embouchure doit être souple et bien maîtrisée.
  • Un mauvais choix de bec : Certains becs ne conviennent pas au style de jeu ou à l’expérience du joueur.

Voici en complément un tableau comparatif de modèles des becs réputés.

man playing saxophone

Maîtriser l’Improvisation Pentatonique

L’improvisation, c’est souvent le Graal des musiciens appréciant le jazz, le funk, la soul, les musiques électroniques etc… En effet, quel musicien n’a jamais rêvé de jouer en ayant une certaine liberté, en se détachant de la partition? Quel musicien n’a jamais souhaité exprimer ses idées au travers de phrases musicales personnelles ? En gros quel musicien n’a jamais ambitionné de jouer avec ses trippes et ses oreilles plutôt que son cerveau?

Globalement je pense que la grande majorité d’entre nous pourra se reconnaître dans ces rêves… Mais parfois le passage à l’acte est difficile. Souvent, on ne se sent pas capables. On se décourage vite en se disant : « non ce n’est pas pour moi » ou « je n’y arriverai jamais « .

Ce fameux Graal musical nous semble alors être une montagne à gravir, un sommet de plus de 8K mètres infranchissable.

Si vous êtes jeunes, ou que vous avez des ados à la maison, ou que vous vous intéressez à youtube, prenez exemple sur le célébrissime Youtuber « Inoxtag ». Il s’est surpassé avec son défi « Everest » !

C’est ça qui est génial en musique. Chaque sujet, chaque concept, chaque nouvel objectif devient un nouveau terrain de jeu. Cela permet d’approfondir et d’enrichir sa palette. Et pas besoin non plus de faire une préparation sportive intensive. Il n’y a aucun risque pour sa vie. Il y a juste le risque d’être meilleur et de se faire plus plaisir.

Par contre, les choses ne viennent pas en un jour. Il faut avancer en utilisant une bonne méthode. Soyez patient, résilient, et optimiste. Ne jamais lâcher ni reculer devant la difficulté.

Selon moi, la voie la plus facile et la plus rapide pour aborder l’improvisation, réside dans l’utilisation des gammes pentatoniques. Ces gammes sont en effet assez simples (elles ne contiennent que 5 notes) et elles sont tellement utilisées en Jazz, Blues, Pop, Rock, funk… que leur sonorité va de suite vous parler.

Si vous êtes lecteur(trice) assidu(e) de ce blog, vous avez déjà lu mes articles sur ces gammes. Ils vous expliquent comment construire les principales gammes pentatoniques. Sinon, voici les liens pour découvrir ces billets et revenir ici ensuite pour la suite 😉

Comme je le répète souvent, en musique, il n’y a pas tant de secrets que ça…

La répétition, la patience et la persévérance finit toujours par payer.

Comme à mon habitude donc, mon premier conseil, est le suivant :

Si vous voulez improviser en utilisant les gammes pentatoniques, il va falloir les travailler. Il va falloir vous les mettre dans les doigts. Il vous faudra les travailler tellement qu’elles deviendront instinctives.

Comment les travailler?

Il vous faudra les travailler en partant de chacun des degrés. Pour Ré mineur pentatonique par exemple, vous travaillerez la gamme en partant du premier degré pentatonique (Ré), puis du deuxième (Fa), puis du troisième (Sol), puis du quatrième (La) et puis du cinquième degré pentatonique (Do)

Et pour que ce travail soit efficace, il vous faudra les travailler en utilisant des articulations différentes.

Je conseille au moins de travailler chaque degré 5 fois avec 5 articulations différentes.

L’objectif ici est que vous intégriez ces gammes et que vous soyez capables de jouer n’importe quelle pentatonique en montant et en descendant, depuis n’importe quel degré.

Pour intégrer cette gamme et la ressortir instinctivement dans des phrases musicales et mélodiques, il vous faudra des « expressions » « des mots musicaux ». Il faut la travailler cette gamme dans tous les sens, plus uniquement avec des notes conjointes.

L’arme ultime se sont des patterns. Les patterns, ce sont des schémas type de jeu , des formes ou motifs qui se répètent. Il en existe de nombreuses possibilités, par exemple ici en voici quelques uns, toujours sur Ré mineur pentatonique : (à travailler en montant et en descendant, dans toutes les tonalités)

C’est fastidieux, c’est vrai, pas très intéressant à jouer hors contexte de jam ou d’une backing track, mais le jeu en vaut la chandelle, faites moi confiance !

Pour comprendre l’intérêt de ce travail, faites un parallèle avec les grands discours.

Les meilleurs orateurs ont beaucoup de vocabulaire. Ils développent leurs idées. Ils utilisent de nombreux mots, un réservoir riche de mots et d’expressions.

Ils assemblent tout ça pour créer des phrases percutantes, un peu comme des « punchlines ».

En musique, c’est pareil :

Plus vous aurez un réservoirs de notes riche, plus vous pourrez avoir des phrases en stock à assembler entre elles, plus vous aurez des choses à dire avec votre instrument. Grâce à cela, vous pourrez développer des solos percutants, riches et variés. 

Si vous en êtes arrivés ici, c’est que vous avez littéralement poncé votre instrument à en faire des cauchemars.

Il est temps d’exorciser tout ça et de jouer ces pentatoniques à votre façon. 

L’idée est de la jouer, sans musique de fond, sans métronome, rien que vous, votre instrument et votre gamme pentatonique.

Grâce à tout le travail préparatoire accompli, vous pourrez trouver vos propres phrases. Vous composerez avec les différents patterns. Surtout, vous intégrerez votre sensibilité et votre personnalité dans l’utilisation de ces schémas standards.

Très vite, vous vous entendrez jouer et improviser avec une certaine cohérence. Cela est possible car vous utiliserez votre fameux réservoir de notes, acquis au prix d’un travail long et discipliné.

L’idée ici, est de s’amuser en travaillant des phrases personnelles de manière acoustique, vraiment pour les entendre, les ressentir. Essayez, expérimentez, vous êtes seul(e) ! profitez en !

N’hésitez pas à répéter les phrases ou les bouts de phrases qui vous plairont. Un bon exercice consisterait à les écrire sur du papier à musique. Puis dans un second temps, les transposer dans toutes les tonalités. 

Bon, les gammes pentatoniques sont dans les doigts en montant et en descendant.

Vous savez aussi les jouer de manière plus “angulaire” grâce aux patterns que vous avez travaillés.

Vous avez même commencé à créer votre propre style en jouant acoustique, “a capella” sans backing track.

Maintenant il faut se lâcher un peu ! C’est le moment de travailler l’improvisation pentatonique avec un fond musical. La technique c’est bien beau, mais à trop réfléchir, on perd en créativité.

A cette étape, mettez vous une backing Track sur un accord unique pour démarrer, en boucle pour vous exercer sur la gamme que vous travaillez. Jouez avec cette gamme et l’accompagnement : mélodiquement, rythmiquement. N’ayez pas peur de laisser passer des silences.

La peur du vide nous pousse souvent à combler, mais parfois, il vaut mieux laisser passer quelque temps, et lancer une super phrase bien construite, plutôt que de jouer tout le temps des choses incohérentes. 

Il faut oser, tenter, essayer, c’est comme cela que vous fonderez votre propre style. 

Dernière chose qu’il me semble important pour s’améliorer en improvisation, c’est tout simple : ECOUTER, ECOUTER, ECOUTER, ECOUTER… REPRODUIRE, REPRODUIRE, REPRODUIRE…

Qui écouter? qui relever et imiter ou reproduire? Eh bien tous vos artistes préférés qui jouent de la pentatonique dans leurs chorus de manière majoritaire. Des Maceo Parker, Gerald Ablright, Dave Koz, David Sanborn… La liste et longue et plus vous vous inspirerez de ces légendes, plus vous intégrerez leurs influences et les reproduirez dans vos chorus.

Donc n’hésitez pas à inonder vos oreilles de ces artistes, cela aide vraiment pour trouver son style de s’inspirer des autres.

Improviser, ce n’est pas chose facile. Nous l’avons vu plus haut… Cela demande de mobiliser de nombreuses compétences à la fois techniques saxophonistiques (doigtés, techniques, intervalles etc..), harmonique (suivre une progression d’accords), mélodique, rythmique… Mais au delà des compétences musicales, improviser demande d’aller chercher en soi de la confiance, de l’assurance, de la curiosité, de la persévérance, de la résilience, de la motivation, de la créativité…

C’est difficile, oui. Mais pas impossible ! TOUT LE MONDE en est capable ! Cela prendra plus ou moins de temps selon les personnes, mais en travaillant progressivement les 4 étapes décrites dans cet article, votre route est toute tracée. Elle sera longue et parfois vous tomberez en panne d’essence, mais vous trouverez toujours le moyen d’avancer si vous garder confiance et envie de réussir.

Bon travail, Bon Sax, et n’hésitez pas à nous partager en commentaires vos avis, vos méthodes personnelles, vos galères, vos succès….

Vous pourrez retrouver une synthèse de cet article en vidéo sur ma chaine youtube, avec quelques exemples des différents exercices que je propose.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour voir le tuto !

Les Gammes d’improvisation #5 : la pentatonique dominante

J’en suis certain, vous êtes un(e) lecteur(trice) assidu(e) de ce blog et vous avez appris par coeur les articles précédents sur les gammes pentatoniques, majeures et mineures.

Non? Peut-être ne les avez vous pas vus?

Je vous invite alors à aller les consulter sans plus tarder avant de revenir ici pour compléter vos connaissances sur ces gammes d’improvisation essentielles à maîtriser pour des solos endiablés et colorés.

Je vous entends déjà râler… « encore une autre gamme à connaître et à apprendre par coeur et dans les 12 tonalités…. »
Rassurez vous, comme à mon habitude, je ne vous conseillerai jamais de surcharger votre cerveau avec des informations inutiles et pour le coup, je vous préconiserai la même choses que pour les autres articles : apprenez seulement la structure de cette gamme, de manière à savoir la reproduire facilement dans tous les contextes. C’est une formule magique à connaître et à appliquer ensuite au besoin dans toutes les tonalités.

Bien que moins connue, la gamme pentatonique dite « dominante » est très intéressante pour les improvisateurs désireux d’explorer des sonorités différentes. Grâce à cette nouvelle gamme, vous allez pouvoir enrichir votre vocabulaire facilement et sortir un peu des sentiers battus. En plus, vous allez voir, cette gamme pentatonique dominante est vraiment très proche de la pentatonique majeure.

Non non, elle ne va pas dominer les autres et les écraser dans une dictature harmonique sans pitié…

Elle ne vient pas non plus d’une pratique intime SM entre deux adultes consentants …

Ne cherchez pas une signification proche du jeu de Domino car vous ne trouverez aucun lien, cette dernière gamme ne fait pas tomber les autres quand elle est jouée.

En fait, le nom « dominante » provient de la théorie musicale…

Souvenez-vous, la « dominante » est la 5ème note d’une gamme, le cinquième degré.

Un petit coup de révision?

En d’autres termes, si vous prenez par exemple la gamme de Do majeur (Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si), la « dominante » est la note qui se situe en cinquième position (dans notre exemple, c’est la note Sol).

On l’appelle la gamme « pentatonique dominante » car elle est construite à partir de la note «dominante» d’un accord de septième de dominante (aussi appelé accord 7ème tout court).

Vous voilà donc au moment où il vous faut tout donner question concentration, car je vais vous livrer la formule magique qui vous permettra de déduire cette gamme pentatonique dominante dans toutes les tonalités !

A l’instar des gammes penta majeures, mineure, blues, blues majeure déjà décrite dans de précédents articles, nous allons nous baser sur les degrés d’une gamme majeure pour en déduire la penta dominante.

Trop fastoche…. Oui, ça doit vous rappeler quelque chose, car elle est très proche de la penta majeure : elle se construit quasiment sur les mêmes degrés, à par la dernière note qui dans notre cas est la 7ème mineure.

Prenons quelques exemples :

  • Mib pentatonique dominante : on part de Mib majeur (Mib fa sol Lab sib do ré), on garde les degrés 1, 2, 3, 5, 7b, et ça nous donne mib fa sol sib réb
  • Sol pentatonique dominante : on part de sol majeur (sol la si do ré mi fa#), on garde les degrés 1, 2, 3, 5, 7b, et ça nous donne sol la si ré et fa bécarre (oui la septième majeure étant fa#, il faut lui enlever un demi ton pour qu’elle devienne mineure)

Nous pourrions décliner dans toutes les tonalités, mais je vous laisserai faire pour vous exercer.

Cette gamme pentatonique dominante sera utilisable dans de nombreux contextes mais plus particulièrement sur les accords 7ème et les accords 7/9. En effet si on observe sa structure on voit qu’elle contient tous les intervalles d’un accord 7ème (Tonique – 3ce majeure – 5te juste – 7ème mineure). 

Essayez par exemple de jouer la penta dominante de Sol par dessus un accord de Sol 7ème (G7) et vous constaterez qu’elle met vraiment l’accord en valeur. Les accords 7ème sont très présents en blues

En jazz on joue aussi des accords 7ème mais on utilise souvent des accords un peu plus riches comme les accords 7/9. Et cette gamme est parfaite pour mettre en valeur ce type d’accord puisqu’elle contient toutes ses notes.

Maintenant que vous savez construire cette pentatonique dominante, il va vous falloir la travailler dans tous les sens afin que votre corps s’en imprègne parfaitement afin de la sortir au besoin sur l’une de vos improvisation.

Bon courage pour le travail, il faut y aller patiemment et avec rigueur… Mais désormais, vous disposez d’une nouvelle arme dans votre vocabulaire musical !

Maîtriser le Rythme en Musique : Méthode et Conseils Pratiques

Ahhh… Le rythme… Cela fait longtemps que je voulais vous écrire un billet à ce sujet. Le rythme est un des piliers fondamentaux de la musique. Cette notion est tellement large, très concrète, mais à la fois qui paraît tellement abstraite pour la plupart d’entre nous… Je ne savais pas par où aborder cette notion.

Mon objectif est de vous aider. Si je ne me lance pas sur ce sujet, je ne vous apporterai pas d’aide sur ce qui pour moi est plus important que les notes elles-mêmes en musique.

J’en entends déjà crier au scandale… « Comment ça, les notes c’est moins important que le rythme? mais sans note pas de musique ! « . Et vous avez raison, mais la réciproque est la même : sans rythme, pas de musique… Même si pour tenir mon propos quelques lignes plus haut, j’insiste et signe : le rythme c’est ce qui a de plus important dans la musique.

Pourquoi ? passons par l’exemple… tentez l’expérience avec moi…

  • Jouez une seule note droite, sans aucun rythme, quelque soit votre instrument d’ailleurs. Vous pouvez ajouter un crescendo et decrescendo pour le fun…. mais ça va rester quand même relativement monotone et « a-musical » (ouais, j’invente des mots si je veux d’abord!)
  • Tapez dans vos mains des rythmes sans aucune note, aucun chant. C’est pas fou fou, mais tout de même plus vivant qu’une simple note.
  • Jouez maintenant votre note du début note en faisant varier le rythme, en utilisant plusieurs figures rythmiques sur la même note (des croches, des doubles, des croches pointées doubles, des soupirs, des quarts de soupirs etc…). Nous sommes d’accord, de là à dire que c’est de la musique, peut-être pas… mais c’est tout de même plus intéressant qu’une note froide et sans vie….

Un autre point qui me semble intéressant à soulever, c’est que la musique, c’est finalement l’enchainement de notes ordonnancées dans un ordre précis sur une ligne temporelle bien cadrée et répétitive…

Et c’est justement là la difficulté principale si vous avez du mal avec le rythme : Jouer en rythme et donc jouer « musical », c’est en fin de compte traiter de nombreuses informations en même temps.

La lecture de note, la reproduction de la note sur votre instrument, la lecture des figures rythmiques, le décodage du rythme et la reproduction du rythme… Sans oublier que ce rythme doit être appliqué dans une dimension temporelle qui est la plupart du temps cadrée et rigide (mesures, temps, contretemps etc…).

Appréhender autant de concepts en même temps quand on ne les maîtrise pas bien individuellement, c’est mission impossible pour 80% des mortels que nous sommes car cela fait trop d’informations à gérer pour notre cerveau qui surchauffe à faire tant d’efforts.

Mais néanmoins, aucune fatalité ! Apprendre le rythme, s’améliorer en rythme est parfaitement possible pour tout le monde, c’est juste que ça peut prendre plus ou moins de temps, selon nos capacités individuelles.

Je vous renvoie à deux articles que j’ai rédigés sur ce blog afin de réviser vos figures rythmiques : relisez ça puis revenez vite pour la suite 😉

Vous me direz, « ok Sylvain, c’est bien beau ce que tu me dis là, mais concrètement, comment je fais moi pour m’améliorer en rythme? »

Vous allez dire que je suis rabat-joie (encore), mais la seule méthode 100% garantie pour des résultats à terme : c’est le TRAVAIL et la PATIENCE !!!!

Et en particulier pour le rythme le mot d’ordre est DECOMPOSITION.

Soyons honnêtes 5 minutes avec nous mêmes (et moi le premier) quand on déchiffre une partition, on y va cash. On lit les notes les une après les autres et on découvre avec stupeur chaque rythme associé à chaque note, surtout si la partition est « noire » de doubles croches et de silences imbriqués un peu partout… Notre méthode de déchiffrage est mauvaise. Lire les notes c’est bien, mais avez vous l’habitude de déchirer le rythme sans dire les notes? Avez vous l’habitude de décomposer votre déchiffrage en prenant chaque mesure une à une pour repérer quel rythme va où ?

Je prends toujours mes métaphores sportives ou culinaire :

Un bon plat, c’est l’agencement parfait entre des ingrédients individuellement peu intéressants, mais qui, liés ensembles laissent un souvenir inoubliable en bouche.

Une bonne musique, ce sera donc l’exécution de ces ingrédients dans le bon ordre, au bon moment pour que la mélodie coule naturellement et parfaitement dans vos oreilles sur une ligne temporelle cohérente.

Quant au sport, pensez vous être capable de faire un Fosbury à 2m50 sans maîtriser parfaitement au préalable le nombre de pas, la longueur des pas, le timing de saut, la vision dans l’espace, la gestion du stress …

Des heures et des heures de travail seront nécessaires pour maîtriser cela à 100%, surtout si vous sautez avec votre saxophone et en costard…

Donc si je récapitule un peu et que je rassemble tout ça, le rythme est un élément fondamental de la musique et jouer en rythme nécessite plusieurs choses :

  • 1 : Des connaissances théoriques pour comprendre la temporalité de la musique (le tempo, les mesures, les figures de notes, les figures de silence etc… )
  • 2 : Jouer en rythme vous amène à traiter de très nombreuses informations en même temps et moins vous les maîtrisez individuellement, plus cela demande trop d’efforts à votre cerveau
  • 3 : Notre façon de déchiffrer et d’apprendre les morceaux est mauvaise car on ne prête que rarement d’attention à isoler uniquement le rythme.

Ma stratégie pour dominer le rythme :

Donc voici ma proposition de méthode pour vous aider à travailler le rythme :

Les pré-requis :

  • Connaître la partie théorique, savoir reconnaitre les différents rythmes et connaitre leurs valeurs temporelles cf articles ci-dessus.
  • Mettre un metronome qui va vous marteler chaque temps par un « clac » ou un « clic » fort agréable. (au début mettez un tempo réduit)
  • Assurez vous que vous arrivez à effectuer l’étape correctement en synchronisation avec le métronome avant de passer à la suivante.

Ensuite, suivez ces 5 étapes :

  • En vous référant au maître du temps (le fameux métronome), vous allez « dire » les rythmes avec une onomatopée de votre choix : « ta », « pa », « di », « pouf », « paf » (le chien), peu importe, il faut que ce soit la votre celle qui va sortir naturellement.
  • Ensuite, dites le rythme avec votre onomatopée préférée, et tapez la pulsation en même temps que le métronome. La pulsation, c’est la manifestation sonore et temporelle de chaque temps. En gros, tapez sur la table de façon synchrone avec le clac du métronome. Cette étape est très importante pour que vous preniez conscience du temps.
  • L’étape d’après consiste à dire les rythmes ET à les taper dans vos mains. à chaque « da », « tu » « pif » (gadget), vous tapez dans vos mains.
  • Puis tapez uniquement les rythmes dans vos mains, sans les dire. Je vous conseille de vous exercer sur des rythmes simples au début, à tempo modéré, et en boucle ! Et de monter le niveau de difficulté au fur et à mesure. Vous trouverez aisément des exercices rythmiques progressifs sur le net.
  • Enfin, quand vous aurez bien ancré le rythme en vous, choisissez un morceau et jouez le en rythme !

J’espère que cet article vous aura un peu démystifié ce diable de rythme et que cela vous inspirera et vous décidera à le travailler pour vous améliorer et vous sentir plus à l’aise dans votre pratique musicale !

Comment Trouver la Tonalité d’un Morceau Rapidement – Saxtunes

Vous avez un nouveau morceau, une nouvelle partition que vous voulez jouer ou que votre prof vous a suggérée ? « Rien de sert de souffler, il faut respirer à point…. « 

En effet, partir directement sur un déchiffrage acharné, saxophone en bouche, les doigts sur les clés prêts à fumer du doigter sera un bon moyen de vous frustrer direct, car si le morceau est un peu costaud, vous allez vous engouffrer dans la difficulté et vous confronter à l’échec immédiat, ce qui n’est jamais bon pour la motivation… Et vous vous direz « ah non!!! ce morceau est trop dur pour moi, je n’y arriverai jamais…C’est trop dur, de toute façon je suis trop nul(le)…  »
Si si… Ne faites pas non non de la tête, tout le monde y passe, j’y suis passé, et encore aujourd’hui cela m’arrive de tomber sur un os… Et quand ça arrive, le négativisme arrive toujours en premier !!!
Alors, oui, regarder rapido le morceau, faire quelques notes pour au moins entendre quelques sons sera nécessaire, mais en complément de mon excellent article (j’aime bien m’auto congratuler) sur « comment travailler une phrase difficile » que je vous invite à (re)lire, Je vous invite à travailler la gamme principale du morceau.

Encore des gammes, toujours des gammes… Et oui… la musique, c’est comme le sport… il faut toujours faire un peu de travail de fond pour entretenir ou développer son niveau… Reste à travailler intelligemment pour que les exercices soient ludiques, mais c’est un autre sujet…

Donc pour en revenir à mes moutons…

Ce que je conseille à mes élèves systématiquement face à un nouveau morceau, c’est de travailler la gamme d’un morceau avant de travailler le morceau lui même. Pourquoi ? Tout simplement parce que dans le morceau, vous aurez des enchainements de notes de la gamme principale, et que vous l’ancrer dans les doigts vous permettra de déchiffrer plus vite de morceau en morceau…

Ok, mais comment savoir quelle est la gamme à travailler?

C’est exactement le sujet de cet article. Cela pourrait paraître très fastidieux et théorique, mais il n’en n’est rien ! Saxtunes, en grosse feignasse de la musique, est là pour vous apporter une astuce rapide et imparable pour repérer la tonalité d’un morceau.

Vus avez votre partition sous les yeux, regardez l’armure (pour rappel, l’armure, c’est le nombre de dièses ou de bémol qui apparaissent juste à côté de la clé de sol (ou fa ou ut…)en début de partition).

Et là, deux possibilités :

  • Si l’armure est composée de dièse(s) : Repérez le dernier dièse de l’armure et ajoutez un demi-ton : vous avez trouvé la tonalité majeure de ce morceau
  • Si l’armure est composée de bémol(s) : Repérez l’avant dernier bémol : vous avez trouvé la tonalité majeure du morceau.

Ce n’est pas plus complexe que cela !

Cette révélation va changer votre vie…

(ou pas…)

Bon, je vous fais quand même quelques exemples en images :

Sur cette armure, il y a trois dièses, de gauche à droite : Fa, Do et Sol.

C’est une armure en dièses donc je repère le dernier dièse :

C’est le SOL#

Je rajoute un demi-ton Sol# + 1/2 ton = La

La tonalité du morceau est donc LA MAJEUR ! (trop fastoche)

Sur cette armure, il y 4 bémols, de gauche à droite : Si, Mi, La et Ré.

C’est une armure en bémols donc je repère l’avant dernier bémol

C’est le LA bémol

Je n’ai rien d’autre à faire…

La tonalité du morceau est donc LA bémol MAJEUR ! (encore plus fastoche)

tools on toolbox

Vous pouvez mettre cette astuce dans votre boîte à outils du parfait musicien, elle vous sera, j’en suis sur, très utile pour repérer rapidement les tonalités de vos morceaux, afin de travailler la bonne gamme (si vous ne les connaissez pas encore par cœur), ou savoir quelle gamme utiliser pour faire une improvisation.

Je vous ferai une vidéo explicative un peu plus tard, mais en attendant : tous à vos cahiers de gammes et travaillez votre Sax !

Mixage Audio #3 : Comprendre La réverbération du son

Vous êtes musicien, vous vous enregistrez un peu de temps en temps mais vous êtes débutant(e) en MAO ? Vous avez certainement déjà mis « à balles » des plugin de réverbe sur vos pistes d’enregistrement. Avec plus ou moins de succès, vous vous être retrouvé(e) soit dans le stade de Wembley, soit dans une cathédrale, soit dans une cage d’escalier etc… Ce que je veux dire, c’est que très souvent, l’effet est immédiat et parfaitement audible quand on ajoute une réverbe. En revanche, cela n’est pas toujours très adapté si on ne fait pas quelques réglages pour rendre l’effet plus « naturel »…

Tout le monde le fait. Je crois que c’est un passage obligé pour tout MAO-iste en herbe. Pourquoi ce reflexe quasi systématique de coller un plugin de réverbe en insert de nos pistes d’enregistrement ? Tout simplement, cela vient du fait que la réverbération du son est un phénomène naturel, et qu’il nous manque quand on réécoute sa meilleure prise captée à la maison en close micking !

En effet, faites le test dans votre environnement, dans différents lieux, intérieur, extérieur etc… La réverbération est partout ! Et en général, pour le home studiste de base, les enregistrements sont faits en « close micking » (position de la source très proche du micro), ce qui enlève toute réverbération de la pièce dans laquelle vous enregistrez : votre micro ne capte que le son de l’instrument enregistré. A l’écoute de cette piste, elle semble donc plate, sans vie, sèche.. Il manque donc toute la partie de « résonnance » qui accompagne TOUJOURS un son qui est émis dans n’importe quel espace.

Voilà, vous avez désormais compris pourquoi vous avez cette envie irréfragable de mettre tout de suite de la réverbe sur vos pistes ! C’est tout bête, mais il fallait juste vous en faire prendre conscience ! On dit merci qui ?? Merci Saxtunes ! lol

Bon, il y a une autre raison souvent utilisée, qui est que mettre une grosse réverbe bien longue cache un peu les erreurs de jeu de l’instrumentiste en les fondant dans un gloubiboulga sonore qui fait l’artifice, mais je sais très bien que les lecteurs(trices) assidus de ce blog ne sont pas concernés 😉

Bref, maintenant, ce qui peut être intéressant, c’est de comprendre un peu mieux comment fonctionne la réverbération du son et ainsi avoir quelques billes pour mieux régler vos plugins… C’est ce que je vous propose d’aborder plus bas et de vous partager.

Attention, c’est un peu théorique, mais si vous lisez attentivement et que vous en retenez la moitié, vous pourrez vous faire mousser lors de votre prochaine soirée en parlant de champ diffus, de réflexion précoce, de réponse impulsionnelle etc…

Echo Vs Réverbération

Avant d’aller plus loin, il est important de savoir différencier ces deux notions. 

Considérons qu’un son est émis dans un local, quel qu’il soit. Je tape dans les mains à l’intérieur d’une pièce, par exemple. Le son qui me parvient en premier s’appelle le son direct : le trajet le plus court entre mes mains et mon oreille. A ce stade, la salle n’a pas d’influence sur le son que je perçois. Mais il peut se passer d’autres phénomènes acoustiques : 

L’echo : 

On va considérer une seule paroi, je tape dans mes mains, à 17 m de la paroi. Le son va parcourir 34m avant de revenir. Le son se propage jusqu’à la paroi, rebondi et me revient.

Le son direct me parvient instantanément instantanément ici car entre mes mains et mes oreilles il y a peu de distance. 

Mais en prenant en compte la vitesse de déplacement du son dans l’air (340m/s), Il faudra 1 dixième de seconde pour que le son revienne de la paroi. Je pourrai ici percevoir deux sons en décalé. Le son direct et la réflexion de manière distincte. Plus la distance entre la paroi et moi est importante, plus l’écho va être long, c’est-à-dire, plus l’écho mettra du temps à être entendu.

Je suis certain que vous en avez tous déjà fait l’expérience à la montagne par exemple. Qui n’a pas crié à s’en déchirer les cordes vocales : « EEEEEECCHHHHHoOOOOOOOoooOOOO » pour entendre la montagne nous répondre quelques centièmes de secondes plus tard?

La réverbération : 

Le son semble ici plutôt prolongé et non répété. Il y a un sentiment de traînée du son et non pas d’impulsion distincte du son direct. Ici, je tape dans mes mains et les réflexions vont m’arriver plus rapidement, mais de tous les murs, elles vont se fusionner, se densifier et vont m’envelopper de manière plus diffuse. 

Il est important de préciser ces deux notions car ce sont deux effets acoustiques bien différents et à utiliser pour des besoins spécifiques… Selon la couleur à donner à la production musicale, le style de musique etc…

Rencontre du troisième type…

Vous commencez à l’entrevoir, la réverbération se produit lorsqu’un son rencontre une ou des parois. Il est ainsi réfléchi et revient à l’oreille de l’auditeur. Les réflexions sont très nombreuses, et on peut les entendre parfois longuement, selon la puissance du son direct, le nombre de parois, la taille de la pièce etc…

Mais concrètement que se passe-t-il?

Quand un son rencontre une paroi, il va se passer 3 choses : une partie de l’énergie sonore émise va être absorbée par la paroi rencontrée, une autre partie va être transmise de l’autre côté et la dernière sera réfléchie dans la pièce.

Ce qui va nous intéresser donc ici, sera particulièrement la partie réflexion :

L’onde sonore va heurter le mur, sera ré-émanée par le mur et va rester à l’intérieur de la pièce. Donc vous l’avez compris, elle va à nouveau heurter des parois, être réfléchie à nouveau etc… Mais comme une partie est absorbée et transmise à chaque rencontre, cette énergie va diminuer au fur et à mesure jusqu’à s’éteindre. Le temps de réverbération ne sera donc pas infini et la réverbération s’entendra dans un temps imparti qui dépendra fortement de la taille de la pièce et des matériaux constituant les parois de cette dernière. 
Dès lors, et pour véritablement décomposer ce phénomène acoustique naturel, il convient donc de se pencher un peu sur ce qui se passe au moment de la réflexion du son sur une paroi.

Pour cela, je dois en quelques mots vous parler de ce qu’on appelle en acoustique la « réponse impulsionnelle ».

Je suis bien évidement conscient que tout cela est très théorique et barbant. Moi le premier quand j’ai voulu m’y intéresser je n’y saisissais vraiment rien du tout!

Mais accrochez vous un peu , promis je ne vous donne encore que deux-trois concepts pour me la péter et après, vous pourrez jouer du potard à foison sur vos plugin, mais en connaissance de cause, ce qui devrait vous être utile pour régler vos réverbes…

La réponse impulsionnelle est un terme un peu pompeux pour qualifier ce qui se passe quand un bruit sec est émis dans une pièce, comme un claquement de mains par exemple.

Trois choses précisément sont audibles :

  • Le son direct : c’est le son qui arrive directement dans vos oreilles
  • Les réflexions précoces : ce sont les premières réflexions qui arrivent à vos oreilles jusqu’à 100ms après l’émission du son. Selon la pièce et sa position dans cette dernière, elles seront bien différentes.
  • Le champ diffus : c’est la « queue » de la réverbe. C’est la résonnance des réflexions multiples qui rencontrent les parois de la pièce. C’est globalement cela qui donne ce sentiment d’espace, de profondeur d’une réverbe.

Je vous promets, j’ai fait très court sur la théorie acoustique… Mais ces bases étaient absolument nécessaires à connaitre.

Pour être bien concret, maintenant, essayons de parler plugin de réverberation … et mettons les doigts ou les souris sur les potards…

En pratique : utiliser un plugin de réverbe dans votre DAW

Bon, je suis désolé par avance, mais je ne vais pas ici avoir de recette miracle à vous proposer… En effet, il existe autant de plugin de réverb que d’EQ ou de compresseurs sur le marché. Certains sont gratuits, d’autres payants, qualitatifs ou pas, faciles d’utilisation ou pas…

Mais pour ne pas vous laisser avec votre frustration et mes explications théoriques fumeuses ci-dessus, je vais m’efforcer de faire le lien avec l’illustration du plugin TrueVerb de la maison Waves Audio dont je vous propose une capture d’écran.

Ce que je peux vous dire par contre, c’est que quoi qu’il en soit, l’utilisation d’un plugin de réverbe sert à simuler un espace sonore. En gros, utiliser tel ou tel preset vous permettra de simuler le son rendu par une cathédrale, un cinéma, un parking, une salle de concert, un studio d’enregistrement etc…

Et pour créer cette simulation, les plugin de reverbe utilisent les concept acoustiques évoqués plus haut dans cet article, modélisés par différents paramètres à régler en fonction de la couleur que l’on souhaite obtenir.

Vous remarquerez aisément qu’il y a BEAUCOUP de boutons et de paramètres… Et c’est là que ça se complique si on ne sait pas à quoi correspond tel ou tel potard.

Régler les volumes des composantes de la réponse impulsionnelle

Commençons par en bas à droite de l’image : Vous avez 3 faders de volume. C’est ici que vous pourrez régler et ajuster le volume des 3 composantes de la réponse impulsionnelle dont je vous parlais plus haut : vous pourrez jouer sur le volume entre le son direct (son émis « brut » ou « dry » par votre source sonore), celui des réflexions précoces (early Ref) et celui du champ diffus (Reverb).

Un bon exercice pour forger votre oreille pourrait consister à ne faire jouer ces fader que un par un pour écouter individuellement l’effet restitué. Chargez un preset au hasard et prenez quelques minutes pour tester cela.

En général, plus on entend le son direct, plus on se sent proche de la source sonore (premier rang d’une salle de spectacle par exemple).

Pour parler des réflexions précoces, plus elles sont longues à arriver, plus la pièce nous semble grande. Plus elles sont fortes, plus on se sent proche des murs de la pièce simulée.

Enfin, plus le champ diffus est fort, plus on a l’impression d’être loin de la source, presque à n’entendre que les résonnances mais sans plus trop distinguer les différents élément (d’où le terme diffus 😉 ).

Réglage du DAMPING

Ensuite, vous pourrez trouver dans la plupart des plugin un endroit pour régler le « damping ». Vous vous souvenez tout à l’heure, quand je vous parlais d’absorption ? Et bien nous y voilà. Avec ce réglage, vous allez pouvoir jouer sur la couleur de votre réverbe en choisissant « d’absorber » plus ou moins les graves, les aigus, les médiums etc… Petit tips ici, si vous voulez un rendu naturel, rappelez vous que dans la nature, les aigus sont très peu présents dans la réverbération.

Dans le plugin TrueVerb, ces réglages se font en ajustant les courbes de filtre de l’espace « frequency response ».
C’est une sorte d’égaliseur qui vous permet de choisir d’appliquer un filtre lowcut (ER low cut) /highcut ou filtre en plateau (Rev Shelf).

Là encore, tester, expérimenter est une bonne manière de se rendre compte des impacts de ces réglages.

Temps de réponse et taille de pièce

Maintenant, beaucoup de plugin vous offriront la possibilité de régler les temps de réponse. Dans TrueVerb c’est le graphique du haut « Time response ».

Les barres verticales orange représente les différentes réflexions précoces. La grande barre verticale en Jaune représente la distance entre votre oreille et les parois de la pièce simulée (en gros, votre position dans la salle) et la grande barre bleu ciel représente la taille de la pièce.

Jouez avec ces réglages pour écouter les différences encore une fois !

Enfin, en haut à droite, la partie violette représente le temps de réverbération, la forme du champ diffus qui suit les réflexions précoces. C’est ici que vous pourrez finement régler le volume du champ diffus (balance), le temps de réverbération (decay time), mais également le predelay.

Petit mot sur le predelay, plus il est important, plus on a l’impression de se rapprocher de la source sonore. Arme redoutable pour avancer un élément dans un mix, par exemple une voix ou un instrument soliste.

Conclusion

J’espère ne pas vous avoir perdu(e)s dans les méandre de l’acoustique… Je sais bien que tout un chacun aimerait appuyer sur un bouton magique afin d’avoir le son tant espéré appliqué à sa production musicale du moment, mais je me dois d’être réaliste et de vous dire la vérité… Rien n’est simple dès lors qu’on parle de réverbération du son car vous l’avez compris, l’utilisation de plugin de réverb ne fait que reproduire artificiellement les caractéristiques sonores naturelles d’un type d’environnement. Et la nature est complèxe… belle, mais complexe… La dompter et l’apprivoiser est un chantier perpétuel et de très long terme…

Néanmoins, ce qu’il faut noter, c’est que les différents présets de reverb inclus dans vos plugin sont la plupart du temps très bien configurés et assez réalistes, mais pour ne pas sonner « comme les autres » et mettre sa propre patte, reproduire plus précisément le son imaginé dans la vision de son mix, connaître les différentes caractéristiques acoustiques du son est nécessaire.

Vous avez vos premières bases ici, maintenant, à vous de jouer ! Testez, expérimentez, essayez, jouez avec tout ces nouveaux concepts pour mieux les comprendre et vous les approprier !

Mixage Audio #2 : Comprendre la compression dynamique du son

Si vous vous intéressez au mixage audio, vous allez certainement très rapidement vous confronter à cette question. La compression, c’est un peu comme l’égalisation vue dans un précédent article de ce blog : c’est un incontournable en MAO et en mixage audio. Pour embellir vos production, cet outil sera redoutable..s’il est bien employé… En effet, comme tous les sujets de traitements Audio, il faudra y aller avec finesse et précision pour ne pas déformer totalement le rendu de votre prestation.

Alors pour vous aider à comprendre ce qu’est la compression, comment ça marche, je vais tenter de rassembler dans cet article les éléments fondamentaux à connaître pour bien saisir l’importance de cette technique audionumérique et ce qu’elle peut apporter à vos mixages.

Avant toute chose, petit zoom sur les décibels, point primordial avant de commencer, car c’est sur cela que l’on va principalement agir avec la compression.

Le Décibel est une échelle de mesure de l’intensité acoustique. Il existe plusieurs types de décibels selon l’utilisation qu’il en est faite et du son à mesurer.

En Audio, il faut en retenir 2 :

  • Les dB SPL (Sound pressure level) qui mesure, pour le dire de manière simpliste, le volume sonore perçu. Cette échelle par de 0dB à 120dB , le zéro étant ici l’absence de son audible et cent-vingt qui est le seuil de la douleur auditive. Pour vous donner une idée concrète de cette échelle, une conversation normale entre deux personne se situe entre 40 et 80 dB SPL selon si vous êtes plutôt latin ou nordique (je vous laisse vous même décider de votre cliché préféré sur ce domaine, et répondre à la question suivante : Qui parle le plus fort, un Islandais ou un Italien ? ). Une autre référence par exemple, le son produit et audible dans une cabine d’avion de ligne et entre 70 et 80 dB SPL.
  • Les dB FS (Full Scale) : En audio numérique, et c’est bien ce qui nous concerne ici, c’est cette échelle qui est utilisée. Dans cette échelle, le 0dB FS n’est pas l’absence de son, mais le son maximal qui est pris en charge par votre séquenceur Audio favori (votre DAW ou STAN). Ce point est important à envisager de suite car dans la compression, nous allons directement agir sur le niveau de son et une fois compressé, nous augmenterons le niveau du signal. Mais, il faudra avoir une grande vigilance sur le niveau de dBFS en sortie de la compression, car au delà du 0 dBFS le signal est « ecrété », ce qui veut dire qu’il sera tronqué arbitrairement, ce qui va entraîner des problèmes d’esthétique et de dénaturation des sons compressés. Nous y reviendrons plus tard.

Je vous mets ci-dessous une illustration de l’échelle dBSPL (à gauche) et dBFS (à droite).

La notion de dynamique exprime le rapport entre le son le plus fort et le plus faible qu’un système peut capter, transporter ou reproduire.

On peut parler de dynamique sonore pour des éléments « organiques » comme par exemple l’oreille humaine qui a une dynamique de 140 dB, c’est à dire qu’elle peut percevoir sur une plage de 140 dB entre le son le plus faible et le plus élevé.
Un orchestre symphonique aura lui une plage dynamique d’environ 80 dB, c’est à dire qu’il y aura un écart maximum de 80 dB entre le son le plus faible et celui le plus fort. Une radio FM quant à elle aura une plage dynamique de 65dB.

Cette plage dynamique se retrouve également dans les matériels utilisés pour l’enregistrement ou le stockage des sons. Par exemple, un disque vinyle peut reproduire 60 dB de dynamique, un CD 96 dB. Et par ailleurs un micro à condensateur 110 dB.

Pour les plus malins d’entre vous vous aurez tout de suite capté le problème :

Comment puis-je enregistrer un orchestre symphonique qui développe potentiellement 80 dB de dynamique sur un vinyle qui ne peut en reproduire que 60 ?

Voilà un exemple parfait pour illustrer l’utilité d’un compresseur dans ce cas : en compressant le signal de 30 dB à l’enregistrement, je pourrai stocker très fidèlement le son d’origine produit par l’orchestre… Tout sera question de finesse dans le réglage du compresseur afin que cette transformation soit la plus transparente possible pour l’auditeur.

Ce paramètre de plage dynamique d’un matériel sera certainement un élément à vérifier avec attention pour l’achat d’un microphone par exemple : un microphone possédant une grande dynamique sera plus à même d’accepter des pressions acoustiques plus fortes… Inversement, un micro avec une faible dynamique ne pourra pas encaisser de très forte pressions et donc ne prendra que ce qu’il peut prendre : le signal capté sera donc écrêté, tronqué par la caractéristique de ce matériel.

Un compresseur a pour fonction de réduire la dynamique d’un signal audio.

En vous basant sur ce qui est écrit au paragraphe précédent, deux possibilité semblent ouvertes :

  • Agir en réduction des signaux les plus forts
  • Agir en accentuation des signaux les plus faibles

L’usage et les compresseurs de manière générale est plutôt d’utiliser la première stratégie et donc d’agir sur les signaux les plus forts. Cette technique de compression en anglais se nomme « Downward compression ».

Dès lors, comment faire pour réduire les signaux les plus forts?

  • Le seuil (Threshold) : c’est le niveau du signal à partir duquel je souhaite déclencher la compression.
  • Le ratio : C’est la quantité de réduction du gain qui sera appliquée au delà du seuil.

Pour réduire le niveau du signal après le franchissement du seuil, le compresseur suit une sorte de règle
mathématique imposée par le paramètre de taux de compression, plus connu sous le terme de ratio. Ce taux de compression s’exprime sous la forme « X:1 » qu’il faut lire « X pour 1 ». Dans les faits, cela veut dire que pour un dépassement de X dB du niveau seuil en entrée, le compresseur réduira ces X dB à un seul et unique petit décibel en sortie. Dit autrement, on peut considérer que pour un ratio de X:1, le niveau de la portion du signal dépassant le seuil est divisé par X.

Plus le ratio est bas, plus le compresseur va autoriser le signal à dépasser le seuil. A l’inverse, un ratio élevé n’acceptera que peu de dépassement du seuil et ramènera le volume du signal vers ce seuil. Un ratio de 1 pour 1, noté « 1:1 » n’applique aucune compression : le niveau d’entrée équivaut au niveau de sortie.

Un ratio de 4:1 sera plus « sévère » envers le signal qui dépasse le seuil. Cela signifie qu’un signal qui dépasse le seuil de 4 dBFS n’en laissera passer que 1 en sortie au delà du seuil.

Le schéma ci-dessus vous représente le comportement du signal auquel on applique une compression.

En abscisse se trouve le niveau d’entrée du signal, en ordonnée le niveau de sortie.

Le seuil (ligne pointillée bleue) représente le niveau d’entrée à partir duquel je veux appliquer la compression.

La diagonale qui finit par des pointillés rouges représente un signal non compressé ou ayant un ratio de 1:1, c’est à dire, 1dB qui rentre / 1dB qui sort.

La courbe en trait plein montre l’effet de la compression sur un signal dépassant le seuil et ayant un ratio supérieur à 1:1. Vous constaterez aisément qu’à partir du dépassement du seuil, le compresseur applique une réduction de gain , il compresse le signal pour le ramener plus proche du seuil.

Le ratio « infini pour 1 » signifie que tout dB dépassant le seuil est supprimé, c’est la fonction « limiteur » des compresseurs.

Pour un traitement encore plus précis et qualitatif, les compresseurs numériques proposent également des paramètres additionnels :

  • Le temps d’attaque (Attack) : Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, ce n’est pas le temps de réaction du compresseur. Ou autrement dit, ce n’est pas le temps qui court entre le moment où le signal dépasse le seuil et le déclenchement du compresseur. En effet, le compresseur se met en action dès que le signal dépasse le seuil sélectionné.

Pour être exact, le temps d’attaque est plutôt le temps que le compresseur met pour atteindre le niveau de compression indiqué dans le ratio, comme cela est indiqué dans le schéma ci-dessous :

Le temps est indiqué en abscisse et le niveau du signal en ordonnée.

Le niveau d’entrée en vert dépasse le seuil fixé à +3 dB jusqu’à +9 dB. Dès cet instant la compression commence mais le ratio sélectionné s’applique progressivement et arrive à son maximum après un certain temps (en ms en général). On le voit clairement car le niveau de sortie diminue progressivement pendant le temps d’attaque pour atteindre la réduction de gain souhaitée (ici -3 dB).

  • Le temps de relâchement (Release) : à l’instar de l’attack, le Release n’est pas le temps que met le compresseur avant d’enclencher la réduction du gain, mais le temps qu’il met pour progressivement diminuer la compression et revenir au signal d’origine.

On peut le voir également dans le schéma ci-dessus, le niveau d’entrée (en vert) repasse en dessous du seuil, la compression continue de s’exercer, mais son intensité diminue le temps du relâchement (release) de l’action du compresseur pour revenir au niveau du signal d’entrée.

En pratique, par exemple pour des instruments percussifs, on aura tendance à appliquer un temps d’attaque du compresseur long. En effet, si ce temps d’attaque est trop court, le signal sera compressé au maximum du ratio immédiatement, et cela aura pour conséquence de compresser l’attaque de l’instrument. Pour le dire plus simplement, si vous voulez des batteries qui claquent bien il ne faudra pas mettre un temps d’attaque du compresseur trop faible sous peine de gommer totallement le coup de baguette sur la peau de la caisse claire ou de la grosse caisse.

  • Le Knee : ce paramètre complémentaire est également à prendre en compte, notamment pour rendre la compression plus transparente, moins brutale. Globalement, on distingue deux type de réglage du knee : le hard Knee et le soft Knee. Dans le premier cas, l’action du compresseur est immédiate et très linéaire pendant le temps d’attaque. Dans le deuxième cas, la compression se fera de manière plus douce.

On le voit représenté dans le schéma ci-dessous. En Hard knee (en gris foncé), l’action du compresseur se fait dès le passage du seuil et de manière très franche. En Soft knee (en orange), la compression démarre légèrement avant le passage du seuil pour un rendu plus doux. Selon l’effet recherché, il faudra donc bien prendre en compte ce paramètre.

  • Le Make Up Gain : En appliquant une compression, nous l’avons vu, il y a une réduction de gain sur une partie du signal, sur les moments où le signal dépasse le seuil. L’action du compresseur va « homogénéiser » le son en réduisant sa dynamique, pour garder le signal dans le mix tel qu’on le souhaite, il faut donc corriger. Le Make up gain ou output gain permet de ne pas avoir de baisse de niveau général d’un son compressé.

Pour ce nouveau paramètre, ne tombez pas dans le piège « j’applique 3dB de réduction avec compression, donc je mets le makeup gain à +3dB »…

Faites plutôt confiance à vos oreilles pour l’utilisation de ce réglage… jouez de ce potard de façon à remonter le signal afin que le volume perçu avec compression soit sensiblement le même que celui sans compression. De cette façon, l’action de votre compresseur respectera au mieux tout le travail que vous avez déjà effectué en amont lors des étapes de la mise à plat et de l’égalisation.

Si vous êtes arrivé jusque là, j’espère qu’il vous reste encore quelques cheveux sur la tête. En effet, le sujet peut paraître complexe à première vue… N’hésitez pas à relire les différentes parties de cet article, pas à pas avec les schémas proposés pour bien comprendre le fonctionnement d’un compresseur et les effets des différents réglages.

Tout comme pour l’égalisation, le meilleur moyen d’appréhender ces concepts reste la pratique !

Ouvrez votre logiciel préféré, mettez une piste avec un son simple (longues tenues ou attaques franches) et jouez avec les différents paramètres. D’abord le seuil et le ratio, puis l’attack, le release, le knee et le make up gain. Soyez attentif (il est préférable pour constater tout cela d’expérimenter au casque) et allez y progressivement.

En contexte et en pratique, comme le reste en MAO, gardez à l’esprit que les corrections apportées doivent être les plus transparentes possibles pour ne pas dénaturer le son. Utilisez donc ces réglages avec minutie et réserve afin de garder la musicalité de votre piste.

Je vous propose également de visionner cette vidéo (au casque si possible) qui va vous illustrer tout le baratin que je vous ai servi plus haut…

blue and black audio mixer

Mixage audio #1 : Les fondamentaux de l’égalisation

  1. Avant propos : quelques rappels et bases introductives…

Si vous n’avez pas encore lu l’article suivant qui tente d’expliquer comment se compose un son, je vous invite à y aller et revenir sur cette page, cela peut aider à la compréhension de ce qui suit.

Ca y est? vous êtes revenu?

Donc pour la faire très rapide, quand vous jouez une note sur votre instrument préféré, un Do par exemple, cette note émet un son qui lui-même comporte une fondamentale (fréquence qu’on entend le plus dans le son) et des harmoniques (notes consonantes à différents intervalles superposées à la fondamentale).

Chaque instrument possède sa propre tessiture et permet d’émettre des sons dans le spectre fréquentiel. Ce que l’on peut en déduire donc, c’est que chaque instrument aura sa place dans le grand puzzle du son, et en avant première je vous révèle un secret de polichinelle : l’égalisation aide grandement à ordonner ce gloubiboulga sonore.

Le spectre fréquentiel, c’est grosso modo une échelle qui permet de se représenter toutes les fréquences qui sont mesurées en Hertz (Hz). Et rappelez-vous que l’être humain normalement constitué n’entend potentiellement que les fréquences entre 20Hz et 20 000 Hz (bon ok, ça dépend des gens, mais je ne veux pas rentrer dans le débat stérile du « t’es sourd ou quoi »!)

Fréquences, hertz, spectre, fondamentales, harmoniques, c’est un peu dur de la feuille à comprendre, je vous l’accorde et ça peut faire peur… Mais prenez une grande respiration, écoutez les sons qui vous entourent, ayez conscience de votre environnement laissez vous bercer par vos sensations…bon ok je dérive un peu en mode cours de Yoga là….

Tout ça pour vous dire qu’en prenant le soin de lire et relire calmement cet article, la compréhension viendra d’elle même.

Rentrons un peu plus dans le vif du sujet et regardons ce fameux spectre fréquentiel.

Il est globalement admis qu’on peut distinguer trois grandes plages de fréquences dans chacune desquelles il y aura des éléments sonores intéressants :

#1 Les graves: On peut diviser les graves en deux sous catégories :

  • Les très Graves (souvent appelé sub-bass) en dessous de 50Hz, mais peu de personnes entendent ces fréquences;
  • Les Graves (entre 50 et environ 250 Hz) qui contiennent généralement la grosse caisse, la basse, le punch de la caisse claire et une partie des voix masculines. Zone importante donc dans laquelle l’égalisation va avoir un vrai intérêt si vous mixez une section rythmique. Il faudra laisser de la place à chacun des éléments. A noter que dans les graves, la plage 100-250 est une plage dans laquelle on retrouve du monde et dans laquelle il faudra avoir une grande vigilance.

#2 Les Mediums : ces derniers se divisent en 3 :

  • Les bas-mediums entre 250 et environ 600-700 Hz : Si vous l’isolez et l’écoutez en solo, vous allez entendre un son « muddy », « boueux », un peu opaque car trop chargé. C’est ici aussi que vous entendrez des sons de batterie « cartonneux », des caisses claires qui font « Chpok » et pas « Paaf ». Bref vous l’aurez compris cette bande de fréquence doit souvent retenir votre attention pour améliorer votre mixage. Elle est à traiter également avec les graves car entre 100 et 500 on va retrouver 99% des fondamentales des instruments. Il y a du monde donc !!!
  • Les mediums entre 6-700 et 2000 Hz : zone qui en général plaît assez à l’oreille humaine, on y retrouve de nombreux instruments. En général pour le Saxo, la zone autour des 1400-1500Hz fait ressortir le corps de l’instrument.
  • Les hauts-medium : zone entre 2000 et 6000 Hz, également à risque car perçue par l’oreille comme très agressive. attention à cette plage de fréquences donc. S’il y a trop de volume sur cette zone, l’oreille de l’auditeur va vite fatiguer et votre titre sera mal perçu en dépit de sa qualité technique.

#3 Les Aigus : plus on se rapproche des 20 000Hz moins on entend (limite humaine). Cette plage de fréquences qui se situe entre 6000 et 20 000Hz n’est toute fois pas à négliger car elle apporte de « l’air » aux sons et aux mixages. C’est dans cette zone par exemple que vous entendrez la subtile vibration de l’anche de saxophone qui donne du caractère à ce magnifique instrument, on y retrouve aussi la friture des guitares électriques et la définition des voix.

Ok! Maintenant que vous êtes familiers (ou presque) avec les subtilités de base du spectre fréquentiel, vous allez pouvoir comprendre ce qu’est l’égalisation et à quoi elle peut servir.

NB: A ne pas confondre avec Légalisation, qui fait appel à d’autres concepts totalement différents d’un point de vue juridico-administro-sociéto-jamaïcain.. Mince je m’égare encore…

a man in a beanie smoking a joint
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Qu’est-ce que l’égalisation ?

Mon petit Larousse me dit : « Rendre des choses égales sur le plan quantitatif, sur celui des dimensions » ou bien « Rendre des choses égales en valeur, équilibrer » ou enfin « Rendre unis un sol, une surface, les aplanir ; niveler ».

En audio numérique ou MAO pour les branchouilles que vous êtes , et bien ces trois définitions cumulées pourraient convenir. En effet, l’égalisation est une technique de traitement audio visant à équilibrer, niveler, rendre les choses égales ou du moins cohérentes, ensembles d’un point de vue sonore.

De là, à quoi sert l’égalisation ? Cette technique, et les outils associés, visent pour objectif de « sculpter » un son, d’arbitrer et de mettre en valeur les différentes fréquences significatives d’un ensemble de son, c’est un peu comme un puzzle sonore : L’égalisation permet que chaque son, chaque instrument, trouve bien sa place dans un ensemble plus large.

Egaliser un son, c’est donc modérer ou arbitrer les fréquences afin que tout le monde soit audible.

Ça vous donne du coup la possibilité de sculpter l’espace fréquentiel comme vous le souhaitez de façon à obtenir le mix idéal. Dit autrement, l’EQ est vraiment l’atout indispensable d’un bon mix.

Pour cela, il y a des outils et des méthodes que j’aborderai rapidement plus bas, mais déjà, voici un Tableau récapitulatif des fréquences par instrument qui vous aidera certainement dans vos futurs mixages. (nous sommes ici sur un blog de saxophonistes, donc regardez vers le milieu du tableau 😉 )

NB : Infographie trouvée sur https://blog.landr.com


  1. Les outils de l’égalisation

C’est l’outil qui permet de faire de l’égalisation. Les EQ existent de manière physique (hardware) ou virtuelle (Software).

Vous êtes déjà allé à un concert et vous vous êtes déjà extasiés sur la table de mixage de 64 pistes de l’ingé son ? Vous avez donc déjà vu des égaliser de piste, mais il en existe plein en dehors des tables de mixages.

Ce blog étant plutôt consulté par des « homestudistes »), je vous parlerai donc plus des EQ virtuels, ou Plugin qui sont en fait pour la plupart des émulations d’EQ physiques de référence.

Mais pour vous donner une définition générique, on pourrait dire qu’un égaliser est un appareil ou logiciel de traitement du son. Il permet de filtrer ou d’amplifier différentes bandes de fréquences composant un signal audio.

Selon ce que vous voulez faire, vous pourrez utiliser différents types d’EQ :

L’ÉGALISEUR GRAPHIQUE

C’est certainement l’égaliseur le plus connu de tous, car toutes les chaines Hi-Fi en possèdent un, qu’il soit analogique ou numérique. Votre application de musique préférée (sur smartphone ou ordinateur) en propose un également. Il est facile d’approche car instinctif et comme son nom l’indique… graphique !

Un égaliseur graphique 30 bandes stéréo

Les égaliseurs graphiques permettent d’augmenter ou atténuer une gamme de fréquences fixes à l’aide d’une rangée de curseurs. Ils peuvent parfois avoir plus de 30 curseurs, pour une précision élevée sur l’ensemble du spectre.

L’ÉGALISEUR SEMI-PARAMÉTRIQUE

Il s’agit simplement d’un égaliseur paramétrique avec moins de paramètres. Souvent le facteur de largeur Q a une valeur prédéterminée, on ne peut ajuster que le gain et la fréquence de chaque bande. Ils ne sont donc pas aussi flexibles que les égaliseurs paramétriques, toutefois leurs facteurs Q prédéterminés en font d’excellents outils pour augmenter ou atténuer de larges plages de fréquences : ils sont parfaits pour des ajustements tonaux.

Les égaliseurs semi-paramétriques matériels sont souvent dépourvus d’écran de contrôle. Ce sont ces égaliseurs que l’on retrouve généralement sur les tranches des petites consoles ou petites tables de mixage.

Ces EQ fonctionnement très bien pour des corrections « globales »

L’ÉGALISEUR PARAMÉTRIQUE

C’est l’une des alternatives à l’égaliseur graphique et il va plus loin que le semi-paramétrique. Au lieu d’avoir des bandes agissant sur des fréquences prédéfinies, il est possible de choisir la fréquence centrale et l’étendue de l’influence de chacun des paramètres. C’est le type d’égaliseur le plus répandu dans la production musicale, et le plus polyvalent, mais aussi plus complexe à dompter. Néanmoins, il est très intéressant pour des frappes chirurgicales et des corrections très précises.

Voici les paramètres fréquemment ajustables sur un égaliseur paramétrique.
Fréquence : détermine la fréquence centrale de chaque plage, ou le point de coupure pour les filtres coupe-haut et coupe-bas. Bouton « FREQ » de chacune des bandes de couleurs ci-dessus (Rouge, Orange etc…)

Q (quality factor) : détermine la largeur de la plage sélectionnée, plus la valeur Q est élevée plus la largeur de la plage de fréquences est faible et inversement, plus le Q est faible, plus la largeur des fréquences traitées est importante. Bouton « Q » ci-dessus.

Gain : détermine le niveau d’une plage de fréquences. C’est la « quantité » de correction que l’on veut appliquer à la fréquence choisie : pour faire simple, augmenter le gain booste la fréquence sélectionner, diminuer le gain l’atténue (c’est un peu comme un bouton de volume…)

D’autres types d’EQ existent (dynamiques, Plateau etc) mais nous n’en parlerons pas ici.

Trois grandes catégories de filtres sont utilisés en général.

#1 Le filtre passe-haut/passe-bas :

Passe-haut ou High pass ou Low cut : permet de couper progressivement le signal à partir d’une fréquence définie :

Et son inverse le passe-bas ou Low pass ou High cut :

#2 Le filtre en plateau ou Shelf

Le filtre low shelf fonctionne de la façon suivante : à partir de la fréquence de coupure sélectionnée, on amplifie ou on atténue le signal jusqu’à un niveau donné.

Ce “niveau donné” correspond tout simplement au réglage de gain qui aura été sélectionné.

Par exemple, si vous avez un filtre high shelf de +6 dB à 3000 Hz, cela veut dire grosso modo qu’à partir de 3000 Hz vous allez commencer à appliquer une amplification jusqu’à atteindre un plateau à +6 dB.

Le schéma ci-dessous permet de bien comprendre tout ça :

Filtre EQ high shelf
Un filtre high shelf

A l’opposé, pour appliquer le même type de traitement mais sur les basses, il existe le filtre low shelf qui fonctionne de la même façon mais permet d’affecter les fréquences situées en-dessous de la fréquence de coupure sélectionnée :

Filtre EQ low shelf
Un filtre low shelf

Typiquement, ce genre de courbes d’égalisation est utile :

  • pour effectuer des corrections larges, mais moins drastiques qu’avec les filtres passe-haut et passe-bas ;
  • ou pour soulever certaines bandes de fréquences de façon musicale.

#3 Les filtres en cloche

Enfin, il y a ce qu’on appelle le filtre en cloche ou bell filter.

Sans doute le plus connu, ou du moins le plus utilisé par les débutants.

Tout simplement, le filtre en cloche permet d’amplifier ou couper les fréquences d’un signal de façon symétrique vis à vis d’une fréquence donnée :

Filtre EQ en cloche ou bell filter
Un filtre en cloche

Par ailleurs, en fonction du facteur Q sélectionné, la bande de fréquence affectée par le filtre EQ sera plus ou moins resserrée autour de la fréquence choisie.

Ce type de filtre est idéal pour effectuer des corrections localisées ou pour amplifier certaines fréquences de manières larges.


Ca chauffe un peu dans votre tête ? ……. C’est bien normal car si vous débutez en MAO, ces concepts sont un peu techniques… Mais rien de tel que l’apprentissage par la pratique !

Exercez-vous patiemment et rapidement vous allez saisir l’intérêt de ces techniques !!

Allez, je ne peux pas vous laisser comme ça… Alors voici une petite vidéo d’illustration de l’utilisation d’un EQ paramétrique et des différents filtres et paramètres qu’il contient pour sculpter le son comme on souhaite l’entendre… (Désolé pour la qualité du son de cet enregistrement, je débute en enregistrement d’écrans…).

pour un meilleur confort d’écoute, je vous suggère d’écouter cela avec un casque, afin de mieux entendre les différents effets des filtres.

Bon je m’arrête là pour cet article, nous pourrions y passer des heures et des heures, mais j’imagine que le contenu est déjà assez dense pour une première approche…

Ouvrez votre DAW ou logiciel d’enregistrement préféré, prenez un morceau au hasard, ou une piste sonore quelconque, ajoutez un EQ paramétrique (tous les DAWs en proposent de manière native) et testez ces différentes choses :

Choisissez un filtre, lancez la lecture et faites bouger la fréquence : vous allez immédiatement entendre l’effet du filtre. Faites bouger le Q et le gain sur une fréquence donnée. Vous entendez ?

N’hésitez pas à laisser un commentaire ou poser des questions si quelque chose vous échappe !