Anche trop dure ou trop faible??

Bonjour tout le monde,

Comme tout saxophoniste, vous avez déjà été ou serez confronté à des questions d’anches…

Vous savez ce petit bout d’un en roseau ou en plastique que vous collez à votre bec et qui vibre sous votre lèvre inférieure quand vous soufflez, bec en bouche, dans votre instrument.

Que ces anches sont capricieuses! Déjà pour les choisir c’est une galère pas possible, entre la matière, la marque, la force, la coupe etc… vous avez déjà du y passer quelques heures dépensé quelques deniers pour trouver ce qui vous convient…

Mais bon, disons que vous avez trouvé la perle rare, et que ça y est vous avez fait votre choix.

Allez, vous achetez votre matériel, une boîte d’anches de roseau ou une synthétique.

Vous attendez avec impatience votre colis, et là, ding dong ! C’est le livreur qui sonne chez vous afin de vous apporter ce petit objet tant attendu… (disons que vous l’avez achetée sur internet, mais si vous l’avez acheté en boutique la suite est la même ); vous n’avez qu’une envie, c’est de monter immédiatement l’anche sur votre bec et de souffler, ce que vous faites… et là patatra… première anche : une vraie planche à pain…deuxieme anche, une feuille à papier cigarettes… l’une est trop forte et vous donne un son tout petit, des crampes aux zygomatiques et l’autre est tellement frêle que vous avez un son faible, pas très juste, pas de puissance etc…

saxophone played by a man

Et le pire, vous n’avez pas d’autre anche sous la main ou vous devez jouer là, tout de suite, pas le temps de travailler cette anche pour la faire sonner comme il se doit…

Et bien voilà une petite astuce qui vaut ce qu’elle vaut, qui ne vous amènera pas un rendu tel Dexter Gordon , Chris Potter ou John Coltrane, mais qui pourrait vous dépanner dans l’attente de pouvoir recouper, gratter…. Travailler votre anche.

Voilà donc la révélation ultime :

Le remède contre le syndrome de la planche à pain, donc d’une anche trop forte, trop dure, consiste tout simplement à reculer légèrement votre anche sur la table du bec. Normalement, le bout de votre anche devrait être pile à raz avec le bord du bec. Laissez donc un petit millimètre ou deux d’écart et retenter de souffler. Vous devriez avoir plus de facilité d’émission immédiatement!

person doing card trick

Magique non ??

À l’inverse, pour pallier le problème d’une anche trop faible, procédez à l’inverse : avancez un peu votre anche de manière à la faire dépasser très légèrement du bec. Soufflez à nouveau dans votre tube, vous devriez avoir plus de résistance et une anche plus forte.

Comme je l’indique plus haut, ces petites astuces sont des solutions de secours… et n’améliorera pas fondamentalement votre anche ni votre son, mais cela devrait vous permettre de jouer avec un peu plus de confort.

L’idéal reste évidemment de travailler l’anche pour en améliorer les caractéristiques, en utilisant vos technique d’ébénisterie préférée : coupage, grattage, arbitrage etc… et de la jouer « normalement » et sur la durée afin qu’elle se façonne.

Ou dans les cas les plus désespérés, malheureusement pas trop de solution… c’est poubelle direct… ou mise en attente dans la boîte… ces petites choses sont tellement capricieuses, que qui sait… dans quelques semaines, avec plus ou moins d’humidité ou de chaleur… votre planche à pain pourrait s’assouplir comme par magie!

Si tout cela est un peu obscur et que vous n’avez pas encore vraiment compris ce qu’est une anche, l’importance de ce petit objet dans la production du son au saxophone, comment la choisir etc… je vous invite à aller lire ou relire les articles dédiés sur ce sujet :

L’embouchure au Saxophone #3 : Comment la renforcer ?

  1. La métaphore sportive

Quand on débute, nous n’avons pas suffisamment développé les muscles de notre visage qui forment notre embouchure. Il est donc important d’avoir à l’esprit que l’embouchure doit se travailler ! 

Pour illustrer cela, pensez à un sport : si vous n’avez jamais fait d’haltérophilie, il y a peu de chances que vous ayez naturellement assez de muscles pour soulever de fortes charges. 

Pour l’embouchure, c’est pareil ! sans muscles suffisamment développés, il est impossible de développer et maintenir longuement la pression nécessaire pour jouer d’un bec ouvert et une anche forte. 

Même si vous jouez déjà sur faible ouverture et avec une anche faible, il est possible que vous vous sentiez parfois fatigué de souffler ces premières notes. C’est normal et cela signifie que vous le faites correctement. C’est comme quand vous courrez 5 km alors que vous n’en avez pas l’habitude, au 3ème ou au 4ème km, vous ressentez certainement des douleurs musculaires dans les jambes… 

Soufflez maintenant des notes plus longues et expérimentez la pression de votre mâchoire et de votre lèvre inférieure sur l’anche et le bec. Remarquez comment il affecte le son. Plus de pression a pour effet de produire un son plus aigu, moins de pression entraîne un son plus grave. 

Vous pouvez vous entraîner avec un diapason pour trouver la bonne pression : un diapason joue en général un LA. Au saxophone alto ou Baryton, il faut jouer un Fa# pour obtenir le La du diapason; au saxophone ténor et au soprano, c’est un Si qu’il faut jouer. (je vous renvoie à votre liste des doigtés au saxophone que vous pouvez télécharger dans un autre article). 

Pendant que vous jouez, “accordez” vous avec le son du diapason, votre note doit se fondre dans celle du diapason, comme s’il n’y avait qu’un seul son. Si ce que vous entendez “frotte” dans votre oreille, c’est que vous n’y êtes pas, c’est que le son produit par le diapason et celui de votre saxophone jouent à des fréquences différentes mais assez proches. 

Relâchez ou accentuez la pression de votre embouchure pour trouver la bonne hauteur de note. 

Au fur et à mesure que vous vous développerez en tant que saxophoniste, votre embouchure se renforcera et vous gagnerez plus de contrôle, ce qui se traduira par un meilleur son.

Sachez simplement que cela prend du temps. Pensez à un joueur de saxophone avec une embouchure entièrement développée comme à quelqu’un qui soulève 160Kg à l’épaulé jeté. Cette personne a dû passer des heures et des heures tous les jours dans une salle de musculation pendant longtemps pour atteindre ce niveau et doit continuer à s’exercer tous les jours pour maintenir son niveau.

Tout vient à point à qui sait attendre dit le dicton, donc ne désespérez pas, restez motivé et fixez vous des objectifs ! 

2. Les bonnes pratiques

Pour finir, voici quelques bonnes pratiques à adopter pour développer, renforcer et stabiliser votre embouchure : 

  • Jouez votre saxophone tous les jours : régularité dans la pratique = retour sur investissement ! De courtes sessions mais régulières seront plus bénéfiques que de très longues séances trop espacées dans le temps.
  • Lorsque vous êtes fatigué, prenez des pauses. Une fois votre embouchure entièrement développée, vous pourrez jouer pendant des heures sans vous fatiguer, mais cela peut prendre des années. Cela ne sert à rien de s’entêter, si votre musculature n’est pas encore prête, vous ne pourrez pas monter votre altère ! 
  • Ne mordez pas. Mordre l’anche est ce que nous avons tendance à faire naturellement pour compenser une embouchure fatiguée. Lorsque nous ne pouvons pas maintenir une pression constante avec nos muscles du visage, nous mordons avec l’anche sur une lèvre mince et étalée. Cela a pour effet de diminuer l’amplitude de votre son et d’altérer votre justesse. 
  • Si vous sentez que vous vous fatiguez vite, changez votre anche et prenez en une plus faible ou un bec moins ouvert. Vous pourrez repasser à une anche plus forte quand vos muscles seront prêts !

L’embouchure du saxophone #2 : trouvez la votre !

Il y a différents paramètres d’embouchure à prendre en compte et à expérimenter afin de trouver vos repères.

  1. Quantité d’embouchure dans la bouche

Vous devez d’abord trouver la quantité de bec à mettre dans votre bouche.

Regardez votre bec de côté : regardez depuis le bout du bec (l’ouverture, c’est à dire là où l’anche n’est plus en contact avec le bout du bec). Descendez votre regard et trouvez le point où l’anche est à nouveau en contact avec le bec. Vous avez trouvé ? C’est à peu près l’endroit où il faut appliquer la légère pression de la lèvre inférieure dont je parlais dans l’article #1 sur l’embouchure du saxophone.  

Une erreur courante pour les débutants est de ne pas “prendre” assez de bec dans leur bouche et de simplement jouer sur la pointe ou d’en prendre trop…

Vous obtiendrez un meilleur son et aurez plus de contrôle avec la bonne quantité de bec dans la bouche.

Essayez donc de souffler quelques notes supplémentaires en expérimentant cela : prenez beaucoup de bec dans la bouche, puis très peu, puis positionnez vos lèvres plus au milieu, vous devriez très vite trouver une différence entre les différentes positions d’embouchure.

2. “Coussin” à lèvres inférieur

Expérimentons maintenant ce fameux “coussin”.

Comme je l’ai dit plus tôt, ce coussin est obtenu en positionnant vos lèvres du bas sur vos dents inférieures. Cela crée donc un “coussin” sur lequel va reposer votre anche quand vous aurez le bec en bouche. C’est sur ce coussin que l’anche va vibrer et produire des sons. 

Si vous repliez complètement votre lèvre sur vos dents, vous perdez tout le coussin et votre son sera “mince” et peu puissant. 

Nous avons tous des lèvres de forme différente, mais essayez de trouver le meilleur emplacement pour votre lèvre inférieure sur les dents qui vous permet d’avoir autant de coussin que possible tout en maintenant le soutien de la mâchoire et une embouchure bien hermétique. 

Soufflez quelques notes supplémentaires en expérimentant avec votre coussin à lèvre et essayez de ressentir pour trouver votre position des lèvres inférieures. 

Une bonne embouchure doit être ferme et détendue à la fois… Pas simple, mais vous allez trouver j’en suis sur ! 

3. Pression de la mâchoire

La dernière variable est la pression que nous appliquons à partir de la mâchoire.

Il y a beaucoup de facteurs en jeu ici : La force de votre anche détermine la résistance à cette vibration, l’ouverture de votre bec détermine la distance à parcourir par l’anche pendant qu’elle vibre. Donc plus d’ouverture signifie plus de résistance, plus de difficulté à faire vibrer l’anche et donc à produire un son. Une ouverture importante sollicite beaucoup les muscles faciaux, donc si vous débutez et que vous avez un bec très ouvert, vous allez très vite vous fatiguer, voire avoir des crampes dans la mâchoire… 

A l’inverse, lorsqu’il y a moins de résistance, dans le cas d’un bec peu ouvert combiné à une anche faible, nous mettrons moins de pression sur l’anche pour produire un son. 

C’est pourquoi pour débuter je vous conseille de jouer avec un bec peu ouvert et un anche de force assez faible (en général 1,5 pour les enfants et 2ou 2 ½ pour les adultes) 

L’apprentissage, c’est la découverte, mais aussi le mimétisme ! Vous pouvez allez voir des vidéos sur Youtube pour comparer les différentes embouchures de vos saxophonistes préférés, vous verrez, en étant assez attentifs, vous trouverez à chaque fois quelque chose de différent selon le saxophoniste, dans la quantité de bec en bouche, la position de la lèvre inférieure et parfois même le relâchement des joues. 

A vous donc d’expérimenter et de jouer sur les différents paramètres décrits plus haut pour trouver votre position, votre embouchure afin de produire votre propre son !

man wearing black cap with eyes closed under cloudy sky

Le souffle au saxophone : comment respirer

Contrairement à ce que vous pourriez peut-être penser, une respiration profonde ne consiste pas à respirer “avec ses poumons”, mais avec son ventre ! 

Oui, vous avez bien entendu, avec votre ventre ! 

Posez-vous la question : quelle est ma respiration naturelle? J’entends par là, quand je suis en total relâchement, sans activité physique particulière, voire quand je dors, comment est-ce que je respire? 

Est-ce que vous respirez en bombant le torse? en haussant vos épaules? 

Bien évidemment non ! 

Je pense que j’aurai juste à 99,9999% si je vous affirmais que vous respirez avec votre ventre quand vous êtes au repos. Je me trompe? Mettez le moi en commentaire… Mais comme il y a peu de chances que je me trompe et que j’aime bien recevoir vos commentaires, laissez en un quand même pour nous dire si vous avez effectivement pris conscience de cela désormais. 

Donc revenons à nos moutons… 

Respirer au saxophone, c’est respirer de façon naturelle, tout simplement. 

Souvent, les saxophonistes débutants se font une montagne de la manière de souffler dans un saxophone alors qu’ils ont toutes les ressources déjà en leur possession ! Oui, à ce que je sache, tout le monde sait respirer “normalement” non? 

Donc en bref, pas de méthode miracle ici, mais simplement un retour aux sources ! Mais comme on a tendance à « s’oublier », un peu de pratique ne vous fera pas de mal. 

Pour cela, il est possible de réaliser plusieurs petits exercices : 

Exercice 1 : Prendre conscience du cycle de respiration

  • Allongez-vous par terre, positionnez bien votre dos de manière à ce que votre sacrum (le bas du dos) soit le plus possible en contact avec le sol. Si vous disposez d’un tapis de gym, ça sera plus confortable pour vous. 
  • Mettez une main sur votre ventre respirez profondément, sans prendre trop d’air d’un coup, mais en prenant une grande et longue respiration. Pendant l’inspiration, votre main devrait monter. 
  • Expirez lentement, le plus lentement possible : votre main va naturellement descendre. 
  • Ensuite, placez un objet lourd sur votre poitrine, comme une pile de livres. Inspirez et expirez à nouveau. Les livres devraient se déplacer vers le haut lorsque vous inspirez et vers le bas lorsque vous expirez. Cela vous aide à visualiser le processus respiratoire.

Exercice 2 : Prendre conscience de l’impact de la respiration ventrale VS respiration pulmonaire sur votre « confort » (position debout)

  • Prenez une grande inspiration “avec le poumons”, puis expirez lentement l’air sans mettre de pression particulière ni chercher à faire vibrer l’anche. Pendant l’expiration, soyez attentif.ve à votre état de “confort”. Une grande respiration pulmonaire souvent est oppressante et peut donner une sensation d’étouffement (un peu comme quand tu essaie de nager un crowl de 100 mètre comme Laure Manaudou et que tu respires fort à chaque battement de bras…) Très vite, vous allez avoir le souffle court. 
  • Prenez maintenant une grande respiration “ventrale”, puis expirez lentement comme précédemment, sans chercher à faire vibrer l’anche. Soyez à nouveau attentif.ve à votre sensation de confort. Avec ce type de respiration vous devriez vous trouver plus relâché, plus confortable et ne plus savoir cette sensation d’oppression. 

Entraînez vous dès que vous le pouvez pour bien prendre conscience de votre respiration naturelle. 

Dans les embouteillages le matin en allant travailler, le soir dans votre lit avant de vous endormir etc… Vous verrez, vous respirez naturellement toute la journée, donc vous savez faire !! 

Il suffit juste d’appliquer cela en soufflant dans votre saxophone désormais !

Voici un schéma que j’ai trouvé assez bien fait et que je vous partage en tant qu’illustration :

Les éléments important de votre corps à maîtriser ici, sont vos poumons, votre diaphragme et votre ventre. Quand j’inspire, mon diaphragme se tort vers le bas, cela fait gonfler mon ventre et non pas ma cage thoracique. Il est généralement conseillé de respirer avec la bouche et non pas avec le nez !

Puis quand j’expire, mon diaphragme se tort dans l’autre sens, vers le haut, et plus j’expulse l’air, plus mon ventre doit se creuser pour pousser l’air de mes poumons.

Schéma de respiration