Pour aborder ce qui va suivre dans les prochains articles, sur les notes, les altérations, les intervalles, les tons etc… Nous devons repartir un tout petit peu sur les bancs de l’école, en cours de physique.
N’ayez pas peur, j’ai fait un bac Eco, donc je ne suis pas allé très loin dans cette matière scientifique. Ce qui suit sera donc largement à la portée de tous.tes.
Qu’est-ce que le son ?
Le son est une déformation de l’air qui se propage sous forme d’onde périodique. Une onde possède deux caractéristiques : la fréquence et l’amplitude.
La fréquence désigne le nombre d’oscillations de l’onde par seconde. Plus la fréquence augmente, plus le son résultant est perçu comme aigu.
L’amplitude désigne la force de la déformation. Plus l’amplitude augmente, plus le son est perçu comme fort. En musique, on fera jouer l’amplitude pour faire “des nuances” dans le volume sonore des sons produits.
Pour bien vous représenter ce concept un peu savant, fermez les yeux et représentez vous à la montagne, face à un lac, avec une pierre dans la main. Quand vous lancez la pierre dans l’eau se crée une onde, vous pouvez alors voir plusieurs cercles concentriques qui se propagent dans le lac. Le son que vous percevez quand la pierre tombe dans l’eau sera plus ou moins grave/ medium selon la dimension de votre lac.
Si vous faites la même expérience en jetant un cachet d’aspirine dans un verre après une soirée trop arrosée, vous aurez le même phénomène d’onde à la surface du verre, mais le son sera beaucoup plus faible (et heureusement pour votre migraine) et plus aigu que le rocher qui tombe dans un lac.
En ce qui concerne la production du son au saxophone et donc les différentes notes, c’est un peu le même principe : en faisant vibrer votre anche sous l’effet de la pression d’air, vous faites varier l’amplitude (le volume sonore et donc les nuances), et en appuyant sur les clés, vous faites varier la “longueur du tube” et la fréquence de vibration de votre anche, donc la hauteur du son. Par exemple, le “La” du diapason a une fréquence de 440 Hertz, ce qui signifie qu’à cette hauteur de note, votre anche vibre 440 fois par seconde. Au saxophone Alto, le “La 440” est produit par la note Fa# (dièse) médium.
Plus une fréquence sera élevée (tube court), plus le son produit sera aigu et plus votre anche vibrera vite. En revanche, plus vous rallongez le tube (en fermant les clés jusqu’au si bémol grave par exemple), vous obtenez un son grave et votre anche vibre moins vite.
Pour qu’il y ait musique, il faut plusieurs sons. On peut combiner des sons en les jouant successivement, on parle de mélodie. On peut les jouer en même temps, on parle d’harmonie.
Certains sons se combinent bien entre eux, d’autres non… On dit alors que les sons sont “consonants” ou “dissonants”.
A. DANHAUSER donne une définition assez simple et pertinente que je vous restitue ici : “Les intervalles consonants sont ceux que forment ensemble deux sons que l’oreille n’éprouve pas le besoin de séparer ; la consonance donne une impression d’unité, de cohésion et de stabilité.
Les intervalles dissonants, au contraire, sont ceux que forment entre eux deux sons que l’oreille éprouve le besoin de modifier, en les remplaçant par d’autres sons ; la dissonance donne une impression d’instabilité…”
Si vous avez un piano ou une guitare sous la main, jouez en même temps un sol et un sol#. Vous ressentez ce “frottement” désagréable dans vos oreilles?
Maintenant, jouez un do et un mi en même temps : vous percevez normalement bien les deux sons, mais ces derniers sont bien plus agréables à entendre.
ll existe des intervalles fondamentaux entre deux sons qui nous garantissent qu’ils seront consonants que nous aborderons plus bas, et que nous détaillerons lors des articles sur l’harmonie nécessaire à l’apprentissage de l’improvisation en jazz.
Alors au final, qu’est-ce qui arrive dans vos oreilles quand vous jouez une note de musique? Et bien ce n’est jamais un son “pur”, mais plutôt un ensemble de sons consonants qui se superposent à des fréquences différentes : une note fondamentale et des notes harmoniques, distantes les une des autres d’intervalles consonants.
La “richesse” d’un son produit par un instrument, son “timbre” dépend du nombre d’harmoniques audibles qu’il contient.
Pour illustrer ce phénomène physique, je vous propose de regarder l’image ci-dessous qui représente la forme d’onde fréquentielle de la note Si grave jouée au saxophone ténor qui équivaut à un La grave au piano.
On peut y voir de nombreuses “vagues” qui correspondent tout simplement aux différentes formes d’ondes des sons produits et que l’on entend dans la note Si grave au saxophone ténor. On a l’impression d’entendre qu’un seul son, mais en fait, il y a de très nombreuses courbes qui s’ajoutent les unes aux autres et à des intervalles consonants, de telle sorte que notre cerveau interprète n’entendre qu’un seul son.
Pour aller au bout de mon exemple, voici le détail de ces différentes sons pour produire un Si grave au ténor :
- Le point vert est la fondamentale (la note Si à une fréquence d’environ 110 Hz),
- Le point bleu est la première harmonique. Le son est aussi un un Si, mais avec un intervalle de 8 (octave), à 220 Hz. Remarquez au passage que l’octave = 2x la fréquence fondamentale,
- Le point violet est la troisième harmonique (la note Fa à environ 330Hz),
- Le point jaune est la quatrième harmonique : à nouveau le Si (double octave de la fondamentale et comme par magie Fréquence à 440Hz donc deux fois la précédente octave). NB: Vous remarquerez au passage que la note entendu en jouant ce Si est à 440Hz, comme le fameux La 440Hz que nous utilisons généralement pour accorder nos instruments. Normal, puisque le saxophone ténor est un ton en dessous des instruments en Ut.
J’aurai pu continuer longtemps comme ça car le spectre fréquentiel est infini, mais l’oreille humaine n’est pas assez sophistiquée pour percevoir les sons trop graves ou trop aigus.
Mais ce que vous devez retenir, et cela vous sera utile par la suite de votre apprentissage, c’est que les notes que vous jouez sont en fait un ensemble de sons qui se superposent à des intervalles réguliers (consonants de surcroit) dont vous pouvez faire varier l’amplitude pour créer des nuances.
