En Jazz, il est très fréquent de voir des accords chiffrés “7”.
Ce sont donc des accords à quatres sons comprenant la fondamentale (1er degré), la médiante (une tierce au dessus de la tonique), la dominante (5ème degré, une tierce au dessus de la médiante ou à une quinte de la tonique) et la sensible (7éme degré, une tierce au dessus de la dominante).
Ce vocabulaire est assez barbant, je vous l’accorde (sans mauvais jeu de mots…), mais je l’emploie afin de vous forcer un peu à vous familiariser avec car c’est important pour la suite de maîtriser les degrés, les intervalles etc… En effet, appelons un chat un chat…
Si par exemple dans une conversation de zoologie vous ne comprenez pas ce qu’est un monotrème, vous aurez du mal à appréhender la leçon sur les rites nuptiaux des ornithorynques de Tazmanie…
Trop mimi non ??
C’est pareil pour les accords et l’harmonie. Vous devez maîtriser les fondamentaux pour en comprendre les usages.
Revenons donc à nos accords “7”.
Les principaux que vous rencontrerez en jazz sont les accords 7, m7, Maj7 et m7b5
Voici comment ils se composent :
° L’accord majeur 7 (Maj7 ou Δ7) : Il se compose d’un empilement d’une tierce majeure (2 tons), puis d’une tierce mineure(1,5 tons) puis une nouvelle tierce majeure (2 ton). En CMaj7 on a donc : Do-Mi-Sol-Si
° L’accord 7, nous l’avons vu plus haut dans l’article introductif sur les accords est assez simple à construire : on empile au-dessus de la fondamentale une tierce majeure, puis deux tierces mineures (1,5 ton). Pour Do7 (C7) nous aurons donc Do-Mi-Sol-Sib.
° L’accord mineur 7 (m7 ou -7) : Il se construit sur la base d’un accord parfait mineur par l’empilement d’une tierce mineure (1,5 ton), puis d’une tierce majeure (2 tons), puis d’une nouvelle tierce mineure. En Cm7, nous aurons donc Do/Mib/Sol/Sib
° L’accord Mineur 7 quinte bémol ou semi-diminué(m7b5 ou ∅) : Il se construit en empilant deux tierces mineures (Deux x 1,5 tons) puis une tierce majeure. Un Cm7b5 ou C∅ contiendra donc les notes Do/Mib/Solb/Sib. Vous remarquerez au passage que la tierce, la quinte et la Septième ici sont bémol.
Chacun de ces accords possède sa propre sonorité et une couleur spécifique.
Dans l’article suivant, nous allons commencer à aborder les fameux 2-5-1 dont vous avez certainement déjà entendu parler, et que vous allez retrouver dans bon nombre de titres de Jazz.
En attendant, entraînez-vous à écrire et à construire vous même les différents accords “7” sur chacune des notes pour commencer à vous familiariser avec ces derniers. Et puis tiens, pour aller au bout des choses, mettez votre sax autour du cou et commencez à jouer les différentes notes de ces accords pour commencer à vous les mettre dans l’oreille et dans les doigts 😉
Pour illustrer cela, laissez vous convaincre par l’illustration ci-jointe qui est la parfaite illustration de ce que je viens de raconter : dans Autumn Leaves, il n’y a que des accords 7 et de toutes natures !
Nous avons parlé dans un autre guide de la différence entre mélodie et harmonie. Pour faire vite, la mélodie c’est jouer des notes dans une tonalité, les unes après les autres dans un ordre réfléchi. “Jouer”une harmonie, c’est jouer plusieurs notes en même temps, en essayant de respecter ce qu’on a vu dans un autre article, la consonance des notes, jouer de manière à ce que ce qui est perçu par l’auditeur soit agréable.
Pour utiliser une image afin de distinguer mélodie et harmonie, on pourrait dire que la mélodie constitue le sujet du tableau, tandis que l’harmonie constitue le décor, la toile de fond.
Cette harmonie, ces différents éléments superposés, peuvent se “synthétiser” en écriture musicale et notamment en Jazz. Ainsi, les instruments mélodiques et improvisateurs (Saxophone, trompette, flûte etc…), s’intègrent dans le cadre et le contexte que proposent les instruments accompagnateurs (piano, guitare, basse etc…). Ce cadre “harmonique” est représenté par une progression d’accords qui s’enchaînent les uns après les autres et sont tout simplement l’ossature du morceau.
Un accord désigne simplement un ensemble de notes séparées par une série d’intervalles bien définie.
Les accords désignent généralement des « paquets » d’au moins trois notes, dont la construction obéit à des règles bien précises.
Il y a différents types d’accords de trois notes
L’accord parfait majeur : c’est l’accord le plus « logique » et consonant, puisqu’il se construit en empilant, sur une note de départ, une tierce et une quinte, les notes qui correspondent aux toutes premières harmoniques de n’importe quel son. (je vous renvoie à l’article avant-propos 2 sur les harmoniques.)
L’accord parfait mineur : on prend la même chose que pour l’accord parfait majeur, mais la première tierce devient mineure, simplement en enlevant un demi-ton. Les accords mineurs seront fréquemment employés dans un contexte musical où l’on souhaite apporter une atmosphère plus triste, mélancolique, dramatique, ou tout simplement plus chargée en émotions.
Les accords de plus de 3 notes.
Le saxophone est un instrument mélodique et non un instrument harmonique car on ne peut jouer qu’une seule note en même temps. En revanche, en jazz, et plus particulièrement en improvisation, on va jouer des notes, des mélodies sur une suite d’accords. Connaître la composition des accords permet de déduire les tonalités et les gammes qui vont sonner avec le contexte harmonique du morceau. Nous y reviendrons plus tard, dans des articles que je construirai sur l’improvisation.
Mais pour revenir au jazz, la plupart du temps les accords sont composés de 4 notes ou plus.
Dans le blues par exemple, ce sont des accords de “Septième” qui sont utilisés. Ces accords ont 4 sons : sur la base de l’accord parfait (fondamentale, tierce majeure, quinte) s’ajoute la septième mineure.
Par exemple, dans l’accord do7 ou C7 (à l’américaine), nous retrouverons l’accord parfait de Do majeur (Do-Mi-Sol) auquel nous rajoutons une tierce mineure de plus (1 ton et Demi) pour atteindre la “Septième mineure” (ou comptez les degrés jusqu’à la note du septième degré, et enlevez lui un demi-ton).
La septième mineure de l’accord de DO se situe donc une tierce mineure au dessus de la quinte (sol) et est donc un Si bémol.
L’accord Do7 (C7) se compose alors de 4 notes : Do-Mi-Sol-Sib.
Construire un accord “7”, peu importe la fondamentale ou la tonique, le schéma restera le même :
Ré7 (D7) = Ré(fondamentale) + tierce majeure (2 tons) nous amène à Fa♯, + tierce majeure pour arriver à la quinte = La + une tierce mineure pour atteindre la septième mineure (1,5 ton) et nous arrivons au Do♮ .
L’accord D7 contient donc les notes Ré-Fa♯-La-Do♮
Pour terminer cet article, quelques mots sur les autres accords à plus de 4 sons : Il y a les accords 9, 11, 13, ♯5, ♭9 … Le principe est le même, les chiffres correspondent aux intervalles. Pour un accord 9, par exemple C9 (Do9), et bien c’est un accord de septième (vu juste avant) auquel on ajoute la neuvième Do étant la première et la huitième note, la neuvième est tout simplement le Ré !
Je vous avais dit que la musique, souvent, c’est des maths !!
Nous approfondirons les différents types d’accords dans un prochain article…Ne soyez pas désespéré.e, avec du temps, de la patience, du travail et de la répétition, tout le monde peut intégrer ces concepts !
Un intervalle est la distance qui sépare deux notes de musique, cet intervalle peut être mélodique ou harmonique.
Un intervalle mélodique est la distance entre 2 notes d’une mélodie, les 2 notes sont jouées l’une après l’autre.
Un intervalle harmonique est la distance entre 2 notes d’un accord, les 2 notes sont jouées en même temps. Et pour prendre un peu d’avance, un accord, est en fait une succession d’intervalles harmoniques. Par exemple, l’accord Do Majeur se compose des notes Do/Mi/Sol/Do. Il y a trois intervalles, un entre Do et Mi, un entre Do et Sol et un entre Do et Do (à l’octave).
Le nom d’un intervalle est défini par le nombre de notes qui compose cet intervalle, exemples :
L’intervalle DO – SOL est composé des noms de notes suivants : DO RÉ MI FA et SOL, c’est-à-dire 5 noms de notes, c’est donc une quinte.
L’intervalle DO-MI est composé des notes DO-RE-MI : 3 notes, c’est une tierce.
Au final, voici la liste des intervalles :
l’unisson (1 note)
la seconde (2 notes)
la tierce (3 notes)
la quarte (4 notes)
la quinte (5 notes)
la sixte (6 notes)
la septième (7 notes
l’octave (8 notes)
la neuvième (9 notes, intervalle redoublé car c’est une octave + une seconde)
la dixième (intervalle redoublé car c’est une octave + une tierce)
la onzième (intervalle redoublé car c’est une octave + une quarte)
Facile non ?
Si c’était si simple… Évidemment, il y a quelques petites précisions et spécificités, c’est ce qui fait la beauté de la musique !
Les intervalles, par l’entremise du comptage des tons et des demi-tons (je vous renvoie à l’article précédent) amène quelques subtilités que nos oreilles apprécient en général quand on en maîtrise l’exécution.
Ainsi, une seconde peut être majeure ou mineure, une quinte peut être juste, augmentée ou diminuée etc…
Je ne vais pas rentrer trop dans le détail dans cet article, nous y reviendrons un peu plus tard quand je vous parlerai des accords et de la façon dont ils sont composés, ce qui vous permettra de mieux comprendre quelques concepts utiles pour la composition musicale et l’improvisation.
Néanmoins, je vous mets ci-joint un tableau de synthèse présentant les différents intervalles ainsi que le nombre de tons qui les composent. Gardez ça en tête, nous en reparlerons plus loin… (super teasing)
Je vous l’accorde, le tableau ci-dessous est un peu austère, mais il a le mérite d’être complet !
C’est l’ensemble des lois qui régissent la constitution des gammes. Dit autrement, la tonalité, c’est l’ensemble des sons qui forment la gamme.
Les tons, ce sont les distances, les différences de hauteur entre deux notes.
Pour rappel, la gamme de do majeur comporte huit notes, en ordre ascendant du plus grave au plus aigu : do-ré-mi-fa-sol-la-si et do. Le ton, c’est donc la différence de hauteur entre les notes.
Je fais rapide, mais les gammes diatoniques majeures sont toutes construites sous le même schéma : 8 notes qui se succèdent conjointement de manière à ce qu’il y ait 1 ton entre la première note de la gamme et entre la deuxième et la troisième note, ½ ton entre la troisième et la quatrième note, 1 ton entre les notes 4-5, 5-6 et 6-7 puis pour finir, 1/ton entre les notes 7 et 8. Le petit schéma joint à cette publication illustre cela visuellement.
Pour construire n’importe quelle autre gamme majeure, il suffit d’appliquer cette règle en s’aidant des altérations, vues dans un autre article, pour ajouter ou enlever des demis-tons.
Ainsi, la gamme de Sol majeur est construite de cette manière : Sol-La (1ton), La-Si (1ton), Si-Do(1/ton),Do-Ré (1ton), Ré-Mi(1ton), Mi-Fa# (entre mi et fa naturellement il y a un demi ton, donc nous devons ajouter un dièse qui monte le fa d’un demi-ton), et enfin, Fa#-Sol (pour finir sur 1/2 ton)
2. Les degrés
Première note, deuxième note, troisième, sixième… plutôt que parler de numéro de note, on parle de degrés.
En effet, chaque son, chaque note peut-être le début d’une gamme (nous verrons cela plus en détail quand nous aborderons les modes, très pratique pour l’improvisation jazz, mais patience…).
Ainsi, pour éviter toute confusion, chaque degré a reçu un nom particulier qui caractérise la position qu’il occupe dans telle ou telle gamme.
8 notes dans une gamme = 8 degrés
Le premier degré se nomme la tonique : c’est le son principal d’une gamme, il se nomme tonique car il donne son nom à cette gamme. Si votre gamme commence par la note do, le premier degré, la tonique est donc do
Le cinquième degré est la dominante, c’est le son le plus important de la gamme après la tonique. Je vous renvoie à l’article précédent sur la production du son et la prise de conscience du fait que quand on joue une note, au final, plusieurs sons composent la note que l’on perçoit. En relisant l’article (et surtout l’erratum que j’ai ajouté pour corriger), vous comprendrez pourquoi ce cinquième degré est le plus important après la tonique : c’est celui qui résonne le plus de fois après la tonique dans les sons qui composent la note perçue par votre oreille et décodée par votre cerveau.
Le troisième degré est la médiante, car il se tient au milieu entre la tonique et la dominante, ce degré complète d’ailleurs l’accord parfait générateur de la gamme. Pour revenir encore à mes harmoniques, le troisième degré est la cinquième harmonique (le point rouge, qui devrait être un Ré sur le schéma précédent)
Le Septième degré se note la note sensible. Il porte ce nom car il n’est qu’à ½ ton de la tonique.
Les autres degrés ont moins d’importance, ils ont un nom également, mais pour l’instant, pas besoin pour vous de les mémoriser.
Donc en gamme de do, voici les degrés : (vous allez pouvoir vous la péter à votre prochain dîner mondain ;-))
Do = premier degré = Tonique
Ré = deuxième degré = sus-tonique
Mi = troisième degré = médiante
Fa = quatrième degré = sous dominante
Sol = cinquième degré = Dominante
La = sixième degré = sus-dominante
Si = Septième degré = Sensible
Do = huitième degré = tonique ou Octave
L’intégration des différents degrés est importante pour la suite, notamment si vous souhaitez apprendre à improviser. Ces degrés permettent de déduire les intervalles qui permettent de constituer des accords… et pour jouer sur une suite d’accords, il faut savoir reconnaître les degrés et donc la gamme associée pour jouer juste.
Puisque cela aurait été trop simple de se contenter de 7 notes (Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La et Si), mais finalement pour enrichir les différentes possibilités qu’offre la musique, Dieu créa « l’altération » !
Tataaaaaaaaaaaaaannnnn !!! (désolé, je ne suis pas assez fort en développement web pour vous mettre un son intéractif, mais je suis sur que ça a bien raisonné dans votre cerveau…)
Une altération, c’est un signe qui modifie le son de la note à laquelle il est affecté. Pour aller vite, on parle de dièse et de bémols, mais il y a réellement trois signes d’altérations :
Le dièse (♯) élève le son de la note (il est un peu plus aigu)
Le bémol (♭) abaisse le son de la note (il est un peu plus grave)
Le bécarre (♮) a pour effet d’annuler la modification d’une note précédemment altérée par un dièse ou un bémol. Ainsi, si dans une même mesure vous avez un do♯, puis un do♮, le son sera élevé par le dièse et remis à la normale par le bécarre. Cela marche pareil pour les bémols, dans la même mesure un si ♮ annulera l’altération du si♭ précédent.
Les altérations se placent à deux endroits différents sur une partition :
Devant la note qu’elle modifie, on dit que c’est une altération accidentelle. A savoir : Toutes les notes de même nom de la même mesure qui suivent restent altérées, sauf si une bécarre vient annuler cette altération.
Au commencement de la portée, immédiatement après la clé (de sol en général pour le saxophone) : selon le morceau, certaines notes sont toujours altérées. On sait cela car les altérations placées juste après la clé nous l’indiquent. Par exemple, dans la gamme de Sol majeur (nous verrons cela un peu plus tard), le fa est toujours dièse. Dans ce cas là, plutôt que de répéter le symbole ♯ à chaque fa de la partition, l’altération est placée “à la clé”, juste après la clé de sol au niveau de la note fa. Comme vu plus haut, les bécarres accidentelles pourront venir annuler l’effet de cette altération si nécessaire.
Un autre exemple, si en début de partition, juste à côté de la clé, vous avez 3 dièses (Fa, Do et Sol), cela veut dire qu’on est en « La majeur ». Toutes les notes Fa, Do et Sol du morceau devront être altérées d’un dièse et vous jouerez enfin juste dans votre groupe ou orchestre !!!
Et la lumière fut…
Au passage et pour flamber en repas mondain, la « liste » des dièses et bémols indiqués en début de partition « à la clé », ça s’appelle l’Armure, c’est toujours sympa à caser…
Maintenant, abordons un autre petit symbole que vous trouverez souvent sur une partition : le point.
Nous avons vu un peu plus haut dans un autre article les figures de notes, qui indiquent le temps que dure chaque note (les noires, les blanches, les croches…).
Il ne sera pas rare que vous voyiez parfois des noires ou des blanches suivies d’un point.
Ce point augmente la valeur de la note qui le précède de la moitié de sa durée. Exemple : à 4/4, une blanche dure deux temps. Si après une blanche il y a un point, cela veut dire que cette “blanche pointée” doit être jouée deux temps (durée primitive) + un temps (moitié de sa durée primitive). Donc une blanche pointée à 4/4 vaut 3 temps. Une noire pointée vaut un temps et ½.
Encore des maths !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! NOoooOOOOooOOOOOoooOnnnnnn !!!!!!! (désolé je m’égare)
Ces points peuvent également être placés après une figure de silence. Son effet sera le même : il augmentera de moitié la durée du silence.
Pour que ce soit plus clair, je vous mets le tableau des équivalences des figures de notes et de silences pointées.
Jouer de la musique, c’est produire des sons plus ou moins graves ou plus ou moins aigus et nous l’avons vu plus haut, concrètement en théorie musicale, ces sons s’appellent des notes.
Les notes ont différentes hauteurs et s’inscrivent sur une portée qui est la route à suivre de la partition de votre morceau préféré.
Jouer de la musique, c’est aussi enchaîner la réalisation des notes de la partition par rapport à un tempo, une vitesse d’exécution du morceau que le tempo nous précise (nombre de pulsations par minute).
Pour connaître la durée totale de jeu d’une note, il faut savoir reconnaître, déchiffrer, et lire ce qui s’appelle les figures de notes.
Ces figures nous indiquent très précisément le temps qu’une note doit être jouée pour exécuter la partition.
Théoriquement, le nombre de figures de notes différentes est illimité, mais les principales que vous rencontrerez sont au nombre de 6.
Tout d’abord, la ronde : c’est la valeur de note la plus longue (exemple, en 4/4, une ronde vaut 4 temps). Ensuite, toutes les autres figures de notes divisent par deux la durée de la note par rapport à la précédente. (je vois derrière votre écran dire “hein” ? “Kès-y-dit lui?”).
Concrètement, voilà ce qui suit : la blanche dure la moitié d’une ronde, puis la noire vaut la moitié d’une blanche, la croche vaut la moitié d’une noire, la double croche, la moitié d’une croche et la triple croche la moitié de la double croche.
Et oui… Souvent, la musique en fait, c’est des maths… Ce qui est rassurant c’est que les valeurs sont divisées ou multipliées par 2, ce qui est à la portée de la plupart des gens qui sont allés jusqu’au CE1 à l’école primaire !
Vous avez déjà mal à la tête? détendez-vous, soufflez un bon coup… les difficultés arrivent ! lol
Nous l’avons vu plus haut, le chiffrage de mesure que vous rencontrerez le plus souvent, surtout dans les morceaux “débutants” mais aussi avancés, c’est 4/4.
Ce chiffrage signifie que chaque mesure vaut 4 temps et qu’une noire vaut un temps. Pour cet exemple (80% de tous les morceaux du monde et de l’histoire de la musique contemporaine), je vous mets ci-joint le tableau d’équivalence des figures de notes pour que vous puissiez de manière synthétique vous rendre compte des valeurs de chaque figure.
Et par conséquent au final dans notre exemple, la somme des différentes notes à jouer dans une mesure doit être = à 4.
Je vous l’accorde, c’est un peu abstrait comme ça, écrit sur un écran, mais un simple exercice pourrait consister à mettre quatre noires dans une mesure à 4 temps et à les jouer sur chaque pulsation du métronome. (4×1 temps= 4 temps)
Un autre exemple, pourrait être une mesure à quatre temps avec une blanche, une noire et deux croches : 2 temps (blanche) + 1 temps (noire) + 2x 1 demi temps = 4 temps.
Pour lire cela sur votre partition, c’est comme un livre classique occidental : de gauche à droite.
Les figure de silence sont les équivalents des figures de note mais comme leur nom l’indique, ce sont les temps de pause, dans une mesure, pendant lesquels il ne faut jouer aucune note le temps passe, mais vous ne jouez pas de note.
Pour les bases de la lecture rythmique d’une partition, il suffit d’en connaître 5 : La pause (équivalent d’une ronde), la demi-pause (équivalent d’une blanche), le soupir (équivalent d’une noire), le demi-soupir (équivalent d’une croche), le quart de soupir (équivalent d’une double croche).
Ci-dessous l’exemple de toutes les durées des principales figures de note ou de silence pour une mesure à 4 temps (4/4 ou C)
Bon je vous l’accorde, on rentre un peu dans le dur ici, mais pour apprendre la musique, connaître les notes et leurs valeurs temporelles sont des concept indispensables !!!
Posez vos questions en commentaires si quelque chose n’est pas clair ou si vous avez des questions !
Tout part de là : Ok, le solfège, c’est le le code de la route de la musique (cf article précédent), mais quelle route? Et bien tout simplement, la route d’une partition musicale, c’est ce qui s’appelle la portée. C’est sur la portée que sont inscrites toutes les indications pour jouer votre morceau préféré : c’est votre itinéraire, votre GPS, votre Waze du saxophone. Au passage, et pour votre culture personnelle, le document qui rassemble toutes les parties et donc toutes les portées des différents instruments d’un orchestre s’appelle le “Conducteur”, ce qui renforce ma métaphore routière
Une portée musicale, tout le monde en a déjà vu de près ou de loin. C’est comme sur un cahier d’écolier, il y a des lignes et des interlignes (5 lignes et 4 interlignes). C’est sur cette route que s’écrit la musique : la hauteur des notes, les figures rythmiques, les silences (temps sur lesquels on ne joue pas pendant le morceau), le tempo, la séparation en mesures, les reprises, les articulations, les indications d’expression etc… Tout ce dont vous aurez besoin pour bien jouer et interpréter un morceau doit être sur votre partition.
Cela ressemble à ça :
De petites lignes, appelées lignes supplémentaires, peuvent être ajoutées “virtuellement” au-dessus et au-dessous de la portée.
La principale information que contient une portée, ce sont les notes du morceau.
Une note est un signe qui se place sur une ligne ou dans un interligne, soit dans la portée, soit au-dessus ou au-dessous de la portée.
Par exemple, la note “Sol médium » se situe sur la deuxième ligne de la portée en partant du bas et la note “Sol aigüe” se situe juste au-dessus de la portée, sur la première interligne supplémentaire. Nous verrons cela plus en détail sur l’article qui concerne les gammes.
Les notes, en succession ascendante de sons (du grave à l’aigu), se nomment Do ou Ut, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si. Elles sont écrites à l’aide de figures de notes qui précisent la durée de chaque note. (noires, croches, rondes… nous verrons cela un peu plus en détail plus loin).
Dans une portée, vous avez aussi des mesures. Ce sont des barres verticales qui séparent la portée en “unités” de temps par rapport à l’unité de référence que vous avez inscrite en tout début de portée qui s’appelle “le chiffrage de mesure”.
Ce dernier va déterminer la durée de chaque figure de note, c’est une sorte de référentiel pour la durée des notes de musique. Le chiffrage de notes détermine le nombre de “temps” que contient la mesure.
Le chiffrage le plus courant est 4/4 comme indiqué dans l’image ci-dessous. Cela indique qu’il y a 4 noires par mesure et qu’une noire vaut un temps.
La vitesse d’exécution du morceau est déterminée par le tempo ici = 60 (cf image). Le chiffre 60 indique que le tempo est de 60 pulsations par minute.
L’intervalle entre deux pulsations s’appelle un temps.
Pour comprendre cela, fermez les yeux et prenez conscience des battements de votre cœur : chaque pulsation détermine votre fréquence cardiaque. pour le tempo, c’est pareil !
Voici un petit récapitulatif qui vous permettra de visualiser un peu mieux ce nouveau vocabulaire :
Maintenant que vous connaissez les éléments de base d’une portée, allons un peu plus dans le détail… RDV à l’article suivant.
Pour aborder ce qui va suivre dans les prochains articles, sur les notes, les altérations, les intervalles, les tons etc… Nous devons repartir un tout petit peu sur les bancs de l’école, en cours de physique.
N’ayez pas peur, j’ai fait un bac Eco, donc je ne suis pas allé très loin dans cette matière scientifique. Ce qui suit sera donc largement à la portée de tous.tes.
Qu’est-ce que le son ?
Le son est une déformation de l’air qui se propage sous forme d’onde périodique. Une onde possède deux caractéristiques : la fréquence et l’amplitude.
La fréquence désigne le nombre d’oscillations de l’onde par seconde. Plus la fréquence augmente, plus le son résultant est perçu comme aigu.
L’amplitude désigne la force de la déformation. Plus l’amplitude augmente, plus le son est perçu comme fort. En musique, on fera jouer l’amplitude pour faire “des nuances” dans le volume sonore des sons produits.
Pour bien vous représenter ce concept un peu savant, fermez les yeux et représentez vous à la montagne, face à un lac, avec une pierre dans la main. Quand vous lancez la pierre dans l’eau se crée une onde, vous pouvez alors voir plusieurs cercles concentriques qui se propagent dans le lac. Le son que vous percevez quand la pierre tombe dans l’eau sera plus ou moins grave/ medium selon la dimension de votre lac.
Si vous faites la même expérience en jetant un cachet d’aspirine dans un verre après une soirée trop arrosée, vous aurez le même phénomène d’onde à la surface du verre, mais le son sera beaucoup plus faible (et heureusement pour votre migraine) et plus aigu que le rocher qui tombe dans un lac.
En ce qui concerne la production du son au saxophone et donc les différentes notes, c’est un peu le même principe : en faisant vibrer votre anche sous l’effet de la pression d’air, vous faites varier l’amplitude (le volume sonore et donc les nuances), et en appuyant sur les clés, vous faites varier la “longueur du tube” et la fréquence de vibration de votre anche, donc la hauteur du son. Par exemple, le “La” du diapason a une fréquence de 440 Hertz, ce qui signifie qu’à cette hauteur de note, votre anche vibre 440 fois par seconde. Au saxophone Alto, le “La 440” est produit par la note Fa# (dièse) médium.
Plus une fréquence sera élevée (tube court), plus le son produit sera aigu et plus votre anche vibrera vite. En revanche, plus vous rallongez le tube (en fermant les clés jusqu’au si bémol grave par exemple), vous obtenez un son grave et votre anche vibre moins vite.
Pour qu’il y ait musique, il faut plusieurs sons. On peut combiner des sons en les jouant successivement, on parle de mélodie. On peut les jouer en même temps, on parle d’harmonie.
Certains sons se combinent bien entre eux, d’autres non… On dit alors que les sons sont “consonants” ou “dissonants”.
A. DANHAUSER donne une définition assez simple et pertinente que je vous restitue ici : “Les intervalles consonants sont ceux que forment ensemble deux sons que l’oreille n’éprouve pas le besoin de séparer ; la consonance donne une impression d’unité, de cohésion et de stabilité.
Les intervalles dissonants, au contraire, sont ceux que forment entre eux deux sons que l’oreille éprouve le besoin de modifier, en les remplaçant par d’autres sons ; la dissonance donne une impression d’instabilité…”
Si vous avez un piano ou une guitare sous la main, jouez en même temps un sol et un sol#. Vous ressentez ce “frottement” désagréable dans vos oreilles?
Maintenant, jouez un do et un mi en même temps : vous percevez normalement bien les deux sons, mais ces derniers sont bien plus agréables à entendre.
ll existe des intervalles fondamentaux entre deux sons qui nous garantissent qu’ils seront consonants que nous aborderons plus bas, et que nous détaillerons lors des articles sur l’harmonie nécessaire à l’apprentissage de l’improvisation en jazz.
Alors au final, qu’est-ce qui arrive dans vos oreilles quand vous jouez une note de musique? Et bien ce n’est jamais un son “pur”, mais plutôt un ensemble de sons consonants qui se superposent à des fréquences différentes : une note fondamentale et des notes harmoniques, distantes les une des autres d’intervalles consonants.
La “richesse” d’un son produit par un instrument, son “timbre” dépend du nombre d’harmoniques audibles qu’il contient.
Pour illustrer ce phénomène physique, je vous propose de regarder l’image ci-dessous qui représente la forme d’onde fréquentielle de la note Si grave jouée au saxophone ténor qui équivaut à un La grave au piano.
On peut y voir de nombreuses “vagues” qui correspondent tout simplement aux différentes formes d’ondes des sons produits et que l’on entend dans la note Si grave au saxophone ténor. On a l’impression d’entendre qu’un seul son, mais en fait, il y a de très nombreuses courbes qui s’ajoutent les unes aux autres et à des intervalles consonants, de telle sorte que notre cerveau interprète n’entendre qu’un seul son.
Pour aller au bout de mon exemple, voici le détail de ces différentes sons pour produire un Si grave au ténor :
Le point vert est la fondamentale (la note Si à une fréquence d’environ 110 Hz),
Le point bleu est la première harmonique. Le son est aussi un un Si, mais avec un intervalle de 8 (octave), à 220 Hz. Remarquez au passage que l’octave = 2x la fréquence fondamentale,
Le point violet est la troisième harmonique (la note Fa à environ 330Hz),
Le point jaune est la quatrième harmonique : à nouveau le Si (double octave de la fondamentale et comme par magie Fréquence à 440Hz donc deux fois la précédente octave). NB: Vous remarquerez au passage que la note entendu en jouant ce Si est à 440Hz, comme le fameux La 440Hz que nous utilisons généralement pour accorder nos instruments. Normal, puisque le saxophone ténor est un ton en dessous des instruments en Ut.
J’aurai pu continuer longtemps comme ça car le spectre fréquentiel est infini, mais l’oreille humaine n’est pas assez sophistiquée pour percevoir les sons trop graves ou trop aigus.
Mais ce que vous devez retenir, et cela vous sera utile par la suite de votre apprentissage, c’est que les notes que vous jouez sont en fait un ensemble de sons qui se superposent à des intervalles réguliers (consonants de surcroit) dont vous pouvez faire varier l’amplitude pour créer des nuances.
Un célèbre poète a dit un jour :”la vie c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber”. Je sais, j’ai déjà utilisé cette citation dans un autre article, mais elle marche aussi dans ce que je veux vous raconter aujourd’hui.
Dans ce guide, nous allons parler de solfège… ce terme est devenu quasiment un gros mot dans les écoles de musique car cette matière en a dégoûté un grand nombre et a aujourd’hui une très mauvaise réputation…
On parle maintenant de “Formation musicale”, c’est le nouveau terme à la mode… Mais au final, on parle de la même chose…
Mieux on comprend à quoi sert la théorie musicale, plus on s’aperçoit qu’il est indispensable de cultiver cette connaissance, à tous les niveaux de maîtrise d’ailleurs, même les pros continuent à progresser, à s’affûter en théorie musicale, que ce soit pour mieux lire les partitions, ou améliorer leurs improvisations en comprenant mieux les structures.
Pour revenir sur la citation du début, la boîte de chocolat, c’est le saxophoniste qui joue (quel que soit son talent) uniquement à l’oreille et par mimétisme de ses artistes préférés et qui a appris à jouer de son instrument sans aucune fondation théorique de la musique. Ca peut globalement marcher, mais avant de trouver LE chocolat qui nous plaît (comprenez être satisfait de sa façon de jouer un morceau), cela peut prendre énormément de temps. En soit, cela n’est pas une mauvaise chose car dans l’apprentissage d’un instrument, surtout en jazz d’ailleurs, il est conseillé de faire beaucoup de transcriptions de thèmes et chorus des grands maîtres. Transcrire à l’oreille est un travail remarquable et très utile, mais être capable de poser cela à plat sur une partition, c’est encore mieux pour pouvoir mieux “comprendre” le mouvement du chorus, pourquoi l’artiste à utilisé telle note, de telle gamme, telle ou telle articulation etc…
Bien évidemment, avant d’arriver au niveau de détecter les tonalités des morceaux et les gammes utilisées, il y a un long apprentissage de nombreux concepts, mais je voudrais ici vous mettre à disposition les bases, ne serait-ce que pour simplement être capable de déchiffrer une partition et de jouer votre morceau préféré avec vos potes, en Jam session ou même tout seul chez vous devant votre tomplay ou autre support de partition.
Ce que je voudrais, vous l’aurez compris, c’est vraiment vous persuader que l’apprentissage du solfège, de la théorie musicale ou vous l’appellerez comme vous voudrez, est VRAIMENT utile si vous avez l’ambition de progresser régulièrement dans votre pratique instrumentale.
J’aime bien prendre l’image de la conduite : le solfège en fait, c’est le code de la route de la musique ! C’est l’outil ultime qui vous permettra de ne pas vous perdre et d’arriver à votre destination en ayant respecté le bon itinéraire (les bonnes notes, les bonnes reprises, les codas etc), respecté les stop et les feux rouges (pauses, soupirs, respirations etc…) joué à la bonne vitesse (tempo, respect de la notation rythmique etc…) et qui vous aidera à interpréter certains panneaux de signalisation (nuances, articulations etc…).
En gros, si vous ne voulez pas être un chauffard de la musique, il vous faut connaître au moins les bases en solfège !
Une chose est sûre, si vous êtes là, c’est que progresser au saxophone est un de vos objectifs, donc je suis certain que vous ferez l’effort nécessaire pour dépasser vos a priori (et je sais qu’ils sont nombreux) sur le solfège.
Bonne lecture à vous, et surtout, n’hésitez pas à commenter copieusement, même pour contre argumenter mes tentatives de marketing solfégique, je me ferai un plaisir d’y répondre et de débattre avec vous !
Et voilà, je me lance… Je suis passionné de musique et de saxophone, j’aime bien les nouvelles technologies et j’adore partager avec d’autres passionnés ! Je me suis donc dit, si tu ouvrais un Blog pour transmettre, échanger, confronter des idées sur le saxophone?
Une bonne idée? L’avenir nous le dira…
A très vite donc…
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