Gamme d’Improvisation : Guide Complet

Bonjour à toi ! Si tu es un lecteur assidu de ce blog, tu auras certainement déjà parcouru les articles de la série « gammes d’improvisation ». Et si tu es sérieux, tu as même peut-être commencé à les travailler dans tous les sens et dans toutes les tonalités pour les imprimer dans tes doigts…

Il est temps je pense de revenir sur ces articles pour en faire une synthèse ! Ce sera l’occasion pour toi de réviser ou de vérifier que tu as bien tout compris… Du moins, de la partie théorique : comment les construire et dans quel contexte les utiliser. Pour la pratique, c’est une autre paire de manches et il n’y a que le travail, l’expérimentation et le temps pour te permettre de t’améliorer.

En effet, ne nous voilons pas la face… L’improvisation est un exercice compliqué nécessitant des compétences nombreuses.

Après, tout dépend de ce que vous voulez avoir comme rendu… Sortir un solo digne de Michael Brecker, Bob Berg ou Chris Potter n’est pas donné à tout le monde… Et la majorité des saxophonistes n’en sera jamais capable… et je me mets dans ce lot. Il faut dire que ces musiciens sont tellement des extra-terrestres…Mais c’est aussi pour cela qu’on les aime…

Néanmoins, improviser, c’est composer sur le moment. Composer des phrases musicales sur une progression harmonique en utilisant des notes. Donc improviser, c’est jouer des notes, jusque là tout le monde suit ?? (rire)

Mais quelles notes ?

Nous allons puiser dans un réservoir de notes pour improviser. Ce réservoir provient de différentes gammes que nous prendrons soin de bien choisir au préalable, en faisant une analyse harmonique pour connaître la tonalité du morceau a minima.

Ensuite, une fois la bonne tonalité trouvée, il faudra repérer les bons degrés pour construire les différentes gammes.

Pour rappel, nous allons utiliser des chiffres arabes pour qualifier les degrés d’une gamme. Les degrés, se sont simplement l’ordre d’apparition de la note dans cette gamme.

Exemple pour La majeur :

Voici donc la synthèse de l’architecture des principales gammes utilisées en improvisation (il en existe d’autres, cette liste n’est pas exahaustive):

Je mets ces gammes en premier car elles me semblent être les plus abordables pour les niveaux débutants à intermédiaires. Elles fonctionnent en général avec à peu près tout, si tant est qu’on choisisse la bonne dans le contexte du morceau.

Pour faire simple, les gammes pentatoniques sont déduites des différentes gammes majeures. Elles contiennent 5 notes choisies de ces gammes à partir de certains degrés :

  • La Pentatonique majeure : Composée des degrés 1, 2, 3, 5 et 6, elle est utilisée pour improviser sur des accords majeurs et sur des morceaux ayant une tonalité majeure. 
  • La Pentatonique mineure : Composée des degrés 1, 3b, 4, 5, 7b, elle est utilisée pour improviser sur des accords mineurs ou des morceaux à tonalité mineure. Elle est très courante en blues. 
  • Pentatonique dominante : Composée des degrés 1, 2, 3, 5, 7 d’une gamme majeure, elle est utilisée principalement sur les accords de septième dominante (comme G7 C7 ou A7 par exemple), typiques du blues et du jazz. 

Si vous voulez retrouver les détails de mes explications sur ces trois gammes, je vous invite à cliquer ci-dessous.

Ces gammes sont des variantes des gammes pentatoniques, ajoutant une « note bleue » (b5) pour la gamme blues mineure et un b3 pour la gamme blues majeure. Elles sont essentielles dans le vocabulaire improvisé en blues et dans le jazz fusionné avec le blues.

  • Gamme blues mineure : Composée des degrés 1, 3b, 4, 5b, 5, 7b, elle est utilisée pour donner une sonorité typique du blues, surtout sur des progressions I-IV-V ou sur des accords de septième. 
  • Gamme blues majeure : Elle se construit en partant de la gamme pentatonique majeure, les 6 notes de la gamme blues majeure seront donc les degrés 1-2-3b-3-5-6. 

J’aurais pu commencer par ces gammes car toutes les autres gammes d’improvisation de notre système occidental se construisent à partir de ces dernières (notamment les gammes majeures). Mais le choix des pentatoniques ou blues est en général plus judicieux au départ car il y a moins de notes !

Néanmoins, pour des phrases plus riches et plus colorées, ces gammes vous offrent plus de possibilités et sont fondamentales à connaître et à travailler. D’ailleurs, si vous suivez un cursus de formation avec un professeur de musique, il vous a certainement déjà fait commencer le travail avec des somptueux recueils de gammes (pour ma part, c’était celui de Marcel Mule qui m’a martyrisé dans ma jeunesse)

  • Gamme majeure : Composée des sept notes constituant nos fameux 7 degrés (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7), elle est utilisée pour improviser sur des accords majeurs. En jazz, elle est souvent utilisée dans des contextes plus modaux ou pour des passages de tonalité stable sur des cadences ii-V-I notamment.
  • Gamme mineure naturelle : Composée des notes (1, 2, 3b, 4, 5, 6b, 7b), elle est utilisée pour improviser sur des accords mineurs dans un contexte classique ou modal.
  • Gamme mineure harmonique : Composée des notes (1, 2, 3b, 4, 5, 6b, 7), elle est utilisée dans des contextes de jazz plus complexes, notamment dans les progressions de type mineur avec des accords de septième ou mineurs harmoniques. Cette gamme va très bien fonctionner sur les progressions 2-5-1 mineurs. Personnellement j’adore la couleur orientale de cette gamme ! 

On commence ici à être sur des niveaux plutôt avancés d’improvisation, mais si vous aimez Miles Davis, John Coltrane, Wayne Shorter ou Cannonball Adderley, cette partie va certainement vous intéresser… La musique modale en jazz est une approche où l’harmonie se base davantage sur des modes (gammes dérivées des degrés d’une tonalité) plutôt que sur des accords traditionnels et leurs progressions. Cette approche a marqué un tournant dans l’histoire du jazz dans les années 1950-1960.

Si cela devient trop compliqué (ce serait normal), passez ce paragraphe car il risque plus de vous embrouiller qu’autre chose, et revenez y quand vous serez plus affûté(e) en maitrise des degrés et des gammes…

Néanmoins, voici les modes les plus utilisés : 

  • Mode dorien (mineur) : Utilisé pour improviser sur des accords mineurs. Le dorien est le mode du jazz modal et convient aux progressions d’accords mineurs où il conserve une sonorité mineure mais avec une sixte majeure. Le principe ici est de considérer l’accord mineur sur lequel on se trouve comme le deuxième degré d’une autre gamme. Ex, l’accord A-7 est bien le deuxième degré de la gamme de Sol Majeur, donc on jouera la gamme de Sol majeur mais en partant du La par exemple. Il se construit sur les degrés 1 2 3b 4 5 6b 7b.
  • Mode mixolydien (dominant) : Utilisé principalement pour improviser sur des accords de septième dominante (comme G7). Tous les accords « 7 » sont les cinquièmes degrés d’une gamme majeure. Donc par exemple, sur l’accord A7, nous jouerons Ré Majeur, en partant du La par exemple. Il se construit sur les degrés 1 2 3 4 5 6 7b
  • Mode lydien : Utilisé pour improviser sur des accords majeurs avec une septième majeure, comme dans des contextes de jazz plus modernes. Il possède une quarte augmentée qui lui donne une sonorité unique qui sonne « fantastique » ou « flamboyant ». Pour garder l’exemple l’accord AMaj7 ici sera considéré comme le 4ème degré de Mi majeur. Nous pourrons donc jouer avec quatre dièses à la clé (tonalité de mi Majeur). Il se construit sur les degrés 1 2 3 4# 5 6 7
  • Mode phrygien : Utilisé pour improviser sur des accords mineurs ou dans des contextes d’accords dominants secondaires. Assez avancé aussi, mais si cela vous chante, vous considèrerez ici votre accord de A-7 comme le troisième degré de Fa Majeur. Vous pourrez jouer avec un seul bémol (Tonalité de fa majeur). Il se construit sur les degrés 1 2b 3b 4 5 6b 7b

Maintenant qu’on a dit ça, reste à utiliser ces gammes à bon escient, c’est à dire que les notes jouées doivent idéalement bien sonner dans le contexte global du morceau, même si à certains moments on joue plus ou moins « out ». Ceci vient à force de travail et d’expérience. L’oreille peut aider aussi :).

Nous pourrions aussi parler des gammes bebop, altérées, ou gamme par ton… mais ces techniques sont encore plus avancées, donc je ne développerai pas plus. Sachez juste qu’elles existent et fouillez le net si vous voulez en savoir un peu plus 😉 

En jazz et en blues, l’improvisation repose sur une variété de gammes qui permettent de naviguer entre des sonorités majeures, mineures, dominantes et modales. Chaque gamme a une fonction particulière en fonction de l’accord ou de la progression harmonique sur laquelle elle est appliquée. Pour maîtriser l’improvisation, il est essentiel de connaître et de pratiquer ces gammes dans différents contextes musicaux, en particulier les gammes pentatoniques, blues, majeures, mineures, modales et bebop.

Donc le mieux : mettez vous un métronome et expérimentez ! Commencez par des grilles simples, typiquement un blues (3 accords), puis passez progressivement à des grilles de jazz plus compliquées. Jouez, trouvez vos phrases et ensuite essayez de les placer sur des accompagnements enregistrés (Backing tracks : notamment sur youtube (gratuit), ou les play-a-longs Aebersold (payant), ou encore l’application iReal Pro (payant) : Google play / App store ) ou pendant vos répétitions et jam sessions entre amis ! 

Pour aller plus loin, je vous invite également à aller consulter deux de mes vidéos sur l’improvisation, vidéos “exemple” de l’utilisation des pentatoniques, gammes blues et modes… 

Pentatonique mineure : Improvise sur une gamme pentatonique

Utilisation Pentatonique, gamme blues, mode dorien, gamme mineur harmonique : Tuto : Faire une impro jazz percutante sur Work song, tout instrument!

Introduction aux modes en musique

Si je vous dis dorien, phrygien, lydien, mixolydien, lydien, ionien etc… Vous me direz que vous n’êtes pas là pour coudre des bonnets révolutionnaires, revoir vos cours de grec, ou disserter des populations d’Asie centrale à l’antiquité j’imagine, et que vous ne voyez pas l’intérêt d’employer ces termes sur ce blog… Ne prenez pas peur, restez un peu et lisez tranquillement ce qui suit…

La théorie musicale, qu’est-ce que c’est barbant, ennuyeux, rasoir, relou diraient les jeunes… En effet, ce n’est pas toujours une partie de plaisir de s’atteler à un nouveau chapitre, j’en conviens, avec tout son lot de complexité, et il est plus facile et confortable de rester sur ses acquis…

Après-tout, quand on joue de la musique, on veut simplement se faire plaisir, « kiffer la vibe », s’amuser et obtenir du plaisir instantané en jouant sur un morceau, ou pour les amateurs de jazz, improviser et sortir le Chorus de Michael Brecker, de Cannonball ou de John Coltrane de suite…

La dure réalité de la vie est que cela n’est pas aussi simple… Et que pour y arriver, il faut apprendre encore et toujours pour enrichir sa culture musicale et faire sien des concepts les plus fumeux et toujours plus complexes… En apparence seulement car si on regarde sans stress, on se rend souvent compte que ce n’est pas si difficile qu’il n’y paraît…

Si vous êtes tombé sur cet article, c’est que vous avez déjà un niveau assez avancé de la musique, au moins une bonne culture générale ou que vous êtes très curieux et désireux de progresser dans votre pratique de la musique.

Alors mettez de côté tous vos a priori et soyez attentifs.ves à ce qui suit.

dressmaker smiling in white long sleeve blouse holding a scissors with measuring tape hanging on her neck

Qu’est-ce qu’un mode en musique ?

Sans vouloir faire de jeu de mot douteux, j’ai envie de dire que l’utilisation des modes en musique, n’est pas le nouveau truc « à la mode » chez les compositeurs, artistes ou grands improvisateurs… Et ce n’est pas non plus la nouvelle tendance sur insta pour devenir une « fashion Victim » !

En effet, l’utilisation des modes remonte à l’antiquité et ces derniers ont toujours été utilisés depuis que la musique existe… Le fait de dire que ce sont des modes n’est en fait que l’expression de l’intégration de ces pratiques dans la théorie musicale.

Mais rentrons un peu dans le concret.

Un mode, ce n’est ni plus ni moins qu’une gamme commencée à partir d’une note différente que sa racine, que sa note « d’origine ».

Pour le dire autrement (et de façon plus conventionnelle), un mode est obtenu à partir du moment où une gamme est commencée par autre chose que sa tonique.

Ce n’est toujours pas clair? Prenons un exemple :

Vous connaissez tous.tes la gamme de do majeur, non? Et bien appliquer les modes sur cette gamme consistera tout simplement à utiliser toutes les notes de cette gamme en partant de chacun de ses degrés.

Petit rappel sur les degrés… en effet, si vous ne maîtrisez pas encore cette notion, vous ne comprendrez pas grand chose à ce qui suit donc je vous conseille d’aller réviser par là :

De retour ? Ok ! reprenons alors !!

Un exemple plus visuel peut-être vous parlera plus :

Ci-dessus, vous avez la gamme de Do majeur, et avec inscrits en dessous en chiffres romains tous les degrés de cette gamme (du 1er au 7ème degré).

Maintenant, appliquons la définition du mode évoquée un peu plus haut, utilisons toutes les notes de la gamme de Do majeur, mais à partir du deuxième degré (à partir de la note ré).

Cela donnerait :

Et bien vous venez de créer un mode de la gamme de Do…

Faisons maintenant l’exercice sur le 6ème degré : on retranscrit les 7 notes de la gamme de Do majeur, mais en partant du 6ème degré (VI), en partant donc de la note La.

Cela amènerait à :

Vous pouvez constater que nous utilisons la même gamme majeure, celle de Do car il n’y a toujours pas d’altération à la clef, aucune note dièse ni bémol ! Et bien cette gamme partant de La est aussi un mode.

Que pouvez-vous en déduire? …… Musique bossa nova…………………………. petit solo de xylophone pour la concentration…..odeur du café fraîchement torréfié……………………………….senteurs chimique de hall d’hôtel pour stimuler le plaisir des clients………………..

Eureka !!!!!!!

Exactement ! chaque gamme majeure possède 7 notes, donc 7 degrés donc 7 modes !

Nous rentrerons un peu plus dans le détail de chacun de ces modes un peu plus tard… Le temps pour vous de digérer cette nouvelle révélation !

Donc, si je n’ai pas été trop mauvais, vous avez compris désormais ce qu’est un mode en musique…. Ok d’accord, mais quel intérêt de décaler la gamme majeure de cette manière? à quoi ça peut bien servir, si ce n’est se triturer le cerveau et inventer un nouveau concept théorique à utiliser dans les dîners mondains pour étaler toute sa culture musicale ?

A quoi servent les modes en musique ?

question marks on paper crafts beside coffee drink

C’est vrai que comme ça, on pourrait se dire que ces modes ont été inventés et créés artificiellement et qu’au final, ils n’ont aucune différence avec les gammes majeures habituelles puisqu’on utilise exactement les mêmes notes.

Détrompez vous ! et pour vous en rendre compte, faite l’exercice vous même sur la gamme de do majeur.

Jouez cette gamme en entier , de Do à Do et écoutez bien le son, la couleur de cette gamme. ……………………..Ça y est? C’est fait? C’est une gamme majeure, donc sa sonorité est plutôt joyeuse, chaleureuse.

Maintenant jouez cette même gamme mais de La à La (à partir du VIème degré) et écoutez bien la couleur …………….. Vous entendez la différence? Ne trouvez-vous pas que la sonorité est plus Mélancolique ?

Un autre exemple en partant du deuxième degré : jouez toutes les notes de la gamme de do majeur de Ré à Ré. Entendez-vous cette sonorité « Jazzy » ?

Vous avez entendu la différence ? j’en suis sur que oui ! Ces différentes gammes, ces différents modes, bien qu’ils utilisent strictement les mêmes notes, ils ont des couleurs différentes, et c’est là que réside tout l’intérêt de leur utilisation.

« Mais comment est-ce possible? Mon oreille et mon cerveau me jouent-ils des tours ?? Suis-je sujet à des hallucinations auditives ?? »

Non pas vraiment, je vous rassure. Le secret, c’est qu’en décalant les notes degré par degré, on décale aussi la structure de la gamme, ce qui a pour effet de placer les tons et les demi-tons différemment, et c’est cela qui crée cette différence de perception auditive et ces différences de couleurs.

Finalement donc, les modes en musique servent à enrichir le vocabulaire dans un morceau donné, en utilisant des couleurs différentes. Que ce soit en composition ou en improvisation, utiliser les modes permet de « moduler », d’amener un élément nouveau qui va sortir l’auditeur de son habitude, le surprendre, retenir encore plus son attention car on lui propose autre chose dans le cadre du même morceau.

Nous parlons de « couleur » musicale. Faites le parallèle avec la peinture : un artiste qui utilise les trois couleurs primaires uniquement sera-t-il capable de créer des oeuvre plus riches ou moins riches que celui qui utilise ces mêmes couleurs primaires mais déclinées en plusieurs nuances, voire techniques (fusain, aquarelle etc…). Ce sont les mêmes notes de couleur mais leur variété visuelle rendra l’oeuvre plus intéressante.

Après tout, un Bleu nuit, un bleu ciel ou un Bleu pétrole sont tous des bleus, mais ils ne provoquent pas la même émotion. Tout comme un Ré naturel un Ré dorien ou un Ré myxolidien sont tous des ré, mais leur sonorité apportera des ressentis différents et enrichiront votre composition ou improvisation.

J’espère que vous êtes allé jusqu’au bout de cet article, mais surtout, que vous avez désacralisé ce concept de mode en vous rendant compte, que ce n’est pas si difficile que ça, et que vous avez compris l’intérêt d’utiliser ces modes !

Dites le moi en commentaires !

A plus tard pour rentrer un peu en détail dans ces modes…

ii V i

Les 2-5-1 mineurs : les reconnaître, les comprendre et improviser dessus.

Bonjour toute le monde !

Voilà quelques semaines que je n’avais pas écris sur ce blog. Manque de temps, d’inspiration, de motivation? Je ne sais pas trop, peut-être un peu de tout ça.

Mais me revoilà ! Aujourd’hui je voudrais vous parler de la cadence ii-V-i ou 2-5-1 mineur.

Dans un précédent article, je vous partage les notions de base pour repérer les ii-V-I (2-5-1 majeurs) et comment jouer sur ces accords, notamment comment reconnaître la gamme majeure associée. Pour réviser, c’est par là :

Aujourd’hui donc, nous allons reprendre globalement la même chose, mais les gammes à utiliser pour improviser seront un peu différentes.

Si tu as besoin de réviser un peu, je t’invite à aller lire ou relire les trois articles ci-dessous et à revenir vite ici pour connaître la suite.

Si tu es déjà au fait de ce que sont les accords de l’harmonisation des gammes majeures, de ce que sont les accords « 7 » en Jazz et que tu maîtrises les 2-5-1 majeurs, tu peux passer à la suite directement.

Quelques révisions…

Application : construire l’harmonisation de la gamme mineure naturelle

person standing near brown welcome on board printed floor map

Pour comprendre ce qui se passe avec les ii-V-i mineurs, refaisons une harmonisation de la gamme mineure naturelle un utilisant la même méthode que pour la harmoniser la gamme majeure.

Et pour cela, nous prendrons l’exemple de la gamme de La Mineur naturelle.

1. Ecrivez sur du papier à musique toute les notes de la gamme de la mineur (la si do ré mi fa sol) :



2. Sous chaque note, notez le degré correspondant (première note = premier degrés, deuxième note = deuxième degrés…):

3. A partir de chaque degrés, empiler les triades pour créer les accords jusqu’à avoir 4 notes :

4. Caractériser chaque accord en déterminant la nature des tierces :

Pareil, si vous avez besoin de réviser ici, je vous renvoie à l’article sur les intervalles :

Revenons donc sur notre harmonisation et caractérisons nos accords en déterminant la nature des tierces , sur la gamme de la mineur :

Premier degré, La (I) = il y a trois tierces empilées : la-do (tierce mineure car 1, 5 tons), do-mi (tierce majeure car 2 tons), mi-sol (tierce mineure car 1,5 tons). 3m-3M-3m : nous avons donc un accord min 7, La min7 (Am7).

Deuxième degré, Si (II) = même exercice, regardons les tierces : si-ré (tierce mineure), puis ré-fa (tierce mineure) et enfin fa-la (tierce majeure). 3m-3m-3M : nous avons donc un accord de septième semi diminué. L’accord Mineur 7 quinte bémol ou semi-diminué peut s’écrire de plusieurs façons (m7b5 ou ∅). Pour improviser sur ces accords ∅, nous choisirons souvent la gamme mineur harmonique, en mode dorien. Nous verrons les modes plus tard, mais pour l’instant dites vous que comme le Bm7b5 est le deuxième degré de la gamme de la mineur, c’est la gamme mineur harmonique de La que nous utiliserons 😉

Troisième degré, Do (III) : do-mi (tierce majeure car 2 tons), puis mi-sol (tierce mineure car 1,5 tons), puis sol-si (tierce majeure car 2 tons. 3M-3m-3M = sous sommes sont sur un accord Majeur 7 (DoM7)

Quatrième degré, Ré (IV) : ré-fa (tierce mineure), fa-la (tierce Majeure), la-do (tierce mineure). 3m-3M-3m, nous sommes donc un un accord min7, Ré min7 ici (Dm7)

Cinquième degré, mi (V) : mi-sol (tierce mineure), sol-si (tierce majeure), si-ré (tierce mineure). 3m-3M-3m, nous sommes donc sur un accord min7 , Mi min7 (Em7).

Sixième degré, fa (VI) : fa-la (tierce majeure), la-do (tierce mineure), do-mi (tierce majeure). 3M-3m-3M donc nous avons un accord Maj7, Fa Maj7 (FM7).

Septième degré, Sol (VII) : sol-si (tierce majeure) puis si-ré (tierce mineure) et enfin ré-fa (tierce mineure). 3M-3m-3m, c’est un accord 7, Sol 7 (G7).

Pour ancrer ces notions bien dans votre mémoire, je vous invite à faire l’exercice pour chaque gamme, cela vous habituera à compter les tierces, à trouver leur nature et donc caractériser vos accords. C’est une gymnastique un peu fastidieuse mais pas si compliquée au final quand on suit étape par étape.

Puisque je suis toujours un gars sympa, je vous mets le tableau complet, mais vraiment, faites l’effort, cela vous aidera à avoir des automatismes pour la suite.

Nous retrouvons ici tous nos degrés de 1 à 7, en en empilant nos triades sur les notes de la gamme mineure naturelle, nous obtenons des accords caractéristiques de chaque degré.

Passons à la pratique : Comment improviser sur un ii-V-i mineur?

brass saxophone on white plastic chair

Un ii-V-i mineur sera donc une suite d’accords enchaînant le second et le cinquième degré d’une gamme et finira par le premier degré d’une gamme mineure.

Attention, il y a quand même un petit piège… En effet, si on se réfère au tableau ci-dessus, les cinquièmes degrés des gammes mineures doivent être eux aussi mineurs.

En pratique, pour repérer un 2-5-1 mineur, nous n’allons pas faire attention à la nature du degré 5. En sommes, peu importe s’il est mineur.

La plupart du temps, on repèrera plutôt le second degré qui est un accord bien spécifique, comme nous l’avons vu plus haut, c’est un accord semi-diminué, soit un accord min7 quinte bémol, noté sur les grilles m7b5 ou ∅.

Repérez l’accord ∅ dans une progression. Considérez-le comme un deuxième degré et donc déduisez-en la tonique (le premier degré). Si l’accord qui suit est un cinquième degré de cette même tonique (peu importe si l’accord est majeur ou mineur), vous êtes en 2-5-1 mineur.

Sur cette progression, vous pourrez jouer, la gamme pentatonique mineure, la gamme blues, la gamme mineure naturelle évidemment, mais surtout, la gamme mineure harmonique. Cette dernière à un petit côté oriental qui ne passe pas inaperçu lors d’une phrase musicale, en l’utilisant, vous ferez votre petit effet à chaque fois ;-).

Un article sera rédigé plus tard sur les gammes mineures, mais en anticipation, voici comme construire la gamme mineure harmonique : l’exemple est la la gamme de La mineur harmonique, mais la construction est la même pour toutes les tonalités, à reproduire donc selon vos contextes :

Voilà pour cet article un peu long, mais assez récapitulatif de plusieurs concepts vus précédemment.

Maintenant que vous avez le savoir, il faut pratiquer, pratiquer, pratiquer…. C’est à dire, analyser vos grilles, repérez les accords, compter les degrés pour trouver les tonalités, puis utiliser les bonnes gammes, selon la progression d’accord dans laquelle vous vous trouvez.

Je vous souhaite bon courage dans votre apprentissage !

Les gammes d’improvisation #2 : la pentatonique mineure

Forts.tes de votre travail acharné suite au précédente article et de votre maîtrise parfaite des gammes majeures et mineures en tout genre, vous n’allez faire qu’une bouché de ce petit guide dans lequel je vais vous partager la technique simplisime de construction des gammes pentatoniques Mineures.

Vous l’aurez compris, à utiliser plutôt sur les tonalités et accords mineurs…

—————————————————————–

Reprenons la technique de construction par degrés utilisée dans l’article précédent.

Pour construire la gamme pentatonique mineure, vous devez appliquer le schéma suivant :

Sa construction, en chiffres est : 1-3b-4-5-7b (3b = tierce mineure ; 7b= septième mineure)

Pour Sol min Pentatonique, on a donc : Sol-Sib-Do-Ré-Fa

Pour rappel, une tierce mineure est un intervalle de 1,5 tons entre deux notes (ici : sol-la = 1 ton, la-sib = 0,5 ton,

donc sol-sib = 1,5 tons = une tierce mineure).

La septième mineure peut tout simplement se trouver en comptant la 7ème note de la gamme majeure, en lui enlevant un demi-ton.

Dans notre exemple, dans la gamme de Sol Majeur, Sol étant la première note, Fa# sera la Septième.

Pour la rendre mineure, il suffit de lui enlever un demi-ton, on retombre donc sur Fa bécarre

—————————————————————–

Petite proposition d’exercice maintenant:

A vos SAx…..prêts???? ……………….Saxez !!!

strong man working out
  • Construisez vous la gamme pentatonique majeure de Do, puis la pentatonique mineure de Do.
  • Jouez d’abord la penta majeure sur toute la palette de votre instrument en montant et en descendant (du grave jusqu’à l’aigu)
  • Faites la même chose avec la penta mineure

Entendez- vous la différence? Entendez-vous la sonorité mineure? ça ne vous rappelle pas quelque chose ? une sonorité que vous avez l’habitude d’entendre? Je suis sur que si…

RDV au prochain article pour dévoiler la troisième gamme d’improvisation principalement utilisée et vous rendre compte que vous avez, si vous en êtes arrivés là, déjà plein de possibilités d’improvisation dont vous ne doutiez qu’à peine !!

Update 😉 Ci-dessous, les explications en images et en musique 😉

Méthodologie de travail et exercices…

Les gammes d’improvisation #1 : La gamme pentatonique Majeure

Avant de commencer la lecture de cet article, assurez-vous d’avoir bien compris celui-ci, puis revenez lire la suite 😉

Vous rêvez d’improviser rapidement avec une gamme passe-partout facile à construire et à mémoriser? Cet article est fait pour vous !

Les gammes, les modes, le majeur, le mineur ascendant, naturel, déscendant, mélodique, la gamme bartok, etc… pfff rien qu’à énumérer toutes ces possibilité j’en ai presque mal à la tête.

Bon c’est vrai, si on veut sonner comme nos idoles, il faut maîtriser tous ces concepts théorico-pratiques sur le bout des doigts. Mais c’est un TRES long chemin….

Malgré tout, je voulais vous partager un contenu facile et qui vous permettra dès aujourd’hui de faire sonner des improvisations sur n’importe lequel de vos morceaux préférés.

J’appelle ça la gamme Passe-Partout, je parle de la Gamme Pentatonique Majeure qui va vous donner les clefs de l’improvisation ludique rapide et efficace.

——————————————————————————————————–

Finalement, la gamme pentatonique majeure peut être considérée comme un dérivé de la gamme majeure.

En effet, elle est identique à la gamme majeure, mais sans les notes dites sensibles. En Do majeur les sensibles sont le fa et le si.

Nous allons donc les supprimer pour aboutir à la gamme pentatonique majeure.

D’une gamme à 7 notes, nous nous retrouvons à une gamme à 5 notes, d’où son nom : la gamme Pentatonique.

Désolé de doucher les espoirs de celles et ceux qui croyaient que c’était une gamme secrète des chinois du FBI polonais sortie du pentagone… Non non, c’est simplement une gamme qui ne contient que 5 notes, mais qui sonnent grave !

Ex : la gamme majeure de do contient les notes : Do-Ré-Mi-Fa-Sol-La et Si. On supprime les notes sensibles, il nous reste : Do-Ré-Mi-Sol-La-(Do).

C’est encore plus facile à déduire si on pense « degrés » (je vous renvoie à un autre article plus haut dans les bases de la théorie musicale): En Do majeur, les 7 notes correspondent à des degrés, ou « numéro ». En reprenant l’exemple plus haut, on a donc :

Do majeur = Do(1er degré)-Ré(2ème degré)-Mi(3ième degré)-Fa (4ème degré)-Sol(5ème degré)-La(6ième degré) et Si(7ème degré).

Les sensibles étant sur les degrés 4 et 7, on enlève donc le fa et le si pour avoir Do(1)-Ré(2)-Mi(3)-Sol(5)-La(6)

Bon, passons ces comptes d’apothicaires, retenez que pour construire les gammes pentatoniques majeures dans toutes les tonalités,

vous devez tout simplement ne garder que les notes des degrés 1-2-3-5 et 6

Le schéma est le même pour construire toutes les gammes pentatoniques majeures dans toutes les tonalités !

Donc si vous connaissez vos gammes majeures, vous connaissez aussi déjà vos pentatoniques ! C’est pas magique ça?

man in white button up shirt

Un autre exemple, voici comment se construit la gamme pentatonique majeure de ré : On part de la gamme de ré majeur : Ré(1) Mi(2) Fa#(3) Sol(4) La(5) Si(6) Do#(7),

on ne prend que les degrés 1-2-3-5-6.

La gamme pentatonique majeure de Ré contient donc les notes : Ré-Mi-Fa#-La-Si.

C’est simple comme bonjour non ? A vous maintenant de vous entraîner et de les trouver toutes !

——————————————————————————————————–

Alors vous allez me dire. Ok c’est sympa cette théorie, mais quand jouer ces gammes pentatoniques majeures ?

A peu près tout le temps ça fonctionne. Il suffit de trouver la bonne tonalité et d’appliquer cette règle pour construire votre gamme Passe-Partout et improviser dessus.

Toutefois, la pentatonique majeure fonctionne toujours mieux pour les accords majeurs, 7 et majeur7.

Sur les accords min7, ça marche aussi, mais il faut pour cela connaître les tonalités mineures relatives des gammes majeures.

Pour les tonalités mineures, il vaudra mieux utiliser des gammes mineures ou blues que nous verrons plus tard.

—————————————————————————————————–

Voilà, vous voyez, c’est simple de commencer à improviser, 5 notes suffisent ! A vous maintenant de mixer les rythmes, les articulations, les nuances, les silences etc… pour créer des phrases mélodiques dignes des plus grands saxophonistes !

La progression 2-5-1

Venons-en donc enfin à nos fameux 2-5-1 ou pour être plus exacts dans la notation, les ii V I.

Si vous avez lu le précédent article, et s’il était bon, vous avez donc compris ce qu’était une progression d’accord et l’importance que ça a dans la structure de la musique en général.

Donc finalement, qu’est-ce qu’un ii V I ??

Et bien tout simplement, c’est la progression des accords situés sur le deuxième, le cinquième et le premier degré de la gamme majeure dans laquelle vous vous trouvez.

Notez que le second degré est noté “ii” et non pas II : cela permet de repérer que cet accord est mineur.

Mais pourquoi cette progression est-elle tellement utilisée dans le jazz?

Pour le comprendre, il faut avoir conscience que les jazzmen n’ont pas réinventé la poudre pour composer leurs standards les plus connus. Ils n’ont fait qu’utiliser les concepts largement développés par les compositeurs classiques, au moins dans la structure.

Désolé je casse un peu le mythe, mais maintenant que vous n’êtes plus novices, vous pouvez encaisser cela…

amazed formal male looking at laptop screen

En fait, la progression ii V I est une cadence complète. Toutes les cadences ont en commun de structurer et de ponctuer le discours musical, ce qui est le cas ici.

Il existe plusieurs types de cadence dont je vous épargnerai ici le détail, mais ce que vous devez savoir à ce stade, c’est que la progression ii V I est une adaptation de la cadence parfaite.

Ok c’est bien beau tout ce vocabulaire pompeux, mais en quoi cette cadence est “parfaite”? En fait, on dit qu’elle est parfaite car passer de l’accord V à l’accord I crée une importante sensation de résolution, de «retour à la maison», comme si la boucle était bouclée.

Cette cadence est parfaite car la tension créée par l’accord V est « résolue » par le retour sur le I.

Le fait d’inclure le ii (deuxième degré) ne fait qu’amplifier cet effet.

Mais qu’en déduire quand on joue d’un instrument improvisateur ?

VOICI DONC L’ULTIME REVELATION pour improviser sur des ii-V-I :

man wearing black blazer

Nous venons de l’expliquer plus haut, la progression ii V I correspond à une cadence, un bout du morceau, une séquence du morceau qui donne du mouvement à la pièce et ce mouvement se base sur une gamme majeure.

Et bien ce que nous pouvons en déduire, c’est que TOUTES les notes de la gamme majeure dans laquelle vous vous trouvez sonneront sur cette progression d’accords.

En somme, vous pouvez jouer simplement les notes des accords uns à uns, mais cela sonnera un peu scolaire et pas très intense au niveau personnalité.

En revanche, jouer une phrase musicale entière sur ces trois accords, en respectant la gamme majeure sur laquelle vous vous basez en utilisant des notes de passage aura beaucoup plus d’impact.

Finalement, cela rend l’improvisation plus “facile” !

  1. Plutôt que de repérer chaque accord et de jouer les arpèges plaqués, faites plutôt une analyse de la structure de votre morceau
  2. Repérez les différents ii V I de votre grille d’accord
  3. Déduisez en les différentes gammes à utiliser :

Si votre ii V I est Dm/G/C (Ré mineur/Sol/Do), C étant le premier degré, vous êtes en Do majeur

Si votre ii V I est Em/A/D (Mi mineur/La/Ré), Ré étant le premier degré, vous êtes en Ré majeur (donc Deux dièses)

Si votre ii V I est Fm/B/E (Fa mineur/Si/Mi), Mi étant le premier degré, vous êtes en Mi Majeur (4 dièses)

Etc…

4. Utilisez les notes de ces gammes pour improviser !

J’ai bien conscience que tous ces concepts fumeux sont complexes, mais prenez le temps de lire, relire, d’expérimenter etc…

Prenez également votre Real book et observez les différents schémas de progression d’accords de vos morceaux préférés.

Ecoutez aussi beaucoup de musiques différentes, et notamment des artistes phare de la musique Be Bop ou Hard Bop (Sonny Stitt, Charlie Parker, Cannonball Adderley etc…). Vous verrez, vous reconnaîtrez à l’oreille des phrases types que chaque artiste s’est créé et a travaillé dans toutes les tonalités.

Nourrissez vous de cela, jouez des transcriptions de vos solos préférés, ou mieux, transcrivez vous-même des bouts de chorus.

L’apprentissage est long et difficile mais pensez à vos petites #victoireSax que vous obtiendrez à chaque avancée, à chaque déclic.

Sur ce, je retourne à ma propre progression et à mon apprentissage du solo de Bob Berg, ce qui n’est pas une mince affaire…

Bon Sax à tous.tes

close up view of a yoda figurine

La progression d’accords : le socle harmonique de tout morceau de musique qui vous permettra de devenir un maître Jedi de l’improvisation

Tout morceau de musique est composé sur la base d’une harmonie. Cette harmonie est elle-même créée par l’utilisation d’accords qui eux même sont composés de plusieurs notes, comme nous l’avons expliqué plus haut.

Ces derniers sont joués par les instruments accompagnateurs (Guitare, piano etc…) et apportent un cadre dans lequel les instruments mélodiques (flûte, clarinette, saxophone, trompette etc…) peuvent s’exprimer.

De manière générale, les pièces musicales comportent plusieurs accords qui sont joués les uns après les autres : c’est ce qu’on appelle la progression d’accords.

Le jazz utilise ce concept de progression d’accords pour offrir un cadre harmonique aux thèmes et improvisations. Le nombre de ces différentes progressions d’accords ne sont pas illimitées et vous pourrez constater, une fois que vous maîtriserez un peu mieux ces concepts, que les mêmes schémas se répètent dans la plupart des morceaux.

Ces progressions sont notées en utilisant les degrés de la gamme dont nous avons parlé dans un autre article.

pensive male teen on gray background
Euh… de quoi il me parle Saxtunes… ??

Si vous avez raté le train, voici les articles en question :

Vous vous souvenez ? Sur la gamme de Do majeur, nous avons 7 notes différentes (do-ré-mi-fa-sol-la-si) et chaque note correspond à un degré.

Pour les distinguer clairement, nous utilisons les chiffres romains. Ainsi, toujours sur la gamme de Do majeur, petit rappel :

Do = premier degré = Tonique, noté I

Ré = deuxième degré = sus-tonique, noté II

Mi = troisième degré = médiante, noté III

Fa = quatrième degré = sous dominante, noté IV

Sol = cinquième degré = Dominante, noté V

La = sixième degré = sus-dominante, noté VI

Si = Septième degré = Sensible, noté VII

Par exemple, dans sa forme la plus simple, un blues est d’une longueur de douze mesures divisées en trois phrases de quatre mesures, principalement basé sur les degrés I, IV et V (tonique, sous-dominante, dominante) : I7 – I7 – I7 – I7 IV7- IV7- I7- I7 V7 – V7 – I7 – I7

Avec des vrais accords, un blues en Do donnerait : C7 – C7 – C7 – C7 – F7 – F7 – C7 – C7 G7 – G7 – C7 – C7

Pour rappel, C7 = accord de Do Septième ; F7 = accord de Fa Septième; G7 = accord de Sol Septième.

De la même manière, la progression la plus utilisée en Jazz est la progression II-V-I dont nous parlerons plus tard.

Dans la musique pop, c’est la progression I-V-VI-IV qui est largement utilisée.

Mais allons un peu au-delà de la technique. Finalement, ces progressions d’accords sont utilisées car elles donnent l’impression que la musique a une direction, un sens. Quand une progression d’accords est jouée, si elle s’arrête en plein milieu, vous aurez un sentiment d’inachevé.

Souvent, la progression d’accord crée une “tension” à l’écoute, et il vous semble nécessaire de “résoudre” cela pour revenir à un état plus satisfaitsant.

Savoir décrypter la progression d’accords et la gamme associée à cette progression vous sera indispensable pour créer des mélodies et/ou improviser.

Puisque j’aime bien prouver par l’exemple, allez voir/écouter cette vidéo qui illustre parfaitement l’utilisation de la progression d’accords la plus utilisée en musique pop : ICI

C’est assez bluffant, toutes ces chansons ont été écrites sur la même structure !

Vous comprendrez donc que quand vous serez maître Jedi en harmonie et que vous serez capable de maîtriser la force des gammes diatoniques, vous serez capables de jouer n’importe quelle chanson, dans n’importe quelle tonalité !!

Bon apprentissage et bon courage !! Encore une fois, patient.e du seras, persévérer tu devras, un maitre en improvisation du peux devenir

close up view of a yoda figurine
harmony lessons book on piano

Les accords « 7 » : L’essence des standards de Jazz

En Jazz, il est très fréquent de voir des accords chiffrés “7”.

Ce sont donc des accords à quatres sons comprenant la fondamentale (1er degré), la médiante (une tierce au dessus de la tonique), la dominante (5ème degré, une tierce au dessus de la médiante ou à une quinte de la tonique) et la sensible (7éme degré, une tierce au dessus de la dominante).

Ce vocabulaire est assez barbant, je vous l’accorde (sans mauvais jeu de mots…), mais je l’emploie afin de vous forcer un peu à vous familiariser avec car c’est important pour la suite de maîtriser les degrés, les intervalles etc… En effet, appelons un chat un chat…

Si par exemple dans une conversation de zoologie vous ne comprenez pas ce qu’est un monotrème, vous aurez du mal à appréhender la leçon sur les rites nuptiaux des ornithorynques de Tazmanie…

Trop mimi non ??

C’est pareil pour les accords et l’harmonie. Vous devez maîtriser les fondamentaux pour en comprendre les usages.

Revenons donc à nos accords “7”.

Les principaux que vous rencontrerez en jazz sont les accords 7, m7, Maj7 et m7b5

Voici comment ils se composent :

° L’accord majeur 7 (Maj7 ou Δ7) : Il se compose d’un empilement d’une tierce majeure (2 tons), puis d’une tierce mineure(1,5 tons) puis une nouvelle tierce majeure (2 ton). En CMaj7 on a donc : Do-Mi-Sol-Si

° L’accord 7, nous l’avons vu plus haut dans l’article introductif sur les accords est assez simple à construire : on empile au-dessus de la fondamentale une tierce majeure, puis deux tierces mineures (1,5 ton). Pour Do7 (C7) nous aurons donc Do-Mi-Sol-Sib.

° L’accord mineur 7 (m7 ou -7) : Il se construit sur la base d’un accord parfait mineur par l’empilement d’une tierce mineure (1,5 ton), puis d’une tierce majeure (2 tons), puis d’une nouvelle tierce mineure. En Cm7, nous aurons donc Do/Mib/Sol/Sib

° L’accord Mineur 7 quinte bémol ou semi-diminué(m7b5 ou ∅) : Il se construit en empilant deux tierces mineures (Deux x 1,5 tons) puis une tierce majeure. Un Cm7b5 ou C∅ contiendra donc les notes Do/Mib/Solb/Sib. Vous remarquerez au passage que la tierce, la quinte et la Septième ici sont bémol.

Chacun de ces accords possède sa propre sonorité et une couleur spécifique.

Dans l’article suivant, nous allons commencer à aborder les fameux 2-5-1 dont vous avez certainement déjà entendu parler, et que vous allez retrouver dans bon nombre de titres de Jazz.

En attendant, entraînez-vous à écrire et à construire vous même les différents accords “7” sur chacune des notes pour commencer à vous familiariser avec ces derniers. Et puis tiens, pour aller au bout des choses, mettez votre sax autour du cou et commencez à jouer les différentes notes de ces accords pour commencer à vous les mettre dans l’oreille et dans les doigts 😉

Pour illustrer cela, laissez vous convaincre par l’illustration ci-jointe qui est la parfaite illustration de ce que je viens de raconter : dans Autumn Leaves, il n’y a que des accords 7 et de toutes natures !