Créer son Home Studio : Les 5 règles de bases pour se lancer.
Quand on fait de la musique et qu’on commence à progresser, très vite l’idée de s’enregistrer germe… Selon les personnes, le but sera bien différent ! Simplement pour se réécouter et entendre nos imperfections pour les améliorer, s’auto congratuler, partager avec des amis, la famille, sur les réseaux sociaux dans des groupes ou des communautés etc…
Seulement, tout un chacun n’est pas ingénieur du son, et très vite ces notions techniques peuvent décourager. Quel matériel acheter? quelle qualité? à quel prix? toutes les pensées limitantes foisonnent alors et vous empêchent d’aller de l’avant dans votre quête musicale!
Eh bien lisez jusqu’au bout car dans cet article, je vais vous démystifier cela et vous donner les bases pour créer votre propre home studio pour un coût limité !

Les 5 règles de base avant de se lancer
Règle N°1 : Répondre à votre « Pourquoi »
Cela peut paraître banal, mais nous sommes tous tellement différents et nos objectifs sont tellement divers ! La première question pour se lancer dans la création d’un home studio est donc très simple : Pourquoi je veux monter un home studio? Pour quelle application musicale est-ce que je ressens le besoin de créer mon propre home studio ?
Est-ce que je souhaite utiliser mon futur home studio pour enregistrer des prestations musicales (et si c’est le cas, moi tout seul ou pour tout un groupe?)?
Est-ce que je souhaite créer de la musique avec mon ordinateur tout simplement, mais sans avoir besoin d’enregistrer des instruments externes (guitare, voix, saxophone, etc…) ?
Qu’est-ce que je compte retirer de cette expérience ? Quelle pratique musicale est-ce que je veux développer grâce à ma MAO et à mon tout nouveau Home Studio?
Qu’est-ce que je compte faire des productions qui sortiront de cette installation??
Peut-être cela va vous sembler simpliste, mais croyez moi, plus vous saurez exactement ce que vous voulez faire, plus vous y verrez clair dans le choix des différents investissements à réaliser pour créer votre Home Studio.
En effet, créer un Home studio pour s’enregistrer solo, enregistrer un groupe entier, ou pour simplement créer de la musique électronique n’impliquera pas les mêmes besoins matériels et logiciels.
Le risque serait d’investir dans des éléments couteux dont vous n’aurez pas besoin car trop « avancés » ou pire, être limité par les possibilités de vos achats et devoir réinvestir ensuite…
La question est donc fondamentale et je vous invite vraiment à vous la poser, puis à écrire votre « Pourquoi » sur une feuille de papier pour avoir au final une vision globale de ce que vous voulez réaliser.
Règle N° 2 : Se fixer des objectifs à court et moyen terme
Réfléchir à votre pourquoi vous permettra de cibler les thématiques que vous souhaitez développer dans votre pratique musicale intégrant les outils de MAO.
Pour celles et ceux qui travaillent en entreprise, l’acronyme SMART ne vous sera certainement pas indifférent dans la manière de fixer les objectifs.
Vous savez, votre chef vous en parle tous les ans lors de l’entretien annuel d’évaluation (ou pas…).

Le manager : « Donc José, l’année prochaine je vais te proposer un super challenge ultra motivant, tu verras, tu vas t’éclater! «
José : « ah ouais…je sais pas trop…bon si tu le dis »…
Le manager : « si si ! fais moi confiance, je vais te donner un objectif SMART relatif à l’augmentation de la marge brute sur le marché thaïlandais des moules pour faire des oeufs carrés »
José : « Mais, on ne produit pas des scies circulaires chez Coup’Coup et compagnie ? »
Le manager : » euh…si biensur, mais j’ai eu le feedback du CODIR de septembre et nous allons diversifier notre market mix, et puis, un peu de changement ça va te faire du bien non? «
…..
Bon désolé pour cet écart, mais c’est tellement du vécu, que je voulais vous le partager (et je reste certain que cela parlera à bon nombre d’entre vous…).
Brève de plaisanterie, et petit explicatif sur les règles des objectifs SMART que le manager de José maîtrise certainement parfaitement :
L’expression d’objectif SMART correspond à un moyen mnémotechnique permettant de garder à l’esprit les qualités nécessaires d’un objectif commercial ou marketing. Mais ce concept peut parfaitement être utilisé dans la vie de tous les jours !
SMART est alors l’initiale ou l’acronyme des 5 qualités nécessaires et signifie que l’objectif est fixé de manière pertinente et efficace.
Un objectif SMART se doit donc d’être :
– Spécifique : C’est à dire que les résultats peuvent être attribués spécifiquement à un individu, une équipe ou une action (c’est votre propre objectif)
– Mesurable : Les résultats obtenus doivent pouvoir être mesurés de manière précise et indiscutable
– Acceptable : La qualité d’acceptabilité souligne la nécessaire adhésion des individus auxquels on fixe un objectif (bon pour le coup, si vous vous fixez un objectif à vous même, vous devriez y adhérer assez facilement…)
– Réaliste : Le réalisme de l’objectif est nécessaire à l’adhésion et à la poursuite des efforts entrepris pour l’atteindre. Cette notion de réalisme est très importante dans votre cas, et doit bien être en ligne avec votre « Pourquoi »)
– Temporellement défini : Une date ou un délai doit être prévu pour l’atteinte de l’objectif
Donc par exemple, vous pourriez vous fixer les objectifs suivants :
- Réussir à enregistrer mon son de saxophone au dessus d’une backing track d’ici 3 mois avec mon ordinateur.
- Etre capable d’enregistrer et mixer mon propre son de saxophone pour démarcher des organisateurs de spectacles professionnels d’ici 9 mois.
- Savoir capter les sons 4 instruments live en même temps pour historiser les répétitions avec mon groupe et constater les progressions sur 6 mois.
- …
Pensez global, et projetez vous loin dans le temps, fixez vous des objectifs de court terme (qu’est-ce que je peux réaliser demain), mais aussi de long terme (vers où je veux aller ?)
Règle N° 3 : Se fixer une fourchette de budget de lancement qui vous semble acceptable pour démarrer

Le matériel de Home studio, ça coûte cher… Il va obligatoirement falloir casser la tirelire…
Selon ce qu’on achète bien entendu… Mais globalement, ça peut monter très vite dès lors qu’on veut du matériel de qualité.
Nous le verrons plus bas, il y a des fondamentaux, des impondérables auxquels vous ne pourrez pas déroger.
C’est là que la réponse à la question n°1 sur votre « pourquoi » peut vous aiguiller… Selon votre motivation, votre objectif, vous aurez un budget plus ou moins conséquent… Il ne s’agirait pas d’investir 500€ dans une installation si vous souhaitez juste vous enregistrer avec votre téléphone pour votre propre loisir. A l’inverse, envisager de n’investir qu’une centaine d’Euros pour un projet plus conséquent ne serait pas réaliste.
Définir un budget réaliste est donc une étape primordiale pour être en lien avec votre « pourquoi »
Les objectifs que vous vous êtes fixés, votre ambition précisée à la règle n° 2 vous aidera aussi dans cette étape.
Règle n°4 : Investissez progressivement
Mon conseil est vraiment de mettre les moyens dans le matériel de base vous permettant d’atteindre vos objectifs de court terme. Et de garder un peu de sous pour vos objectifs à plus long terme.
Pour ma part, je possédais déjà un mac, avec l’application garage band gratuite et un vieux casque Bose plein de basses avant de me lancer. Progressivement, j’ai investi dans un mac plus puissant, dans une interface Audio et un micro filaire, puis des enceintes monitoring etc… Je n’ai pas acheté tout d’un coup.
Mon objectif de base était de pouvoir m’enregistrer via mon ordinateur. Au départ, je me suis contenté du micro de mon mac et de garage band, cela m’a suffit pendant 2-3 ans, mais ensuite, j’ai voulu passer un cran et c’est l’à que j’ai investi dans du matériel plus avancé.
Ce que je veux vous dire, c’est que selon l’ambition de votre objectif, vous possédez peut-être déjà tout le matériel nécessaire pour vous lancer et « voir ce que ça donne »…
Un ordinateur moyen équipé d’un micro (c’est le cas à 99%) et d’un DAW gratuit (audacity, garageband, studio one prime, ableton lite etc…) suffisent pour enregistrer votre son de saxophone sur une backing track !
Par contre, la qualité audio de la captation du son ne sera certainement pas optimale… mais cela sera une bonne base pour avancer 😉 et penser à l’achat d’un micro.
Par contre, quand vous investirez, je vous déconseille le bas de gamme pas cher, cela vous créera plus de problèmes et nuira à l’atteinte de vos objectifs…
Règle n°5 : Sélectionnez vos éléments de bases et commencez à assembler votre Home Studio

- L’ordinateur (PC ou Mac) de studio : S’enregistrer de chez soi se fait la plupart du temps via un ordinateur, il faut une machine suffisamment puissante (processeur, RAM, vitesse du disque etc…) pour qu’elle traite correctement les données. Si vous possédez déjà un bon ordinateur, vous n’aurez peut-être pas besoin d’investir dans un nouveau. En revanche si vous êtes encore sur un mac des années 90 ou un PC sous windows 3.1, vous aurez peu de chance de faire grand choses avec…
- Le combo carte son/interface audio (ou carte son) : quasiment indispensable pour un Home studio.
Je dis quasiment car si vous souhaitez simplement vous enregistrer avec votre ordinateur sans chercher de qualité particulièrement avancée, le micro de votre ordi suffira et vous n’aurez ni besoin de micro, ni de carte son. Il est d’ailleurs possible de s’affranchir d’une carte son car certains micros se vendent en connectique USB, donc à brancher directement sur votre ordinateur.
Mais très vite, vous en ressentirez le besoin…
Le micro, vous l’aurez compris, capte le son et l’envoie dans la carte son qui elle même est branchée (souvent en USB) à votre ordinateur.
Généralement externe en MAO (ça veut dire qu’elles ne sons pas intégrées dans le matériel de base de l’ordinateur), les cartes sons permettent la transformation du signal analogique produit par votre instrument, capté par votre micro, en signal numérique et le renvoie dans votre ordinateur via un logiciel (DAW).
En gros, pour faire simple, la carte son traite la forme d’onde sonore et la transforme en 0 et 1 pour que l’ordinateur puisse l’utiliser.
Notez, qu’a priori, il n’y a pas besoin de table de mixage externe en MAO… Quoi qu’on en dise ! En effet, les différents DAWS proposent tous une table de mixage virtuelle dans leur interface graphique. - Le DAW (Digital Audio Workstation) : En français STAN (Station de Travail Audio Numérique), C’est le logiciel qui va enregistrer votre musique et dans lequel vous pourrez retraiter et sculpter votre son, rajouter des effets etc… 99, 99% des informations de vos productions y seront enregistrées ! Donc le choix n’est pas ici à faire à la légère… Encore une fois, tout dépend de votre pourquoi et de votre ambition, mais en général, ce qui différencie le plus les DAW/STAN, ce ne sera pas la qualité du son (ils sont tous équivalents), mais leur ergonomie, leur facilité d’utilisation. Certains sont très complexes à prendre en mains, d’autres s’utilisent très facilement.
Parmi les gratuits, je vous conseille GarageBand (pour mac) ou Cakewalk by bandlab (pour PC), Studio One 5 prime (gratuit compatible PC et Mac) ou des versions allégées gratuites fournies avec les matériels que vous achèterez (carte son, clavier maitre midi etc…) comme Ableton lite, Pro tools First etc…
Je vous déconseille les softs comme Audacity ou Kristal Audio dont l’interface est peu conviviale et qui vous feront passer beaucoup de temps dans la recherche des fonctionnalités et la prise en mains.
Dans les payants le plus avancés, Ableton Live, Logic Pro, Protools et autres Cubase sont les références, mais le coût sera peut-être un frein, d’autant qu’avec des solutions gratuites vous aurez déjà de nombreuses possibilités. - Le système d’écoute : Certains vous conseilleront d’investir dès à présent dans des enceintes monitoring, en général plus appropriées au mixage audio, ou un casque fermé pour l’enregistrement, ou les deux…
Personnellement, j’utilise en complémentarité des enceintes monitoring Mackie CR4 et un casque semi-ouvert Beyer Dynamic DT880, selon l’heure à laquelle je fais de la musique ou mixe mes sons.
Mais un home studio, en général, c’est dans sa maison… Est le plus souvent dans sa maison on n’est pas tout seul… Donc selon votre situation, l’espace « musique » dont vous disposez et la patience de vos colocataires, je vous conseille vivement de démarrer avec l’option casque semi ouvert. Il a l’avantage de ne pas complètement vous isoler de l’acoustique de la pièce, et à l’enregistrement, si vous ne mettez pas votre backing track à fond, la repisse dans le micro est très minime et pas gênante.
Conclusion
Vous avez bien réfléchi à votre pourquoi? Vous savez précisément ce que vous voulez faire, vous connaissez bien votre ambition et vous vous êtes fixé des objectifs à court et moyen terme ?
Vous pouvez donc fixer un budget pour vos premiers investissements en MAO pour votre Home Studio et commencer à penser à vos investissements futurs…
Donc vous êtes prêt(e) à vous lancer : installez un DAW sur votre ordi, collez-y une carte son en USB et achetez un micro qui enverra votre signal sonore dans l’interface audio !
Suivront prochainement des articles sur le choix des interfaces audios, des Daws, des micros… Mais en attendant, je vous laisse parcourir la toile et faire votre marché !



























