guitar headphones and a music sheet on a couch

Figures de notes et figures de silence : mais qu’est-ce que c’est ?

Jouer de la musique, c’est produire des sons plus ou moins graves ou plus ou moins aigus et nous l’avons vu plus haut, concrètement en théorie musicale, ces sons s’appellent des notes.

Les notes ont différentes hauteurs et s’inscrivent sur une portée qui est la route à suivre de la partition de votre morceau préféré.

Jouer de la musique, c’est aussi enchaîner la réalisation des notes de la partition par rapport à un tempo, une vitesse d’exécution du morceau que le tempo nous précise (nombre de pulsations par minute).

Pour connaître la durée totale de jeu d’une note, il faut savoir reconnaître, déchiffrer, et lire ce qui s’appelle les figures de notes.

Ces figures nous indiquent très précisément le temps qu’une note doit être jouée pour exécuter la partition.

Théoriquement, le nombre de figures de notes différentes est illimité, mais les principales que vous rencontrerez sont au nombre de 6.

Tout d’abord, la ronde : c’est la valeur de note la plus longue (exemple, en 4/4, une ronde vaut 4 temps). Ensuite, toutes les autres figures de notes divisent par deux la durée de la note par rapport à la précédente. (je vois derrière votre écran dire “hein” ? “Kès-y-dit lui?”).

Concrètement, voilà ce qui suit : la blanche dure la moitié d’une ronde, puis la noire vaut la moitié d’une blanche, la croche vaut la moitié d’une noire, la double croche, la moitié d’une croche et la triple croche la moitié de la double croche.

Et oui… Souvent, la musique en fait, c’est des maths… Ce qui est rassurant c’est que les valeurs sont divisées ou multipliées par 2, ce qui est à la portée de la plupart des gens qui sont allés jusqu’au CE1 à l’école primaire !

sad black man with hands on head near laptop

Vous avez déjà mal à la tête? détendez-vous, soufflez un bon coup… les difficultés arrivent ! lol

Nous l’avons vu plus haut, le chiffrage de mesure que vous rencontrerez le plus souvent, surtout dans les morceaux “débutants” mais aussi avancés, c’est 4/4.

Ce chiffrage signifie que chaque mesure vaut 4 temps et qu’une noire vaut un temps. Pour cet exemple (80% de tous les morceaux du monde et de l’histoire de la musique contemporaine), je vous mets ci-joint le tableau d’équivalence des figures de notes pour que vous puissiez de manière synthétique vous rendre compte des valeurs de chaque figure.

Et par conséquent au final dans notre exemple, la somme des différentes notes à jouer dans une mesure doit être = à 4.

Je vous l’accorde, c’est un peu abstrait comme ça, écrit sur un écran, mais un simple exercice pourrait consister à mettre quatre noires dans une mesure à 4 temps et à les jouer sur chaque pulsation du métronome. (4×1 temps= 4 temps)

Un autre exemple, pourrait être une mesure à quatre temps avec une blanche, une noire et deux croches : 2 temps (blanche) + 1 temps (noire) + 2x 1 demi temps = 4 temps.

Pour lire cela sur votre partition, c’est comme un livre classique occidental : de gauche à droite.

Les figure de silence sont les équivalents des figures de note mais comme leur nom l’indique, ce sont les temps de pause, dans une mesure, pendant lesquels il ne faut jouer aucune note le temps passe, mais vous ne jouez pas de note.

Pour les bases de la lecture rythmique d’une partition, il suffit d’en connaître 5 : La pause (équivalent d’une ronde), la demi-pause (équivalent d’une blanche), le soupir (équivalent d’une noire), le demi-soupir (équivalent d’une croche), le quart de soupir (équivalent d’une double croche).

Ci-dessous l’exemple de toutes les durées des principales figures de note ou de silence pour une mesure à 4 temps (4/4 ou C)

Bon je vous l’accorde, on rentre un peu dans le dur ici, mais pour apprendre la musique, connaître les notes et leurs valeurs temporelles sont des concept indispensables !!!

Posez vos questions en commentaires si quelque chose n’est pas clair ou si vous avez des questions !

person holding white musical note sheets

Apprendre le solfège : les bases qu’il faut absolument connaître pour démarrer

Tout part de là : Ok, le solfège, c’est le le code de la route de la musique (cf article précédent), mais quelle route? Et bien tout simplement, la route d’une partition musicale, c’est ce qui s’appelle la portée. C’est sur la portée que sont inscrites toutes les indications pour jouer votre morceau préféré : c’est votre itinéraire, votre GPS, votre Waze du saxophone. Au passage, et pour votre culture personnelle, le document qui rassemble toutes les parties et donc toutes les portées des différents instruments d’un orchestre s’appelle le “Conducteur”, ce qui renforce ma métaphore routière 😉

Une portée musicale, tout le monde en a déjà vu de près ou de loin. C’est comme sur un cahier d’écolier, il y a des lignes et des interlignes (5 lignes et 4 interlignes). C’est sur cette route que s’écrit la musique : la hauteur des notes, les figures rythmiques, les silences (temps sur lesquels on ne joue pas pendant le morceau), le tempo, la séparation en mesures, les reprises, les articulations, les indications d’expression etc… Tout ce dont vous aurez besoin pour bien jouer et interpréter un morceau doit être sur votre partition.

Cela ressemble à ça :

De petites lignes, appelées lignes supplémentaires, peuvent être ajoutées “virtuellement” au-dessus et au-dessous de la portée.

La principale information que contient une portée, ce sont les notes du morceau.

Une note est un signe qui se place sur une ligne ou dans un interligne, soit dans la portée, soit au-dessus ou au-dessous de la portée.

Par exemple, la note “Sol médium » se situe sur la deuxième ligne de la portée en partant du bas et la note “Sol aigüe” se situe juste au-dessus de la portée, sur la première interligne supplémentaire. Nous verrons cela plus en détail sur l’article qui concerne les gammes.

Les notes, en succession ascendante de sons (du grave à l’aigu), se nomment Do ou Ut, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si. Elles sont écrites à l’aide de figures de notes qui précisent la durée de chaque note. (noires, croches, rondes… nous verrons cela un peu plus en détail plus loin).

Dans une portée, vous avez aussi des mesures. Ce sont des barres verticales qui séparent la portée en “unités” de temps par rapport à l’unité de référence que vous avez inscrite en tout début de portée qui s’appelle “le chiffrage de mesure”.

Ce dernier va déterminer la durée de chaque figure de note, c’est une sorte de référentiel pour la durée des notes de musique. Le chiffrage de notes détermine le nombre de “temps” que contient la mesure.

Le chiffrage le plus courant est 4/4 comme indiqué dans l’image ci-dessous. Cela indique qu’il y a 4 noires par mesure et qu’une noire vaut un temps.

La vitesse d’exécution du morceau est déterminée par le tempo ici = 60 (cf image). Le chiffre 60 indique que le tempo est de 60 pulsations par minute.

L’intervalle entre deux pulsations s’appelle un temps.

Pour comprendre cela, fermez les yeux et prenez conscience des battements de votre cœur : chaque pulsation détermine votre fréquence cardiaque. pour le tempo, c’est pareil !

Voici un petit récapitulatif qui vous permettra de visualiser un peu mieux ce nouveau vocabulaire :

Maintenant que vous connaissez les éléments de base d’une portée, allons un peu plus dans le détail… RDV à l’article suivant.

Le son, mais de quoi parle-t-on ?

Pour aborder ce qui va suivre dans les prochains articles, sur les notes, les altérations, les intervalles, les tons etc… Nous devons repartir un tout petit peu sur les bancs de l’école, en cours de physique. 

N’ayez pas peur, j’ai fait un bac Eco, donc je ne suis pas allé très loin dans cette matière scientifique. Ce qui suit sera donc largement à la portée de tous.tes. 

Qu’est-ce que le son ? 

Le son est une déformation de l’air qui se propage sous forme d’onde périodique. Une onde possède deux caractéristiques : la fréquence et l’amplitude.

La fréquence désigne le nombre d’oscillations de l’onde par seconde. Plus la fréquence augmente, plus le son résultant est perçu comme aigu.

L’amplitude désigne la force de la déformation. Plus l’amplitude augmente, plus le son est perçu comme fort. En musique, on fera jouer l’amplitude pour faire “des nuances” dans le volume sonore des sons produits. 

Pour bien vous représenter ce concept un peu savant, fermez les yeux et représentez vous à la montagne, face à un lac, avec une pierre dans la main. Quand vous lancez la pierre dans l’eau se crée une onde, vous pouvez alors voir plusieurs cercles concentriques qui se propagent dans le lac. Le son que vous percevez quand la pierre tombe dans l’eau sera plus ou moins grave/ medium selon la dimension de votre lac. 

Si vous faites la même expérience en jetant un cachet d’aspirine dans un verre après une soirée trop arrosée, vous aurez le même phénomène d’onde à la surface du verre, mais le son sera beaucoup plus faible (et heureusement pour votre migraine) et plus aigu que le rocher qui tombe dans un lac. 

En ce qui concerne la production du son au saxophone et donc les différentes notes, c’est un peu le même principe : en faisant vibrer votre anche sous l’effet de la pression d’air, vous faites varier l’amplitude (le volume sonore et donc les nuances), et en appuyant sur les clés, vous faites varier la “longueur du tube” et la fréquence de vibration de votre anche, donc la hauteur du son. Par exemple, le “La” du diapason a une fréquence de 440 Hertz, ce qui signifie qu’à cette hauteur de note, votre anche vibre 440 fois par seconde. Au saxophone Alto, le “La 440” est produit par la note Fa# (dièse) médium. 

Plus une fréquence sera élevée (tube court), plus le son produit sera aigu et plus votre anche vibrera vite. En revanche, plus vous rallongez le tube (en fermant les clés jusqu’au si bémol grave par exemple), vous obtenez un son grave et votre anche vibre moins vite. 

Pour qu’il y ait musique, il faut plusieurs sons. On peut combiner des sons en les jouant successivement, on parle de mélodie. On peut les jouer en même temps, on parle d’harmonie. 

Certains sons se combinent bien entre eux, d’autres non… On dit alors que les sons sont “consonants” ou “dissonants”. 

A. DANHAUSER donne une définition assez simple et pertinente que je vous restitue ici : “Les intervalles consonants sont ceux que forment ensemble deux sons que l’oreille n’éprouve pas le besoin de séparer ; la consonance donne une impression d’unité, de cohésion et de stabilité.

Les intervalles dissonants, au contraire, sont ceux que forment entre eux deux sons que l’oreille éprouve le besoin de modifier, en les remplaçant par d’autres sons ; la dissonance donne une impression d’instabilité…”

Si vous avez un piano ou une guitare sous la main, jouez en même temps un sol et un sol#. Vous ressentez ce “frottement” désagréable dans vos oreilles? 

Maintenant, jouez un do et un mi en même temps : vous percevez normalement bien les deux sons, mais ces derniers sont bien plus agréables à entendre. 

ll existe des intervalles fondamentaux entre deux sons qui nous garantissent qu’ils seront consonants que nous aborderons plus bas, et que nous détaillerons lors des articles sur l’harmonie nécessaire à l’apprentissage de l’improvisation en jazz. 

Alors au final, qu’est-ce qui arrive dans vos oreilles quand vous jouez une note de musique? Et bien ce n’est jamais un son “pur”, mais plutôt un ensemble de sons consonants qui se superposent à des fréquences différentes : une note fondamentale et des notes harmoniques, distantes les une des autres d’intervalles consonants. 

La “richesse” d’un son produit par un instrument, son “timbre” dépend du nombre d’harmoniques audibles qu’il contient. 

Pour illustrer ce phénomène physique, je vous propose de regarder l’image ci-dessous qui représente la forme d’onde fréquentielle de la note Si grave jouée au saxophone ténor qui équivaut à un La grave au piano. 

On peut y voir de nombreuses “vagues” qui correspondent tout simplement aux différentes formes d’ondes des sons produits et que l’on entend dans la note Si grave au saxophone ténor. On a l’impression d’entendre qu’un seul son, mais en fait, il y a de très nombreuses courbes qui s’ajoutent les unes aux autres et à des intervalles consonants, de telle sorte que notre cerveau interprète n’entendre qu’un seul son. 

Pour aller au bout de mon exemple, voici le détail de ces différentes sons pour produire un Si grave au ténor : 

  • Le point vert est la fondamentale (la note Si à une fréquence d’environ 110 Hz), 
  • Le point bleu est la première harmonique. Le son est aussi un un Si, mais avec un intervalle de 8 (octave), à 220 Hz. Remarquez au passage que l’octave = 2x la fréquence fondamentale,
  • Le point violet est la troisième harmonique (la note Fa à environ 330Hz),
  • Le point jaune est la quatrième harmonique : à nouveau le Si (double octave de la fondamentale et comme par magie Fréquence à 440Hz donc deux fois la précédente octave). NB: Vous remarquerez au passage que la note entendu en jouant ce Si est à 440Hz, comme le fameux La 440Hz que nous utilisons généralement pour accorder nos instruments. Normal, puisque le saxophone ténor est un ton en dessous des instruments en Ut.

J’aurai pu continuer longtemps comme ça car le spectre fréquentiel est infini, mais l’oreille humaine n’est pas assez sophistiquée pour percevoir les sons trop graves ou trop aigus. 

Mais ce que vous devez retenir, et cela vous sera utile par la suite de votre apprentissage, c’est que les notes que vous jouez sont en fait un ensemble de sons qui se superposent à des intervalles réguliers (consonants de surcroit) dont vous pouvez faire varier l’amplitude pour créer des nuances.

Solfège et formation musical : Avant propos…

Un célèbre poète a dit un jour :”la vie c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber”. Je sais, j’ai déjà utilisé cette citation dans un autre article, mais elle marche aussi dans ce que je veux vous raconter aujourd’hui.

Dans ce guide, nous allons parler de solfège… ce terme est devenu quasiment un gros mot dans les écoles de musique car cette matière en a dégoûté un grand nombre et a aujourd’hui une très mauvaise réputation…

On parle maintenant de “Formation musicale”, c’est le nouveau terme à la mode… Mais au final, on parle de la même chose…

Mieux on comprend à quoi sert la théorie musicale, plus on s’aperçoit qu’il est indispensable de cultiver cette connaissance, à tous les niveaux de maîtrise d’ailleurs, même les pros continuent à progresser, à s’affûter en théorie musicale, que ce soit pour mieux lire les partitions, ou améliorer leurs improvisations en comprenant mieux les structures.

Pour revenir sur la citation du début, la boîte de chocolat, c’est le saxophoniste qui joue (quel que soit son talent) uniquement à l’oreille et par mimétisme de ses artistes préférés et qui a appris à jouer de son instrument sans aucune fondation théorique de la musique. Ca peut globalement marcher, mais avant de trouver LE chocolat qui nous plaît (comprenez être satisfait de sa façon de jouer un morceau), cela peut prendre énormément de temps. En soit, cela n’est pas une mauvaise chose car dans l’apprentissage d’un instrument, surtout en jazz d’ailleurs, il est conseillé de faire beaucoup de transcriptions de thèmes et chorus des grands maîtres. Transcrire à l’oreille est un travail remarquable et très utile, mais être capable de poser cela à plat sur une partition, c’est encore mieux pour pouvoir mieux “comprendre” le mouvement du chorus, pourquoi l’artiste à utilisé telle note, de telle gamme, telle ou telle articulation etc…

Bien évidemment, avant d’arriver au niveau de détecter les tonalités des morceaux et les gammes utilisées, il y a un long apprentissage de nombreux concepts, mais je voudrais ici vous mettre à disposition les bases, ne serait-ce que pour simplement être capable de déchiffrer une partition et de jouer votre morceau préféré avec vos potes, en Jam session ou même tout seul chez vous devant votre tomplay ou autre support de partition.

Ce que je voudrais, vous l’aurez compris, c’est vraiment vous persuader que l’apprentissage du solfège, de la théorie musicale ou vous l’appellerez comme vous voudrez, est VRAIMENT utile si vous avez l’ambition de progresser régulièrement dans votre pratique instrumentale.

J’aime bien prendre l’image de la conduite : le solfège en fait, c’est le code de la route de la musique ! C’est l’outil ultime qui vous permettra de ne pas vous perdre et d’arriver à votre destination en ayant respecté le bon itinéraire (les bonnes notes, les bonnes reprises, les codas etc), respecté les stop et les feux rouges (pauses, soupirs, respirations etc…) joué à la bonne vitesse (tempo, respect de la notation rythmique etc…) et qui vous aidera à interpréter certains panneaux de signalisation (nuances, articulations etc…).

En gros, si vous ne voulez pas être un chauffard de la musique, il vous faut connaître au moins les bases en solfège !

Une chose est sûre, si vous êtes là, c’est que progresser au saxophone est un de vos objectifs, donc je suis certain que vous ferez l’effort nécessaire pour dépasser vos a priori (et je sais qu’ils sont nombreux) sur le solfège.

Bonne lecture à vous, et surtout, n’hésitez pas à commenter copieusement, même pour contre argumenter mes tentatives de marketing solfégique, je me ferai un plaisir d’y répondre et de débattre avec vous !