Maîtriser le Rythme en Musique : Méthode et Conseils Pratiques

Ahhh… Le rythme… Cela fait longtemps que je voulais vous écrire un billet à ce sujet. Le rythme est un des piliers fondamentaux de la musique. Cette notion est tellement large, très concrète, mais à la fois qui paraît tellement abstraite pour la plupart d’entre nous… Je ne savais pas par où aborder cette notion.

Mon objectif est de vous aider. Si je ne me lance pas sur ce sujet, je ne vous apporterai pas d’aide sur ce qui pour moi est plus important que les notes elles-mêmes en musique.

J’en entends déjà crier au scandale… « Comment ça, les notes c’est moins important que le rythme? mais sans note pas de musique ! « . Et vous avez raison, mais la réciproque est la même : sans rythme, pas de musique… Même si pour tenir mon propos quelques lignes plus haut, j’insiste et signe : le rythme c’est ce qui a de plus important dans la musique.

Pourquoi ? passons par l’exemple… tentez l’expérience avec moi…

  • Jouez une seule note droite, sans aucun rythme, quelque soit votre instrument d’ailleurs. Vous pouvez ajouter un crescendo et decrescendo pour le fun…. mais ça va rester quand même relativement monotone et « a-musical » (ouais, j’invente des mots si je veux d’abord!)
  • Tapez dans vos mains des rythmes sans aucune note, aucun chant. C’est pas fou fou, mais tout de même plus vivant qu’une simple note.
  • Jouez maintenant votre note du début note en faisant varier le rythme, en utilisant plusieurs figures rythmiques sur la même note (des croches, des doubles, des croches pointées doubles, des soupirs, des quarts de soupirs etc…). Nous sommes d’accord, de là à dire que c’est de la musique, peut-être pas… mais c’est tout de même plus intéressant qu’une note froide et sans vie….

Un autre point qui me semble intéressant à soulever, c’est que la musique, c’est finalement l’enchainement de notes ordonnancées dans un ordre précis sur une ligne temporelle bien cadrée et répétitive…

Et c’est justement là la difficulté principale si vous avez du mal avec le rythme : Jouer en rythme et donc jouer « musical », c’est en fin de compte traiter de nombreuses informations en même temps.

La lecture de note, la reproduction de la note sur votre instrument, la lecture des figures rythmiques, le décodage du rythme et la reproduction du rythme… Sans oublier que ce rythme doit être appliqué dans une dimension temporelle qui est la plupart du temps cadrée et rigide (mesures, temps, contretemps etc…).

Appréhender autant de concepts en même temps quand on ne les maîtrise pas bien individuellement, c’est mission impossible pour 80% des mortels que nous sommes car cela fait trop d’informations à gérer pour notre cerveau qui surchauffe à faire tant d’efforts.

Mais néanmoins, aucune fatalité ! Apprendre le rythme, s’améliorer en rythme est parfaitement possible pour tout le monde, c’est juste que ça peut prendre plus ou moins de temps, selon nos capacités individuelles.

Je vous renvoie à deux articles que j’ai rédigés sur ce blog afin de réviser vos figures rythmiques : relisez ça puis revenez vite pour la suite 😉

Vous me direz, « ok Sylvain, c’est bien beau ce que tu me dis là, mais concrètement, comment je fais moi pour m’améliorer en rythme? »

Vous allez dire que je suis rabat-joie (encore), mais la seule méthode 100% garantie pour des résultats à terme : c’est le TRAVAIL et la PATIENCE !!!!

Et en particulier pour le rythme le mot d’ordre est DECOMPOSITION.

Soyons honnêtes 5 minutes avec nous mêmes (et moi le premier) quand on déchiffre une partition, on y va cash. On lit les notes les une après les autres et on découvre avec stupeur chaque rythme associé à chaque note, surtout si la partition est « noire » de doubles croches et de silences imbriqués un peu partout… Notre méthode de déchiffrage est mauvaise. Lire les notes c’est bien, mais avez vous l’habitude de déchirer le rythme sans dire les notes? Avez vous l’habitude de décomposer votre déchiffrage en prenant chaque mesure une à une pour repérer quel rythme va où ?

Je prends toujours mes métaphores sportives ou culinaire :

Un bon plat, c’est l’agencement parfait entre des ingrédients individuellement peu intéressants, mais qui, liés ensembles laissent un souvenir inoubliable en bouche.

Une bonne musique, ce sera donc l’exécution de ces ingrédients dans le bon ordre, au bon moment pour que la mélodie coule naturellement et parfaitement dans vos oreilles sur une ligne temporelle cohérente.

Quant au sport, pensez vous être capable de faire un Fosbury à 2m50 sans maîtriser parfaitement au préalable le nombre de pas, la longueur des pas, le timing de saut, la vision dans l’espace, la gestion du stress …

Des heures et des heures de travail seront nécessaires pour maîtriser cela à 100%, surtout si vous sautez avec votre saxophone et en costard…

Donc si je récapitule un peu et que je rassemble tout ça, le rythme est un élément fondamental de la musique et jouer en rythme nécessite plusieurs choses :

  • 1 : Des connaissances théoriques pour comprendre la temporalité de la musique (le tempo, les mesures, les figures de notes, les figures de silence etc… )
  • 2 : Jouer en rythme vous amène à traiter de très nombreuses informations en même temps et moins vous les maîtrisez individuellement, plus cela demande trop d’efforts à votre cerveau
  • 3 : Notre façon de déchiffrer et d’apprendre les morceaux est mauvaise car on ne prête que rarement d’attention à isoler uniquement le rythme.

Ma stratégie pour dominer le rythme :

Donc voici ma proposition de méthode pour vous aider à travailler le rythme :

Les pré-requis :

  • Connaître la partie théorique, savoir reconnaitre les différents rythmes et connaitre leurs valeurs temporelles cf articles ci-dessus.
  • Mettre un metronome qui va vous marteler chaque temps par un « clac » ou un « clic » fort agréable. (au début mettez un tempo réduit)
  • Assurez vous que vous arrivez à effectuer l’étape correctement en synchronisation avec le métronome avant de passer à la suivante.

Ensuite, suivez ces 5 étapes :

  • En vous référant au maître du temps (le fameux métronome), vous allez « dire » les rythmes avec une onomatopée de votre choix : « ta », « pa », « di », « pouf », « paf » (le chien), peu importe, il faut que ce soit la votre celle qui va sortir naturellement.
  • Ensuite, dites le rythme avec votre onomatopée préférée, et tapez la pulsation en même temps que le métronome. La pulsation, c’est la manifestation sonore et temporelle de chaque temps. En gros, tapez sur la table de façon synchrone avec le clac du métronome. Cette étape est très importante pour que vous preniez conscience du temps.
  • L’étape d’après consiste à dire les rythmes ET à les taper dans vos mains. à chaque « da », « tu » « pif » (gadget), vous tapez dans vos mains.
  • Puis tapez uniquement les rythmes dans vos mains, sans les dire. Je vous conseille de vous exercer sur des rythmes simples au début, à tempo modéré, et en boucle ! Et de monter le niveau de difficulté au fur et à mesure. Vous trouverez aisément des exercices rythmiques progressifs sur le net.
  • Enfin, quand vous aurez bien ancré le rythme en vous, choisissez un morceau et jouez le en rythme !

J’espère que cet article vous aura un peu démystifié ce diable de rythme et que cela vous inspirera et vous décidera à le travailler pour vous améliorer et vous sentir plus à l’aise dans votre pratique musicale !

Comment Trouver la Tonalité d’un Morceau Rapidement – Saxtunes

Vous avez un nouveau morceau, une nouvelle partition que vous voulez jouer ou que votre prof vous a suggérée ? « Rien de sert de souffler, il faut respirer à point…. « 

En effet, partir directement sur un déchiffrage acharné, saxophone en bouche, les doigts sur les clés prêts à fumer du doigter sera un bon moyen de vous frustrer direct, car si le morceau est un peu costaud, vous allez vous engouffrer dans la difficulté et vous confronter à l’échec immédiat, ce qui n’est jamais bon pour la motivation… Et vous vous direz « ah non!!! ce morceau est trop dur pour moi, je n’y arriverai jamais…C’est trop dur, de toute façon je suis trop nul(le)…  »
Si si… Ne faites pas non non de la tête, tout le monde y passe, j’y suis passé, et encore aujourd’hui cela m’arrive de tomber sur un os… Et quand ça arrive, le négativisme arrive toujours en premier !!!
Alors, oui, regarder rapido le morceau, faire quelques notes pour au moins entendre quelques sons sera nécessaire, mais en complément de mon excellent article (j’aime bien m’auto congratuler) sur « comment travailler une phrase difficile » que je vous invite à (re)lire, Je vous invite à travailler la gamme principale du morceau.

Encore des gammes, toujours des gammes… Et oui… la musique, c’est comme le sport… il faut toujours faire un peu de travail de fond pour entretenir ou développer son niveau… Reste à travailler intelligemment pour que les exercices soient ludiques, mais c’est un autre sujet…

Donc pour en revenir à mes moutons…

Ce que je conseille à mes élèves systématiquement face à un nouveau morceau, c’est de travailler la gamme d’un morceau avant de travailler le morceau lui même. Pourquoi ? Tout simplement parce que dans le morceau, vous aurez des enchainements de notes de la gamme principale, et que vous l’ancrer dans les doigts vous permettra de déchiffrer plus vite de morceau en morceau…

Ok, mais comment savoir quelle est la gamme à travailler?

C’est exactement le sujet de cet article. Cela pourrait paraître très fastidieux et théorique, mais il n’en n’est rien ! Saxtunes, en grosse feignasse de la musique, est là pour vous apporter une astuce rapide et imparable pour repérer la tonalité d’un morceau.

Vus avez votre partition sous les yeux, regardez l’armure (pour rappel, l’armure, c’est le nombre de dièses ou de bémol qui apparaissent juste à côté de la clé de sol (ou fa ou ut…)en début de partition).

Et là, deux possibilités :

  • Si l’armure est composée de dièse(s) : Repérez le dernier dièse de l’armure et ajoutez un demi-ton : vous avez trouvé la tonalité majeure de ce morceau
  • Si l’armure est composée de bémol(s) : Repérez l’avant dernier bémol : vous avez trouvé la tonalité majeure du morceau.

Ce n’est pas plus complexe que cela !

Cette révélation va changer votre vie…

(ou pas…)

Bon, je vous fais quand même quelques exemples en images :

Sur cette armure, il y a trois dièses, de gauche à droite : Fa, Do et Sol.

C’est une armure en dièses donc je repère le dernier dièse :

C’est le SOL#

Je rajoute un demi-ton Sol# + 1/2 ton = La

La tonalité du morceau est donc LA MAJEUR ! (trop fastoche)

Sur cette armure, il y 4 bémols, de gauche à droite : Si, Mi, La et Ré.

C’est une armure en bémols donc je repère l’avant dernier bémol

C’est le LA bémol

Je n’ai rien d’autre à faire…

La tonalité du morceau est donc LA bémol MAJEUR ! (encore plus fastoche)

tools on toolbox

Vous pouvez mettre cette astuce dans votre boîte à outils du parfait musicien, elle vous sera, j’en suis sur, très utile pour repérer rapidement les tonalités de vos morceaux, afin de travailler la bonne gamme (si vous ne les connaissez pas encore par cœur), ou savoir quelle gamme utiliser pour faire une improvisation.

Je vous ferai une vidéo explicative un peu plus tard, mais en attendant : tous à vos cahiers de gammes et travaillez votre Sax !

Les gammes d’improvisation #4 : La gamme Blues Majeure

Blues et majeur ? Comment est-ce possible? La « vraie » gamme blues est mineure, nous l’avons vu dans un autre billet, et le Blues, n’est il pas sensé être une musique mélancolique, empreinte de tristesse et de profondeur d’âme? Par ailleurs, ne dit-on pas toujours que les tonalités Majeures en musique, sont joyeuses, optimistes et positives non?

Dès lors, comment une gamme blues peu-elle être majeure et donc avoir une sonorité positive?

C’est comme ça en musique, rien n’est gravé dans le marbre, les règles sont souvent tansgressées ou réadaptées : la créativité n’a pas de limites, et il existe une gamme blues majeure qui crée une nouvelle dimension musicale à explorer.

person holding a cardboard banner with what now written on it

Mais je ne voudrais pas vous assommer avec de longs discours de théorie… Même s’il faut y passer à un moment ou un autre… Je vous propose plutôt de découvrir un blues majeur par une écoute, par un exemple de ce qui s’est fait de mieux dans le genre : Un des morceaux les plus représentatifs de ce qu’est un Blues Majeur est « Sister Sadie » de Horace Silver.

La mélodie typiquement « hard-bop » évoque fortement le gospel et le blues grâce à une sonorité très « soul ».

Ce morceau est comme une réponse au célebriscime « Moanin » du batteur Art Blakey et en l’écoutant, il fait penser à une composition de big band alors qu’il a été écrit pour un Quintet ! C’est la tout le génie du pianiste Horace Silver qui nous a laissé entre autres, « Jody Grind », « Opus de Funk » ou « Song for my father » ou l’unique « Nic’s Dream »qui sont autant de standards éternels que tout amateur de jazz écoute ou joue régulièrement dans sa vie !

Je vous propose de jouer ce morceau pendant que vous lisez la suite en cliquant sur le lien :

Franchement, on ne s’en lasse pas non? C’est un blues, il n’y a pas de doutes ! Mais c’est un blues qui donne envie de danser et pas de se morfondre !

Mais revenons justement à la gamme blues majeure. Après tout, c’est bien le titre de cet article !

Nous l’avons vu dans un article précédent, la gamme blues mineure est déduite à partir de la pentatonique mineure en y ajoutant la Quinte Bémol qui fait partie des « blues notes ». Une gamme blues compte donc 6 notes, 6 degrés.

Je vous le donne en mille : La gamme blues majeure va aussi se déduire à partir de sa pentatonique majeure, en y ajoutant une Sixième note.

Vous vous souvenez comment construire les gammes pentatoniques? Non? petit rappel…

La pentatonique majeure se construit sur les degrés 1-2-3-5 et 6 de la gamme majeure

La pentatonique mineure se construit elle sur les degrés 1-3b-4-5-7b de la même gamme majeure.

Si vous voulez réviser, ça se passe par là :

Et pour que ce soit du blues, il faut une connotation mineure, plus sombre à cette gamme. Pour cela, nous utiliserons la tierce mineure.

les 6 notes de la gamme blues majeure seront donc les degrés 1-2-3b-3-5-6.

Pour Mi Blues Majeur nous aurons donc :

Maintenant que le « Secret » est révélé, regardons quand même d’un peu plus près ce qui se passe dans le thème de Sister Sadie, l’exemple de mise en pratique que je vous propose ici.

Voici le thème écrit en Eb pour saxophone Alto :

En lisant ces notes, vous arrivez à reconnaître la gamme utilisée? …….. Regardez bien…… Si je vous dis gamme de 5 notes ?

Non toujours pas? Je je vous dis Pent… Penta…. Oui ! La gamme pentatonique est utilisée dans ce thème!

Sur le Mi 13 (E13) c’est assez clair ! Seulement quelle gamme pentatonique? Majeure ou mineure?? Attention il y a un piège…

Le A du thème de Sister Sadie (les 8 premières mesures) tourne sur un Mi septième (E7). La gamme pentatonique majeure est donc Mi Fa# Sol# Si Do#. Vous ne remarquez rien? Si si !! On retrouve bien ces notes dans cette mélodie…mais vous avez raison…pas toutes… En effet, une note s’est immiscée la dedans et ne sonne pas pareil, elle amène une sonorité plus sombre, plus « Blues ».

Regardez à nouveau la première phrase : Oui, en effet, il n’y a pas le Fa# de cette pentatonique majeure, mais un Sol Bécarre … Ce sacré Horace nous a fait une blague et a remplacé le deuxième degré de la penta majeure par une tierce bémol.

Prise dans son ensemble, cette phrase compte 5 notes… une pentatonique donc… Mais sous une nouvelle forme, carrément inventée par ce morceau. Mais quel Génie Vraiment !

Mi, Sol bécarre, Sol #, Si, Do #, si on compte les degrés, la forme est donc 1-3b-3-5-6 . Certains ont appelé cette gamme la « Soul pentatonique » car c’est une variante de la penta majeure, mais avec cette tierce mineure qui amène une sonorité caractéristique du blues. Cela ne vous rappelle rien? Comparez cette forme de pentatonique avec la gamme blues majeure décrite plus haut, vous constaterez qu’on est en plein dedans!

Donc au final, nous pourrions dire que la gamme blues majeure est un mix entre la pentatonique majeure et la Soul pentatonic.

En tous les cas, un nouveau terrain de jeu s’offre à vous et maintenant que vous connaissez les « Secrets » des 4 gammes d’improvisation les plus répandues vous allez sortir des Solos dignes des plus grands maîtres du style !! En tous les cas, je vous le souhaite !

Pratiquez, écoutez, expérimentez et surtout, prenez du plaisir !!

Introduction aux modes en musique

Si je vous dis dorien, phrygien, lydien, mixolydien, lydien, ionien etc… Vous me direz que vous n’êtes pas là pour coudre des bonnets révolutionnaires, revoir vos cours de grec, ou disserter des populations d’Asie centrale à l’antiquité j’imagine, et que vous ne voyez pas l’intérêt d’employer ces termes sur ce blog… Ne prenez pas peur, restez un peu et lisez tranquillement ce qui suit…

La théorie musicale, qu’est-ce que c’est barbant, ennuyeux, rasoir, relou diraient les jeunes… En effet, ce n’est pas toujours une partie de plaisir de s’atteler à un nouveau chapitre, j’en conviens, avec tout son lot de complexité, et il est plus facile et confortable de rester sur ses acquis…

Après-tout, quand on joue de la musique, on veut simplement se faire plaisir, « kiffer la vibe », s’amuser et obtenir du plaisir instantané en jouant sur un morceau, ou pour les amateurs de jazz, improviser et sortir le Chorus de Michael Brecker, de Cannonball ou de John Coltrane de suite…

La dure réalité de la vie est que cela n’est pas aussi simple… Et que pour y arriver, il faut apprendre encore et toujours pour enrichir sa culture musicale et faire sien des concepts les plus fumeux et toujours plus complexes… En apparence seulement car si on regarde sans stress, on se rend souvent compte que ce n’est pas si difficile qu’il n’y paraît…

Si vous êtes tombé sur cet article, c’est que vous avez déjà un niveau assez avancé de la musique, au moins une bonne culture générale ou que vous êtes très curieux et désireux de progresser dans votre pratique de la musique.

Alors mettez de côté tous vos a priori et soyez attentifs.ves à ce qui suit.

dressmaker smiling in white long sleeve blouse holding a scissors with measuring tape hanging on her neck

Qu’est-ce qu’un mode en musique ?

Sans vouloir faire de jeu de mot douteux, j’ai envie de dire que l’utilisation des modes en musique, n’est pas le nouveau truc « à la mode » chez les compositeurs, artistes ou grands improvisateurs… Et ce n’est pas non plus la nouvelle tendance sur insta pour devenir une « fashion Victim » !

En effet, l’utilisation des modes remonte à l’antiquité et ces derniers ont toujours été utilisés depuis que la musique existe… Le fait de dire que ce sont des modes n’est en fait que l’expression de l’intégration de ces pratiques dans la théorie musicale.

Mais rentrons un peu dans le concret.

Un mode, ce n’est ni plus ni moins qu’une gamme commencée à partir d’une note différente que sa racine, que sa note « d’origine ».

Pour le dire autrement (et de façon plus conventionnelle), un mode est obtenu à partir du moment où une gamme est commencée par autre chose que sa tonique.

Ce n’est toujours pas clair? Prenons un exemple :

Vous connaissez tous.tes la gamme de do majeur, non? Et bien appliquer les modes sur cette gamme consistera tout simplement à utiliser toutes les notes de cette gamme en partant de chacun de ses degrés.

Petit rappel sur les degrés… en effet, si vous ne maîtrisez pas encore cette notion, vous ne comprendrez pas grand chose à ce qui suit donc je vous conseille d’aller réviser par là :

De retour ? Ok ! reprenons alors !!

Un exemple plus visuel peut-être vous parlera plus :

Ci-dessus, vous avez la gamme de Do majeur, et avec inscrits en dessous en chiffres romains tous les degrés de cette gamme (du 1er au 7ème degré).

Maintenant, appliquons la définition du mode évoquée un peu plus haut, utilisons toutes les notes de la gamme de Do majeur, mais à partir du deuxième degré (à partir de la note ré).

Cela donnerait :

Et bien vous venez de créer un mode de la gamme de Do…

Faisons maintenant l’exercice sur le 6ème degré : on retranscrit les 7 notes de la gamme de Do majeur, mais en partant du 6ème degré (VI), en partant donc de la note La.

Cela amènerait à :

Vous pouvez constater que nous utilisons la même gamme majeure, celle de Do car il n’y a toujours pas d’altération à la clef, aucune note dièse ni bémol ! Et bien cette gamme partant de La est aussi un mode.

Que pouvez-vous en déduire? …… Musique bossa nova…………………………. petit solo de xylophone pour la concentration…..odeur du café fraîchement torréfié……………………………….senteurs chimique de hall d’hôtel pour stimuler le plaisir des clients………………..

Eureka !!!!!!!

Exactement ! chaque gamme majeure possède 7 notes, donc 7 degrés donc 7 modes !

Nous rentrerons un peu plus dans le détail de chacun de ces modes un peu plus tard… Le temps pour vous de digérer cette nouvelle révélation !

Donc, si je n’ai pas été trop mauvais, vous avez compris désormais ce qu’est un mode en musique…. Ok d’accord, mais quel intérêt de décaler la gamme majeure de cette manière? à quoi ça peut bien servir, si ce n’est se triturer le cerveau et inventer un nouveau concept théorique à utiliser dans les dîners mondains pour étaler toute sa culture musicale ?

A quoi servent les modes en musique ?

question marks on paper crafts beside coffee drink

C’est vrai que comme ça, on pourrait se dire que ces modes ont été inventés et créés artificiellement et qu’au final, ils n’ont aucune différence avec les gammes majeures habituelles puisqu’on utilise exactement les mêmes notes.

Détrompez vous ! et pour vous en rendre compte, faite l’exercice vous même sur la gamme de do majeur.

Jouez cette gamme en entier , de Do à Do et écoutez bien le son, la couleur de cette gamme. ……………………..Ça y est? C’est fait? C’est une gamme majeure, donc sa sonorité est plutôt joyeuse, chaleureuse.

Maintenant jouez cette même gamme mais de La à La (à partir du VIème degré) et écoutez bien la couleur …………….. Vous entendez la différence? Ne trouvez-vous pas que la sonorité est plus Mélancolique ?

Un autre exemple en partant du deuxième degré : jouez toutes les notes de la gamme de do majeur de Ré à Ré. Entendez-vous cette sonorité « Jazzy » ?

Vous avez entendu la différence ? j’en suis sur que oui ! Ces différentes gammes, ces différents modes, bien qu’ils utilisent strictement les mêmes notes, ils ont des couleurs différentes, et c’est là que réside tout l’intérêt de leur utilisation.

« Mais comment est-ce possible? Mon oreille et mon cerveau me jouent-ils des tours ?? Suis-je sujet à des hallucinations auditives ?? »

Non pas vraiment, je vous rassure. Le secret, c’est qu’en décalant les notes degré par degré, on décale aussi la structure de la gamme, ce qui a pour effet de placer les tons et les demi-tons différemment, et c’est cela qui crée cette différence de perception auditive et ces différences de couleurs.

Finalement donc, les modes en musique servent à enrichir le vocabulaire dans un morceau donné, en utilisant des couleurs différentes. Que ce soit en composition ou en improvisation, utiliser les modes permet de « moduler », d’amener un élément nouveau qui va sortir l’auditeur de son habitude, le surprendre, retenir encore plus son attention car on lui propose autre chose dans le cadre du même morceau.

Nous parlons de « couleur » musicale. Faites le parallèle avec la peinture : un artiste qui utilise les trois couleurs primaires uniquement sera-t-il capable de créer des oeuvre plus riches ou moins riches que celui qui utilise ces mêmes couleurs primaires mais déclinées en plusieurs nuances, voire techniques (fusain, aquarelle etc…). Ce sont les mêmes notes de couleur mais leur variété visuelle rendra l’oeuvre plus intéressante.

Après tout, un Bleu nuit, un bleu ciel ou un Bleu pétrole sont tous des bleus, mais ils ne provoquent pas la même émotion. Tout comme un Ré naturel un Ré dorien ou un Ré myxolidien sont tous des ré, mais leur sonorité apportera des ressentis différents et enrichiront votre composition ou improvisation.

J’espère que vous êtes allé jusqu’au bout de cet article, mais surtout, que vous avez désacralisé ce concept de mode en vous rendant compte, que ce n’est pas si difficile que ça, et que vous avez compris l’intérêt d’utiliser ces modes !

Dites le moi en commentaires !

A plus tard pour rentrer un peu en détail dans ces modes…

ii V i

Les 2-5-1 mineurs : les reconnaître, les comprendre et improviser dessus.

Bonjour toute le monde !

Voilà quelques semaines que je n’avais pas écris sur ce blog. Manque de temps, d’inspiration, de motivation? Je ne sais pas trop, peut-être un peu de tout ça.

Mais me revoilà ! Aujourd’hui je voudrais vous parler de la cadence ii-V-i ou 2-5-1 mineur.

Dans un précédent article, je vous partage les notions de base pour repérer les ii-V-I (2-5-1 majeurs) et comment jouer sur ces accords, notamment comment reconnaître la gamme majeure associée. Pour réviser, c’est par là :

Aujourd’hui donc, nous allons reprendre globalement la même chose, mais les gammes à utiliser pour improviser seront un peu différentes.

Si tu as besoin de réviser un peu, je t’invite à aller lire ou relire les trois articles ci-dessous et à revenir vite ici pour connaître la suite.

Si tu es déjà au fait de ce que sont les accords de l’harmonisation des gammes majeures, de ce que sont les accords « 7 » en Jazz et que tu maîtrises les 2-5-1 majeurs, tu peux passer à la suite directement.

Quelques révisions…

Application : construire l’harmonisation de la gamme mineure naturelle

person standing near brown welcome on board printed floor map

Pour comprendre ce qui se passe avec les ii-V-i mineurs, refaisons une harmonisation de la gamme mineure naturelle un utilisant la même méthode que pour la harmoniser la gamme majeure.

Et pour cela, nous prendrons l’exemple de la gamme de La Mineur naturelle.

1. Ecrivez sur du papier à musique toute les notes de la gamme de la mineur (la si do ré mi fa sol) :



2. Sous chaque note, notez le degré correspondant (première note = premier degrés, deuxième note = deuxième degrés…):

3. A partir de chaque degrés, empiler les triades pour créer les accords jusqu’à avoir 4 notes :

4. Caractériser chaque accord en déterminant la nature des tierces :

Pareil, si vous avez besoin de réviser ici, je vous renvoie à l’article sur les intervalles :

Revenons donc sur notre harmonisation et caractérisons nos accords en déterminant la nature des tierces , sur la gamme de la mineur :

Premier degré, La (I) = il y a trois tierces empilées : la-do (tierce mineure car 1, 5 tons), do-mi (tierce majeure car 2 tons), mi-sol (tierce mineure car 1,5 tons). 3m-3M-3m : nous avons donc un accord min 7, La min7 (Am7).

Deuxième degré, Si (II) = même exercice, regardons les tierces : si-ré (tierce mineure), puis ré-fa (tierce mineure) et enfin fa-la (tierce majeure). 3m-3m-3M : nous avons donc un accord de septième semi diminué. L’accord Mineur 7 quinte bémol ou semi-diminué peut s’écrire de plusieurs façons (m7b5 ou ∅). Pour improviser sur ces accords ∅, nous choisirons souvent la gamme mineur harmonique, en mode dorien. Nous verrons les modes plus tard, mais pour l’instant dites vous que comme le Bm7b5 est le deuxième degré de la gamme de la mineur, c’est la gamme mineur harmonique de La que nous utiliserons 😉

Troisième degré, Do (III) : do-mi (tierce majeure car 2 tons), puis mi-sol (tierce mineure car 1,5 tons), puis sol-si (tierce majeure car 2 tons. 3M-3m-3M = sous sommes sont sur un accord Majeur 7 (DoM7)

Quatrième degré, Ré (IV) : ré-fa (tierce mineure), fa-la (tierce Majeure), la-do (tierce mineure). 3m-3M-3m, nous sommes donc un un accord min7, Ré min7 ici (Dm7)

Cinquième degré, mi (V) : mi-sol (tierce mineure), sol-si (tierce majeure), si-ré (tierce mineure). 3m-3M-3m, nous sommes donc sur un accord min7 , Mi min7 (Em7).

Sixième degré, fa (VI) : fa-la (tierce majeure), la-do (tierce mineure), do-mi (tierce majeure). 3M-3m-3M donc nous avons un accord Maj7, Fa Maj7 (FM7).

Septième degré, Sol (VII) : sol-si (tierce majeure) puis si-ré (tierce mineure) et enfin ré-fa (tierce mineure). 3M-3m-3m, c’est un accord 7, Sol 7 (G7).

Pour ancrer ces notions bien dans votre mémoire, je vous invite à faire l’exercice pour chaque gamme, cela vous habituera à compter les tierces, à trouver leur nature et donc caractériser vos accords. C’est une gymnastique un peu fastidieuse mais pas si compliquée au final quand on suit étape par étape.

Puisque je suis toujours un gars sympa, je vous mets le tableau complet, mais vraiment, faites l’effort, cela vous aidera à avoir des automatismes pour la suite.

Nous retrouvons ici tous nos degrés de 1 à 7, en en empilant nos triades sur les notes de la gamme mineure naturelle, nous obtenons des accords caractéristiques de chaque degré.

Passons à la pratique : Comment improviser sur un ii-V-i mineur?

brass saxophone on white plastic chair

Un ii-V-i mineur sera donc une suite d’accords enchaînant le second et le cinquième degré d’une gamme et finira par le premier degré d’une gamme mineure.

Attention, il y a quand même un petit piège… En effet, si on se réfère au tableau ci-dessus, les cinquièmes degrés des gammes mineures doivent être eux aussi mineurs.

En pratique, pour repérer un 2-5-1 mineur, nous n’allons pas faire attention à la nature du degré 5. En sommes, peu importe s’il est mineur.

La plupart du temps, on repèrera plutôt le second degré qui est un accord bien spécifique, comme nous l’avons vu plus haut, c’est un accord semi-diminué, soit un accord min7 quinte bémol, noté sur les grilles m7b5 ou ∅.

Repérez l’accord ∅ dans une progression. Considérez-le comme un deuxième degré et donc déduisez-en la tonique (le premier degré). Si l’accord qui suit est un cinquième degré de cette même tonique (peu importe si l’accord est majeur ou mineur), vous êtes en 2-5-1 mineur.

Sur cette progression, vous pourrez jouer, la gamme pentatonique mineure, la gamme blues, la gamme mineure naturelle évidemment, mais surtout, la gamme mineure harmonique. Cette dernière à un petit côté oriental qui ne passe pas inaperçu lors d’une phrase musicale, en l’utilisant, vous ferez votre petit effet à chaque fois ;-).

Un article sera rédigé plus tard sur les gammes mineures, mais en anticipation, voici comme construire la gamme mineure harmonique : l’exemple est la la gamme de La mineur harmonique, mais la construction est la même pour toutes les tonalités, à reproduire donc selon vos contextes :

Voilà pour cet article un peu long, mais assez récapitulatif de plusieurs concepts vus précédemment.

Maintenant que vous avez le savoir, il faut pratiquer, pratiquer, pratiquer…. C’est à dire, analyser vos grilles, repérez les accords, compter les degrés pour trouver les tonalités, puis utiliser les bonnes gammes, selon la progression d’accord dans laquelle vous vous trouvez.

Je vous souhaite bon courage dans votre apprentissage !

harmony lessons book on piano

Les accords « 7 » : L’essence des standards de Jazz

En Jazz, il est très fréquent de voir des accords chiffrés “7”.

Ce sont donc des accords à quatres sons comprenant la fondamentale (1er degré), la médiante (une tierce au dessus de la tonique), la dominante (5ème degré, une tierce au dessus de la médiante ou à une quinte de la tonique) et la sensible (7éme degré, une tierce au dessus de la dominante).

Ce vocabulaire est assez barbant, je vous l’accorde (sans mauvais jeu de mots…), mais je l’emploie afin de vous forcer un peu à vous familiariser avec car c’est important pour la suite de maîtriser les degrés, les intervalles etc… En effet, appelons un chat un chat…

Si par exemple dans une conversation de zoologie vous ne comprenez pas ce qu’est un monotrème, vous aurez du mal à appréhender la leçon sur les rites nuptiaux des ornithorynques de Tazmanie…

Trop mimi non ??

C’est pareil pour les accords et l’harmonie. Vous devez maîtriser les fondamentaux pour en comprendre les usages.

Revenons donc à nos accords “7”.

Les principaux que vous rencontrerez en jazz sont les accords 7, m7, Maj7 et m7b5

Voici comment ils se composent :

° L’accord majeur 7 (Maj7 ou Δ7) : Il se compose d’un empilement d’une tierce majeure (2 tons), puis d’une tierce mineure(1,5 tons) puis une nouvelle tierce majeure (2 ton). En CMaj7 on a donc : Do-Mi-Sol-Si

° L’accord 7, nous l’avons vu plus haut dans l’article introductif sur les accords est assez simple à construire : on empile au-dessus de la fondamentale une tierce majeure, puis deux tierces mineures (1,5 ton). Pour Do7 (C7) nous aurons donc Do-Mi-Sol-Sib.

° L’accord mineur 7 (m7 ou -7) : Il se construit sur la base d’un accord parfait mineur par l’empilement d’une tierce mineure (1,5 ton), puis d’une tierce majeure (2 tons), puis d’une nouvelle tierce mineure. En Cm7, nous aurons donc Do/Mib/Sol/Sib

° L’accord Mineur 7 quinte bémol ou semi-diminué(m7b5 ou ∅) : Il se construit en empilant deux tierces mineures (Deux x 1,5 tons) puis une tierce majeure. Un Cm7b5 ou C∅ contiendra donc les notes Do/Mib/Solb/Sib. Vous remarquerez au passage que la tierce, la quinte et la Septième ici sont bémol.

Chacun de ces accords possède sa propre sonorité et une couleur spécifique.

Dans l’article suivant, nous allons commencer à aborder les fameux 2-5-1 dont vous avez certainement déjà entendu parler, et que vous allez retrouver dans bon nombre de titres de Jazz.

En attendant, entraînez-vous à écrire et à construire vous même les différents accords “7” sur chacune des notes pour commencer à vous familiariser avec ces derniers. Et puis tiens, pour aller au bout des choses, mettez votre sax autour du cou et commencez à jouer les différentes notes de ces accords pour commencer à vous les mettre dans l’oreille et dans les doigts 😉

Pour illustrer cela, laissez vous convaincre par l’illustration ci-jointe qui est la parfaite illustration de ce que je viens de raconter : dans Autumn Leaves, il n’y a que des accords 7 et de toutes natures !

Les accords…

close up photo of a musical sheet

Nous avons parlé dans un autre guide de la différence entre mélodie et harmonie. Pour faire vite, la mélodie c’est jouer des notes dans une tonalité, les unes après les autres dans un ordre réfléchi. “Jouer”une harmonie, c’est jouer plusieurs notes en même temps, en essayant de respecter ce qu’on a vu dans un autre article, la consonance des notes, jouer de manière à ce que ce qui est perçu par l’auditeur soit agréable.

Pour utiliser une image afin de distinguer mélodie et harmonie, on pourrait dire que la mélodie constitue le sujet du tableau, tandis que l’harmonie constitue le décor, la toile de fond.

Cette harmonie, ces différents éléments superposés, peuvent se “synthétiser” en écriture musicale et notamment en Jazz. Ainsi, les instruments mélodiques et improvisateurs (Saxophone, trompette, flûte etc…), s’intègrent dans le cadre et le contexte que proposent les instruments accompagnateurs (piano, guitare, basse etc…). Ce cadre “harmonique” est représenté par une progression d’accords qui s’enchaînent les uns après les autres et sont tout simplement l’ossature du morceau.

Un accord désigne simplement un ensemble de notes séparées par une série d’intervalles bien définie.

Les accords désignent généralement des « paquets » d’au moins trois notes, dont la construction obéit à des règles bien précises.

Il y a différents types d’accords de trois notes

L’accord parfait majeur : c’est l’accord le plus « logique » et consonant, puisqu’il se construit en empilant, sur une note de départ, une tierce et une quinte, les notes qui correspondent aux toutes premières harmoniques de n’importe quel son. (je vous renvoie à l’article avant-propos 2 sur les harmoniques.)

L’accord parfait mineur : on prend la même chose que pour l’accord parfait majeur, mais la première tierce devient mineure, simplement en enlevant un demi-ton. Les accords mineurs seront fréquemment employés dans un contexte musical où l’on souhaite apporter une atmosphère plus triste, mélancolique, dramatique, ou tout simplement plus chargée en émotions.

Les accords de plus de 3 notes.

Le saxophone est un instrument mélodique et non un instrument harmonique car on ne peut jouer qu’une seule note en même temps. En revanche, en jazz, et plus particulièrement en improvisation, on va jouer des notes, des mélodies sur une suite d’accords. Connaître la composition des accords permet de déduire les tonalités et les gammes qui vont sonner avec le contexte harmonique du morceau. Nous y reviendrons plus tard, dans des articles que je construirai sur l’improvisation.

Mais pour revenir au jazz, la plupart du temps les accords sont composés de 4 notes ou plus.

Dans le blues par exemple, ce sont des accords de “Septième” qui sont utilisés. Ces accords ont 4 sons : sur la base de l’accord parfait (fondamentale, tierce majeure, quinte) s’ajoute la septième mineure.

Par exemple, dans l’accord do7 ou C7 (à l’américaine), nous retrouverons l’accord parfait de Do majeur (Do-Mi-Sol) auquel nous rajoutons une tierce mineure de plus (1 ton et Demi) pour atteindre la “Septième mineure” (ou comptez les degrés jusqu’à la note du septième degré, et enlevez lui un demi-ton).

La septième mineure de l’accord de DO se situe donc une tierce mineure au dessus de la quinte (sol) et est donc un Si bémol.

L’accord Do7 (C7) se compose alors de 4 notes : Do-Mi-Sol-Sib.

Construire un accord “7”, peu importe la fondamentale ou la tonique, le schéma restera le même :

Ré7 (D7) = Ré(fondamentale) + tierce majeure (2 tons) nous amène à Fa♯, + tierce majeure pour arriver à la quinte = La + une tierce mineure pour atteindre la septième mineure (1,5 ton) et nous arrivons au Do♮ .

L’accord D7 contient donc les notes Ré-Fa♯-La-Do♮

Pour terminer cet article, quelques mots sur les autres accords à plus de 4 sons : Il y a les accords 9, 11, 13, ♯5, ♭9 … Le principe est le même, les chiffres correspondent aux intervalles. Pour un accord 9, par exemple C9 (Do9), et bien c’est un accord de septième (vu juste avant) auquel on ajoute la neuvième Do étant la première et la huitième note, la neuvième est tout simplement le Ré !

Je vous avais dit que la musique, souvent, c’est des maths !!

disheartened student against blackboard

Nous approfondirons les différents types d’accords dans un prochain article…Ne soyez pas désespéré.e, avec du temps, de la patience, du travail et de la répétition, tout le monde peut intégrer ces concepts !

woman in white shirt holding pen writing on white paper

Les intervalles

Un intervalle est la distance qui sépare deux notes de musique, cet intervalle peut être mélodique ou harmonique.

Un intervalle mélodique est la distance entre 2 notes d’une mélodie, les 2 notes sont jouées l’une après l’autre.

Un intervalle harmonique est la distance entre 2 notes d’un accord, les 2 notes sont jouées en même temps. Et pour prendre un peu d’avance, un accord, est en fait une succession d’intervalles harmoniques. Par exemple, l’accord Do Majeur se compose des notes Do/Mi/Sol/Do. Il y a trois intervalles, un entre Do et Mi, un entre Do et Sol et un entre Do et Do (à l’octave).

Le nom d’un intervalle est défini par le nombre de notes qui compose cet intervalle, exemples :

L’intervalle DO – SOL est composé des noms de notes suivants : DO RÉ MI FA et SOL, c’est-à-dire 5 noms de notes, c’est donc une quinte.

L’intervalle DO-MI est composé des notes DO-RE-MI : 3 notes, c’est une tierce.

Au final, voici la liste des intervalles :

l’unisson (1 note)

la seconde (2 notes)

la tierce (3 notes)

la quarte (4 notes)

la quinte (5 notes)

la sixte (6 notes)

la septième (7 notes

l’octave (8 notes)

la neuvième (9 notes, intervalle redoublé car c’est une octave + une seconde)

la dixième (intervalle redoublé car c’est une octave + une tierce)

la onzième (intervalle redoublé car c’est une octave + une quarte)

Facile non ?

close up photo of minion miniature toy

Si c’était si simple… Évidemment, il y a quelques petites précisions et spécificités, c’est ce qui fait la beauté de la musique !

Les intervalles, par l’entremise du comptage des tons et des demi-tons (je vous renvoie à l’article précédent) amène quelques subtilités que nos oreilles apprécient en général quand on en maîtrise l’exécution.

Ainsi, une seconde peut être majeure ou mineure, une quinte peut être juste, augmentée ou diminuée etc…

Je ne vais pas rentrer trop dans le détail dans cet article, nous y reviendrons un peu plus tard quand je vous parlerai des accords et de la façon dont ils sont composés, ce qui vous permettra de mieux comprendre quelques concepts utiles pour la composition musicale et l’improvisation.

Néanmoins, je vous mets ci-joint un tableau de synthèse présentant les différents intervalles ainsi que le nombre de tons qui les composent. Gardez ça en tête, nous en reparlerons plus loin… (super teasing)

Je vous l’accorde, le tableau ci-dessous est un peu austère, mais il a le mérite d’être complet !

person holding black pen on white book page

Tons, Degrés…Composition de la gamme majeure

1. La tonalité :

C’est l’ensemble des lois qui régissent la constitution des gammes. Dit autrement, la tonalité, c’est l’ensemble des sons qui forment la gamme.

Les tons, ce sont les distances, les différences de hauteur entre deux notes.

Pour rappel, la gamme de do majeur comporte huit notes, en ordre ascendant du plus grave au plus aigu : do-ré-mi-fa-sol-la-si et do. Le ton, c’est donc la différence de hauteur entre les notes.

Je fais rapide, mais les gammes diatoniques majeures sont toutes construites sous le même schéma : 8 notes qui se succèdent conjointement de manière à ce qu’il y ait 1 ton entre la première note de la gamme et entre la deuxième et la troisième note, ½ ton entre la troisième et la quatrième note, 1 ton entre les notes 4-5, 5-6 et 6-7 puis pour finir, 1/ton entre les notes 7 et 8. Le petit schéma joint à cette publication illustre cela visuellement.

Pour construire n’importe quelle autre gamme majeure, il suffit d’appliquer cette règle en s’aidant des altérations, vues dans un autre article, pour ajouter ou enlever des demis-tons.

Ainsi, la gamme de Sol majeur est construite de cette manière : Sol-La (1ton), La-Si (1ton), Si-Do(1/ton),Do-Ré (1ton), Ré-Mi(1ton), Mi-Fa# (entre mi et fa naturellement il y a un demi ton, donc nous devons ajouter un dièse qui monte le fa d’un demi-ton), et enfin, Fa#-Sol (pour finir sur 1/2 ton)

2. Les degrés

Première note, deuxième note, troisième, sixième… plutôt que parler de numéro de note, on parle de degrés.

En effet, chaque son, chaque note peut-être le début d’une gamme (nous verrons cela plus en détail quand nous aborderons les modes, très pratique pour l’improvisation jazz, mais patience…).

Ainsi, pour éviter toute confusion, chaque degré a reçu un nom particulier qui caractérise la position qu’il occupe dans telle ou telle gamme.

8 notes dans une gamme = 8 degrés

Le premier degré se nomme la tonique : c’est le son principal d’une gamme, il se nomme tonique car il donne son nom à cette gamme. Si votre gamme commence par la note do, le premier degré, la tonique est donc do

Le cinquième degré est la dominante, c’est le son le plus important de la gamme après la tonique. Je vous renvoie à l’article précédent sur la production du son et la prise de conscience du fait que quand on joue une note, au final, plusieurs sons composent la note que l’on perçoit. En relisant l’article (et surtout l’erratum que j’ai ajouté pour corriger), vous comprendrez pourquoi ce cinquième degré est le plus important après la tonique : c’est celui qui résonne le plus de fois après la tonique dans les sons qui composent la note perçue par votre oreille et décodée par votre cerveau.

Le troisième degré est la médiante, car il se tient au milieu entre la tonique et la dominante, ce degré complète d’ailleurs l’accord parfait générateur de la gamme. Pour revenir encore à mes harmoniques, le troisième degré est la cinquième harmonique (le point rouge, qui devrait être un Ré sur le schéma précédent)

Le Septième degré se note la note sensible. Il porte ce nom car il n’est qu’à ½ ton de la tonique.

Les autres degrés ont moins d’importance, ils ont un nom également, mais pour l’instant, pas besoin pour vous de les mémoriser.

Donc en gamme de do, voici les degrés : (vous allez pouvoir vous la péter à votre prochain dîner mondain ;-))

Do = premier degré = Tonique

Ré = deuxième degré = sus-tonique

Mi = troisième degré = médiante

Fa = quatrième degré = sous dominante

Sol = cinquième degré = Dominante

La = sixième degré = sus-dominante

Si = Septième degré = Sensible

Do = huitième degré = tonique ou Octave

L’intégration des différents degrés est importante pour la suite, notamment si vous souhaitez apprendre à improviser. Ces degrés permettent de déduire les intervalles qui permettent de constituer des accords… et pour jouer sur une suite d’accords, il faut savoir reconnaître les degrés et donc la gamme associée pour jouer juste.

Tout est lié !

Que sont les altérations (dièses, bémols, bécarre) et les points sur une partition?

Puisque cela aurait été trop simple de se contenter de 7 notes (Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La et Si), mais finalement pour enrichir les différentes possibilités qu’offre la musique, Dieu créa « l’altération » !

Tataaaaaaaaaaaaaannnnn !!! (désolé, je ne suis pas assez fort en développement web pour vous mettre un son intéractif, mais je suis sur que ça a bien raisonné dans votre cerveau…)

man looking up while his arms wide open

Une altération, c’est un signe qui modifie le son de la note à laquelle il est affecté. Pour aller vite, on parle de dièse et de bémols, mais il y a réellement trois signes d’altérations :

Le dièse (♯) élève le son de la note (il est un peu plus aigu)

Le bémol (♭) abaisse le son de la note (il est un peu plus grave)

Le bécarre (♮) a pour effet d’annuler la modification d’une note précédemment altérée par un dièse ou un bémol. Ainsi, si dans une même mesure vous avez un do♯, puis un do♮, le son sera élevé par le dièse et remis à la normale par le bécarre. Cela marche pareil pour les bémols, dans la même mesure un si ♮ annulera l’altération du si♭ précédent.

Les altérations se placent à deux endroits différents sur une partition :

Devant la note qu’elle modifie, on dit que c’est une altération accidentelle. A savoir : Toutes les notes de même nom de la même mesure qui suivent restent altérées, sauf si une bécarre vient annuler cette altération.

Au commencement de la portée, immédiatement après la clé (de sol en général pour le saxophone) : selon le morceau, certaines notes sont toujours altérées. On sait cela car les altérations placées juste après la clé nous l’indiquent. Par exemple, dans la gamme de Sol majeur (nous verrons cela un peu plus tard), le fa est toujours dièse. Dans ce cas là, plutôt que de répéter le symbole ♯ à chaque fa de la partition, l’altération est placée “à la clé”, juste après la clé de sol au niveau de la note fa. Comme vu plus haut, les bécarres accidentelles pourront venir annuler l’effet de cette altération si nécessaire.

Un autre exemple, si en début de partition, juste à côté de la clé, vous avez 3 dièses (Fa, Do et Sol), cela veut dire qu’on est en « La majeur ». Toutes les notes Fa, Do et Sol du morceau devront être altérées d’un dièse et vous jouerez enfin juste dans votre groupe ou orchestre !!!

person standing and holding lamp inside cave
Et la lumière fut…

Au passage et pour flamber en repas mondain, la « liste » des dièses et bémols indiqués en début de partition « à la clé », ça s’appelle l’Armure, c’est toujours sympa à caser…


Maintenant, abordons un autre petit symbole que vous trouverez souvent sur une partition : le point.

Nous avons vu un peu plus haut dans un autre article les figures de notes, qui indiquent le temps que dure chaque note (les noires, les blanches, les croches…).

Il ne sera pas rare que vous voyiez parfois des noires ou des blanches suivies d’un point.

Ce point augmente la valeur de la note qui le précède de la moitié de sa durée. Exemple : à 4/4, une blanche dure deux temps. Si après une blanche il y a un point, cela veut dire que cette “blanche pointée” doit être jouée deux temps (durée primitive) + un temps (moitié de sa durée primitive). Donc une blanche pointée à 4/4 vaut 3 temps. Une noire pointée vaut un temps et ½.

yelling formal man watching news on laptop

Encore des maths !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! NOoooOOOOooOOOOOoooOnnnnnn !!!!!!! (désolé je m’égare)

Ces points peuvent également être placés après une figure de silence. Son effet sera le même : il augmentera de moitié la durée du silence.

Pour que ce soit plus clair, je vous mets le tableau des équivalences des figures de notes et de silences pointées.

Et pour les figures de silence …