Techniques d’Interprétation Saxophone Pour Une Musique Plus Expressive

🎷 Tu sais jouer les notes… mais est-ce que tu racontes vraiment quelque chose avec ton saxophone ?

Que tu joues du jazz, de la pop ou de la musique classique, ces idées vont t’aider à sonner plus expressif, plus personnel, plus musical.

Interpréter une mélodie au saxophone ne consiste pas seulement à jouer les bonnes notes au bon moment. Interpréter, c’est transformer une ligne écrite en un discours expressif, personnel et vivant. Le saxophone, par sa proximité avec la voix humaine, offre une large palette de nuances et d’inflexions. Voici cinq axes essentiels pour enrichir ton interprétation.

Alors voyons ensemble comment passer de la note au message 🎶🎷

Les nuances (piano, forte, crescendos, decrescendos) participent à l’expressivité. Pense la mélodie comme une phrase parlée : elle monte, elle descend, elle insiste sur certains mots. 

La plupart du temps, les nuances sont indiquées sur la partition. Elles traduisent clairement l’intention du compositeur par rapport à la mélodie. Respecter les nuances est un premier pas indispensable pour interpréter une mélodie. 

Mais il arrive que tu n’aies pas d’indications de nuances sur ta partition : Pense alors à la mélodie quand tu la joue et essaye d’en faire ressortir l’intensité sonore qu’elle mérite selon toi : quels passages, méritent d’être faibles, Pianos, lesquels selon toi doivent être plus forts. 

Le vibrato est l’un des outils expressifs majeurs du saxophoniste. Bien utilisé, il apporte chaleur et profondeur à une note tenue. 

Mais Il ne doit jamais être automatique : certaines notes gagnent à être droites, d’autres à vibrer légèrement ou plus amplement selon le style, le tempo ou l’intensité émotionnelle.

Le vibrato au saxophone est principalement un vibrato de mâchoire, et non de doigt comme à la guitare ou de gorge comme à la flûte.

  • Imagine un mouvement très léger de la mâchoire inférieure, comme si tu disais lentement “ya-ya-ya” ou « wa-wa-wa »sans articuler.
  • La lèvre inférieure reste souple, jamais crispée.
  • Le mouvement est régulier, contrôlé, et vient modifier très légèrement la hauteur de la note

Utiliser le vibrato musicalement

  • Applique-le surtout sur les notes longues, souvent en fin de phrase.
  • Tu peux démarrer la note droite et faire apparaître le vibrato progressivement.
  • Évite le vibrato constant sur toutes les notes : pense-le comme un outil expressif.

Interpréter, c’est aussi jouer avec le temps. Sans jamais sortir de la mesure, tu peux légèrement anticiper ou retarder certaines notes pour créer de la souplesse rythmique. Cette micro-liberté donne l’impression que la mélodie respire et évite une exécution trop rigide.
Cela demande une pulsation intérieure solide : plus tu es ancré dans le tempo, plus tu peux t’en éloigner subtilement. Cette approche est particulièrement présente dans le jazz, la musique brésilienne ou certaines ballades, mais elle enrichit aussi d’autres styles.

Ce qu’on veut faire : 

Tu ne modifies pas la structure rythmique ici, mais la sensation du placement.

  • Tu peux légèrement retarder une note expressive.
  • Ou anticiper une note de passage.
  • Le tout en retombant toujours sur les temps forts.

Comment l’exécuter concrètement

  • Garde une pulsation interne très stable (travail au métronome indispensable).
  • Joue la mélodie parfaitement en place.
  • Ensuite, autorise-toi de micro-décalages volontaires.

Les appoggiatures, notes de passage ou petits glissendos sont autant de moyens d’embellir une mélodie. Ils créent une tension puis une résolution, attirant l’oreille vers les notes importantes.
Attention cependant à ne pas surcharger : les ornements doivent servir l’intention musicale, pas la masquer. Ils sont souvent plus efficaces lorsqu’ils soulignent les temps forts ou les notes structurantes de la phrase.

Qu’est-ce qu’une appoggiature au saxophone ?

C’est une note d’approche, jouée juste avant la note cible.

  • Elle peut être diatonique (dans la gamme)
  • ou chromatique (un demi-ton au-dessus ou en dessous)

Comment les jouer

  • L’appoggiature est courte et légère
  • La note cible reste la plus importante

👉 Exemple :
Pour arriver sur un do :

  • joue un ré (au-dessus) très bref → do
  • ou un si (en dessous) → do

Le glissendo : on l’utilise pour passer d’une note à l’autre, en ajoutant les notes intermédiaires (diatoniques ou chromatiques) entre les deux notes. Par exemple, pour jouer un intervalle do-la (descendant) on intercalera entre le do et le la les notes : si et sib avant de tomber sur le la qui est notre note cible.

Le saxophone permet de “sculpter” chaque attaque. Un scoop, un portamento (glissement continu entre deux hauteurs) ou un vibrato progressif sont des moyens puissants de personnaliser ton jeu.
Ces effets rapprochent l’instrument de la voix humaine et renforcent l’expressivité. Ils doivent être utilisés avec intention : demande-toi toujours ce que tu veux raconter avec cette note précise.

Le scoop

Le scoop consiste à attaquer légèrement en dessous de la note, puis à monter vers elle.

Exécution :

  • Commence la note avec une embouchure plus relâchée.
  • Monte très vite à la hauteur juste en resserrant légèrement la mâchoire.
  • Le mouvement est bref, expressif, jamais caricatural.

🎷 Très utilisé en jazz et en blues.

Le portamento

Le portamento est un glissement continu entre deux notes.

Exécution :

  • Combine :
    • un léger mouvement de mâchoire
    • un relâchement progressif de l’embouchure
    • parfois un doigté intermédiaire (selon l’intervalle)

Enfin, interpréter une mélodie, c’est parfois s’en éloigner légèrement. Ce que j’appelle l’encadrement mélodique consiste à entourer une note cible par des notes voisines (au-dessus, en dessous, chromatiques ou diatoniques), créant ainsi une forme de broderie improvisée.
Cette approche introduit une part d’improvisation tout en respectant l’identité de la mélodie originale. Elle permet de varier les reprises d’un thème, de le rendre plus vivant et de développer progressivement ton propre langage musical.

Conclusion

Interpréter une mélodie au saxophone, c’est trouver l’équilibre entre fidélité au texte et liberté expressive. En travaillant le son, le temps, les ornements et l’improvisation, tu transformes une suite de notes en un véritable récit musical. L’objectif n’est pas d’en faire trop, mais de faire juste, avec intention et sensibilité.

En bonus, si tu veux écouter cet article avec quelques exemple sonores, je t’invite à aller sur ma chaîne Youtube :

Gamme d’Improvisation : Guide Complet

Bonjour à toi ! Si tu es un lecteur assidu de ce blog, tu auras certainement déjà parcouru les articles de la série « gammes d’improvisation ». Et si tu es sérieux, tu as même peut-être commencé à les travailler dans tous les sens et dans toutes les tonalités pour les imprimer dans tes doigts…

Il est temps je pense de revenir sur ces articles pour en faire une synthèse ! Ce sera l’occasion pour toi de réviser ou de vérifier que tu as bien tout compris… Du moins, de la partie théorique : comment les construire et dans quel contexte les utiliser. Pour la pratique, c’est une autre paire de manches et il n’y a que le travail, l’expérimentation et le temps pour te permettre de t’améliorer.

En effet, ne nous voilons pas la face… L’improvisation est un exercice compliqué nécessitant des compétences nombreuses.

Après, tout dépend de ce que vous voulez avoir comme rendu… Sortir un solo digne de Michael Brecker, Bob Berg ou Chris Potter n’est pas donné à tout le monde… Et la majorité des saxophonistes n’en sera jamais capable… et je me mets dans ce lot. Il faut dire que ces musiciens sont tellement des extra-terrestres…Mais c’est aussi pour cela qu’on les aime…

Néanmoins, improviser, c’est composer sur le moment. Composer des phrases musicales sur une progression harmonique en utilisant des notes. Donc improviser, c’est jouer des notes, jusque là tout le monde suit ?? (rire)

Mais quelles notes ?

Nous allons puiser dans un réservoir de notes pour improviser. Ce réservoir provient de différentes gammes que nous prendrons soin de bien choisir au préalable, en faisant une analyse harmonique pour connaître la tonalité du morceau a minima.

Ensuite, une fois la bonne tonalité trouvée, il faudra repérer les bons degrés pour construire les différentes gammes.

Pour rappel, nous allons utiliser des chiffres arabes pour qualifier les degrés d’une gamme. Les degrés, se sont simplement l’ordre d’apparition de la note dans cette gamme.

Exemple pour La majeur :

Voici donc la synthèse de l’architecture des principales gammes utilisées en improvisation (il en existe d’autres, cette liste n’est pas exahaustive):

Je mets ces gammes en premier car elles me semblent être les plus abordables pour les niveaux débutants à intermédiaires. Elles fonctionnent en général avec à peu près tout, si tant est qu’on choisisse la bonne dans le contexte du morceau.

Pour faire simple, les gammes pentatoniques sont déduites des différentes gammes majeures. Elles contiennent 5 notes choisies de ces gammes à partir de certains degrés :

  • La Pentatonique majeure : Composée des degrés 1, 2, 3, 5 et 6, elle est utilisée pour improviser sur des accords majeurs et sur des morceaux ayant une tonalité majeure. 
  • La Pentatonique mineure : Composée des degrés 1, 3b, 4, 5, 7b, elle est utilisée pour improviser sur des accords mineurs ou des morceaux à tonalité mineure. Elle est très courante en blues. 
  • Pentatonique dominante : Composée des degrés 1, 2, 3, 5, 7 d’une gamme majeure, elle est utilisée principalement sur les accords de septième dominante (comme G7 C7 ou A7 par exemple), typiques du blues et du jazz. 

Si vous voulez retrouver les détails de mes explications sur ces trois gammes, je vous invite à cliquer ci-dessous.

Ces gammes sont des variantes des gammes pentatoniques, ajoutant une « note bleue » (b5) pour la gamme blues mineure et un b3 pour la gamme blues majeure. Elles sont essentielles dans le vocabulaire improvisé en blues et dans le jazz fusionné avec le blues.

  • Gamme blues mineure : Composée des degrés 1, 3b, 4, 5b, 5, 7b, elle est utilisée pour donner une sonorité typique du blues, surtout sur des progressions I-IV-V ou sur des accords de septième. 
  • Gamme blues majeure : Elle se construit en partant de la gamme pentatonique majeure, les 6 notes de la gamme blues majeure seront donc les degrés 1-2-3b-3-5-6. 

J’aurais pu commencer par ces gammes car toutes les autres gammes d’improvisation de notre système occidental se construisent à partir de ces dernières (notamment les gammes majeures). Mais le choix des pentatoniques ou blues est en général plus judicieux au départ car il y a moins de notes !

Néanmoins, pour des phrases plus riches et plus colorées, ces gammes vous offrent plus de possibilités et sont fondamentales à connaître et à travailler. D’ailleurs, si vous suivez un cursus de formation avec un professeur de musique, il vous a certainement déjà fait commencer le travail avec des somptueux recueils de gammes (pour ma part, c’était celui de Marcel Mule qui m’a martyrisé dans ma jeunesse)

  • Gamme majeure : Composée des sept notes constituant nos fameux 7 degrés (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7), elle est utilisée pour improviser sur des accords majeurs. En jazz, elle est souvent utilisée dans des contextes plus modaux ou pour des passages de tonalité stable sur des cadences ii-V-I notamment.
  • Gamme mineure naturelle : Composée des notes (1, 2, 3b, 4, 5, 6b, 7b), elle est utilisée pour improviser sur des accords mineurs dans un contexte classique ou modal.
  • Gamme mineure harmonique : Composée des notes (1, 2, 3b, 4, 5, 6b, 7), elle est utilisée dans des contextes de jazz plus complexes, notamment dans les progressions de type mineur avec des accords de septième ou mineurs harmoniques. Cette gamme va très bien fonctionner sur les progressions 2-5-1 mineurs. Personnellement j’adore la couleur orientale de cette gamme ! 

On commence ici à être sur des niveaux plutôt avancés d’improvisation, mais si vous aimez Miles Davis, John Coltrane, Wayne Shorter ou Cannonball Adderley, cette partie va certainement vous intéresser… La musique modale en jazz est une approche où l’harmonie se base davantage sur des modes (gammes dérivées des degrés d’une tonalité) plutôt que sur des accords traditionnels et leurs progressions. Cette approche a marqué un tournant dans l’histoire du jazz dans les années 1950-1960.

Si cela devient trop compliqué (ce serait normal), passez ce paragraphe car il risque plus de vous embrouiller qu’autre chose, et revenez y quand vous serez plus affûté(e) en maitrise des degrés et des gammes…

Néanmoins, voici les modes les plus utilisés : 

  • Mode dorien (mineur) : Utilisé pour improviser sur des accords mineurs. Le dorien est le mode du jazz modal et convient aux progressions d’accords mineurs où il conserve une sonorité mineure mais avec une sixte majeure. Le principe ici est de considérer l’accord mineur sur lequel on se trouve comme le deuxième degré d’une autre gamme. Ex, l’accord A-7 est bien le deuxième degré de la gamme de Sol Majeur, donc on jouera la gamme de Sol majeur mais en partant du La par exemple. Il se construit sur les degrés 1 2 3b 4 5 6b 7b.
  • Mode mixolydien (dominant) : Utilisé principalement pour improviser sur des accords de septième dominante (comme G7). Tous les accords « 7 » sont les cinquièmes degrés d’une gamme majeure. Donc par exemple, sur l’accord A7, nous jouerons Ré Majeur, en partant du La par exemple. Il se construit sur les degrés 1 2 3 4 5 6 7b
  • Mode lydien : Utilisé pour improviser sur des accords majeurs avec une septième majeure, comme dans des contextes de jazz plus modernes. Il possède une quarte augmentée qui lui donne une sonorité unique qui sonne « fantastique » ou « flamboyant ». Pour garder l’exemple l’accord AMaj7 ici sera considéré comme le 4ème degré de Mi majeur. Nous pourrons donc jouer avec quatre dièses à la clé (tonalité de mi Majeur). Il se construit sur les degrés 1 2 3 4# 5 6 7
  • Mode phrygien : Utilisé pour improviser sur des accords mineurs ou dans des contextes d’accords dominants secondaires. Assez avancé aussi, mais si cela vous chante, vous considèrerez ici votre accord de A-7 comme le troisième degré de Fa Majeur. Vous pourrez jouer avec un seul bémol (Tonalité de fa majeur). Il se construit sur les degrés 1 2b 3b 4 5 6b 7b

Maintenant qu’on a dit ça, reste à utiliser ces gammes à bon escient, c’est à dire que les notes jouées doivent idéalement bien sonner dans le contexte global du morceau, même si à certains moments on joue plus ou moins « out ». Ceci vient à force de travail et d’expérience. L’oreille peut aider aussi :).

Nous pourrions aussi parler des gammes bebop, altérées, ou gamme par ton… mais ces techniques sont encore plus avancées, donc je ne développerai pas plus. Sachez juste qu’elles existent et fouillez le net si vous voulez en savoir un peu plus 😉 

En jazz et en blues, l’improvisation repose sur une variété de gammes qui permettent de naviguer entre des sonorités majeures, mineures, dominantes et modales. Chaque gamme a une fonction particulière en fonction de l’accord ou de la progression harmonique sur laquelle elle est appliquée. Pour maîtriser l’improvisation, il est essentiel de connaître et de pratiquer ces gammes dans différents contextes musicaux, en particulier les gammes pentatoniques, blues, majeures, mineures, modales et bebop.

Donc le mieux : mettez vous un métronome et expérimentez ! Commencez par des grilles simples, typiquement un blues (3 accords), puis passez progressivement à des grilles de jazz plus compliquées. Jouez, trouvez vos phrases et ensuite essayez de les placer sur des accompagnements enregistrés (Backing tracks : notamment sur youtube (gratuit), ou les play-a-longs Aebersold (payant), ou encore l’application iReal Pro (payant) : Google play / App store ) ou pendant vos répétitions et jam sessions entre amis ! 

Pour aller plus loin, je vous invite également à aller consulter deux de mes vidéos sur l’improvisation, vidéos “exemple” de l’utilisation des pentatoniques, gammes blues et modes… 

Pentatonique mineure : Improvise sur une gamme pentatonique

Utilisation Pentatonique, gamme blues, mode dorien, gamme mineur harmonique : Tuto : Faire une impro jazz percutante sur Work song, tout instrument!

man playing saxophone

Maîtriser l’Improvisation Pentatonique

L’improvisation, c’est souvent le Graal des musiciens appréciant le jazz, le funk, la soul, les musiques électroniques etc… En effet, quel musicien n’a jamais rêvé de jouer en ayant une certaine liberté, en se détachant de la partition? Quel musicien n’a jamais souhaité exprimer ses idées au travers de phrases musicales personnelles ? En gros quel musicien n’a jamais ambitionné de jouer avec ses trippes et ses oreilles plutôt que son cerveau?

Globalement je pense que la grande majorité d’entre nous pourra se reconnaître dans ces rêves… Mais parfois le passage à l’acte est difficile. Souvent, on ne se sent pas capables. On se décourage vite en se disant : « non ce n’est pas pour moi » ou « je n’y arriverai jamais « .

Ce fameux Graal musical nous semble alors être une montagne à gravir, un sommet de plus de 8K mètres infranchissable.

Si vous êtes jeunes, ou que vous avez des ados à la maison, ou que vous vous intéressez à youtube, prenez exemple sur le célébrissime Youtuber « Inoxtag ». Il s’est surpassé avec son défi « Everest » !

C’est ça qui est génial en musique. Chaque sujet, chaque concept, chaque nouvel objectif devient un nouveau terrain de jeu. Cela permet d’approfondir et d’enrichir sa palette. Et pas besoin non plus de faire une préparation sportive intensive. Il n’y a aucun risque pour sa vie. Il y a juste le risque d’être meilleur et de se faire plus plaisir.

Par contre, les choses ne viennent pas en un jour. Il faut avancer en utilisant une bonne méthode. Soyez patient, résilient, et optimiste. Ne jamais lâcher ni reculer devant la difficulté.

Selon moi, la voie la plus facile et la plus rapide pour aborder l’improvisation, réside dans l’utilisation des gammes pentatoniques. Ces gammes sont en effet assez simples (elles ne contiennent que 5 notes) et elles sont tellement utilisées en Jazz, Blues, Pop, Rock, funk… que leur sonorité va de suite vous parler.

Si vous êtes lecteur(trice) assidu(e) de ce blog, vous avez déjà lu mes articles sur ces gammes. Ils vous expliquent comment construire les principales gammes pentatoniques. Sinon, voici les liens pour découvrir ces billets et revenir ici ensuite pour la suite 😉

Comme je le répète souvent, en musique, il n’y a pas tant de secrets que ça…

La répétition, la patience et la persévérance finit toujours par payer.

Comme à mon habitude donc, mon premier conseil, est le suivant :

Si vous voulez improviser en utilisant les gammes pentatoniques, il va falloir les travailler. Il va falloir vous les mettre dans les doigts. Il vous faudra les travailler tellement qu’elles deviendront instinctives.

Comment les travailler?

Il vous faudra les travailler en partant de chacun des degrés. Pour Ré mineur pentatonique par exemple, vous travaillerez la gamme en partant du premier degré pentatonique (Ré), puis du deuxième (Fa), puis du troisième (Sol), puis du quatrième (La) et puis du cinquième degré pentatonique (Do)

Et pour que ce travail soit efficace, il vous faudra les travailler en utilisant des articulations différentes.

Je conseille au moins de travailler chaque degré 5 fois avec 5 articulations différentes.

L’objectif ici est que vous intégriez ces gammes et que vous soyez capables de jouer n’importe quelle pentatonique en montant et en descendant, depuis n’importe quel degré.

Pour intégrer cette gamme et la ressortir instinctivement dans des phrases musicales et mélodiques, il vous faudra des « expressions » « des mots musicaux ». Il faut la travailler cette gamme dans tous les sens, plus uniquement avec des notes conjointes.

L’arme ultime se sont des patterns. Les patterns, ce sont des schémas type de jeu , des formes ou motifs qui se répètent. Il en existe de nombreuses possibilités, par exemple ici en voici quelques uns, toujours sur Ré mineur pentatonique : (à travailler en montant et en descendant, dans toutes les tonalités)

C’est fastidieux, c’est vrai, pas très intéressant à jouer hors contexte de jam ou d’une backing track, mais le jeu en vaut la chandelle, faites moi confiance !

Pour comprendre l’intérêt de ce travail, faites un parallèle avec les grands discours.

Les meilleurs orateurs ont beaucoup de vocabulaire. Ils développent leurs idées. Ils utilisent de nombreux mots, un réservoir riche de mots et d’expressions.

Ils assemblent tout ça pour créer des phrases percutantes, un peu comme des « punchlines ».

En musique, c’est pareil :

Plus vous aurez un réservoirs de notes riche, plus vous pourrez avoir des phrases en stock à assembler entre elles, plus vous aurez des choses à dire avec votre instrument. Grâce à cela, vous pourrez développer des solos percutants, riches et variés. 

Si vous en êtes arrivés ici, c’est que vous avez littéralement poncé votre instrument à en faire des cauchemars.

Il est temps d’exorciser tout ça et de jouer ces pentatoniques à votre façon. 

L’idée est de la jouer, sans musique de fond, sans métronome, rien que vous, votre instrument et votre gamme pentatonique.

Grâce à tout le travail préparatoire accompli, vous pourrez trouver vos propres phrases. Vous composerez avec les différents patterns. Surtout, vous intégrerez votre sensibilité et votre personnalité dans l’utilisation de ces schémas standards.

Très vite, vous vous entendrez jouer et improviser avec une certaine cohérence. Cela est possible car vous utiliserez votre fameux réservoir de notes, acquis au prix d’un travail long et discipliné.

L’idée ici, est de s’amuser en travaillant des phrases personnelles de manière acoustique, vraiment pour les entendre, les ressentir. Essayez, expérimentez, vous êtes seul(e) ! profitez en !

N’hésitez pas à répéter les phrases ou les bouts de phrases qui vous plairont. Un bon exercice consisterait à les écrire sur du papier à musique. Puis dans un second temps, les transposer dans toutes les tonalités. 

Bon, les gammes pentatoniques sont dans les doigts en montant et en descendant.

Vous savez aussi les jouer de manière plus “angulaire” grâce aux patterns que vous avez travaillés.

Vous avez même commencé à créer votre propre style en jouant acoustique, “a capella” sans backing track.

Maintenant il faut se lâcher un peu ! C’est le moment de travailler l’improvisation pentatonique avec un fond musical. La technique c’est bien beau, mais à trop réfléchir, on perd en créativité.

A cette étape, mettez vous une backing Track sur un accord unique pour démarrer, en boucle pour vous exercer sur la gamme que vous travaillez. Jouez avec cette gamme et l’accompagnement : mélodiquement, rythmiquement. N’ayez pas peur de laisser passer des silences.

La peur du vide nous pousse souvent à combler, mais parfois, il vaut mieux laisser passer quelque temps, et lancer une super phrase bien construite, plutôt que de jouer tout le temps des choses incohérentes. 

Il faut oser, tenter, essayer, c’est comme cela que vous fonderez votre propre style. 

Dernière chose qu’il me semble important pour s’améliorer en improvisation, c’est tout simple : ECOUTER, ECOUTER, ECOUTER, ECOUTER… REPRODUIRE, REPRODUIRE, REPRODUIRE…

Qui écouter? qui relever et imiter ou reproduire? Eh bien tous vos artistes préférés qui jouent de la pentatonique dans leurs chorus de manière majoritaire. Des Maceo Parker, Gerald Ablright, Dave Koz, David Sanborn… La liste et longue et plus vous vous inspirerez de ces légendes, plus vous intégrerez leurs influences et les reproduirez dans vos chorus.

Donc n’hésitez pas à inonder vos oreilles de ces artistes, cela aide vraiment pour trouver son style de s’inspirer des autres.

Improviser, ce n’est pas chose facile. Nous l’avons vu plus haut… Cela demande de mobiliser de nombreuses compétences à la fois techniques saxophonistiques (doigtés, techniques, intervalles etc..), harmonique (suivre une progression d’accords), mélodique, rythmique… Mais au delà des compétences musicales, improviser demande d’aller chercher en soi de la confiance, de l’assurance, de la curiosité, de la persévérance, de la résilience, de la motivation, de la créativité…

C’est difficile, oui. Mais pas impossible ! TOUT LE MONDE en est capable ! Cela prendra plus ou moins de temps selon les personnes, mais en travaillant progressivement les 4 étapes décrites dans cet article, votre route est toute tracée. Elle sera longue et parfois vous tomberez en panne d’essence, mais vous trouverez toujours le moyen d’avancer si vous garder confiance et envie de réussir.

Bon travail, Bon Sax, et n’hésitez pas à nous partager en commentaires vos avis, vos méthodes personnelles, vos galères, vos succès….

Vous pourrez retrouver une synthèse de cet article en vidéo sur ma chaine youtube, avec quelques exemples des différents exercices que je propose.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour voir le tuto !

Les Gammes d’improvisation #5 : la pentatonique dominante

J’en suis certain, vous êtes un(e) lecteur(trice) assidu(e) de ce blog et vous avez appris par coeur les articles précédents sur les gammes pentatoniques, majeures et mineures.

Non? Peut-être ne les avez vous pas vus?

Je vous invite alors à aller les consulter sans plus tarder avant de revenir ici pour compléter vos connaissances sur ces gammes d’improvisation essentielles à maîtriser pour des solos endiablés et colorés.

Je vous entends déjà râler… « encore une autre gamme à connaître et à apprendre par coeur et dans les 12 tonalités…. »
Rassurez vous, comme à mon habitude, je ne vous conseillerai jamais de surcharger votre cerveau avec des informations inutiles et pour le coup, je vous préconiserai la même choses que pour les autres articles : apprenez seulement la structure de cette gamme, de manière à savoir la reproduire facilement dans tous les contextes. C’est une formule magique à connaître et à appliquer ensuite au besoin dans toutes les tonalités.

Bien que moins connue, la gamme pentatonique dite « dominante » est très intéressante pour les improvisateurs désireux d’explorer des sonorités différentes. Grâce à cette nouvelle gamme, vous allez pouvoir enrichir votre vocabulaire facilement et sortir un peu des sentiers battus. En plus, vous allez voir, cette gamme pentatonique dominante est vraiment très proche de la pentatonique majeure.

Non non, elle ne va pas dominer les autres et les écraser dans une dictature harmonique sans pitié…

Elle ne vient pas non plus d’une pratique intime SM entre deux adultes consentants …

Ne cherchez pas une signification proche du jeu de Domino car vous ne trouverez aucun lien, cette dernière gamme ne fait pas tomber les autres quand elle est jouée.

En fait, le nom « dominante » provient de la théorie musicale…

Souvenez-vous, la « dominante » est la 5ème note d’une gamme, le cinquième degré.

Un petit coup de révision?

En d’autres termes, si vous prenez par exemple la gamme de Do majeur (Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si), la « dominante » est la note qui se situe en cinquième position (dans notre exemple, c’est la note Sol).

On l’appelle la gamme « pentatonique dominante » car elle est construite à partir de la note «dominante» d’un accord de septième de dominante (aussi appelé accord 7ème tout court).

Vous voilà donc au moment où il vous faut tout donner question concentration, car je vais vous livrer la formule magique qui vous permettra de déduire cette gamme pentatonique dominante dans toutes les tonalités !

A l’instar des gammes penta majeures, mineure, blues, blues majeure déjà décrite dans de précédents articles, nous allons nous baser sur les degrés d’une gamme majeure pour en déduire la penta dominante.

Trop fastoche…. Oui, ça doit vous rappeler quelque chose, car elle est très proche de la penta majeure : elle se construit quasiment sur les mêmes degrés, à par la dernière note qui dans notre cas est la 7ème mineure.

Prenons quelques exemples :

  • Mib pentatonique dominante : on part de Mib majeur (Mib fa sol Lab sib do ré), on garde les degrés 1, 2, 3, 5, 7b, et ça nous donne mib fa sol sib réb
  • Sol pentatonique dominante : on part de sol majeur (sol la si do ré mi fa#), on garde les degrés 1, 2, 3, 5, 7b, et ça nous donne sol la si ré et fa bécarre (oui la septième majeure étant fa#, il faut lui enlever un demi ton pour qu’elle devienne mineure)

Nous pourrions décliner dans toutes les tonalités, mais je vous laisserai faire pour vous exercer.

Cette gamme pentatonique dominante sera utilisable dans de nombreux contextes mais plus particulièrement sur les accords 7ème et les accords 7/9. En effet si on observe sa structure on voit qu’elle contient tous les intervalles d’un accord 7ème (Tonique – 3ce majeure – 5te juste – 7ème mineure). 

Essayez par exemple de jouer la penta dominante de Sol par dessus un accord de Sol 7ème (G7) et vous constaterez qu’elle met vraiment l’accord en valeur. Les accords 7ème sont très présents en blues

En jazz on joue aussi des accords 7ème mais on utilise souvent des accords un peu plus riches comme les accords 7/9. Et cette gamme est parfaite pour mettre en valeur ce type d’accord puisqu’elle contient toutes ses notes.

Maintenant que vous savez construire cette pentatonique dominante, il va vous falloir la travailler dans tous les sens afin que votre corps s’en imprègne parfaitement afin de la sortir au besoin sur l’une de vos improvisation.

Bon courage pour le travail, il faut y aller patiemment et avec rigueur… Mais désormais, vous disposez d’une nouvelle arme dans votre vocabulaire musical !

Les gammes d’improvisation #4 : La gamme Blues Majeure

Blues et majeur ? Comment est-ce possible? La « vraie » gamme blues est mineure, nous l’avons vu dans un autre billet, et le Blues, n’est il pas sensé être une musique mélancolique, empreinte de tristesse et de profondeur d’âme? Par ailleurs, ne dit-on pas toujours que les tonalités Majeures en musique, sont joyeuses, optimistes et positives non?

Dès lors, comment une gamme blues peu-elle être majeure et donc avoir une sonorité positive?

C’est comme ça en musique, rien n’est gravé dans le marbre, les règles sont souvent tansgressées ou réadaptées : la créativité n’a pas de limites, et il existe une gamme blues majeure qui crée une nouvelle dimension musicale à explorer.

person holding a cardboard banner with what now written on it

Mais je ne voudrais pas vous assommer avec de longs discours de théorie… Même s’il faut y passer à un moment ou un autre… Je vous propose plutôt de découvrir un blues majeur par une écoute, par un exemple de ce qui s’est fait de mieux dans le genre : Un des morceaux les plus représentatifs de ce qu’est un Blues Majeur est « Sister Sadie » de Horace Silver.

La mélodie typiquement « hard-bop » évoque fortement le gospel et le blues grâce à une sonorité très « soul ».

Ce morceau est comme une réponse au célebriscime « Moanin » du batteur Art Blakey et en l’écoutant, il fait penser à une composition de big band alors qu’il a été écrit pour un Quintet ! C’est la tout le génie du pianiste Horace Silver qui nous a laissé entre autres, « Jody Grind », « Opus de Funk » ou « Song for my father » ou l’unique « Nic’s Dream »qui sont autant de standards éternels que tout amateur de jazz écoute ou joue régulièrement dans sa vie !

Je vous propose de jouer ce morceau pendant que vous lisez la suite en cliquant sur le lien :

Franchement, on ne s’en lasse pas non? C’est un blues, il n’y a pas de doutes ! Mais c’est un blues qui donne envie de danser et pas de se morfondre !

Mais revenons justement à la gamme blues majeure. Après tout, c’est bien le titre de cet article !

Nous l’avons vu dans un article précédent, la gamme blues mineure est déduite à partir de la pentatonique mineure en y ajoutant la Quinte Bémol qui fait partie des « blues notes ». Une gamme blues compte donc 6 notes, 6 degrés.

Je vous le donne en mille : La gamme blues majeure va aussi se déduire à partir de sa pentatonique majeure, en y ajoutant une Sixième note.

Vous vous souvenez comment construire les gammes pentatoniques? Non? petit rappel…

La pentatonique majeure se construit sur les degrés 1-2-3-5 et 6 de la gamme majeure

La pentatonique mineure se construit elle sur les degrés 1-3b-4-5-7b de la même gamme majeure.

Si vous voulez réviser, ça se passe par là :

Et pour que ce soit du blues, il faut une connotation mineure, plus sombre à cette gamme. Pour cela, nous utiliserons la tierce mineure.

les 6 notes de la gamme blues majeure seront donc les degrés 1-2-3b-3-5-6.

Pour Mi Blues Majeur nous aurons donc :

Maintenant que le « Secret » est révélé, regardons quand même d’un peu plus près ce qui se passe dans le thème de Sister Sadie, l’exemple de mise en pratique que je vous propose ici.

Voici le thème écrit en Eb pour saxophone Alto :

En lisant ces notes, vous arrivez à reconnaître la gamme utilisée? …….. Regardez bien…… Si je vous dis gamme de 5 notes ?

Non toujours pas? Je je vous dis Pent… Penta…. Oui ! La gamme pentatonique est utilisée dans ce thème!

Sur le Mi 13 (E13) c’est assez clair ! Seulement quelle gamme pentatonique? Majeure ou mineure?? Attention il y a un piège…

Le A du thème de Sister Sadie (les 8 premières mesures) tourne sur un Mi septième (E7). La gamme pentatonique majeure est donc Mi Fa# Sol# Si Do#. Vous ne remarquez rien? Si si !! On retrouve bien ces notes dans cette mélodie…mais vous avez raison…pas toutes… En effet, une note s’est immiscée la dedans et ne sonne pas pareil, elle amène une sonorité plus sombre, plus « Blues ».

Regardez à nouveau la première phrase : Oui, en effet, il n’y a pas le Fa# de cette pentatonique majeure, mais un Sol Bécarre … Ce sacré Horace nous a fait une blague et a remplacé le deuxième degré de la penta majeure par une tierce bémol.

Prise dans son ensemble, cette phrase compte 5 notes… une pentatonique donc… Mais sous une nouvelle forme, carrément inventée par ce morceau. Mais quel Génie Vraiment !

Mi, Sol bécarre, Sol #, Si, Do #, si on compte les degrés, la forme est donc 1-3b-3-5-6 . Certains ont appelé cette gamme la « Soul pentatonique » car c’est une variante de la penta majeure, mais avec cette tierce mineure qui amène une sonorité caractéristique du blues. Cela ne vous rappelle rien? Comparez cette forme de pentatonique avec la gamme blues majeure décrite plus haut, vous constaterez qu’on est en plein dedans!

Donc au final, nous pourrions dire que la gamme blues majeure est un mix entre la pentatonique majeure et la Soul pentatonic.

En tous les cas, un nouveau terrain de jeu s’offre à vous et maintenant que vous connaissez les « Secrets » des 4 gammes d’improvisation les plus répandues vous allez sortir des Solos dignes des plus grands maîtres du style !! En tous les cas, je vous le souhaite !

Pratiquez, écoutez, expérimentez et surtout, prenez du plaisir !!

Introduction aux modes en musique

Si je vous dis dorien, phrygien, lydien, mixolydien, lydien, ionien etc… Vous me direz que vous n’êtes pas là pour coudre des bonnets révolutionnaires, revoir vos cours de grec, ou disserter des populations d’Asie centrale à l’antiquité j’imagine, et que vous ne voyez pas l’intérêt d’employer ces termes sur ce blog… Ne prenez pas peur, restez un peu et lisez tranquillement ce qui suit…

La théorie musicale, qu’est-ce que c’est barbant, ennuyeux, rasoir, relou diraient les jeunes… En effet, ce n’est pas toujours une partie de plaisir de s’atteler à un nouveau chapitre, j’en conviens, avec tout son lot de complexité, et il est plus facile et confortable de rester sur ses acquis…

Après-tout, quand on joue de la musique, on veut simplement se faire plaisir, « kiffer la vibe », s’amuser et obtenir du plaisir instantané en jouant sur un morceau, ou pour les amateurs de jazz, improviser et sortir le Chorus de Michael Brecker, de Cannonball ou de John Coltrane de suite…

La dure réalité de la vie est que cela n’est pas aussi simple… Et que pour y arriver, il faut apprendre encore et toujours pour enrichir sa culture musicale et faire sien des concepts les plus fumeux et toujours plus complexes… En apparence seulement car si on regarde sans stress, on se rend souvent compte que ce n’est pas si difficile qu’il n’y paraît…

Si vous êtes tombé sur cet article, c’est que vous avez déjà un niveau assez avancé de la musique, au moins une bonne culture générale ou que vous êtes très curieux et désireux de progresser dans votre pratique de la musique.

Alors mettez de côté tous vos a priori et soyez attentifs.ves à ce qui suit.

dressmaker smiling in white long sleeve blouse holding a scissors with measuring tape hanging on her neck

Qu’est-ce qu’un mode en musique ?

Sans vouloir faire de jeu de mot douteux, j’ai envie de dire que l’utilisation des modes en musique, n’est pas le nouveau truc « à la mode » chez les compositeurs, artistes ou grands improvisateurs… Et ce n’est pas non plus la nouvelle tendance sur insta pour devenir une « fashion Victim » !

En effet, l’utilisation des modes remonte à l’antiquité et ces derniers ont toujours été utilisés depuis que la musique existe… Le fait de dire que ce sont des modes n’est en fait que l’expression de l’intégration de ces pratiques dans la théorie musicale.

Mais rentrons un peu dans le concret.

Un mode, ce n’est ni plus ni moins qu’une gamme commencée à partir d’une note différente que sa racine, que sa note « d’origine ».

Pour le dire autrement (et de façon plus conventionnelle), un mode est obtenu à partir du moment où une gamme est commencée par autre chose que sa tonique.

Ce n’est toujours pas clair? Prenons un exemple :

Vous connaissez tous.tes la gamme de do majeur, non? Et bien appliquer les modes sur cette gamme consistera tout simplement à utiliser toutes les notes de cette gamme en partant de chacun de ses degrés.

Petit rappel sur les degrés… en effet, si vous ne maîtrisez pas encore cette notion, vous ne comprendrez pas grand chose à ce qui suit donc je vous conseille d’aller réviser par là :

De retour ? Ok ! reprenons alors !!

Un exemple plus visuel peut-être vous parlera plus :

Ci-dessus, vous avez la gamme de Do majeur, et avec inscrits en dessous en chiffres romains tous les degrés de cette gamme (du 1er au 7ème degré).

Maintenant, appliquons la définition du mode évoquée un peu plus haut, utilisons toutes les notes de la gamme de Do majeur, mais à partir du deuxième degré (à partir de la note ré).

Cela donnerait :

Et bien vous venez de créer un mode de la gamme de Do…

Faisons maintenant l’exercice sur le 6ème degré : on retranscrit les 7 notes de la gamme de Do majeur, mais en partant du 6ème degré (VI), en partant donc de la note La.

Cela amènerait à :

Vous pouvez constater que nous utilisons la même gamme majeure, celle de Do car il n’y a toujours pas d’altération à la clef, aucune note dièse ni bémol ! Et bien cette gamme partant de La est aussi un mode.

Que pouvez-vous en déduire? …… Musique bossa nova…………………………. petit solo de xylophone pour la concentration…..odeur du café fraîchement torréfié……………………………….senteurs chimique de hall d’hôtel pour stimuler le plaisir des clients………………..

Eureka !!!!!!!

Exactement ! chaque gamme majeure possède 7 notes, donc 7 degrés donc 7 modes !

Nous rentrerons un peu plus dans le détail de chacun de ces modes un peu plus tard… Le temps pour vous de digérer cette nouvelle révélation !

Donc, si je n’ai pas été trop mauvais, vous avez compris désormais ce qu’est un mode en musique…. Ok d’accord, mais quel intérêt de décaler la gamme majeure de cette manière? à quoi ça peut bien servir, si ce n’est se triturer le cerveau et inventer un nouveau concept théorique à utiliser dans les dîners mondains pour étaler toute sa culture musicale ?

A quoi servent les modes en musique ?

question marks on paper crafts beside coffee drink

C’est vrai que comme ça, on pourrait se dire que ces modes ont été inventés et créés artificiellement et qu’au final, ils n’ont aucune différence avec les gammes majeures habituelles puisqu’on utilise exactement les mêmes notes.

Détrompez vous ! et pour vous en rendre compte, faite l’exercice vous même sur la gamme de do majeur.

Jouez cette gamme en entier , de Do à Do et écoutez bien le son, la couleur de cette gamme. ……………………..Ça y est? C’est fait? C’est une gamme majeure, donc sa sonorité est plutôt joyeuse, chaleureuse.

Maintenant jouez cette même gamme mais de La à La (à partir du VIème degré) et écoutez bien la couleur …………….. Vous entendez la différence? Ne trouvez-vous pas que la sonorité est plus Mélancolique ?

Un autre exemple en partant du deuxième degré : jouez toutes les notes de la gamme de do majeur de Ré à Ré. Entendez-vous cette sonorité « Jazzy » ?

Vous avez entendu la différence ? j’en suis sur que oui ! Ces différentes gammes, ces différents modes, bien qu’ils utilisent strictement les mêmes notes, ils ont des couleurs différentes, et c’est là que réside tout l’intérêt de leur utilisation.

« Mais comment est-ce possible? Mon oreille et mon cerveau me jouent-ils des tours ?? Suis-je sujet à des hallucinations auditives ?? »

Non pas vraiment, je vous rassure. Le secret, c’est qu’en décalant les notes degré par degré, on décale aussi la structure de la gamme, ce qui a pour effet de placer les tons et les demi-tons différemment, et c’est cela qui crée cette différence de perception auditive et ces différences de couleurs.

Finalement donc, les modes en musique servent à enrichir le vocabulaire dans un morceau donné, en utilisant des couleurs différentes. Que ce soit en composition ou en improvisation, utiliser les modes permet de « moduler », d’amener un élément nouveau qui va sortir l’auditeur de son habitude, le surprendre, retenir encore plus son attention car on lui propose autre chose dans le cadre du même morceau.

Nous parlons de « couleur » musicale. Faites le parallèle avec la peinture : un artiste qui utilise les trois couleurs primaires uniquement sera-t-il capable de créer des oeuvre plus riches ou moins riches que celui qui utilise ces mêmes couleurs primaires mais déclinées en plusieurs nuances, voire techniques (fusain, aquarelle etc…). Ce sont les mêmes notes de couleur mais leur variété visuelle rendra l’oeuvre plus intéressante.

Après tout, un Bleu nuit, un bleu ciel ou un Bleu pétrole sont tous des bleus, mais ils ne provoquent pas la même émotion. Tout comme un Ré naturel un Ré dorien ou un Ré myxolidien sont tous des ré, mais leur sonorité apportera des ressentis différents et enrichiront votre composition ou improvisation.

J’espère que vous êtes allé jusqu’au bout de cet article, mais surtout, que vous avez désacralisé ce concept de mode en vous rendant compte, que ce n’est pas si difficile que ça, et que vous avez compris l’intérêt d’utiliser ces modes !

Dites le moi en commentaires !

A plus tard pour rentrer un peu en détail dans ces modes…

ii V i

Les 2-5-1 mineurs : les reconnaître, les comprendre et improviser dessus.

Bonjour toute le monde !

Voilà quelques semaines que je n’avais pas écris sur ce blog. Manque de temps, d’inspiration, de motivation? Je ne sais pas trop, peut-être un peu de tout ça.

Mais me revoilà ! Aujourd’hui je voudrais vous parler de la cadence ii-V-i ou 2-5-1 mineur.

Dans un précédent article, je vous partage les notions de base pour repérer les ii-V-I (2-5-1 majeurs) et comment jouer sur ces accords, notamment comment reconnaître la gamme majeure associée. Pour réviser, c’est par là :

Aujourd’hui donc, nous allons reprendre globalement la même chose, mais les gammes à utiliser pour improviser seront un peu différentes.

Si tu as besoin de réviser un peu, je t’invite à aller lire ou relire les trois articles ci-dessous et à revenir vite ici pour connaître la suite.

Si tu es déjà au fait de ce que sont les accords de l’harmonisation des gammes majeures, de ce que sont les accords « 7 » en Jazz et que tu maîtrises les 2-5-1 majeurs, tu peux passer à la suite directement.

Quelques révisions…

Application : construire l’harmonisation de la gamme mineure naturelle

person standing near brown welcome on board printed floor map

Pour comprendre ce qui se passe avec les ii-V-i mineurs, refaisons une harmonisation de la gamme mineure naturelle un utilisant la même méthode que pour la harmoniser la gamme majeure.

Et pour cela, nous prendrons l’exemple de la gamme de La Mineur naturelle.

1. Ecrivez sur du papier à musique toute les notes de la gamme de la mineur (la si do ré mi fa sol) :



2. Sous chaque note, notez le degré correspondant (première note = premier degrés, deuxième note = deuxième degrés…):

3. A partir de chaque degrés, empiler les triades pour créer les accords jusqu’à avoir 4 notes :

4. Caractériser chaque accord en déterminant la nature des tierces :

Pareil, si vous avez besoin de réviser ici, je vous renvoie à l’article sur les intervalles :

Revenons donc sur notre harmonisation et caractérisons nos accords en déterminant la nature des tierces , sur la gamme de la mineur :

Premier degré, La (I) = il y a trois tierces empilées : la-do (tierce mineure car 1, 5 tons), do-mi (tierce majeure car 2 tons), mi-sol (tierce mineure car 1,5 tons). 3m-3M-3m : nous avons donc un accord min 7, La min7 (Am7).

Deuxième degré, Si (II) = même exercice, regardons les tierces : si-ré (tierce mineure), puis ré-fa (tierce mineure) et enfin fa-la (tierce majeure). 3m-3m-3M : nous avons donc un accord de septième semi diminué. L’accord Mineur 7 quinte bémol ou semi-diminué peut s’écrire de plusieurs façons (m7b5 ou ∅). Pour improviser sur ces accords ∅, nous choisirons souvent la gamme mineur harmonique, en mode dorien. Nous verrons les modes plus tard, mais pour l’instant dites vous que comme le Bm7b5 est le deuxième degré de la gamme de la mineur, c’est la gamme mineur harmonique de La que nous utiliserons 😉

Troisième degré, Do (III) : do-mi (tierce majeure car 2 tons), puis mi-sol (tierce mineure car 1,5 tons), puis sol-si (tierce majeure car 2 tons. 3M-3m-3M = sous sommes sont sur un accord Majeur 7 (DoM7)

Quatrième degré, Ré (IV) : ré-fa (tierce mineure), fa-la (tierce Majeure), la-do (tierce mineure). 3m-3M-3m, nous sommes donc un un accord min7, Ré min7 ici (Dm7)

Cinquième degré, mi (V) : mi-sol (tierce mineure), sol-si (tierce majeure), si-ré (tierce mineure). 3m-3M-3m, nous sommes donc sur un accord min7 , Mi min7 (Em7).

Sixième degré, fa (VI) : fa-la (tierce majeure), la-do (tierce mineure), do-mi (tierce majeure). 3M-3m-3M donc nous avons un accord Maj7, Fa Maj7 (FM7).

Septième degré, Sol (VII) : sol-si (tierce majeure) puis si-ré (tierce mineure) et enfin ré-fa (tierce mineure). 3M-3m-3m, c’est un accord 7, Sol 7 (G7).

Pour ancrer ces notions bien dans votre mémoire, je vous invite à faire l’exercice pour chaque gamme, cela vous habituera à compter les tierces, à trouver leur nature et donc caractériser vos accords. C’est une gymnastique un peu fastidieuse mais pas si compliquée au final quand on suit étape par étape.

Puisque je suis toujours un gars sympa, je vous mets le tableau complet, mais vraiment, faites l’effort, cela vous aidera à avoir des automatismes pour la suite.

Nous retrouvons ici tous nos degrés de 1 à 7, en en empilant nos triades sur les notes de la gamme mineure naturelle, nous obtenons des accords caractéristiques de chaque degré.

Passons à la pratique : Comment improviser sur un ii-V-i mineur?

brass saxophone on white plastic chair

Un ii-V-i mineur sera donc une suite d’accords enchaînant le second et le cinquième degré d’une gamme et finira par le premier degré d’une gamme mineure.

Attention, il y a quand même un petit piège… En effet, si on se réfère au tableau ci-dessus, les cinquièmes degrés des gammes mineures doivent être eux aussi mineurs.

En pratique, pour repérer un 2-5-1 mineur, nous n’allons pas faire attention à la nature du degré 5. En sommes, peu importe s’il est mineur.

La plupart du temps, on repèrera plutôt le second degré qui est un accord bien spécifique, comme nous l’avons vu plus haut, c’est un accord semi-diminué, soit un accord min7 quinte bémol, noté sur les grilles m7b5 ou ∅.

Repérez l’accord ∅ dans une progression. Considérez-le comme un deuxième degré et donc déduisez-en la tonique (le premier degré). Si l’accord qui suit est un cinquième degré de cette même tonique (peu importe si l’accord est majeur ou mineur), vous êtes en 2-5-1 mineur.

Sur cette progression, vous pourrez jouer, la gamme pentatonique mineure, la gamme blues, la gamme mineure naturelle évidemment, mais surtout, la gamme mineure harmonique. Cette dernière à un petit côté oriental qui ne passe pas inaperçu lors d’une phrase musicale, en l’utilisant, vous ferez votre petit effet à chaque fois ;-).

Un article sera rédigé plus tard sur les gammes mineures, mais en anticipation, voici comme construire la gamme mineure harmonique : l’exemple est la la gamme de La mineur harmonique, mais la construction est la même pour toutes les tonalités, à reproduire donc selon vos contextes :

Voilà pour cet article un peu long, mais assez récapitulatif de plusieurs concepts vus précédemment.

Maintenant que vous avez le savoir, il faut pratiquer, pratiquer, pratiquer…. C’est à dire, analyser vos grilles, repérez les accords, compter les degrés pour trouver les tonalités, puis utiliser les bonnes gammes, selon la progression d’accord dans laquelle vous vous trouvez.

Je vous souhaite bon courage dans votre apprentissage !

Les gammes d’improvisation #3 : La gamme Blues

AAAAAAAAAGGGGGGAAAATTT ZZEEE BLOUUUUUZZZZZ !

Nous y voilà…

A la racine, à l’origine, à la base d’à peu près toutes les musiques actuelles….

Je ne vais pas ici vous faire un cours d’histoire de la musique, mais cela ne fait jamais de mal de rappeler que tout par de là !

Le Blues est l’essence même de toutes les musiques actuelles, tous les styles musicaux, en dehors du classique, découlent du blues : le Jazz, le Funk, le Rock le Rap, la musique électro ….

Même notre Feu Johnny National a chanté un ode à cette musique… Oui oui, je sens que ça vient sur le bout de votre langue… « toute la musique que j’aime….Elle vient de là , elle vient du ….  » Je vous laisse finir la phrase.

Je vous sais passionnés, donc je ne doute pas que vous irez réécouter les John Lee Hooker, BB King, Buddy Guy, Robert Johnson etc…

Ca fait tellement de bien de revenir aux sources de temps en temps…

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Il est vrai que le stéréotype du Blues Man est un guitariste, noir de peau, souvent vieux, pauvre, marqué par la dureté de la vie… Il est vrai aussi qu’on se représente souvent le blues avec une guitare, mais pas que !! Evidement qu’au Sax aussi on joue du Blues !!

Vous en jouez même déjà naturellement, c’est tellement encré dans notre mémoire musicale collective, que même sans vous en rendre compte, parfois vous jouez un bout de gamme bllues et vous vous dites intérieurement : « Yeeeeeaaaaaaah » en raclant votre gorge comme si vous aviez bu 10L de whisky et fumé trois paquets de clopes.

C’est tellement encré, qu’à chaque fois qu’on joue un motif blues, ça nous plaît !

Mais pourquoi donc?

Revenons un peu à la théorie et expliquons comment se construit cette gamme blues.

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Avant de rentrer dans le détail de la construction de cette gamme, parlons un peu des notes bleues, appelées «blue notes» en anglais.

Ce sont la tierce mineure, la quinte diminuée et la septième mineure. Dans le blues, les notes bleues jouent un rôle important car elles créent une tension, une sonorité mineure et mélancolique qui caractérise le blues.

Ces notes sonnent tellement la tristesse, la mélancolie, qu’en tant qu’êtres humains, on ne peut qu’être touchés…

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La gamme blues est basée sur la gamme pentatonique mineure (cf l’article d’avant), mais elle comprend également des notes bleues qui sont caractéristiques du blues.

La « vraie » gamme blues est mineure. Il existe aussi des gammes blues majeures, mais je ne les aborderai pas ici.

Nous partirons donc de la gamme pentatonique mineure pour la construire.

C’est là aussi très facile : vous savez déjà construire une gamme pentatonique mineure. Et bien vous faites la même chose, en rajoutant simplement une sixième note qui est la Quinte bémol, ou Quinte diminuée.

Mais reprenons depuis le début. Dans l’exemple, nous voulons construire et jouer la gamme blues de sol.

On part de la gamme de sol majeur. Dans cette gamme, la seule note altérée et le Fa# : Repérez bien les numéros en dessous de chaque notes. Ce sont les degrés de chaque note de la gamme, c’est important pour la suite.

Puis, Pour déduire la gamme blues de Sol, nous construisons la gamme pentatonique mineure de Sol qui contient

les degrés 1 3b 4 5 et 7b : Sol-Sib-Do-Ré-Fa. (nous l’avons vu juste dans l’article précédent)

Il nous manque plus que la quinte diminée pour avoir les trois notes bleues :

La quinte de Sol est le Ré moins un demi ton et nous obtenons la quinte diminuée : le Ré Bémol

Il suffit de rajouter simplement cette note dans la gamme pentatonique mineure pour avoir la gamme blues de Ré :

Sol-Sib-Do-Réb-Ré-Fa bécarre.

La gamme blues se construit donc avec les degrés suivants : 1-3b-4-5b-5-7b, autrement dit, la tonique (1), la tierce mineure (3b), la quarte (4), la quinte bémol (5b), la quinte (5) et la septième mineure (7b).

Ce schéma fonctionne pour TOUTES les tonalités. Pour l’exemple en Sol, cela donne :

Et voilà, le tour est joué !

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Comme à chaque fois, pour maîtriser ces gammes blues, voilà la marche à suivre :

  • Les construire vous-mêmes dans toutes les tonalités (vous pourriez aussi les trouver sur le net, mais l’exercice est intéressant à faire pour vous apprendre à jongler avec les degrés)
  • Entraînez-vous sur toute la tessiture de votre saxophone, du plus grave, au plus aigu, en montant, en descendant etc…

Voilà, si vous êtes arrivé.e au bout de ces 3 publications, vous savez tout pour démarrer à improviser avec le vocabulaire que vos idoles utilisent !

Pour voir ce cours sur Youtube, il suffit de cliquer sur la vidéo ci-dessous.

Bon Sax à TOUS.TES.

Les gammes d’improvisation #2 : la pentatonique mineure

Forts.tes de votre travail acharné suite au précédente article et de votre maîtrise parfaite des gammes majeures et mineures en tout genre, vous n’allez faire qu’une bouché de ce petit guide dans lequel je vais vous partager la technique simplisime de construction des gammes pentatoniques Mineures.

Vous l’aurez compris, à utiliser plutôt sur les tonalités et accords mineurs…

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Reprenons la technique de construction par degrés utilisée dans l’article précédent.

Pour construire la gamme pentatonique mineure, vous devez appliquer le schéma suivant :

Sa construction, en chiffres est : 1-3b-4-5-7b (3b = tierce mineure ; 7b= septième mineure)

Pour Sol min Pentatonique, on a donc : Sol-Sib-Do-Ré-Fa

Pour rappel, une tierce mineure est un intervalle de 1,5 tons entre deux notes (ici : sol-la = 1 ton, la-sib = 0,5 ton,

donc sol-sib = 1,5 tons = une tierce mineure).

La septième mineure peut tout simplement se trouver en comptant la 7ème note de la gamme majeure, en lui enlevant un demi-ton.

Dans notre exemple, dans la gamme de Sol Majeur, Sol étant la première note, Fa# sera la Septième.

Pour la rendre mineure, il suffit de lui enlever un demi-ton, on retombre donc sur Fa bécarre

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Petite proposition d’exercice maintenant:

A vos SAx…..prêts???? ……………….Saxez !!!

strong man working out
  • Construisez vous la gamme pentatonique majeure de Do, puis la pentatonique mineure de Do.
  • Jouez d’abord la penta majeure sur toute la palette de votre instrument en montant et en descendant (du grave jusqu’à l’aigu)
  • Faites la même chose avec la penta mineure

Entendez- vous la différence? Entendez-vous la sonorité mineure? ça ne vous rappelle pas quelque chose ? une sonorité que vous avez l’habitude d’entendre? Je suis sur que si…

RDV au prochain article pour dévoiler la troisième gamme d’improvisation principalement utilisée et vous rendre compte que vous avez, si vous en êtes arrivés là, déjà plein de possibilités d’improvisation dont vous ne doutiez qu’à peine !!

Update 😉 Ci-dessous, les explications en images et en musique 😉

Méthodologie de travail et exercices…

Les gammes d’improvisation #1 : La gamme pentatonique Majeure

Avant de commencer la lecture de cet article, assurez-vous d’avoir bien compris celui-ci, puis revenez lire la suite 😉

Vous rêvez d’improviser rapidement avec une gamme passe-partout facile à construire et à mémoriser? Cet article est fait pour vous !

Les gammes, les modes, le majeur, le mineur ascendant, naturel, déscendant, mélodique, la gamme bartok, etc… pfff rien qu’à énumérer toutes ces possibilité j’en ai presque mal à la tête.

Bon c’est vrai, si on veut sonner comme nos idoles, il faut maîtriser tous ces concepts théorico-pratiques sur le bout des doigts. Mais c’est un TRES long chemin….

Malgré tout, je voulais vous partager un contenu facile et qui vous permettra dès aujourd’hui de faire sonner des improvisations sur n’importe lequel de vos morceaux préférés.

J’appelle ça la gamme Passe-Partout, je parle de la Gamme Pentatonique Majeure qui va vous donner les clefs de l’improvisation ludique rapide et efficace.

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Finalement, la gamme pentatonique majeure peut être considérée comme un dérivé de la gamme majeure.

En effet, elle est identique à la gamme majeure, mais sans les notes dites sensibles. En Do majeur les sensibles sont le fa et le si.

Nous allons donc les supprimer pour aboutir à la gamme pentatonique majeure.

D’une gamme à 7 notes, nous nous retrouvons à une gamme à 5 notes, d’où son nom : la gamme Pentatonique.

Désolé de doucher les espoirs de celles et ceux qui croyaient que c’était une gamme secrète des chinois du FBI polonais sortie du pentagone… Non non, c’est simplement une gamme qui ne contient que 5 notes, mais qui sonnent grave !

Ex : la gamme majeure de do contient les notes : Do-Ré-Mi-Fa-Sol-La et Si. On supprime les notes sensibles, il nous reste : Do-Ré-Mi-Sol-La-(Do).

C’est encore plus facile à déduire si on pense « degrés » (je vous renvoie à un autre article plus haut dans les bases de la théorie musicale): En Do majeur, les 7 notes correspondent à des degrés, ou « numéro ». En reprenant l’exemple plus haut, on a donc :

Do majeur = Do(1er degré)-Ré(2ème degré)-Mi(3ième degré)-Fa (4ème degré)-Sol(5ème degré)-La(6ième degré) et Si(7ème degré).

Les sensibles étant sur les degrés 4 et 7, on enlève donc le fa et le si pour avoir Do(1)-Ré(2)-Mi(3)-Sol(5)-La(6)

Bon, passons ces comptes d’apothicaires, retenez que pour construire les gammes pentatoniques majeures dans toutes les tonalités,

vous devez tout simplement ne garder que les notes des degrés 1-2-3-5 et 6

Le schéma est le même pour construire toutes les gammes pentatoniques majeures dans toutes les tonalités !

Donc si vous connaissez vos gammes majeures, vous connaissez aussi déjà vos pentatoniques ! C’est pas magique ça?

man in white button up shirt

Un autre exemple, voici comment se construit la gamme pentatonique majeure de ré : On part de la gamme de ré majeur : Ré(1) Mi(2) Fa#(3) Sol(4) La(5) Si(6) Do#(7),

on ne prend que les degrés 1-2-3-5-6.

La gamme pentatonique majeure de Ré contient donc les notes : Ré-Mi-Fa#-La-Si.

C’est simple comme bonjour non ? A vous maintenant de vous entraîner et de les trouver toutes !

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Alors vous allez me dire. Ok c’est sympa cette théorie, mais quand jouer ces gammes pentatoniques majeures ?

A peu près tout le temps ça fonctionne. Il suffit de trouver la bonne tonalité et d’appliquer cette règle pour construire votre gamme Passe-Partout et improviser dessus.

Toutefois, la pentatonique majeure fonctionne toujours mieux pour les accords majeurs, 7 et majeur7.

Sur les accords min7, ça marche aussi, mais il faut pour cela connaître les tonalités mineures relatives des gammes majeures.

Pour les tonalités mineures, il vaudra mieux utiliser des gammes mineures ou blues que nous verrons plus tard.

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Voilà, vous voyez, c’est simple de commencer à improviser, 5 notes suffisent ! A vous maintenant de mixer les rythmes, les articulations, les nuances, les silences etc… pour créer des phrases mélodiques dignes des plus grands saxophonistes !