man playing saxophone

Maîtriser l’Improvisation Pentatonique

L’improvisation, c’est souvent le Graal des musiciens appréciant le jazz, le funk, la soul, les musiques électroniques etc… En effet, quel musicien n’a jamais rêvé de jouer en ayant une certaine liberté, en se détachant de la partition? Quel musicien n’a jamais souhaité exprimer ses idées au travers de phrases musicales personnelles ? En gros quel musicien n’a jamais ambitionné de jouer avec ses trippes et ses oreilles plutôt que son cerveau?

Globalement je pense que la grande majorité d’entre nous pourra se reconnaître dans ces rêves… Mais parfois le passage à l’acte est difficile. Souvent, on ne se sent pas capables. On se décourage vite en se disant : « non ce n’est pas pour moi » ou « je n’y arriverai jamais « .

Ce fameux Graal musical nous semble alors être une montagne à gravir, un sommet de plus de 8K mètres infranchissable.

Si vous êtes jeunes, ou que vous avez des ados à la maison, ou que vous vous intéressez à youtube, prenez exemple sur le célébrissime Youtuber « Inoxtag ». Il s’est surpassé avec son défi « Everest » !

C’est ça qui est génial en musique. Chaque sujet, chaque concept, chaque nouvel objectif devient un nouveau terrain de jeu. Cela permet d’approfondir et d’enrichir sa palette. Et pas besoin non plus de faire une préparation sportive intensive. Il n’y a aucun risque pour sa vie. Il y a juste le risque d’être meilleur et de se faire plus plaisir.

Par contre, les choses ne viennent pas en un jour. Il faut avancer en utilisant une bonne méthode. Soyez patient, résilient, et optimiste. Ne jamais lâcher ni reculer devant la difficulté.

Selon moi, la voie la plus facile et la plus rapide pour aborder l’improvisation, réside dans l’utilisation des gammes pentatoniques. Ces gammes sont en effet assez simples (elles ne contiennent que 5 notes) et elles sont tellement utilisées en Jazz, Blues, Pop, Rock, funk… que leur sonorité va de suite vous parler.

Si vous êtes lecteur(trice) assidu(e) de ce blog, vous avez déjà lu mes articles sur ces gammes. Ils vous expliquent comment construire les principales gammes pentatoniques. Sinon, voici les liens pour découvrir ces billets et revenir ici ensuite pour la suite 😉

Comme je le répète souvent, en musique, il n’y a pas tant de secrets que ça…

La répétition, la patience et la persévérance finit toujours par payer.

Comme à mon habitude donc, mon premier conseil, est le suivant :

Si vous voulez improviser en utilisant les gammes pentatoniques, il va falloir les travailler. Il va falloir vous les mettre dans les doigts. Il vous faudra les travailler tellement qu’elles deviendront instinctives.

Comment les travailler?

Il vous faudra les travailler en partant de chacun des degrés. Pour Ré mineur pentatonique par exemple, vous travaillerez la gamme en partant du premier degré pentatonique (Ré), puis du deuxième (Fa), puis du troisième (Sol), puis du quatrième (La) et puis du cinquième degré pentatonique (Do)

Et pour que ce travail soit efficace, il vous faudra les travailler en utilisant des articulations différentes.

Je conseille au moins de travailler chaque degré 5 fois avec 5 articulations différentes.

L’objectif ici est que vous intégriez ces gammes et que vous soyez capables de jouer n’importe quelle pentatonique en montant et en descendant, depuis n’importe quel degré.

Pour intégrer cette gamme et la ressortir instinctivement dans des phrases musicales et mélodiques, il vous faudra des « expressions » « des mots musicaux ». Il faut la travailler cette gamme dans tous les sens, plus uniquement avec des notes conjointes.

L’arme ultime se sont des patterns. Les patterns, ce sont des schémas type de jeu , des formes ou motifs qui se répètent. Il en existe de nombreuses possibilités, par exemple ici en voici quelques uns, toujours sur Ré mineur pentatonique : (à travailler en montant et en descendant, dans toutes les tonalités)

C’est fastidieux, c’est vrai, pas très intéressant à jouer hors contexte de jam ou d’une backing track, mais le jeu en vaut la chandelle, faites moi confiance !

Pour comprendre l’intérêt de ce travail, faites un parallèle avec les grands discours.

Les meilleurs orateurs ont beaucoup de vocabulaire. Ils développent leurs idées. Ils utilisent de nombreux mots, un réservoir riche de mots et d’expressions.

Ils assemblent tout ça pour créer des phrases percutantes, un peu comme des « punchlines ».

En musique, c’est pareil :

Plus vous aurez un réservoirs de notes riche, plus vous pourrez avoir des phrases en stock à assembler entre elles, plus vous aurez des choses à dire avec votre instrument. Grâce à cela, vous pourrez développer des solos percutants, riches et variés. 

Si vous en êtes arrivés ici, c’est que vous avez littéralement poncé votre instrument à en faire des cauchemars.

Il est temps d’exorciser tout ça et de jouer ces pentatoniques à votre façon. 

L’idée est de la jouer, sans musique de fond, sans métronome, rien que vous, votre instrument et votre gamme pentatonique.

Grâce à tout le travail préparatoire accompli, vous pourrez trouver vos propres phrases. Vous composerez avec les différents patterns. Surtout, vous intégrerez votre sensibilité et votre personnalité dans l’utilisation de ces schémas standards.

Très vite, vous vous entendrez jouer et improviser avec une certaine cohérence. Cela est possible car vous utiliserez votre fameux réservoir de notes, acquis au prix d’un travail long et discipliné.

L’idée ici, est de s’amuser en travaillant des phrases personnelles de manière acoustique, vraiment pour les entendre, les ressentir. Essayez, expérimentez, vous êtes seul(e) ! profitez en !

N’hésitez pas à répéter les phrases ou les bouts de phrases qui vous plairont. Un bon exercice consisterait à les écrire sur du papier à musique. Puis dans un second temps, les transposer dans toutes les tonalités. 

Bon, les gammes pentatoniques sont dans les doigts en montant et en descendant.

Vous savez aussi les jouer de manière plus “angulaire” grâce aux patterns que vous avez travaillés.

Vous avez même commencé à créer votre propre style en jouant acoustique, “a capella” sans backing track.

Maintenant il faut se lâcher un peu ! C’est le moment de travailler l’improvisation pentatonique avec un fond musical. La technique c’est bien beau, mais à trop réfléchir, on perd en créativité.

A cette étape, mettez vous une backing Track sur un accord unique pour démarrer, en boucle pour vous exercer sur la gamme que vous travaillez. Jouez avec cette gamme et l’accompagnement : mélodiquement, rythmiquement. N’ayez pas peur de laisser passer des silences.

La peur du vide nous pousse souvent à combler, mais parfois, il vaut mieux laisser passer quelque temps, et lancer une super phrase bien construite, plutôt que de jouer tout le temps des choses incohérentes. 

Il faut oser, tenter, essayer, c’est comme cela que vous fonderez votre propre style. 

Dernière chose qu’il me semble important pour s’améliorer en improvisation, c’est tout simple : ECOUTER, ECOUTER, ECOUTER, ECOUTER… REPRODUIRE, REPRODUIRE, REPRODUIRE…

Qui écouter? qui relever et imiter ou reproduire? Eh bien tous vos artistes préférés qui jouent de la pentatonique dans leurs chorus de manière majoritaire. Des Maceo Parker, Gerald Ablright, Dave Koz, David Sanborn… La liste et longue et plus vous vous inspirerez de ces légendes, plus vous intégrerez leurs influences et les reproduirez dans vos chorus.

Donc n’hésitez pas à inonder vos oreilles de ces artistes, cela aide vraiment pour trouver son style de s’inspirer des autres.

Improviser, ce n’est pas chose facile. Nous l’avons vu plus haut… Cela demande de mobiliser de nombreuses compétences à la fois techniques saxophonistiques (doigtés, techniques, intervalles etc..), harmonique (suivre une progression d’accords), mélodique, rythmique… Mais au delà des compétences musicales, improviser demande d’aller chercher en soi de la confiance, de l’assurance, de la curiosité, de la persévérance, de la résilience, de la motivation, de la créativité…

C’est difficile, oui. Mais pas impossible ! TOUT LE MONDE en est capable ! Cela prendra plus ou moins de temps selon les personnes, mais en travaillant progressivement les 4 étapes décrites dans cet article, votre route est toute tracée. Elle sera longue et parfois vous tomberez en panne d’essence, mais vous trouverez toujours le moyen d’avancer si vous garder confiance et envie de réussir.

Bon travail, Bon Sax, et n’hésitez pas à nous partager en commentaires vos avis, vos méthodes personnelles, vos galères, vos succès….

Vous pourrez retrouver une synthèse de cet article en vidéo sur ma chaine youtube, avec quelques exemples des différents exercices que je propose.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour voir le tuto !

Les Gammes d’improvisation #5 : la pentatonique dominante

J’en suis certain, vous êtes un(e) lecteur(trice) assidu(e) de ce blog et vous avez appris par coeur les articles précédents sur les gammes pentatoniques, majeures et mineures.

Non? Peut-être ne les avez vous pas vus?

Je vous invite alors à aller les consulter sans plus tarder avant de revenir ici pour compléter vos connaissances sur ces gammes d’improvisation essentielles à maîtriser pour des solos endiablés et colorés.

Je vous entends déjà râler… « encore une autre gamme à connaître et à apprendre par coeur et dans les 12 tonalités…. »
Rassurez vous, comme à mon habitude, je ne vous conseillerai jamais de surcharger votre cerveau avec des informations inutiles et pour le coup, je vous préconiserai la même choses que pour les autres articles : apprenez seulement la structure de cette gamme, de manière à savoir la reproduire facilement dans tous les contextes. C’est une formule magique à connaître et à appliquer ensuite au besoin dans toutes les tonalités.

Bien que moins connue, la gamme pentatonique dite « dominante » est très intéressante pour les improvisateurs désireux d’explorer des sonorités différentes. Grâce à cette nouvelle gamme, vous allez pouvoir enrichir votre vocabulaire facilement et sortir un peu des sentiers battus. En plus, vous allez voir, cette gamme pentatonique dominante est vraiment très proche de la pentatonique majeure.

Non non, elle ne va pas dominer les autres et les écraser dans une dictature harmonique sans pitié…

Elle ne vient pas non plus d’une pratique intime SM entre deux adultes consentants …

Ne cherchez pas une signification proche du jeu de Domino car vous ne trouverez aucun lien, cette dernière gamme ne fait pas tomber les autres quand elle est jouée.

En fait, le nom « dominante » provient de la théorie musicale…

Souvenez-vous, la « dominante » est la 5ème note d’une gamme, le cinquième degré.

Un petit coup de révision?

En d’autres termes, si vous prenez par exemple la gamme de Do majeur (Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si), la « dominante » est la note qui se situe en cinquième position (dans notre exemple, c’est la note Sol).

On l’appelle la gamme « pentatonique dominante » car elle est construite à partir de la note «dominante» d’un accord de septième de dominante (aussi appelé accord 7ème tout court).

Vous voilà donc au moment où il vous faut tout donner question concentration, car je vais vous livrer la formule magique qui vous permettra de déduire cette gamme pentatonique dominante dans toutes les tonalités !

A l’instar des gammes penta majeures, mineure, blues, blues majeure déjà décrite dans de précédents articles, nous allons nous baser sur les degrés d’une gamme majeure pour en déduire la penta dominante.

Trop fastoche…. Oui, ça doit vous rappeler quelque chose, car elle est très proche de la penta majeure : elle se construit quasiment sur les mêmes degrés, à par la dernière note qui dans notre cas est la 7ème mineure.

Prenons quelques exemples :

  • Mib pentatonique dominante : on part de Mib majeur (Mib fa sol Lab sib do ré), on garde les degrés 1, 2, 3, 5, 7b, et ça nous donne mib fa sol sib réb
  • Sol pentatonique dominante : on part de sol majeur (sol la si do ré mi fa#), on garde les degrés 1, 2, 3, 5, 7b, et ça nous donne sol la si ré et fa bécarre (oui la septième majeure étant fa#, il faut lui enlever un demi ton pour qu’elle devienne mineure)

Nous pourrions décliner dans toutes les tonalités, mais je vous laisserai faire pour vous exercer.

Cette gamme pentatonique dominante sera utilisable dans de nombreux contextes mais plus particulièrement sur les accords 7ème et les accords 7/9. En effet si on observe sa structure on voit qu’elle contient tous les intervalles d’un accord 7ème (Tonique – 3ce majeure – 5te juste – 7ème mineure). 

Essayez par exemple de jouer la penta dominante de Sol par dessus un accord de Sol 7ème (G7) et vous constaterez qu’elle met vraiment l’accord en valeur. Les accords 7ème sont très présents en blues

En jazz on joue aussi des accords 7ème mais on utilise souvent des accords un peu plus riches comme les accords 7/9. Et cette gamme est parfaite pour mettre en valeur ce type d’accord puisqu’elle contient toutes ses notes.

Maintenant que vous savez construire cette pentatonique dominante, il va vous falloir la travailler dans tous les sens afin que votre corps s’en imprègne parfaitement afin de la sortir au besoin sur l’une de vos improvisation.

Bon courage pour le travail, il faut y aller patiemment et avec rigueur… Mais désormais, vous disposez d’une nouvelle arme dans votre vocabulaire musical !

man wearing black headset

Méthode : Travailler une phrase difficile au saxophone (ou n’importe quel autre instrument)

Bonjour tout le monde. Dans cet article aujourd’hui, je voudrais vous partager la méthode que j’utilise lorsque je travaille un morceau ou une phrase musicale qui me pose problème.

a certificate beside white paper with message

Je n’aime pas trop m’engager sur ce genre de choses en général car chacun est unique et a des capacités différentes, mais là, je peux vous assurer que si vous utilisez cette méthode, vous obtiendrez des résultats rapidement et vous vous surprendrez vous-mêmes !

Cette méthode est infaillible !

Pourquoi ce billet? En tant que musicien et instrumentiste (il ne vous aura pas échappé que je suis saxophoniste….) non professionnel mais amateur « éclairé », je suis sans cesse en quête de progression dans mon instrument et je suis toujours envieux de jouer les solos de mes idoles.

La plupart du temps, à l’écoute, je les connais tellement que je me dis, « mais oui ! c’est un solo que je pourrai faire » … Mais dans la vraie vie, quand j’essaie de jouer ces solos, je me rends compte que j’ai eu « le bec plus gros que le sax » … (tentative d’adaptation d’une expression Française bien connue…)

Mais comme je suis un peu têtu, voire obstiné parfois quand je veux réaliser un objectif sax, j’ai du me questionner sur la meilleure façon de travailler pour obtenir le résultat attendu.

Ma formation en école de musique (ça commence à dater…) m’a certainement aidé à structurer cela, mais rien que pour vous, j’ai tout posé sur papier afin de vous partager ma méthode.

Loin de moi la prétention de dire que c’est la seule ou la meilleure, mais une chose est sure, avec moi elle fonctionne ! Et je reste persuadé qu’elle peut être utilisée par tout le monde ! ce ne sont à mon sens que des concepts de bon sens, mais qui, quand ils sont utilisés avec rigueur ET patience, sont redoutables d’efficacité.

Les 5 fondamentaux de la méthode :

  1. Isolez la difficulté dans la phrase que vous souhaitez travailler
  2. Ecoutez / réécouter de très nombreuses fois le modèle que vous souhaitez reproduire pour vous en imprégner au maximum
  3. Travaillez en boucle la difficulté
  4. Travailler autant que possible au métronome
  5. Garder la vision globale de la phrase

Les 4 étapes pour mettre en œuvre la méthode :

  1. Lire les notes, sans notion de rythme, enchaîner les doigtés jsute pour les entendre et commencer à s’habituer à les réaliser
  2. Travailler ces enchaînements de notes en boucle , en se donnant soi-même une pulsation « confortable »
  3. Travailler ensuite ces passages difficiles au métronome, toujours en boucle, en montant la vitesse progressivement de 2 en 2
  4. Reliez les passages difficiles que vous avez travaillé au reste de la phrase, au fur et à mesure, au reste de la phrase. commencez par les notes les plus proches de la difficulté puis remontez le temps jusqu’à enchaîner la phrase dans sa globalité (au métronome et/ou avec le modèle) à vitesse réduite, puis de plus en plus vite

crop cook preparing dough at table

Si vous êtes lecteur régulier de mon blog, vous savez déjà que j’aime bien faire des comparaisons entre la musique et d’autres thème (souvent la nourriture en effet car je suis aussi très gourmand…).

En fait, cette méthode, c’est un peu comme respecter une recette de cuisine !

Assembler les différents ingrédients pour faire un grand plat, mérite minutie, patience, persévérance, passion, motivation et respect d’étapes bien huilées (ou beurrées pour celles et ceux d’entre vous qui sont plutôt cuisine au beurre, vaste débat…).

Au début, c’est tout fouillis, il y en a de partout, on ne sait pas par où commencer… pour le travail d’une phrase musicale, c’est un peu pareil : vous aurez certainement le sentiment d’être submergé au début, qu’il y a trop de notes, trop de subtilités rythmiques, dans le phrasé etc… Mais en organisant bien votre travail, en suivant une recette (la mienne ici, mais vous avez peut-être la votre), les différents éléments vont progressivement s’imbriquer entre eux et vous trouverez du sens, de la cohérence dans tout ça…

Je décris ici de manière synthétique cette méthode qui pour moi est magique et me permet régulièrement de dépasser des difficultés importantes et de jouer des morceaux ou des phrases que je n’aurais jamais osé tenter car jugées trop complexes, trop difficiles pour moi, mais pour vous illustrer cette méthode, je vous invite à aller consulter la vidéo que j’ai faite à ce sujet sur ma chaîne Youtube . j’y présente un exemple bien concret d’une phrase musicale injouable au début, mais que j’ai réussi à dompter en utilisant cette méthode.

A vous de jouer maintenant ! croyez en vous ! une difficulté ne doit pas vous arrêter, elle doit au contraire vous stimuler, vous motiver !!

Introduction aux modes en musique

Si je vous dis dorien, phrygien, lydien, mixolydien, lydien, ionien etc… Vous me direz que vous n’êtes pas là pour coudre des bonnets révolutionnaires, revoir vos cours de grec, ou disserter des populations d’Asie centrale à l’antiquité j’imagine, et que vous ne voyez pas l’intérêt d’employer ces termes sur ce blog… Ne prenez pas peur, restez un peu et lisez tranquillement ce qui suit…

La théorie musicale, qu’est-ce que c’est barbant, ennuyeux, rasoir, relou diraient les jeunes… En effet, ce n’est pas toujours une partie de plaisir de s’atteler à un nouveau chapitre, j’en conviens, avec tout son lot de complexité, et il est plus facile et confortable de rester sur ses acquis…

Après-tout, quand on joue de la musique, on veut simplement se faire plaisir, « kiffer la vibe », s’amuser et obtenir du plaisir instantané en jouant sur un morceau, ou pour les amateurs de jazz, improviser et sortir le Chorus de Michael Brecker, de Cannonball ou de John Coltrane de suite…

La dure réalité de la vie est que cela n’est pas aussi simple… Et que pour y arriver, il faut apprendre encore et toujours pour enrichir sa culture musicale et faire sien des concepts les plus fumeux et toujours plus complexes… En apparence seulement car si on regarde sans stress, on se rend souvent compte que ce n’est pas si difficile qu’il n’y paraît…

Si vous êtes tombé sur cet article, c’est que vous avez déjà un niveau assez avancé de la musique, au moins une bonne culture générale ou que vous êtes très curieux et désireux de progresser dans votre pratique de la musique.

Alors mettez de côté tous vos a priori et soyez attentifs.ves à ce qui suit.

dressmaker smiling in white long sleeve blouse holding a scissors with measuring tape hanging on her neck

Qu’est-ce qu’un mode en musique ?

Sans vouloir faire de jeu de mot douteux, j’ai envie de dire que l’utilisation des modes en musique, n’est pas le nouveau truc « à la mode » chez les compositeurs, artistes ou grands improvisateurs… Et ce n’est pas non plus la nouvelle tendance sur insta pour devenir une « fashion Victim » !

En effet, l’utilisation des modes remonte à l’antiquité et ces derniers ont toujours été utilisés depuis que la musique existe… Le fait de dire que ce sont des modes n’est en fait que l’expression de l’intégration de ces pratiques dans la théorie musicale.

Mais rentrons un peu dans le concret.

Un mode, ce n’est ni plus ni moins qu’une gamme commencée à partir d’une note différente que sa racine, que sa note « d’origine ».

Pour le dire autrement (et de façon plus conventionnelle), un mode est obtenu à partir du moment où une gamme est commencée par autre chose que sa tonique.

Ce n’est toujours pas clair? Prenons un exemple :

Vous connaissez tous.tes la gamme de do majeur, non? Et bien appliquer les modes sur cette gamme consistera tout simplement à utiliser toutes les notes de cette gamme en partant de chacun de ses degrés.

Petit rappel sur les degrés… en effet, si vous ne maîtrisez pas encore cette notion, vous ne comprendrez pas grand chose à ce qui suit donc je vous conseille d’aller réviser par là :

De retour ? Ok ! reprenons alors !!

Un exemple plus visuel peut-être vous parlera plus :

Ci-dessus, vous avez la gamme de Do majeur, et avec inscrits en dessous en chiffres romains tous les degrés de cette gamme (du 1er au 7ème degré).

Maintenant, appliquons la définition du mode évoquée un peu plus haut, utilisons toutes les notes de la gamme de Do majeur, mais à partir du deuxième degré (à partir de la note ré).

Cela donnerait :

Et bien vous venez de créer un mode de la gamme de Do…

Faisons maintenant l’exercice sur le 6ème degré : on retranscrit les 7 notes de la gamme de Do majeur, mais en partant du 6ème degré (VI), en partant donc de la note La.

Cela amènerait à :

Vous pouvez constater que nous utilisons la même gamme majeure, celle de Do car il n’y a toujours pas d’altération à la clef, aucune note dièse ni bémol ! Et bien cette gamme partant de La est aussi un mode.

Que pouvez-vous en déduire? …… Musique bossa nova…………………………. petit solo de xylophone pour la concentration…..odeur du café fraîchement torréfié……………………………….senteurs chimique de hall d’hôtel pour stimuler le plaisir des clients………………..

Eureka !!!!!!!

Exactement ! chaque gamme majeure possède 7 notes, donc 7 degrés donc 7 modes !

Nous rentrerons un peu plus dans le détail de chacun de ces modes un peu plus tard… Le temps pour vous de digérer cette nouvelle révélation !

Donc, si je n’ai pas été trop mauvais, vous avez compris désormais ce qu’est un mode en musique…. Ok d’accord, mais quel intérêt de décaler la gamme majeure de cette manière? à quoi ça peut bien servir, si ce n’est se triturer le cerveau et inventer un nouveau concept théorique à utiliser dans les dîners mondains pour étaler toute sa culture musicale ?

A quoi servent les modes en musique ?

question marks on paper crafts beside coffee drink

C’est vrai que comme ça, on pourrait se dire que ces modes ont été inventés et créés artificiellement et qu’au final, ils n’ont aucune différence avec les gammes majeures habituelles puisqu’on utilise exactement les mêmes notes.

Détrompez vous ! et pour vous en rendre compte, faite l’exercice vous même sur la gamme de do majeur.

Jouez cette gamme en entier , de Do à Do et écoutez bien le son, la couleur de cette gamme. ……………………..Ça y est? C’est fait? C’est une gamme majeure, donc sa sonorité est plutôt joyeuse, chaleureuse.

Maintenant jouez cette même gamme mais de La à La (à partir du VIème degré) et écoutez bien la couleur …………….. Vous entendez la différence? Ne trouvez-vous pas que la sonorité est plus Mélancolique ?

Un autre exemple en partant du deuxième degré : jouez toutes les notes de la gamme de do majeur de Ré à Ré. Entendez-vous cette sonorité « Jazzy » ?

Vous avez entendu la différence ? j’en suis sur que oui ! Ces différentes gammes, ces différents modes, bien qu’ils utilisent strictement les mêmes notes, ils ont des couleurs différentes, et c’est là que réside tout l’intérêt de leur utilisation.

« Mais comment est-ce possible? Mon oreille et mon cerveau me jouent-ils des tours ?? Suis-je sujet à des hallucinations auditives ?? »

Non pas vraiment, je vous rassure. Le secret, c’est qu’en décalant les notes degré par degré, on décale aussi la structure de la gamme, ce qui a pour effet de placer les tons et les demi-tons différemment, et c’est cela qui crée cette différence de perception auditive et ces différences de couleurs.

Finalement donc, les modes en musique servent à enrichir le vocabulaire dans un morceau donné, en utilisant des couleurs différentes. Que ce soit en composition ou en improvisation, utiliser les modes permet de « moduler », d’amener un élément nouveau qui va sortir l’auditeur de son habitude, le surprendre, retenir encore plus son attention car on lui propose autre chose dans le cadre du même morceau.

Nous parlons de « couleur » musicale. Faites le parallèle avec la peinture : un artiste qui utilise les trois couleurs primaires uniquement sera-t-il capable de créer des oeuvre plus riches ou moins riches que celui qui utilise ces mêmes couleurs primaires mais déclinées en plusieurs nuances, voire techniques (fusain, aquarelle etc…). Ce sont les mêmes notes de couleur mais leur variété visuelle rendra l’oeuvre plus intéressante.

Après tout, un Bleu nuit, un bleu ciel ou un Bleu pétrole sont tous des bleus, mais ils ne provoquent pas la même émotion. Tout comme un Ré naturel un Ré dorien ou un Ré myxolidien sont tous des ré, mais leur sonorité apportera des ressentis différents et enrichiront votre composition ou improvisation.

J’espère que vous êtes allé jusqu’au bout de cet article, mais surtout, que vous avez désacralisé ce concept de mode en vous rendant compte, que ce n’est pas si difficile que ça, et que vous avez compris l’intérêt d’utiliser ces modes !

Dites le moi en commentaires !

A plus tard pour rentrer un peu en détail dans ces modes…

ii V i

Les 2-5-1 mineurs : les reconnaître, les comprendre et improviser dessus.

Bonjour toute le monde !

Voilà quelques semaines que je n’avais pas écris sur ce blog. Manque de temps, d’inspiration, de motivation? Je ne sais pas trop, peut-être un peu de tout ça.

Mais me revoilà ! Aujourd’hui je voudrais vous parler de la cadence ii-V-i ou 2-5-1 mineur.

Dans un précédent article, je vous partage les notions de base pour repérer les ii-V-I (2-5-1 majeurs) et comment jouer sur ces accords, notamment comment reconnaître la gamme majeure associée. Pour réviser, c’est par là :

Aujourd’hui donc, nous allons reprendre globalement la même chose, mais les gammes à utiliser pour improviser seront un peu différentes.

Si tu as besoin de réviser un peu, je t’invite à aller lire ou relire les trois articles ci-dessous et à revenir vite ici pour connaître la suite.

Si tu es déjà au fait de ce que sont les accords de l’harmonisation des gammes majeures, de ce que sont les accords « 7 » en Jazz et que tu maîtrises les 2-5-1 majeurs, tu peux passer à la suite directement.

Quelques révisions…

Application : construire l’harmonisation de la gamme mineure naturelle

person standing near brown welcome on board printed floor map

Pour comprendre ce qui se passe avec les ii-V-i mineurs, refaisons une harmonisation de la gamme mineure naturelle un utilisant la même méthode que pour la harmoniser la gamme majeure.

Et pour cela, nous prendrons l’exemple de la gamme de La Mineur naturelle.

1. Ecrivez sur du papier à musique toute les notes de la gamme de la mineur (la si do ré mi fa sol) :



2. Sous chaque note, notez le degré correspondant (première note = premier degrés, deuxième note = deuxième degrés…):

3. A partir de chaque degrés, empiler les triades pour créer les accords jusqu’à avoir 4 notes :

4. Caractériser chaque accord en déterminant la nature des tierces :

Pareil, si vous avez besoin de réviser ici, je vous renvoie à l’article sur les intervalles :

Revenons donc sur notre harmonisation et caractérisons nos accords en déterminant la nature des tierces , sur la gamme de la mineur :

Premier degré, La (I) = il y a trois tierces empilées : la-do (tierce mineure car 1, 5 tons), do-mi (tierce majeure car 2 tons), mi-sol (tierce mineure car 1,5 tons). 3m-3M-3m : nous avons donc un accord min 7, La min7 (Am7).

Deuxième degré, Si (II) = même exercice, regardons les tierces : si-ré (tierce mineure), puis ré-fa (tierce mineure) et enfin fa-la (tierce majeure). 3m-3m-3M : nous avons donc un accord de septième semi diminué. L’accord Mineur 7 quinte bémol ou semi-diminué peut s’écrire de plusieurs façons (m7b5 ou ∅). Pour improviser sur ces accords ∅, nous choisirons souvent la gamme mineur harmonique, en mode dorien. Nous verrons les modes plus tard, mais pour l’instant dites vous que comme le Bm7b5 est le deuxième degré de la gamme de la mineur, c’est la gamme mineur harmonique de La que nous utiliserons 😉

Troisième degré, Do (III) : do-mi (tierce majeure car 2 tons), puis mi-sol (tierce mineure car 1,5 tons), puis sol-si (tierce majeure car 2 tons. 3M-3m-3M = sous sommes sont sur un accord Majeur 7 (DoM7)

Quatrième degré, Ré (IV) : ré-fa (tierce mineure), fa-la (tierce Majeure), la-do (tierce mineure). 3m-3M-3m, nous sommes donc un un accord min7, Ré min7 ici (Dm7)

Cinquième degré, mi (V) : mi-sol (tierce mineure), sol-si (tierce majeure), si-ré (tierce mineure). 3m-3M-3m, nous sommes donc sur un accord min7 , Mi min7 (Em7).

Sixième degré, fa (VI) : fa-la (tierce majeure), la-do (tierce mineure), do-mi (tierce majeure). 3M-3m-3M donc nous avons un accord Maj7, Fa Maj7 (FM7).

Septième degré, Sol (VII) : sol-si (tierce majeure) puis si-ré (tierce mineure) et enfin ré-fa (tierce mineure). 3M-3m-3m, c’est un accord 7, Sol 7 (G7).

Pour ancrer ces notions bien dans votre mémoire, je vous invite à faire l’exercice pour chaque gamme, cela vous habituera à compter les tierces, à trouver leur nature et donc caractériser vos accords. C’est une gymnastique un peu fastidieuse mais pas si compliquée au final quand on suit étape par étape.

Puisque je suis toujours un gars sympa, je vous mets le tableau complet, mais vraiment, faites l’effort, cela vous aidera à avoir des automatismes pour la suite.

Nous retrouvons ici tous nos degrés de 1 à 7, en en empilant nos triades sur les notes de la gamme mineure naturelle, nous obtenons des accords caractéristiques de chaque degré.

Passons à la pratique : Comment improviser sur un ii-V-i mineur?

brass saxophone on white plastic chair

Un ii-V-i mineur sera donc une suite d’accords enchaînant le second et le cinquième degré d’une gamme et finira par le premier degré d’une gamme mineure.

Attention, il y a quand même un petit piège… En effet, si on se réfère au tableau ci-dessus, les cinquièmes degrés des gammes mineures doivent être eux aussi mineurs.

En pratique, pour repérer un 2-5-1 mineur, nous n’allons pas faire attention à la nature du degré 5. En sommes, peu importe s’il est mineur.

La plupart du temps, on repèrera plutôt le second degré qui est un accord bien spécifique, comme nous l’avons vu plus haut, c’est un accord semi-diminué, soit un accord min7 quinte bémol, noté sur les grilles m7b5 ou ∅.

Repérez l’accord ∅ dans une progression. Considérez-le comme un deuxième degré et donc déduisez-en la tonique (le premier degré). Si l’accord qui suit est un cinquième degré de cette même tonique (peu importe si l’accord est majeur ou mineur), vous êtes en 2-5-1 mineur.

Sur cette progression, vous pourrez jouer, la gamme pentatonique mineure, la gamme blues, la gamme mineure naturelle évidemment, mais surtout, la gamme mineure harmonique. Cette dernière à un petit côté oriental qui ne passe pas inaperçu lors d’une phrase musicale, en l’utilisant, vous ferez votre petit effet à chaque fois ;-).

Un article sera rédigé plus tard sur les gammes mineures, mais en anticipation, voici comme construire la gamme mineure harmonique : l’exemple est la la gamme de La mineur harmonique, mais la construction est la même pour toutes les tonalités, à reproduire donc selon vos contextes :

Voilà pour cet article un peu long, mais assez récapitulatif de plusieurs concepts vus précédemment.

Maintenant que vous avez le savoir, il faut pratiquer, pratiquer, pratiquer…. C’est à dire, analyser vos grilles, repérez les accords, compter les degrés pour trouver les tonalités, puis utiliser les bonnes gammes, selon la progression d’accord dans laquelle vous vous trouvez.

Je vous souhaite bon courage dans votre apprentissage !

Les gammes d’improvisation #3 : La gamme Blues

AAAAAAAAAGGGGGGAAAATTT ZZEEE BLOUUUUUZZZZZ !

Nous y voilà…

A la racine, à l’origine, à la base d’à peu près toutes les musiques actuelles….

Je ne vais pas ici vous faire un cours d’histoire de la musique, mais cela ne fait jamais de mal de rappeler que tout par de là !

Le Blues est l’essence même de toutes les musiques actuelles, tous les styles musicaux, en dehors du classique, découlent du blues : le Jazz, le Funk, le Rock le Rap, la musique électro ….

Même notre Feu Johnny National a chanté un ode à cette musique… Oui oui, je sens que ça vient sur le bout de votre langue… « toute la musique que j’aime….Elle vient de là , elle vient du ….  » Je vous laisse finir la phrase.

Je vous sais passionnés, donc je ne doute pas que vous irez réécouter les John Lee Hooker, BB King, Buddy Guy, Robert Johnson etc…

Ca fait tellement de bien de revenir aux sources de temps en temps…

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Il est vrai que le stéréotype du Blues Man est un guitariste, noir de peau, souvent vieux, pauvre, marqué par la dureté de la vie… Il est vrai aussi qu’on se représente souvent le blues avec une guitare, mais pas que !! Evidement qu’au Sax aussi on joue du Blues !!

Vous en jouez même déjà naturellement, c’est tellement encré dans notre mémoire musicale collective, que même sans vous en rendre compte, parfois vous jouez un bout de gamme bllues et vous vous dites intérieurement : « Yeeeeeaaaaaaah » en raclant votre gorge comme si vous aviez bu 10L de whisky et fumé trois paquets de clopes.

C’est tellement encré, qu’à chaque fois qu’on joue un motif blues, ça nous plaît !

Mais pourquoi donc?

Revenons un peu à la théorie et expliquons comment se construit cette gamme blues.

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Avant de rentrer dans le détail de la construction de cette gamme, parlons un peu des notes bleues, appelées «blue notes» en anglais.

Ce sont la tierce mineure, la quinte diminuée et la septième mineure. Dans le blues, les notes bleues jouent un rôle important car elles créent une tension, une sonorité mineure et mélancolique qui caractérise le blues.

Ces notes sonnent tellement la tristesse, la mélancolie, qu’en tant qu’êtres humains, on ne peut qu’être touchés…

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La gamme blues est basée sur la gamme pentatonique mineure (cf l’article d’avant), mais elle comprend également des notes bleues qui sont caractéristiques du blues.

La « vraie » gamme blues est mineure. Il existe aussi des gammes blues majeures, mais je ne les aborderai pas ici.

Nous partirons donc de la gamme pentatonique mineure pour la construire.

C’est là aussi très facile : vous savez déjà construire une gamme pentatonique mineure. Et bien vous faites la même chose, en rajoutant simplement une sixième note qui est la Quinte bémol, ou Quinte diminuée.

Mais reprenons depuis le début. Dans l’exemple, nous voulons construire et jouer la gamme blues de sol.

On part de la gamme de sol majeur. Dans cette gamme, la seule note altérée et le Fa# : Repérez bien les numéros en dessous de chaque notes. Ce sont les degrés de chaque note de la gamme, c’est important pour la suite.

Puis, Pour déduire la gamme blues de Sol, nous construisons la gamme pentatonique mineure de Sol qui contient

les degrés 1 3b 4 5 et 7b : Sol-Sib-Do-Ré-Fa. (nous l’avons vu juste dans l’article précédent)

Il nous manque plus que la quinte diminée pour avoir les trois notes bleues :

La quinte de Sol est le Ré moins un demi ton et nous obtenons la quinte diminuée : le Ré Bémol

Il suffit de rajouter simplement cette note dans la gamme pentatonique mineure pour avoir la gamme blues de Ré :

Sol-Sib-Do-Réb-Ré-Fa bécarre.

La gamme blues se construit donc avec les degrés suivants : 1-3b-4-5b-5-7b, autrement dit, la tonique (1), la tierce mineure (3b), la quarte (4), la quinte bémol (5b), la quinte (5) et la septième mineure (7b).

Ce schéma fonctionne pour TOUTES les tonalités. Pour l’exemple en Sol, cela donne :

Et voilà, le tour est joué !

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Comme à chaque fois, pour maîtriser ces gammes blues, voilà la marche à suivre :

  • Les construire vous-mêmes dans toutes les tonalités (vous pourriez aussi les trouver sur le net, mais l’exercice est intéressant à faire pour vous apprendre à jongler avec les degrés)
  • Entraînez-vous sur toute la tessiture de votre saxophone, du plus grave, au plus aigu, en montant, en descendant etc…

Voilà, si vous êtes arrivé.e au bout de ces 3 publications, vous savez tout pour démarrer à improviser avec le vocabulaire que vos idoles utilisent !

Pour voir ce cours sur Youtube, il suffit de cliquer sur la vidéo ci-dessous.

Bon Sax à TOUS.TES.

Les gammes d’improvisation #2 : la pentatonique mineure

Forts.tes de votre travail acharné suite au précédente article et de votre maîtrise parfaite des gammes majeures et mineures en tout genre, vous n’allez faire qu’une bouché de ce petit guide dans lequel je vais vous partager la technique simplisime de construction des gammes pentatoniques Mineures.

Vous l’aurez compris, à utiliser plutôt sur les tonalités et accords mineurs…

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Reprenons la technique de construction par degrés utilisée dans l’article précédent.

Pour construire la gamme pentatonique mineure, vous devez appliquer le schéma suivant :

Sa construction, en chiffres est : 1-3b-4-5-7b (3b = tierce mineure ; 7b= septième mineure)

Pour Sol min Pentatonique, on a donc : Sol-Sib-Do-Ré-Fa

Pour rappel, une tierce mineure est un intervalle de 1,5 tons entre deux notes (ici : sol-la = 1 ton, la-sib = 0,5 ton,

donc sol-sib = 1,5 tons = une tierce mineure).

La septième mineure peut tout simplement se trouver en comptant la 7ème note de la gamme majeure, en lui enlevant un demi-ton.

Dans notre exemple, dans la gamme de Sol Majeur, Sol étant la première note, Fa# sera la Septième.

Pour la rendre mineure, il suffit de lui enlever un demi-ton, on retombre donc sur Fa bécarre

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Petite proposition d’exercice maintenant:

A vos SAx…..prêts???? ……………….Saxez !!!

strong man working out
  • Construisez vous la gamme pentatonique majeure de Do, puis la pentatonique mineure de Do.
  • Jouez d’abord la penta majeure sur toute la palette de votre instrument en montant et en descendant (du grave jusqu’à l’aigu)
  • Faites la même chose avec la penta mineure

Entendez- vous la différence? Entendez-vous la sonorité mineure? ça ne vous rappelle pas quelque chose ? une sonorité que vous avez l’habitude d’entendre? Je suis sur que si…

RDV au prochain article pour dévoiler la troisième gamme d’improvisation principalement utilisée et vous rendre compte que vous avez, si vous en êtes arrivés là, déjà plein de possibilités d’improvisation dont vous ne doutiez qu’à peine !!

Update 😉 Ci-dessous, les explications en images et en musique 😉

Méthodologie de travail et exercices…

La progression 2-5-1

Venons-en donc enfin à nos fameux 2-5-1 ou pour être plus exacts dans la notation, les ii V I.

Si vous avez lu le précédent article, et s’il était bon, vous avez donc compris ce qu’était une progression d’accord et l’importance que ça a dans la structure de la musique en général.

Donc finalement, qu’est-ce qu’un ii V I ??

Et bien tout simplement, c’est la progression des accords situés sur le deuxième, le cinquième et le premier degré de la gamme majeure dans laquelle vous vous trouvez.

Notez que le second degré est noté “ii” et non pas II : cela permet de repérer que cet accord est mineur.

Mais pourquoi cette progression est-elle tellement utilisée dans le jazz?

Pour le comprendre, il faut avoir conscience que les jazzmen n’ont pas réinventé la poudre pour composer leurs standards les plus connus. Ils n’ont fait qu’utiliser les concepts largement développés par les compositeurs classiques, au moins dans la structure.

Désolé je casse un peu le mythe, mais maintenant que vous n’êtes plus novices, vous pouvez encaisser cela…

amazed formal male looking at laptop screen

En fait, la progression ii V I est une cadence complète. Toutes les cadences ont en commun de structurer et de ponctuer le discours musical, ce qui est le cas ici.

Il existe plusieurs types de cadence dont je vous épargnerai ici le détail, mais ce que vous devez savoir à ce stade, c’est que la progression ii V I est une adaptation de la cadence parfaite.

Ok c’est bien beau tout ce vocabulaire pompeux, mais en quoi cette cadence est “parfaite”? En fait, on dit qu’elle est parfaite car passer de l’accord V à l’accord I crée une importante sensation de résolution, de «retour à la maison», comme si la boucle était bouclée.

Cette cadence est parfaite car la tension créée par l’accord V est « résolue » par le retour sur le I.

Le fait d’inclure le ii (deuxième degré) ne fait qu’amplifier cet effet.

Mais qu’en déduire quand on joue d’un instrument improvisateur ?

VOICI DONC L’ULTIME REVELATION pour improviser sur des ii-V-I :

man wearing black blazer

Nous venons de l’expliquer plus haut, la progression ii V I correspond à une cadence, un bout du morceau, une séquence du morceau qui donne du mouvement à la pièce et ce mouvement se base sur une gamme majeure.

Et bien ce que nous pouvons en déduire, c’est que TOUTES les notes de la gamme majeure dans laquelle vous vous trouvez sonneront sur cette progression d’accords.

En somme, vous pouvez jouer simplement les notes des accords uns à uns, mais cela sonnera un peu scolaire et pas très intense au niveau personnalité.

En revanche, jouer une phrase musicale entière sur ces trois accords, en respectant la gamme majeure sur laquelle vous vous basez en utilisant des notes de passage aura beaucoup plus d’impact.

Finalement, cela rend l’improvisation plus “facile” !

  1. Plutôt que de repérer chaque accord et de jouer les arpèges plaqués, faites plutôt une analyse de la structure de votre morceau
  2. Repérez les différents ii V I de votre grille d’accord
  3. Déduisez en les différentes gammes à utiliser :

Si votre ii V I est Dm/G/C (Ré mineur/Sol/Do), C étant le premier degré, vous êtes en Do majeur

Si votre ii V I est Em/A/D (Mi mineur/La/Ré), Ré étant le premier degré, vous êtes en Ré majeur (donc Deux dièses)

Si votre ii V I est Fm/B/E (Fa mineur/Si/Mi), Mi étant le premier degré, vous êtes en Mi Majeur (4 dièses)

Etc…

4. Utilisez les notes de ces gammes pour improviser !

J’ai bien conscience que tous ces concepts fumeux sont complexes, mais prenez le temps de lire, relire, d’expérimenter etc…

Prenez également votre Real book et observez les différents schémas de progression d’accords de vos morceaux préférés.

Ecoutez aussi beaucoup de musiques différentes, et notamment des artistes phare de la musique Be Bop ou Hard Bop (Sonny Stitt, Charlie Parker, Cannonball Adderley etc…). Vous verrez, vous reconnaîtrez à l’oreille des phrases types que chaque artiste s’est créé et a travaillé dans toutes les tonalités.

Nourrissez vous de cela, jouez des transcriptions de vos solos préférés, ou mieux, transcrivez vous-même des bouts de chorus.

L’apprentissage est long et difficile mais pensez à vos petites #victoireSax que vous obtiendrez à chaque avancée, à chaque déclic.

Sur ce, je retourne à ma propre progression et à mon apprentissage du solo de Bob Berg, ce qui n’est pas une mince affaire…

Bon Sax à tous.tes

close up view of a yoda figurine

La progression d’accords : le socle harmonique de tout morceau de musique qui vous permettra de devenir un maître Jedi de l’improvisation

Tout morceau de musique est composé sur la base d’une harmonie. Cette harmonie est elle-même créée par l’utilisation d’accords qui eux même sont composés de plusieurs notes, comme nous l’avons expliqué plus haut.

Ces derniers sont joués par les instruments accompagnateurs (Guitare, piano etc…) et apportent un cadre dans lequel les instruments mélodiques (flûte, clarinette, saxophone, trompette etc…) peuvent s’exprimer.

De manière générale, les pièces musicales comportent plusieurs accords qui sont joués les uns après les autres : c’est ce qu’on appelle la progression d’accords.

Le jazz utilise ce concept de progression d’accords pour offrir un cadre harmonique aux thèmes et improvisations. Le nombre de ces différentes progressions d’accords ne sont pas illimitées et vous pourrez constater, une fois que vous maîtriserez un peu mieux ces concepts, que les mêmes schémas se répètent dans la plupart des morceaux.

Ces progressions sont notées en utilisant les degrés de la gamme dont nous avons parlé dans un autre article.

pensive male teen on gray background
Euh… de quoi il me parle Saxtunes… ??

Si vous avez raté le train, voici les articles en question :

Vous vous souvenez ? Sur la gamme de Do majeur, nous avons 7 notes différentes (do-ré-mi-fa-sol-la-si) et chaque note correspond à un degré.

Pour les distinguer clairement, nous utilisons les chiffres romains. Ainsi, toujours sur la gamme de Do majeur, petit rappel :

Do = premier degré = Tonique, noté I

Ré = deuxième degré = sus-tonique, noté II

Mi = troisième degré = médiante, noté III

Fa = quatrième degré = sous dominante, noté IV

Sol = cinquième degré = Dominante, noté V

La = sixième degré = sus-dominante, noté VI

Si = Septième degré = Sensible, noté VII

Par exemple, dans sa forme la plus simple, un blues est d’une longueur de douze mesures divisées en trois phrases de quatre mesures, principalement basé sur les degrés I, IV et V (tonique, sous-dominante, dominante) : I7 – I7 – I7 – I7 IV7- IV7- I7- I7 V7 – V7 – I7 – I7

Avec des vrais accords, un blues en Do donnerait : C7 – C7 – C7 – C7 – F7 – F7 – C7 – C7 G7 – G7 – C7 – C7

Pour rappel, C7 = accord de Do Septième ; F7 = accord de Fa Septième; G7 = accord de Sol Septième.

De la même manière, la progression la plus utilisée en Jazz est la progression II-V-I dont nous parlerons plus tard.

Dans la musique pop, c’est la progression I-V-VI-IV qui est largement utilisée.

Mais allons un peu au-delà de la technique. Finalement, ces progressions d’accords sont utilisées car elles donnent l’impression que la musique a une direction, un sens. Quand une progression d’accords est jouée, si elle s’arrête en plein milieu, vous aurez un sentiment d’inachevé.

Souvent, la progression d’accord crée une “tension” à l’écoute, et il vous semble nécessaire de “résoudre” cela pour revenir à un état plus satisfaitsant.

Savoir décrypter la progression d’accords et la gamme associée à cette progression vous sera indispensable pour créer des mélodies et/ou improviser.

Puisque j’aime bien prouver par l’exemple, allez voir/écouter cette vidéo qui illustre parfaitement l’utilisation de la progression d’accords la plus utilisée en musique pop : ICI

C’est assez bluffant, toutes ces chansons ont été écrites sur la même structure !

Vous comprendrez donc que quand vous serez maître Jedi en harmonie et que vous serez capable de maîtriser la force des gammes diatoniques, vous serez capables de jouer n’importe quelle chanson, dans n’importe quelle tonalité !!

Bon apprentissage et bon courage !! Encore une fois, patient.e du seras, persévérer tu devras, un maitre en improvisation du peux devenir

close up view of a yoda figurine
harmony lessons book on piano

Les accords « 7 » : L’essence des standards de Jazz

En Jazz, il est très fréquent de voir des accords chiffrés “7”.

Ce sont donc des accords à quatres sons comprenant la fondamentale (1er degré), la médiante (une tierce au dessus de la tonique), la dominante (5ème degré, une tierce au dessus de la médiante ou à une quinte de la tonique) et la sensible (7éme degré, une tierce au dessus de la dominante).

Ce vocabulaire est assez barbant, je vous l’accorde (sans mauvais jeu de mots…), mais je l’emploie afin de vous forcer un peu à vous familiariser avec car c’est important pour la suite de maîtriser les degrés, les intervalles etc… En effet, appelons un chat un chat…

Si par exemple dans une conversation de zoologie vous ne comprenez pas ce qu’est un monotrème, vous aurez du mal à appréhender la leçon sur les rites nuptiaux des ornithorynques de Tazmanie…

Trop mimi non ??

C’est pareil pour les accords et l’harmonie. Vous devez maîtriser les fondamentaux pour en comprendre les usages.

Revenons donc à nos accords “7”.

Les principaux que vous rencontrerez en jazz sont les accords 7, m7, Maj7 et m7b5

Voici comment ils se composent :

° L’accord majeur 7 (Maj7 ou Δ7) : Il se compose d’un empilement d’une tierce majeure (2 tons), puis d’une tierce mineure(1,5 tons) puis une nouvelle tierce majeure (2 ton). En CMaj7 on a donc : Do-Mi-Sol-Si

° L’accord 7, nous l’avons vu plus haut dans l’article introductif sur les accords est assez simple à construire : on empile au-dessus de la fondamentale une tierce majeure, puis deux tierces mineures (1,5 ton). Pour Do7 (C7) nous aurons donc Do-Mi-Sol-Sib.

° L’accord mineur 7 (m7 ou -7) : Il se construit sur la base d’un accord parfait mineur par l’empilement d’une tierce mineure (1,5 ton), puis d’une tierce majeure (2 tons), puis d’une nouvelle tierce mineure. En Cm7, nous aurons donc Do/Mib/Sol/Sib

° L’accord Mineur 7 quinte bémol ou semi-diminué(m7b5 ou ∅) : Il se construit en empilant deux tierces mineures (Deux x 1,5 tons) puis une tierce majeure. Un Cm7b5 ou C∅ contiendra donc les notes Do/Mib/Solb/Sib. Vous remarquerez au passage que la tierce, la quinte et la Septième ici sont bémol.

Chacun de ces accords possède sa propre sonorité et une couleur spécifique.

Dans l’article suivant, nous allons commencer à aborder les fameux 2-5-1 dont vous avez certainement déjà entendu parler, et que vous allez retrouver dans bon nombre de titres de Jazz.

En attendant, entraînez-vous à écrire et à construire vous même les différents accords “7” sur chacune des notes pour commencer à vous familiariser avec ces derniers. Et puis tiens, pour aller au bout des choses, mettez votre sax autour du cou et commencez à jouer les différentes notes de ces accords pour commencer à vous les mettre dans l’oreille et dans les doigts 😉

Pour illustrer cela, laissez vous convaincre par l’illustration ci-jointe qui est la parfaite illustration de ce que je viens de raconter : dans Autumn Leaves, il n’y a que des accords 7 et de toutes natures !