Mixage Audio #3 : Comprendre La réverbération du son

Vous êtes musicien, vous vous enregistrez un peu de temps en temps mais vous êtes débutant(e) en MAO ? Vous avez certainement déjà mis « à balles » des plugin de réverbe sur vos pistes d’enregistrement. Avec plus ou moins de succès, vous vous être retrouvé(e) soit dans le stade de Wembley, soit dans une cathédrale, soit dans une cage d’escalier etc… Ce que je veux dire, c’est que très souvent, l’effet est immédiat et parfaitement audible quand on ajoute une réverbe. En revanche, cela n’est pas toujours très adapté si on ne fait pas quelques réglages pour rendre l’effet plus « naturel »…

Tout le monde le fait. Je crois que c’est un passage obligé pour tout MAO-iste en herbe. Pourquoi ce reflexe quasi systématique de coller un plugin de réverbe en insert de nos pistes d’enregistrement ? Tout simplement, cela vient du fait que la réverbération du son est un phénomène naturel, et qu’il nous manque quand on réécoute sa meilleure prise captée à la maison en close micking !

En effet, faites le test dans votre environnement, dans différents lieux, intérieur, extérieur etc… La réverbération est partout ! Et en général, pour le home studiste de base, les enregistrements sont faits en « close micking » (position de la source très proche du micro), ce qui enlève toute réverbération de la pièce dans laquelle vous enregistrez : votre micro ne capte que le son de l’instrument enregistré. A l’écoute de cette piste, elle semble donc plate, sans vie, sèche.. Il manque donc toute la partie de « résonnance » qui accompagne TOUJOURS un son qui est émis dans n’importe quel espace.

Voilà, vous avez désormais compris pourquoi vous avez cette envie irréfragable de mettre tout de suite de la réverbe sur vos pistes ! C’est tout bête, mais il fallait juste vous en faire prendre conscience ! On dit merci qui ?? Merci Saxtunes ! lol

Bon, il y a une autre raison souvent utilisée, qui est que mettre une grosse réverbe bien longue cache un peu les erreurs de jeu de l’instrumentiste en les fondant dans un gloubiboulga sonore qui fait l’artifice, mais je sais très bien que les lecteurs(trices) assidus de ce blog ne sont pas concernés 😉

Bref, maintenant, ce qui peut être intéressant, c’est de comprendre un peu mieux comment fonctionne la réverbération du son et ainsi avoir quelques billes pour mieux régler vos plugins… C’est ce que je vous propose d’aborder plus bas et de vous partager.

Attention, c’est un peu théorique, mais si vous lisez attentivement et que vous en retenez la moitié, vous pourrez vous faire mousser lors de votre prochaine soirée en parlant de champ diffus, de réflexion précoce, de réponse impulsionnelle etc…

Echo Vs Réverbération

Avant d’aller plus loin, il est important de savoir différencier ces deux notions. 

Considérons qu’un son est émis dans un local, quel qu’il soit. Je tape dans les mains à l’intérieur d’une pièce, par exemple. Le son qui me parvient en premier s’appelle le son direct : le trajet le plus court entre mes mains et mon oreille. A ce stade, la salle n’a pas d’influence sur le son que je perçois. Mais il peut se passer d’autres phénomènes acoustiques : 

L’echo : 

On va considérer une seule paroi, je tape dans mes mains, à 17 m de la paroi. Le son va parcourir 34m avant de revenir. Le son se propage jusqu’à la paroi, rebondi et me revient.

Le son direct me parvient instantanément instantanément ici car entre mes mains et mes oreilles il y a peu de distance. 

Mais en prenant en compte la vitesse de déplacement du son dans l’air (340m/s), Il faudra 1 dixième de seconde pour que le son revienne de la paroi. Je pourrai ici percevoir deux sons en décalé. Le son direct et la réflexion de manière distincte. Plus la distance entre la paroi et moi est importante, plus l’écho va être long, c’est-à-dire, plus l’écho mettra du temps à être entendu.

Je suis certain que vous en avez tous déjà fait l’expérience à la montagne par exemple. Qui n’a pas crié à s’en déchirer les cordes vocales : « EEEEEECCHHHHHoOOOOOOOoooOOOO » pour entendre la montagne nous répondre quelques centièmes de secondes plus tard?

La réverbération : 

Le son semble ici plutôt prolongé et non répété. Il y a un sentiment de traînée du son et non pas d’impulsion distincte du son direct. Ici, je tape dans mes mains et les réflexions vont m’arriver plus rapidement, mais de tous les murs, elles vont se fusionner, se densifier et vont m’envelopper de manière plus diffuse. 

Il est important de préciser ces deux notions car ce sont deux effets acoustiques bien différents et à utiliser pour des besoins spécifiques… Selon la couleur à donner à la production musicale, le style de musique etc…

Rencontre du troisième type…

Vous commencez à l’entrevoir, la réverbération se produit lorsqu’un son rencontre une ou des parois. Il est ainsi réfléchi et revient à l’oreille de l’auditeur. Les réflexions sont très nombreuses, et on peut les entendre parfois longuement, selon la puissance du son direct, le nombre de parois, la taille de la pièce etc…

Mais concrètement que se passe-t-il?

Quand un son rencontre une paroi, il va se passer 3 choses : une partie de l’énergie sonore émise va être absorbée par la paroi rencontrée, une autre partie va être transmise de l’autre côté et la dernière sera réfléchie dans la pièce.

Ce qui va nous intéresser donc ici, sera particulièrement la partie réflexion :

L’onde sonore va heurter le mur, sera ré-émanée par le mur et va rester à l’intérieur de la pièce. Donc vous l’avez compris, elle va à nouveau heurter des parois, être réfléchie à nouveau etc… Mais comme une partie est absorbée et transmise à chaque rencontre, cette énergie va diminuer au fur et à mesure jusqu’à s’éteindre. Le temps de réverbération ne sera donc pas infini et la réverbération s’entendra dans un temps imparti qui dépendra fortement de la taille de la pièce et des matériaux constituant les parois de cette dernière. 
Dès lors, et pour véritablement décomposer ce phénomène acoustique naturel, il convient donc de se pencher un peu sur ce qui se passe au moment de la réflexion du son sur une paroi.

Pour cela, je dois en quelques mots vous parler de ce qu’on appelle en acoustique la « réponse impulsionnelle ».

Je suis bien évidement conscient que tout cela est très théorique et barbant. Moi le premier quand j’ai voulu m’y intéresser je n’y saisissais vraiment rien du tout!

Mais accrochez vous un peu , promis je ne vous donne encore que deux-trois concepts pour me la péter et après, vous pourrez jouer du potard à foison sur vos plugin, mais en connaissance de cause, ce qui devrait vous être utile pour régler vos réverbes…

La réponse impulsionnelle est un terme un peu pompeux pour qualifier ce qui se passe quand un bruit sec est émis dans une pièce, comme un claquement de mains par exemple.

Trois choses précisément sont audibles :

  • Le son direct : c’est le son qui arrive directement dans vos oreilles
  • Les réflexions précoces : ce sont les premières réflexions qui arrivent à vos oreilles jusqu’à 100ms après l’émission du son. Selon la pièce et sa position dans cette dernière, elles seront bien différentes.
  • Le champ diffus : c’est la « queue » de la réverbe. C’est la résonnance des réflexions multiples qui rencontrent les parois de la pièce. C’est globalement cela qui donne ce sentiment d’espace, de profondeur d’une réverbe.

Je vous promets, j’ai fait très court sur la théorie acoustique… Mais ces bases étaient absolument nécessaires à connaitre.

Pour être bien concret, maintenant, essayons de parler plugin de réverberation … et mettons les doigts ou les souris sur les potards…

En pratique : utiliser un plugin de réverbe dans votre DAW

Bon, je suis désolé par avance, mais je ne vais pas ici avoir de recette miracle à vous proposer… En effet, il existe autant de plugin de réverb que d’EQ ou de compresseurs sur le marché. Certains sont gratuits, d’autres payants, qualitatifs ou pas, faciles d’utilisation ou pas…

Mais pour ne pas vous laisser avec votre frustration et mes explications théoriques fumeuses ci-dessus, je vais m’efforcer de faire le lien avec l’illustration du plugin TrueVerb de la maison Waves Audio dont je vous propose une capture d’écran.

Ce que je peux vous dire par contre, c’est que quoi qu’il en soit, l’utilisation d’un plugin de réverbe sert à simuler un espace sonore. En gros, utiliser tel ou tel preset vous permettra de simuler le son rendu par une cathédrale, un cinéma, un parking, une salle de concert, un studio d’enregistrement etc…

Et pour créer cette simulation, les plugin de reverbe utilisent les concept acoustiques évoqués plus haut dans cet article, modélisés par différents paramètres à régler en fonction de la couleur que l’on souhaite obtenir.

Vous remarquerez aisément qu’il y a BEAUCOUP de boutons et de paramètres… Et c’est là que ça se complique si on ne sait pas à quoi correspond tel ou tel potard.

Régler les volumes des composantes de la réponse impulsionnelle

Commençons par en bas à droite de l’image : Vous avez 3 faders de volume. C’est ici que vous pourrez régler et ajuster le volume des 3 composantes de la réponse impulsionnelle dont je vous parlais plus haut : vous pourrez jouer sur le volume entre le son direct (son émis « brut » ou « dry » par votre source sonore), celui des réflexions précoces (early Ref) et celui du champ diffus (Reverb).

Un bon exercice pour forger votre oreille pourrait consister à ne faire jouer ces fader que un par un pour écouter individuellement l’effet restitué. Chargez un preset au hasard et prenez quelques minutes pour tester cela.

En général, plus on entend le son direct, plus on se sent proche de la source sonore (premier rang d’une salle de spectacle par exemple).

Pour parler des réflexions précoces, plus elles sont longues à arriver, plus la pièce nous semble grande. Plus elles sont fortes, plus on se sent proche des murs de la pièce simulée.

Enfin, plus le champ diffus est fort, plus on a l’impression d’être loin de la source, presque à n’entendre que les résonnances mais sans plus trop distinguer les différents élément (d’où le terme diffus 😉 ).

Réglage du DAMPING

Ensuite, vous pourrez trouver dans la plupart des plugin un endroit pour régler le « damping ». Vous vous souvenez tout à l’heure, quand je vous parlais d’absorption ? Et bien nous y voilà. Avec ce réglage, vous allez pouvoir jouer sur la couleur de votre réverbe en choisissant « d’absorber » plus ou moins les graves, les aigus, les médiums etc… Petit tips ici, si vous voulez un rendu naturel, rappelez vous que dans la nature, les aigus sont très peu présents dans la réverbération.

Dans le plugin TrueVerb, ces réglages se font en ajustant les courbes de filtre de l’espace « frequency response ».
C’est une sorte d’égaliseur qui vous permet de choisir d’appliquer un filtre lowcut (ER low cut) /highcut ou filtre en plateau (Rev Shelf).

Là encore, tester, expérimenter est une bonne manière de se rendre compte des impacts de ces réglages.

Temps de réponse et taille de pièce

Maintenant, beaucoup de plugin vous offriront la possibilité de régler les temps de réponse. Dans TrueVerb c’est le graphique du haut « Time response ».

Les barres verticales orange représente les différentes réflexions précoces. La grande barre verticale en Jaune représente la distance entre votre oreille et les parois de la pièce simulée (en gros, votre position dans la salle) et la grande barre bleu ciel représente la taille de la pièce.

Jouez avec ces réglages pour écouter les différences encore une fois !

Enfin, en haut à droite, la partie violette représente le temps de réverbération, la forme du champ diffus qui suit les réflexions précoces. C’est ici que vous pourrez finement régler le volume du champ diffus (balance), le temps de réverbération (decay time), mais également le predelay.

Petit mot sur le predelay, plus il est important, plus on a l’impression de se rapprocher de la source sonore. Arme redoutable pour avancer un élément dans un mix, par exemple une voix ou un instrument soliste.

Conclusion

J’espère ne pas vous avoir perdu(e)s dans les méandre de l’acoustique… Je sais bien que tout un chacun aimerait appuyer sur un bouton magique afin d’avoir le son tant espéré appliqué à sa production musicale du moment, mais je me dois d’être réaliste et de vous dire la vérité… Rien n’est simple dès lors qu’on parle de réverbération du son car vous l’avez compris, l’utilisation de plugin de réverb ne fait que reproduire artificiellement les caractéristiques sonores naturelles d’un type d’environnement. Et la nature est complèxe… belle, mais complexe… La dompter et l’apprivoiser est un chantier perpétuel et de très long terme…

Néanmoins, ce qu’il faut noter, c’est que les différents présets de reverb inclus dans vos plugin sont la plupart du temps très bien configurés et assez réalistes, mais pour ne pas sonner « comme les autres » et mettre sa propre patte, reproduire plus précisément le son imaginé dans la vision de son mix, connaître les différentes caractéristiques acoustiques du son est nécessaire.

Vous avez vos premières bases ici, maintenant, à vous de jouer ! Testez, expérimentez, essayez, jouez avec tout ces nouveaux concepts pour mieux les comprendre et vous les approprier !

blue and black audio mixer

Mixage audio #1 : Les fondamentaux de l’égalisation

  1. Avant propos : quelques rappels et bases introductives…

Si vous n’avez pas encore lu l’article suivant qui tente d’expliquer comment se compose un son, je vous invite à y aller et revenir sur cette page, cela peut aider à la compréhension de ce qui suit.

Ca y est? vous êtes revenu?

Donc pour la faire très rapide, quand vous jouez une note sur votre instrument préféré, un Do par exemple, cette note émet un son qui lui-même comporte une fondamentale (fréquence qu’on entend le plus dans le son) et des harmoniques (notes consonantes à différents intervalles superposées à la fondamentale).

Chaque instrument possède sa propre tessiture et permet d’émettre des sons dans le spectre fréquentiel. Ce que l’on peut en déduire donc, c’est que chaque instrument aura sa place dans le grand puzzle du son, et en avant première je vous révèle un secret de polichinelle : l’égalisation aide grandement à ordonner ce gloubiboulga sonore.

Le spectre fréquentiel, c’est grosso modo une échelle qui permet de se représenter toutes les fréquences qui sont mesurées en Hertz (Hz). Et rappelez-vous que l’être humain normalement constitué n’entend potentiellement que les fréquences entre 20Hz et 20 000 Hz (bon ok, ça dépend des gens, mais je ne veux pas rentrer dans le débat stérile du « t’es sourd ou quoi »!)

Fréquences, hertz, spectre, fondamentales, harmoniques, c’est un peu dur de la feuille à comprendre, je vous l’accorde et ça peut faire peur… Mais prenez une grande respiration, écoutez les sons qui vous entourent, ayez conscience de votre environnement laissez vous bercer par vos sensations…bon ok je dérive un peu en mode cours de Yoga là….

Tout ça pour vous dire qu’en prenant le soin de lire et relire calmement cet article, la compréhension viendra d’elle même.

Rentrons un peu plus dans le vif du sujet et regardons ce fameux spectre fréquentiel.

Il est globalement admis qu’on peut distinguer trois grandes plages de fréquences dans chacune desquelles il y aura des éléments sonores intéressants :

#1 Les graves: On peut diviser les graves en deux sous catégories :

  • Les très Graves (souvent appelé sub-bass) en dessous de 50Hz, mais peu de personnes entendent ces fréquences;
  • Les Graves (entre 50 et environ 250 Hz) qui contiennent généralement la grosse caisse, la basse, le punch de la caisse claire et une partie des voix masculines. Zone importante donc dans laquelle l’égalisation va avoir un vrai intérêt si vous mixez une section rythmique. Il faudra laisser de la place à chacun des éléments. A noter que dans les graves, la plage 100-250 est une plage dans laquelle on retrouve du monde et dans laquelle il faudra avoir une grande vigilance.

#2 Les Mediums : ces derniers se divisent en 3 :

  • Les bas-mediums entre 250 et environ 600-700 Hz : Si vous l’isolez et l’écoutez en solo, vous allez entendre un son « muddy », « boueux », un peu opaque car trop chargé. C’est ici aussi que vous entendrez des sons de batterie « cartonneux », des caisses claires qui font « Chpok » et pas « Paaf ». Bref vous l’aurez compris cette bande de fréquence doit souvent retenir votre attention pour améliorer votre mixage. Elle est à traiter également avec les graves car entre 100 et 500 on va retrouver 99% des fondamentales des instruments. Il y a du monde donc !!!
  • Les mediums entre 6-700 et 2000 Hz : zone qui en général plaît assez à l’oreille humaine, on y retrouve de nombreux instruments. En général pour le Saxo, la zone autour des 1400-1500Hz fait ressortir le corps de l’instrument.
  • Les hauts-medium : zone entre 2000 et 6000 Hz, également à risque car perçue par l’oreille comme très agressive. attention à cette plage de fréquences donc. S’il y a trop de volume sur cette zone, l’oreille de l’auditeur va vite fatiguer et votre titre sera mal perçu en dépit de sa qualité technique.

#3 Les Aigus : plus on se rapproche des 20 000Hz moins on entend (limite humaine). Cette plage de fréquences qui se situe entre 6000 et 20 000Hz n’est toute fois pas à négliger car elle apporte de « l’air » aux sons et aux mixages. C’est dans cette zone par exemple que vous entendrez la subtile vibration de l’anche de saxophone qui donne du caractère à ce magnifique instrument, on y retrouve aussi la friture des guitares électriques et la définition des voix.

Ok! Maintenant que vous êtes familiers (ou presque) avec les subtilités de base du spectre fréquentiel, vous allez pouvoir comprendre ce qu’est l’égalisation et à quoi elle peut servir.

NB: A ne pas confondre avec Légalisation, qui fait appel à d’autres concepts totalement différents d’un point de vue juridico-administro-sociéto-jamaïcain.. Mince je m’égare encore…

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Photo by Darrin Dalley on Pexels.com

Qu’est-ce que l’égalisation ?

Mon petit Larousse me dit : « Rendre des choses égales sur le plan quantitatif, sur celui des dimensions » ou bien « Rendre des choses égales en valeur, équilibrer » ou enfin « Rendre unis un sol, une surface, les aplanir ; niveler ».

En audio numérique ou MAO pour les branchouilles que vous êtes , et bien ces trois définitions cumulées pourraient convenir. En effet, l’égalisation est une technique de traitement audio visant à équilibrer, niveler, rendre les choses égales ou du moins cohérentes, ensembles d’un point de vue sonore.

De là, à quoi sert l’égalisation ? Cette technique, et les outils associés, visent pour objectif de « sculpter » un son, d’arbitrer et de mettre en valeur les différentes fréquences significatives d’un ensemble de son, c’est un peu comme un puzzle sonore : L’égalisation permet que chaque son, chaque instrument, trouve bien sa place dans un ensemble plus large.

Egaliser un son, c’est donc modérer ou arbitrer les fréquences afin que tout le monde soit audible.

Ça vous donne du coup la possibilité de sculpter l’espace fréquentiel comme vous le souhaitez de façon à obtenir le mix idéal. Dit autrement, l’EQ est vraiment l’atout indispensable d’un bon mix.

Pour cela, il y a des outils et des méthodes que j’aborderai rapidement plus bas, mais déjà, voici un Tableau récapitulatif des fréquences par instrument qui vous aidera certainement dans vos futurs mixages. (nous sommes ici sur un blog de saxophonistes, donc regardez vers le milieu du tableau 😉 )

NB : Infographie trouvée sur https://blog.landr.com


  1. Les outils de l’égalisation

C’est l’outil qui permet de faire de l’égalisation. Les EQ existent de manière physique (hardware) ou virtuelle (Software).

Vous êtes déjà allé à un concert et vous vous êtes déjà extasiés sur la table de mixage de 64 pistes de l’ingé son ? Vous avez donc déjà vu des égaliser de piste, mais il en existe plein en dehors des tables de mixages.

Ce blog étant plutôt consulté par des « homestudistes »), je vous parlerai donc plus des EQ virtuels, ou Plugin qui sont en fait pour la plupart des émulations d’EQ physiques de référence.

Mais pour vous donner une définition générique, on pourrait dire qu’un égaliser est un appareil ou logiciel de traitement du son. Il permet de filtrer ou d’amplifier différentes bandes de fréquences composant un signal audio.

Selon ce que vous voulez faire, vous pourrez utiliser différents types d’EQ :

L’ÉGALISEUR GRAPHIQUE

C’est certainement l’égaliseur le plus connu de tous, car toutes les chaines Hi-Fi en possèdent un, qu’il soit analogique ou numérique. Votre application de musique préférée (sur smartphone ou ordinateur) en propose un également. Il est facile d’approche car instinctif et comme son nom l’indique… graphique !

Un égaliseur graphique 30 bandes stéréo

Les égaliseurs graphiques permettent d’augmenter ou atténuer une gamme de fréquences fixes à l’aide d’une rangée de curseurs. Ils peuvent parfois avoir plus de 30 curseurs, pour une précision élevée sur l’ensemble du spectre.

L’ÉGALISEUR SEMI-PARAMÉTRIQUE

Il s’agit simplement d’un égaliseur paramétrique avec moins de paramètres. Souvent le facteur de largeur Q a une valeur prédéterminée, on ne peut ajuster que le gain et la fréquence de chaque bande. Ils ne sont donc pas aussi flexibles que les égaliseurs paramétriques, toutefois leurs facteurs Q prédéterminés en font d’excellents outils pour augmenter ou atténuer de larges plages de fréquences : ils sont parfaits pour des ajustements tonaux.

Les égaliseurs semi-paramétriques matériels sont souvent dépourvus d’écran de contrôle. Ce sont ces égaliseurs que l’on retrouve généralement sur les tranches des petites consoles ou petites tables de mixage.

Ces EQ fonctionnement très bien pour des corrections « globales »

L’ÉGALISEUR PARAMÉTRIQUE

C’est l’une des alternatives à l’égaliseur graphique et il va plus loin que le semi-paramétrique. Au lieu d’avoir des bandes agissant sur des fréquences prédéfinies, il est possible de choisir la fréquence centrale et l’étendue de l’influence de chacun des paramètres. C’est le type d’égaliseur le plus répandu dans la production musicale, et le plus polyvalent, mais aussi plus complexe à dompter. Néanmoins, il est très intéressant pour des frappes chirurgicales et des corrections très précises.

Voici les paramètres fréquemment ajustables sur un égaliseur paramétrique.
Fréquence : détermine la fréquence centrale de chaque plage, ou le point de coupure pour les filtres coupe-haut et coupe-bas. Bouton « FREQ » de chacune des bandes de couleurs ci-dessus (Rouge, Orange etc…)

Q (quality factor) : détermine la largeur de la plage sélectionnée, plus la valeur Q est élevée plus la largeur de la plage de fréquences est faible et inversement, plus le Q est faible, plus la largeur des fréquences traitées est importante. Bouton « Q » ci-dessus.

Gain : détermine le niveau d’une plage de fréquences. C’est la « quantité » de correction que l’on veut appliquer à la fréquence choisie : pour faire simple, augmenter le gain booste la fréquence sélectionner, diminuer le gain l’atténue (c’est un peu comme un bouton de volume…)

D’autres types d’EQ existent (dynamiques, Plateau etc) mais nous n’en parlerons pas ici.

Trois grandes catégories de filtres sont utilisés en général.

#1 Le filtre passe-haut/passe-bas :

Passe-haut ou High pass ou Low cut : permet de couper progressivement le signal à partir d’une fréquence définie :

Et son inverse le passe-bas ou Low pass ou High cut :

#2 Le filtre en plateau ou Shelf

Le filtre low shelf fonctionne de la façon suivante : à partir de la fréquence de coupure sélectionnée, on amplifie ou on atténue le signal jusqu’à un niveau donné.

Ce “niveau donné” correspond tout simplement au réglage de gain qui aura été sélectionné.

Par exemple, si vous avez un filtre high shelf de +6 dB à 3000 Hz, cela veut dire grosso modo qu’à partir de 3000 Hz vous allez commencer à appliquer une amplification jusqu’à atteindre un plateau à +6 dB.

Le schéma ci-dessous permet de bien comprendre tout ça :

Filtre EQ high shelf
Un filtre high shelf

A l’opposé, pour appliquer le même type de traitement mais sur les basses, il existe le filtre low shelf qui fonctionne de la même façon mais permet d’affecter les fréquences situées en-dessous de la fréquence de coupure sélectionnée :

Filtre EQ low shelf
Un filtre low shelf

Typiquement, ce genre de courbes d’égalisation est utile :

  • pour effectuer des corrections larges, mais moins drastiques qu’avec les filtres passe-haut et passe-bas ;
  • ou pour soulever certaines bandes de fréquences de façon musicale.

#3 Les filtres en cloche

Enfin, il y a ce qu’on appelle le filtre en cloche ou bell filter.

Sans doute le plus connu, ou du moins le plus utilisé par les débutants.

Tout simplement, le filtre en cloche permet d’amplifier ou couper les fréquences d’un signal de façon symétrique vis à vis d’une fréquence donnée :

Filtre EQ en cloche ou bell filter
Un filtre en cloche

Par ailleurs, en fonction du facteur Q sélectionné, la bande de fréquence affectée par le filtre EQ sera plus ou moins resserrée autour de la fréquence choisie.

Ce type de filtre est idéal pour effectuer des corrections localisées ou pour amplifier certaines fréquences de manières larges.


Ca chauffe un peu dans votre tête ? ……. C’est bien normal car si vous débutez en MAO, ces concepts sont un peu techniques… Mais rien de tel que l’apprentissage par la pratique !

Exercez-vous patiemment et rapidement vous allez saisir l’intérêt de ces techniques !!

Allez, je ne peux pas vous laisser comme ça… Alors voici une petite vidéo d’illustration de l’utilisation d’un EQ paramétrique et des différents filtres et paramètres qu’il contient pour sculpter le son comme on souhaite l’entendre… (Désolé pour la qualité du son de cet enregistrement, je débute en enregistrement d’écrans…).

pour un meilleur confort d’écoute, je vous suggère d’écouter cela avec un casque, afin de mieux entendre les différents effets des filtres.

Bon je m’arrête là pour cet article, nous pourrions y passer des heures et des heures, mais j’imagine que le contenu est déjà assez dense pour une première approche…

Ouvrez votre DAW ou logiciel d’enregistrement préféré, prenez un morceau au hasard, ou une piste sonore quelconque, ajoutez un EQ paramétrique (tous les DAWs en proposent de manière native) et testez ces différentes choses :

Choisissez un filtre, lancez la lecture et faites bouger la fréquence : vous allez immédiatement entendre l’effet du filtre. Faites bouger le Q et le gain sur une fréquence donnée. Vous entendez ?

N’hésitez pas à laisser un commentaire ou poser des questions si quelque chose vous échappe !

man in black jacket playing audio mixer

Les 8 meilleurs DAWS Gratuits

Quelques rappels…

Vous l’avez lu dans mes deux premiers articles sur la MAO, dans les choses essentielles pour faire de la Musique Assistée par Ordinateur, le logiciel dédié, aussi appelé DAW (Digital Audio Workstation) ou STAN (Station de Travail Audio Numérique) et une pièce maîtresse pour réaliser vos rêves d’enregistrement, composition, mixage etc…

Pour rappel, les 3 éléments indispensables sont :

black headset on table

  • 1. Un bon ordinateur : suffisamment puissant pour supporter les informations traitées dans le DAW (RAM, Vitesse du disque, processeur etc…)
  • 2. Une bonne interface audio : que ce soit via une carte son externe, ou un simple micro USB branché directement sur votre ordinateur, pour enregistrer un instrument acoustique ou une voix, et l’exploiter de manière qualitative, le signal entrant doit être propre. Les micros des ordinateurs peuvent convenir pour démarrer, mais ils ne sont pas fait pour cela… donc investir dans un micro instrument est nécessaire.
  • Un DAW ou STAN : le logiciel ou séquenceur qui vous permettra de rassembler tous vos éléments audio numériques de vos projets, productions etc…

Avant de vous dresser mon Hit parade des Daws gratuits, quelques rappels sur leur utilité, fonctionnalités, de manière générale.

Il y a plusieurs sortes de DAWs gratuits.

Certains sont des logiciels limités à l’édition Audio uniquement et donc ne sont pas compatibles avec les instruments MIDI. Audacity par exemple est une belle référence très connue pour démarrer, mais si votre objectif est de composer, d’arranger ou de vous rapprocher d’une qualité professionnelle, je vous le déconseille. Vous vous trouverez très rapidement limité dans les possibilité créatives. De plus, je trouve personnellement que l’interface utilisateur est très peu ergonomique.

D’autres DAWs gratuits sont des versions allégées des DAWs professionnels et sont une excellente alternative pour démarrer avec des outils de qualité, possédant une interface utilisateur ergonomique et des fonctionnalités assez avancées pour s’amuser et sortir des projets de qualité. Dans cette catégorie, je citerai les Ableton live Lite, Studio One Artist, Cubase LE….

La plus part du temps, il est possible d’obtenir ces versions allégées gratuitement grâce aux autres achats que vous ferez pour votre home studio : par exemple, l’achat d’une carte son, d’un clavier midi, d’un micro etc…

Par exemple, lorsque j’ai acheté mon petit clavier maître M-Audio (une 50 aine d’euros de mémoire), j’avais un petit papier à l’intérieur avec un code d’activation de ma licence gratuite d’Ableton Live Lite.

A l’heure ou je j’écris cet article, l’achat d’une carte son Presonus 24C (120€) vous est livré avec un code d’activation de votre licence pour Studio One Artist.

Enfin, il y a les DAWs professionnels et totalement gratuits : Ils sont parfaits pour démarrer. La plupart du temps, ils offrent des fonctionnalités intéressantes mais limitées, bien que certains soient totalement ouverts et évolutifs.

Parmi ceux que je connais (de nom ou pour les avoir testés), il y a GarageBand (fourni avec tous les ordis/téléphones/tablettes Apple), Cakewalk by BandLab, WaveForm Free, SoundBridge, Ohm Studio, Reaper etc…

frustrated ethnic man in casual wear on blue background in studio

Mon classement des meilleurs DAWs gratuits

city dawn dusk night
And the winner Is….

Studio One Prime


L’éditeur Presonus propose plusieurs versions de leur DAW : Prime, Artist, Professional et Sphère.

C’est le DAW qui monte ! De plus en plus de pros utilisent ce produit. Pas en version prime évidement, mais en version payante. Malgré tout, la version Prime est PARFAITE pour démarrer.

Personnellement, je l’ai testée pour un de mes élèves que j’accompagne au saxo et en MAO et j’avoue que je suis bluffé. L’interface est très conviviale, ergonomique. En seulement quelques minutes, j’ai pu trouver comment créer une piste, mettre une backing track, enregistrer de l’audio, appliquer quelques effets de base.

Parfait produit gratuit pour toute personne qui souhaite un logiciel professionnel pour avant tout s’enregistrer par dessus une Backing Track et de s’initier aux prémices du mixage audio : il inclut quelques effets d’EQ, réverbe et compression de base mais qui permettent déjà d’avoir un rendu de très bonne qualité.

Lien de téléchargement : https://shop.presonus.com/Studio-One-5-Prime

MAJ 8/10/2022 : Depuis la sortie de Studio one 6 fin septembre 2022, la version prime, gratuite, n’est plus disponible en téléchargement… Il reste un très bon logiciel mais pour l’avoir il faut débourser une 100aine d’euros désormais pour acquérir la version artist du soft…

Une autre solution pour l’acquérir, serait d’investir dans un produit presonus (carte son par exemple) qui souvent sont livrés avec une licence Studio One Artist. Mais si vous créez votre home studio, il vous faudra acheter une carte son donc… L’un dans l’autre…on peut toujours le considérer comme gratuit…

Reaper


En vrai, ce dernier logiciel n’est pas vraiment gratuit… Mais c’est tout comme au vu du prix demandé après une période d’essai de 60 jours.

Ce logiciel propose une interface très intuitive et professionnelle.

Les fonctionnalités sont aussi avancées que les DAWs payants, c’est un logiciel open source et donc en constante évolution dont bénéficient tous les utilisateurs sans surcout ou rachat.

Qui dit open source, dit adaptable, customisable et compatible avec à peu près tout (VST, VSTI, AU, instruments, plug-ins etc…). Il est même possible de personnaliser l’apparence en appliquant des skins créées et partagées par les autres utilisateurs du logiciel. Les plus Geek d’entre-vous y trouverons un nouveau joujou parfait pour des nuits blanches de bidouillage technologique !!

Si vous optez pour ce DAW, et qu’il vous plaît après la période d’évaluation de 60 jours, il vous faudra juste payer 60$ pour contribuer aux efforts des développeurs indépendants qui construisent ce soft.

Lien de téléchargement : https://www.reaper.fm/download.php

Waveform Free


Pour être totalement honnête, je ne l’ai pas encore vraiment testé, mais si j’en crois la démonstration vidéo, que j’en comprends tout le sens (c’est en Anglais…) et tout ce que j’ai lu à droite et gauche, ce logiciel professionnel est totalement gratuit, excellent et très polyvalent pour toutes les utilisations MAO.

Il est évolutif et en fonction de votre progression et de vos besoins, vous pouvez acquérir des compléments payants.

De ce que j’en ai déduit, il se rapproche beaucoup de Studio One 5 mais me semble même aller plus loin car moins limité et disposant de fonctionnalités plus avancées. Il mériterait peut-être de remonter au classement… Si certains d’entre vous le connaissent, votre témoignage en commentaire sera d’une grande aide pour la communauté. Moi je vais m’empresser d’aller le tester plus en profondeur pour vous faire une mise à jour prochaine…

Lien de téléchargement de Tracktion WaveForm Free : https://www.tracktion.com/products/waveform-free

GarageBand


Il n’est qu’en 4ème position dans ce classement, mais uniquement car il n’est compatible que pour MacOS et iOS, sinon je vous avoue que je l’aurai mis Number one sans hésitation !

Malheureusement, aucune possibilité d’avoir ce logiciel sur Windaube euh…windows pardon… J’ai tendance à être « Mac Evangelist » et parfois je m’emporte.

Si vous êtes utilisateur(trice) de n’importe quel produit apple (ordi téléphone ou tablette), Vous disposez déjà de GarageBand dans vos logiciels ou applications.

Franchement, si vous voulez simplement vous amuser à composer, enregistrer, débuter en mixage, partager sur soundcloud etc… et que vous possédez un produit apple cité plus haut, ne cherchez pas plus loin ! utilisez GarageBand !

C’est vraiment top! Convivial, facile d’utilisation, stable, fiable…un produit apple quoi : orienté expérience utilisateur à fond et qui permet une prise en mains extrêmement rapide, que ce soit dans sa version fixe (MacOS) ou mobile (iOs), car oui, vous pouvez emporter vos petits bouts de composition partout avec vous, commencer sur votre téléphone chez le dentiste, continuer le soir devant la télé sur votre iPad et finaliser ou aller plus loin dans les effets, la composition, l’enregistrement depuis votre Mac bidule en récupérant votre projet sur votre iCloud.

Lien de téléchargement : bas besoin, si vous avez un mac, GarageBand est déjà installé avec votre MacOS !

CakeWalk by BandLab


Pour la petite histoire, Cakewalk by Bandlab est la nouvelle version de Sonar, l’un des logiciels MAO les plus connus — qui coûtait à l’époque environ $500.

Racheté puis abandonné par la marque Gibson (oui, celle qui fait les guitares), son développement est désormais très actif grâce à un groupement d’acteurs faisant vivre avec brio l’application.

A l’utilisation, il ressemble un peu à Cubase ou à Reaper : on est sur un outil plutôt bien pensé, peut-être un peu classique, mais avec un workflow de production intégré couvrant l’ensemble des étapes de composition, enregistrement, mixage et mastering.

Et le fait qu’un logiciel de cette qualité soit gratuit, c’est juste impressionnant.

Par contre, à ma connaissance, ce logiciel ne tourne que sur Windows. Les utilisateurs de MacOS ne pourront pas en bénéficier.

Lien de téléchargement de CakeWalk by BandLab : https://www.bandlab.com/products/cakewalk?lang=fr

Ableton Live Lite


Ableton Live est la référence dans la musique électronique et le sound design. Son système de boucles et de clips permet de composer rapidement des musiques électroniques et la version lite dispose de nombreuses fonctionnalités de base permettant de démarrer en MAO.

Il s’agit d’une version limitée de Live qui vous permettra de vous familiariser avec ce logiciel DAW extrêmement populaire.

Live Lite vous procure un total de 16 pistes avec n’importe quelle combinaison de canaux audio et midi. Il permet jusqu’à quatre entrées et sorties en même temps.

Lien de téléchargement : https://www.ableton.com/fr/products/live-lite/

NB : Assurez-vous de disposer d’une licence d’utilisation fournie avec un des matériel de MAO que vous aurez acheté (micro, carte son, MPC, clavier midi etc…)

Cubase LE


Il s’agit de l’édition allégée de l’application d’enregistrement phare Cubase, de Steinberg.

Cubase a été l’une des premières applications de séquençage numérique et il est un choix de DAW populaire depuis des décennies. De nombreux studios professionnels utilisent Cubase, il reste une référence absolue.

Cubase LE procure le meilleur de cet héritage aux utilisateurs gratuits avec seulement quelques limitations.

Avec LE, vous serez en mesure d’enregistrer jusqu’à 16 pistes audio et jusqu’à 24 pistes d’instruments virtuels, vous pourrez enregistrer jusqu’à 8 pistes en même temps.

Lien de téléchargement : https://www.steinberg.net/fr/cubase/le/

NB : Assurez-vous de disposer d’une licence d’utilisation fournie avec un des matériel de MAO que vous aurez acheté (micro, carte son, MPC, clavier midi etc…)

Audacity


Il n’aurait pas été juste d’oublier Audacity dans ce classement.

En effet, sur le fond, c’est un des pionniers les plus populaires auprès des musiciens amateurs qui veulent traiter un peu de l’audio, que ce soit pour ralentir un MP3 pour travailler sur un morceau difficile, initier un « prémix » de la répétition avec les potes enregistrées avec un micro zoom à l’arrache dans le studio de répétition loué samedi soir, ou tout simplement enregistrer une voix pour un podcast, un documentaire etc…

Les fonctionnalités sont de base et en cherchant bien on y trouve la plupart du temps une solution, mais mon avis personnel est que cette application est tout de même vieillissante et obsolète au regard de toutes les solutions proposées plus haut dans l’article.

Néanmoins, cela peut convenir aux plus classiques et moins Geek d’entre-vous ! En effet, l’interface est sans chichi, c’est efficace, sobre…

L’inconvénient principal est que Audacity ne traite (à ce que je sache) que du format Audio. Pas possible donc de composer en midi avec, pas d’éditeur pas à pas etc…

Conclusion

Vous pouvez le constater, de nombreuses solutions s’offrent à vous quand au choix de votre DAW.

Au delà de mon propre classement et de mes commentaires, le mieux est de les essayer tous dans la mesure du possible et de choisir celui qui vous conviendra le mieux. En effet, c’est gratuit alors pourquoi s’en priver !

Pour vous guider dans vos tests, posez vous les bonnes questions d’évaluation :

  • L’interface utilisateur est-elle agréable ?
  • Est-ce que j’arrive facilement à trouver comment créer une piste audio?
  • Est-ce que les commandes sont facilement accessibles?
  • Est-ce qu’il y a un support facilement en cas de difficulté? (communauté, service client, forum etc…)
  • Est-ce que ce logiciel répond à me besoins d’export audio, de partage, de traitement etc…

En tous les cas une chose est sure, vous avez de quoi désormais passer quelques nuits blanches et vous passionner encore un peu plus pour la musique en découvrant cette nouvelle dimension qu’est la MAO !

PS : Si cet article vous a aidé, plu, n’hésitez pas à le partager sur vos communautés !

recording studio with ultra violet florescent

Créer son Home Studio : Les 5 règles de bases pour se lancer.

Quand on fait de la musique et qu’on commence à progresser, très vite l’idée de s’enregistrer germe… Selon les personnes, le but sera bien différent ! Simplement pour se réécouter et entendre nos imperfections pour les améliorer, s’auto congratuler, partager avec des amis, la famille, sur les réseaux sociaux dans des groupes ou des communautés etc…

Seulement, tout un chacun n’est pas ingénieur du son, et très vite ces notions techniques peuvent décourager. Quel matériel acheter? quelle qualité? à quel prix? toutes les pensées limitantes foisonnent alors et vous empêchent d’aller de l’avant dans votre quête musicale!

Eh bien lisez jusqu’au bout car dans cet article, je vais vous démystifier cela et vous donner les bases pour créer votre propre home studio pour un coût limité !

close up photo of black ceramic mug

Les 5 règles de base avant de se lancer

Règle N°1 : Répondre à votre « Pourquoi »

Cela peut paraître banal, mais nous sommes tous tellement différents et nos objectifs sont tellement divers ! La première question pour se lancer dans la création d’un home studio est donc très simple : Pourquoi je veux monter un home studio? Pour quelle application musicale est-ce que je ressens le besoin de créer mon propre home studio ?
Est-ce que je souhaite utiliser mon futur home studio pour enregistrer des prestations musicales (et si c’est le cas, moi tout seul ou pour tout un groupe?)?
Est-ce que je souhaite créer de la musique avec mon ordinateur tout simplement, mais sans avoir besoin d’enregistrer des instruments externes (guitare, voix, saxophone, etc…) ?

Qu’est-ce que je compte retirer de cette expérience ? Quelle pratique musicale est-ce que je veux développer grâce à ma MAO et à mon tout nouveau Home Studio?

Qu’est-ce que je compte faire des productions qui sortiront de cette installation??

Peut-être cela va vous sembler simpliste, mais croyez moi, plus vous saurez exactement ce que vous voulez faire, plus vous y verrez clair dans le choix des différents investissements à réaliser pour créer votre Home Studio.

En effet, créer un Home studio pour s’enregistrer solo, enregistrer un groupe entier, ou pour simplement créer de la musique électronique n’impliquera pas les mêmes besoins matériels et logiciels.

Le risque serait d’investir dans des éléments couteux dont vous n’aurez pas besoin car trop « avancés » ou pire, être limité par les possibilités de vos achats et devoir réinvestir ensuite…

La question est donc fondamentale et je vous invite vraiment à vous la poser, puis à écrire votre « Pourquoi » sur une feuille de papier pour avoir au final une vision globale de ce que vous voulez réaliser.

Règle N° 2 : Se fixer des objectifs à court et moyen terme

Réfléchir à votre pourquoi vous permettra de cibler les thématiques que vous souhaitez développer dans votre pratique musicale intégrant les outils de MAO.

Pour celles et ceux qui travaillent en entreprise, l’acronyme SMART ne vous sera certainement pas indifférent dans la manière de fixer les objectifs.

Vous savez, votre chef vous en parle tous les ans lors de l’entretien annuel d’évaluation (ou pas…).

crop businessman signing contract in office

Le manager : « Donc José, l’année prochaine je vais te proposer un super challenge ultra motivant, tu verras, tu vas t’éclater! « 

José : « ah ouais…je sais pas trop…bon si tu le dis »…

Le manager : « si si ! fais moi confiance, je vais te donner un objectif SMART relatif à l’augmentation de la marge brute sur le marché thaïlandais des moules pour faire des oeufs carrés »

José : « Mais, on ne produit pas des scies circulaires chez Coup’Coup et compagnie ? »

Le manager : » euh…si biensur, mais j’ai eu le feedback du CODIR de septembre et nous allons diversifier notre market mix, et puis, un peu de changement ça va te faire du bien non? « 

…..

Bon désolé pour cet écart, mais c’est tellement du vécu, que je voulais vous le partager (et je reste certain que cela parlera à bon nombre d’entre vous…).

Brève de plaisanterie, et petit explicatif sur les règles des objectifs SMART que le manager de José maîtrise certainement parfaitement :

L’expression d’objectif SMART correspond à un moyen mnémotechnique  permettant de garder à l’esprit les qualités nécessaires d’un objectif commercial ou marketing. Mais ce concept peut parfaitement être utilisé dans la vie de tous les jours !

SMART est alors l’initiale ou l’acronyme des 5 qualités nécessaires et signifie que l’objectif est fixé de manière pertinente et efficace.

Un objectif SMART se doit donc d’être :
– Spécifique : C’est à dire que les résultats peuvent être attribués spécifiquement à un individu, une équipe ou une action (c’est votre propre objectif)
– Mesurable : Les résultats obtenus doivent pouvoir être mesurés de manière précise et indiscutable
– Acceptable : La qualité d’acceptabilité souligne la nécessaire adhésion des individus auxquels on fixe un objectif (bon pour le coup, si vous vous fixez un objectif à vous même, vous devriez y adhérer assez facilement…)
– Réaliste : Le réalisme de l’objectif est nécessaire à l’adhésion et à la poursuite des efforts entrepris pour l’atteindre. Cette notion de réalisme est très importante dans votre cas, et doit bien être en ligne avec votre « Pourquoi »)
– Temporellement défini : Une date ou un délai doit être prévu pour l’atteinte de l’objectif

Donc par exemple, vous pourriez vous fixer les objectifs suivants :

  • Réussir à enregistrer mon son de saxophone au dessus d’une backing track d’ici 3 mois avec mon ordinateur.
  • Etre capable d’enregistrer et mixer mon propre son de saxophone pour démarcher des organisateurs de spectacles professionnels d’ici 9 mois.
  • Savoir capter les sons 4 instruments live en même temps pour historiser les répétitions avec mon groupe et constater les progressions sur 6 mois.

Pensez global, et projetez vous loin dans le temps, fixez vous des objectifs de court terme (qu’est-ce que je peux réaliser demain), mais aussi de long terme (vers où je veux aller ?)

Règle N° 3 : Se fixer une fourchette de budget de lancement qui vous semble acceptable pour démarrer

person putting coin in a piggy bank

Le matériel de Home studio, ça coûte cher… Il va obligatoirement falloir casser la tirelire…

Selon ce qu’on achète bien entendu… Mais globalement, ça peut monter très vite dès lors qu’on veut du matériel de qualité.

Nous le verrons plus bas, il y a des fondamentaux, des impondérables auxquels vous ne pourrez pas déroger.

C’est là que la réponse à la question n°1 sur votre « pourquoi » peut vous aiguiller… Selon votre motivation, votre objectif, vous aurez un budget plus ou moins conséquent… Il ne s’agirait pas d’investir 500€ dans une installation si vous souhaitez juste vous enregistrer avec votre téléphone pour votre propre loisir. A l’inverse, envisager de n’investir qu’une centaine d’Euros pour un projet plus conséquent ne serait pas réaliste.

Définir un budget réaliste est donc une étape primordiale pour être en lien avec votre « pourquoi »

Les objectifs que vous vous êtes fixés, votre ambition précisée à la règle n° 2 vous aidera aussi dans cette étape.

Règle n°4 : Investissez progressivement

Mon conseil est vraiment de mettre les moyens dans le matériel de base vous permettant d’atteindre vos objectifs de court terme. Et de garder un peu de sous pour vos objectifs à plus long terme.

Pour ma part, je possédais déjà un mac, avec l’application garage band gratuite et un vieux casque Bose plein de basses avant de me lancer. Progressivement, j’ai investi dans un mac plus puissant, dans une interface Audio et un micro filaire, puis des enceintes monitoring etc… Je n’ai pas acheté tout d’un coup.

Mon objectif de base était de pouvoir m’enregistrer via mon ordinateur. Au départ, je me suis contenté du micro de mon mac et de garage band, cela m’a suffit pendant 2-3 ans, mais ensuite, j’ai voulu passer un cran et c’est l’à que j’ai investi dans du matériel plus avancé.

Ce que je veux vous dire, c’est que selon l’ambition de votre objectif, vous possédez peut-être déjà tout le matériel nécessaire pour vous lancer et « voir ce que ça donne »…

Un ordinateur moyen équipé d’un micro (c’est le cas à 99%) et d’un DAW gratuit (audacity, garageband, studio one prime, ableton lite etc…) suffisent pour enregistrer votre son de saxophone sur une backing track !

Par contre, la qualité audio de la captation du son ne sera certainement pas optimale… mais cela sera une bonne base pour avancer 😉 et penser à l’achat d’un micro.

Par contre, quand vous investirez, je vous déconseille le bas de gamme pas cher, cela vous créera plus de problèmes et nuira à l’atteinte de vos objectifs…

Règle n°5 : Sélectionnez vos éléments de bases et commencez à assembler votre Home Studio

people holding puzzle pieces
  1. L’ordinateur (PC ou Mac) de studio : S’enregistrer de chez soi se fait la plupart du temps via un ordinateur, il faut une machine suffisamment puissante (processeur, RAM, vitesse du disque etc…) pour qu’elle traite correctement les données. Si vous possédez déjà un bon ordinateur, vous n’aurez peut-être pas besoin d’investir dans un nouveau. En revanche si vous êtes encore sur un mac des années 90 ou un PC sous windows 3.1, vous aurez peu de chance de faire grand choses avec…
  2. Le combo carte son/interface audio (ou carte son) : quasiment indispensable pour un Home studio.
    Je dis quasiment car si vous souhaitez simplement vous enregistrer avec votre ordinateur sans chercher de qualité particulièrement avancée, le micro de votre ordi suffira et vous n’aurez ni besoin de micro, ni de carte son. Il est d’ailleurs possible de s’affranchir d’une carte son car certains micros se vendent en connectique USB, donc à brancher directement sur votre ordinateur.
    Mais très vite, vous en ressentirez le besoin…
    Le micro, vous l’aurez compris, capte le son et l’envoie dans la carte son qui elle même est branchée (souvent en USB) à votre ordinateur.
    Généralement externe en MAO (ça veut dire qu’elles ne sons pas intégrées dans le matériel de base de l’ordinateur), les cartes sons permettent la transformation du signal analogique produit par votre instrument, capté par votre micro, en signal numérique et le renvoie dans votre ordinateur via un logiciel (DAW).
    En gros, pour faire simple, la carte son traite la forme d’onde sonore et la transforme en 0 et 1 pour que l’ordinateur puisse l’utiliser.
    Notez, qu’a priori, il n’y a pas besoin de table de mixage externe en MAO… Quoi qu’on en dise ! En effet, les différents DAWS proposent tous une table de mixage virtuelle dans leur interface graphique.
  3. Le DAW (Digital Audio Workstation) : En français STAN (Station de Travail Audio Numérique), C’est le logiciel qui va enregistrer votre musique et dans lequel vous pourrez retraiter et sculpter votre son, rajouter des effets etc… 99, 99% des informations de vos productions y seront enregistrées ! Donc le choix n’est pas ici à faire à la légère… Encore une fois, tout dépend de votre pourquoi et de votre ambition, mais en général, ce qui différencie le plus les DAW/STAN, ce ne sera pas la qualité du son (ils sont tous équivalents), mais leur ergonomie, leur facilité d’utilisation. Certains sont très complexes à prendre en mains, d’autres s’utilisent très facilement.
    Parmi les gratuits, je vous conseille GarageBand (pour mac) ou Cakewalk by bandlab (pour PC), Studio One 5 prime (gratuit compatible PC et Mac) ou des versions allégées gratuites fournies avec les matériels que vous achèterez (carte son, clavier maitre midi etc…) comme Ableton lite, Pro tools First etc…
    Je vous déconseille les softs comme Audacity ou Kristal Audio dont l’interface est peu conviviale et qui vous feront passer beaucoup de temps dans la recherche des fonctionnalités et la prise en mains.
    Dans les payants le plus avancés, Ableton Live, Logic Pro, Protools et autres Cubase sont les références, mais le coût sera peut-être un frein, d’autant qu’avec des solutions gratuites vous aurez déjà de nombreuses possibilités.
  4. Le système d’écoute : Certains vous conseilleront d’investir dès à présent dans des enceintes monitoring, en général plus appropriées au mixage audio, ou un casque fermé pour l’enregistrement, ou les deux…
    Personnellement, j’utilise en complémentarité des enceintes monitoring Mackie CR4 et un casque semi-ouvert Beyer Dynamic DT880, selon l’heure à laquelle je fais de la musique ou mixe mes sons.
    Mais un home studio, en général, c’est dans sa maison… Est le plus souvent dans sa maison on n’est pas tout seul… Donc selon votre situation, l’espace « musique » dont vous disposez et la patience de vos colocataires, je vous conseille vivement de démarrer avec l’option casque semi ouvert. Il a l’avantage de ne pas complètement vous isoler de l’acoustique de la pièce, et à l’enregistrement, si vous ne mettez pas votre backing track à fond, la repisse dans le micro est très minime et pas gênante.

Conclusion

Vous avez bien réfléchi à votre pourquoi? Vous savez précisément ce que vous voulez faire, vous connaissez bien votre ambition et vous vous êtes fixé des objectifs à court et moyen terme ?

Vous pouvez donc fixer un budget pour vos premiers investissements en MAO pour votre Home Studio et commencer à penser à vos investissements futurs…

Donc vous êtes prêt(e) à vous lancer : installez un DAW sur votre ordi, collez-y une carte son en USB et achetez un micro qui enverra votre signal sonore dans l’interface audio !

Suivront prochainement des articles sur le choix des interfaces audios, des Daws, des micros… Mais en attendant, je vous laisse parcourir la toile et faire votre marché !