L’embouchure au Saxophone #3 : Comment la renforcer ?
- La métaphore sportive
Quand on débute, nous n’avons pas suffisamment développé les muscles de notre visage qui forment notre embouchure. Il est donc important d’avoir à l’esprit que l’embouchure doit se travailler !
Pour illustrer cela, pensez à un sport : si vous n’avez jamais fait d’haltérophilie, il y a peu de chances que vous ayez naturellement assez de muscles pour soulever de fortes charges.
Pour l’embouchure, c’est pareil ! sans muscles suffisamment développés, il est impossible de développer et maintenir longuement la pression nécessaire pour jouer d’un bec ouvert et une anche forte.
Même si vous jouez déjà sur faible ouverture et avec une anche faible, il est possible que vous vous sentiez parfois fatigué de souffler ces premières notes. C’est normal et cela signifie que vous le faites correctement. C’est comme quand vous courrez 5 km alors que vous n’en avez pas l’habitude, au 3ème ou au 4ème km, vous ressentez certainement des douleurs musculaires dans les jambes…
Soufflez maintenant des notes plus longues et expérimentez la pression de votre mâchoire et de votre lèvre inférieure sur l’anche et le bec. Remarquez comment il affecte le son. Plus de pression a pour effet de produire un son plus aigu, moins de pression entraîne un son plus grave.
Vous pouvez vous entraîner avec un diapason pour trouver la bonne pression : un diapason joue en général un LA. Au saxophone alto ou Baryton, il faut jouer un Fa# pour obtenir le La du diapason; au saxophone ténor et au soprano, c’est un Si qu’il faut jouer. (je vous renvoie à votre liste des doigtés au saxophone que vous pouvez télécharger dans un autre article).
Pendant que vous jouez, “accordez” vous avec le son du diapason, votre note doit se fondre dans celle du diapason, comme s’il n’y avait qu’un seul son. Si ce que vous entendez “frotte” dans votre oreille, c’est que vous n’y êtes pas, c’est que le son produit par le diapason et celui de votre saxophone jouent à des fréquences différentes mais assez proches.
Relâchez ou accentuez la pression de votre embouchure pour trouver la bonne hauteur de note.
Au fur et à mesure que vous vous développerez en tant que saxophoniste, votre embouchure se renforcera et vous gagnerez plus de contrôle, ce qui se traduira par un meilleur son.
Sachez simplement que cela prend du temps. Pensez à un joueur de saxophone avec une embouchure entièrement développée comme à quelqu’un qui soulève 160Kg à l’épaulé jeté. Cette personne a dû passer des heures et des heures tous les jours dans une salle de musculation pendant longtemps pour atteindre ce niveau et doit continuer à s’exercer tous les jours pour maintenir son niveau.
Tout vient à point à qui sait attendre dit le dicton, donc ne désespérez pas, restez motivé et fixez vous des objectifs !
2. Les bonnes pratiques
Pour finir, voici quelques bonnes pratiques à adopter pour développer, renforcer et stabiliser votre embouchure :
- Jouez votre saxophone tous les jours : régularité dans la pratique = retour sur investissement ! De courtes sessions mais régulières seront plus bénéfiques que de très longues séances trop espacées dans le temps.
- Lorsque vous êtes fatigué, prenez des pauses. Une fois votre embouchure entièrement développée, vous pourrez jouer pendant des heures sans vous fatiguer, mais cela peut prendre des années. Cela ne sert à rien de s’entêter, si votre musculature n’est pas encore prête, vous ne pourrez pas monter votre altère !
- Ne mordez pas. Mordre l’anche est ce que nous avons tendance à faire naturellement pour compenser une embouchure fatiguée. Lorsque nous ne pouvons pas maintenir une pression constante avec nos muscles du visage, nous mordons avec l’anche sur une lèvre mince et étalée. Cela a pour effet de diminuer l’amplitude de votre son et d’altérer votre justesse.
- Si vous sentez que vous vous fatiguez vite, changez votre anche et prenez en une plus faible ou un bec moins ouvert. Vous pourrez repasser à une anche plus forte quand vos muscles seront prêts !


