Techniques d’Interprétation Saxophone Pour Une Musique Plus Expressive

🎷 Tu sais jouer les notes… mais est-ce que tu racontes vraiment quelque chose avec ton saxophone ?

Que tu joues du jazz, de la pop ou de la musique classique, ces idées vont t’aider à sonner plus expressif, plus personnel, plus musical.

Interpréter une mélodie au saxophone ne consiste pas seulement à jouer les bonnes notes au bon moment. Interpréter, c’est transformer une ligne écrite en un discours expressif, personnel et vivant. Le saxophone, par sa proximité avec la voix humaine, offre une large palette de nuances et d’inflexions. Voici cinq axes essentiels pour enrichir ton interprétation.

Alors voyons ensemble comment passer de la note au message 🎶🎷

Les nuances (piano, forte, crescendos, decrescendos) participent à l’expressivité. Pense la mélodie comme une phrase parlée : elle monte, elle descend, elle insiste sur certains mots. 

La plupart du temps, les nuances sont indiquées sur la partition. Elles traduisent clairement l’intention du compositeur par rapport à la mélodie. Respecter les nuances est un premier pas indispensable pour interpréter une mélodie. 

Mais il arrive que tu n’aies pas d’indications de nuances sur ta partition : Pense alors à la mélodie quand tu la joue et essaye d’en faire ressortir l’intensité sonore qu’elle mérite selon toi : quels passages, méritent d’être faibles, Pianos, lesquels selon toi doivent être plus forts. 

Le vibrato est l’un des outils expressifs majeurs du saxophoniste. Bien utilisé, il apporte chaleur et profondeur à une note tenue. 

Mais Il ne doit jamais être automatique : certaines notes gagnent à être droites, d’autres à vibrer légèrement ou plus amplement selon le style, le tempo ou l’intensité émotionnelle.

Le vibrato au saxophone est principalement un vibrato de mâchoire, et non de doigt comme à la guitare ou de gorge comme à la flûte.

  • Imagine un mouvement très léger de la mâchoire inférieure, comme si tu disais lentement “ya-ya-ya” ou « wa-wa-wa »sans articuler.
  • La lèvre inférieure reste souple, jamais crispée.
  • Le mouvement est régulier, contrôlé, et vient modifier très légèrement la hauteur de la note

Utiliser le vibrato musicalement

  • Applique-le surtout sur les notes longues, souvent en fin de phrase.
  • Tu peux démarrer la note droite et faire apparaître le vibrato progressivement.
  • Évite le vibrato constant sur toutes les notes : pense-le comme un outil expressif.

Interpréter, c’est aussi jouer avec le temps. Sans jamais sortir de la mesure, tu peux légèrement anticiper ou retarder certaines notes pour créer de la souplesse rythmique. Cette micro-liberté donne l’impression que la mélodie respire et évite une exécution trop rigide.
Cela demande une pulsation intérieure solide : plus tu es ancré dans le tempo, plus tu peux t’en éloigner subtilement. Cette approche est particulièrement présente dans le jazz, la musique brésilienne ou certaines ballades, mais elle enrichit aussi d’autres styles.

Ce qu’on veut faire : 

Tu ne modifies pas la structure rythmique ici, mais la sensation du placement.

  • Tu peux légèrement retarder une note expressive.
  • Ou anticiper une note de passage.
  • Le tout en retombant toujours sur les temps forts.

Comment l’exécuter concrètement

  • Garde une pulsation interne très stable (travail au métronome indispensable).
  • Joue la mélodie parfaitement en place.
  • Ensuite, autorise-toi de micro-décalages volontaires.

Les appoggiatures, notes de passage ou petits glissendos sont autant de moyens d’embellir une mélodie. Ils créent une tension puis une résolution, attirant l’oreille vers les notes importantes.
Attention cependant à ne pas surcharger : les ornements doivent servir l’intention musicale, pas la masquer. Ils sont souvent plus efficaces lorsqu’ils soulignent les temps forts ou les notes structurantes de la phrase.

Qu’est-ce qu’une appoggiature au saxophone ?

C’est une note d’approche, jouée juste avant la note cible.

  • Elle peut être diatonique (dans la gamme)
  • ou chromatique (un demi-ton au-dessus ou en dessous)

Comment les jouer

  • L’appoggiature est courte et légère
  • La note cible reste la plus importante

👉 Exemple :
Pour arriver sur un do :

  • joue un ré (au-dessus) très bref → do
  • ou un si (en dessous) → do

Le glissendo : on l’utilise pour passer d’une note à l’autre, en ajoutant les notes intermédiaires (diatoniques ou chromatiques) entre les deux notes. Par exemple, pour jouer un intervalle do-la (descendant) on intercalera entre le do et le la les notes : si et sib avant de tomber sur le la qui est notre note cible.

Le saxophone permet de “sculpter” chaque attaque. Un scoop, un portamento (glissement continu entre deux hauteurs) ou un vibrato progressif sont des moyens puissants de personnaliser ton jeu.
Ces effets rapprochent l’instrument de la voix humaine et renforcent l’expressivité. Ils doivent être utilisés avec intention : demande-toi toujours ce que tu veux raconter avec cette note précise.

Le scoop

Le scoop consiste à attaquer légèrement en dessous de la note, puis à monter vers elle.

Exécution :

  • Commence la note avec une embouchure plus relâchée.
  • Monte très vite à la hauteur juste en resserrant légèrement la mâchoire.
  • Le mouvement est bref, expressif, jamais caricatural.

🎷 Très utilisé en jazz et en blues.

Le portamento

Le portamento est un glissement continu entre deux notes.

Exécution :

  • Combine :
    • un léger mouvement de mâchoire
    • un relâchement progressif de l’embouchure
    • parfois un doigté intermédiaire (selon l’intervalle)

Enfin, interpréter une mélodie, c’est parfois s’en éloigner légèrement. Ce que j’appelle l’encadrement mélodique consiste à entourer une note cible par des notes voisines (au-dessus, en dessous, chromatiques ou diatoniques), créant ainsi une forme de broderie improvisée.
Cette approche introduit une part d’improvisation tout en respectant l’identité de la mélodie originale. Elle permet de varier les reprises d’un thème, de le rendre plus vivant et de développer progressivement ton propre langage musical.

Conclusion

Interpréter une mélodie au saxophone, c’est trouver l’équilibre entre fidélité au texte et liberté expressive. En travaillant le son, le temps, les ornements et l’improvisation, tu transformes une suite de notes en un véritable récit musical. L’objectif n’est pas d’en faire trop, mais de faire juste, avec intention et sensibilité.

En bonus, si tu veux écouter cet article avec quelques exemple sonores, je t’invite à aller sur ma chaîne Youtube :

person in black shirt playing brass colored saxophone

Comment améliorer sa dextérité dans son instrument?

Comme vous le savez certainement si vous êtes lecteur(trice) assidu(e) de ce blog, j’anime une communauté de saxophonistes « apprenants » sur Facebook.

Tous les mois, je propose aux membres de travailler un standard de Jazz pour progresser en interprétation, improvisation etc…

Ce mois ci, je voulais rendre hommage à Wayne Shorter, décédé le mois dernier et qui nous a laissé grand nombre de thèmes et mélodies aujourd’hui ancrées et reconnues comme faisant partie des titres fondateurs du jazz. Bon ok, Wayne ne fait pas l’unanimité car au niveau harmonique c’est toujours un peu tordu, et disruptif par rapport au jazz plus traditionnel, mais il faut de tout pour faire un monde ! 

Pour cet hommage, j’ai choisi « Speak No Evil », de l’album Eponyme de cet artiste.

J’ai pris un peu au hasard celui qui me paraissait le plus connu, et en le jouant et en analysant un peu l’harmonie pour improviser dessus, je me suis rendu compte qu’il était vraiment très complexe, difficilement accessible (en écoute ou à jouer). D’ailleurs il n’a pas beaucoup de succès sur le groupe, car il est soit trop difficile, soit trop perché question harmonique… Cela m’a donné envie de faire ce billet…

Speak No Evil

Le thème en effet est assez complexe, car il est construit sur une mélodie avec de nombreux et grands intervalles, surtout dans le B. Pour rappel, un intervalle est la distance qui sépare deux notes. Do fa par exemple est un intervalle de Quarte (4 notes), mi-Do est un intervalle de Sixte (6 notes) etc…

Au niveau harmonique, c’est vraiment chaud ! Mode Locrien, Lydien, substitutions tritoniques etc… Pour l’instant, je m’y forme moi-même, mais promis, dès que je maîtriserai ces concepts, je vous partagerai tout cela dans un nouvel article en essayant de le rendre le plus accessible possible !

Mais bon, revenons sur les intervalles. Pour réviser, vous pouvez retrouver mon article sur ce thème :

C’est vrai que ce thème ne tombe vraiment pas sous les doigts, ce ne sont pas des enchainement qu’on a l’habitude de faire. 

Eh bien zéro fatalité ! Tout peut se travailler ! 

Peu importe votre niveau de saxophone pour ce qui suit, je vous propose un exercice qui améliorera grandement votre dextérité. 

L’exo Ultime pour travailler ta dextérité (fonctionne avec tous les instruments)

Le principe est le suivant : nous allons jouer tous les intervalles possibles d’une note à une autre sur une octave maximum. Pour cela, nous allons enchainer les notes demi-ton par demi-ton. 

En montant d’abord, par exemple Fa-Solb/Fa-Sol/Fa-Lab/Fa-La etc… Comme illustré ci-dessous (c’est un extrait, le contenu complet est téléchargeable gratuitement en bas de cet article)

Puis en descendant sur le même principe. 

Accrochez-vous car cet exercice est rébarbatif, ennuyeux, difficile, pas fun et n’a aucun intérêt mélodique…

La façon dont je le décris n’est effectivement pas très attractive, mais malheureusement, certaines réalités sont indéniables… Et comme le dit le proverbe : « Il faut souffrir pour être belle (ou beau) », de la même manière, devenir un virtuose nécessite beaucoup de travail et parfois de souffrances et appliquer des exercices très peu satisfaisants…

Mais en revanche, question dextérité, il est redoutable pour jouer tous les doigtés et tous les intervalles. C’est un excellent exercice de chauffe aussi très complémentaire avec les sons filés. 

Pour rendre cet exercice encore plus efficace, nous allons exécuter chaque ligne deux fois. 

La première en jouant les notes détachées, puis en deuxième temps nous jouerons les notes liées. 

Pour le travail, bien entendu, c’est au métronome, très lentement au début, et très progressif. Commence par une mesure, puis ajoute en une deuxième etc… jusqu’à jouer une ligne entière. 

Puis augmente la vitesse peu à peu…. puis, passezà la ligne d’après…. 

Si vous avez 10 minutes devant vous, je vous invite à cliquer et visionner la vidéo que j’ai faite pour l’occasion sur ma chaîne Youtube avec illustration son et image de l’exercice 😉

man wearing black headset

Méthode : Travailler une phrase difficile au saxophone (ou n’importe quel autre instrument)

Bonjour tout le monde. Dans cet article aujourd’hui, je voudrais vous partager la méthode que j’utilise lorsque je travaille un morceau ou une phrase musicale qui me pose problème.

a certificate beside white paper with message

Je n’aime pas trop m’engager sur ce genre de choses en général car chacun est unique et a des capacités différentes, mais là, je peux vous assurer que si vous utilisez cette méthode, vous obtiendrez des résultats rapidement et vous vous surprendrez vous-mêmes !

Cette méthode est infaillible !

Pourquoi ce billet? En tant que musicien et instrumentiste (il ne vous aura pas échappé que je suis saxophoniste….) non professionnel mais amateur « éclairé », je suis sans cesse en quête de progression dans mon instrument et je suis toujours envieux de jouer les solos de mes idoles.

La plupart du temps, à l’écoute, je les connais tellement que je me dis, « mais oui ! c’est un solo que je pourrai faire » … Mais dans la vraie vie, quand j’essaie de jouer ces solos, je me rends compte que j’ai eu « le bec plus gros que le sax » … (tentative d’adaptation d’une expression Française bien connue…)

Mais comme je suis un peu têtu, voire obstiné parfois quand je veux réaliser un objectif sax, j’ai du me questionner sur la meilleure façon de travailler pour obtenir le résultat attendu.

Ma formation en école de musique (ça commence à dater…) m’a certainement aidé à structurer cela, mais rien que pour vous, j’ai tout posé sur papier afin de vous partager ma méthode.

Loin de moi la prétention de dire que c’est la seule ou la meilleure, mais une chose est sure, avec moi elle fonctionne ! Et je reste persuadé qu’elle peut être utilisée par tout le monde ! ce ne sont à mon sens que des concepts de bon sens, mais qui, quand ils sont utilisés avec rigueur ET patience, sont redoutables d’efficacité.

Les 5 fondamentaux de la méthode :

  1. Isolez la difficulté dans la phrase que vous souhaitez travailler
  2. Ecoutez / réécouter de très nombreuses fois le modèle que vous souhaitez reproduire pour vous en imprégner au maximum
  3. Travaillez en boucle la difficulté
  4. Travailler autant que possible au métronome
  5. Garder la vision globale de la phrase

Les 4 étapes pour mettre en œuvre la méthode :

  1. Lire les notes, sans notion de rythme, enchaîner les doigtés jsute pour les entendre et commencer à s’habituer à les réaliser
  2. Travailler ces enchaînements de notes en boucle , en se donnant soi-même une pulsation « confortable »
  3. Travailler ensuite ces passages difficiles au métronome, toujours en boucle, en montant la vitesse progressivement de 2 en 2
  4. Reliez les passages difficiles que vous avez travaillé au reste de la phrase, au fur et à mesure, au reste de la phrase. commencez par les notes les plus proches de la difficulté puis remontez le temps jusqu’à enchaîner la phrase dans sa globalité (au métronome et/ou avec le modèle) à vitesse réduite, puis de plus en plus vite

crop cook preparing dough at table

Si vous êtes lecteur régulier de mon blog, vous savez déjà que j’aime bien faire des comparaisons entre la musique et d’autres thème (souvent la nourriture en effet car je suis aussi très gourmand…).

En fait, cette méthode, c’est un peu comme respecter une recette de cuisine !

Assembler les différents ingrédients pour faire un grand plat, mérite minutie, patience, persévérance, passion, motivation et respect d’étapes bien huilées (ou beurrées pour celles et ceux d’entre vous qui sont plutôt cuisine au beurre, vaste débat…).

Au début, c’est tout fouillis, il y en a de partout, on ne sait pas par où commencer… pour le travail d’une phrase musicale, c’est un peu pareil : vous aurez certainement le sentiment d’être submergé au début, qu’il y a trop de notes, trop de subtilités rythmiques, dans le phrasé etc… Mais en organisant bien votre travail, en suivant une recette (la mienne ici, mais vous avez peut-être la votre), les différents éléments vont progressivement s’imbriquer entre eux et vous trouverez du sens, de la cohérence dans tout ça…

Je décris ici de manière synthétique cette méthode qui pour moi est magique et me permet régulièrement de dépasser des difficultés importantes et de jouer des morceaux ou des phrases que je n’aurais jamais osé tenter car jugées trop complexes, trop difficiles pour moi, mais pour vous illustrer cette méthode, je vous invite à aller consulter la vidéo que j’ai faite à ce sujet sur ma chaîne Youtube . j’y présente un exemple bien concret d’une phrase musicale injouable au début, mais que j’ai réussi à dompter en utilisant cette méthode.

A vous de jouer maintenant ! croyez en vous ! une difficulté ne doit pas vous arrêter, elle doit au contraire vous stimuler, vous motiver !!

Anche trop dure ou trop faible??

Bonjour tout le monde,

Comme tout saxophoniste, vous avez déjà été ou serez confronté à des questions d’anches…

Vous savez ce petit bout d’un en roseau ou en plastique que vous collez à votre bec et qui vibre sous votre lèvre inférieure quand vous soufflez, bec en bouche, dans votre instrument.

Que ces anches sont capricieuses! Déjà pour les choisir c’est une galère pas possible, entre la matière, la marque, la force, la coupe etc… vous avez déjà du y passer quelques heures dépensé quelques deniers pour trouver ce qui vous convient…

Mais bon, disons que vous avez trouvé la perle rare, et que ça y est vous avez fait votre choix.

Allez, vous achetez votre matériel, une boîte d’anches de roseau ou une synthétique.

Vous attendez avec impatience votre colis, et là, ding dong ! C’est le livreur qui sonne chez vous afin de vous apporter ce petit objet tant attendu… (disons que vous l’avez achetée sur internet, mais si vous l’avez acheté en boutique la suite est la même ); vous n’avez qu’une envie, c’est de monter immédiatement l’anche sur votre bec et de souffler, ce que vous faites… et là patatra… première anche : une vraie planche à pain…deuxieme anche, une feuille à papier cigarettes… l’une est trop forte et vous donne un son tout petit, des crampes aux zygomatiques et l’autre est tellement frêle que vous avez un son faible, pas très juste, pas de puissance etc…

saxophone played by a man

Et le pire, vous n’avez pas d’autre anche sous la main ou vous devez jouer là, tout de suite, pas le temps de travailler cette anche pour la faire sonner comme il se doit…

Et bien voilà une petite astuce qui vaut ce qu’elle vaut, qui ne vous amènera pas un rendu tel Dexter Gordon , Chris Potter ou John Coltrane, mais qui pourrait vous dépanner dans l’attente de pouvoir recouper, gratter…. Travailler votre anche.

Voilà donc la révélation ultime :

Le remède contre le syndrome de la planche à pain, donc d’une anche trop forte, trop dure, consiste tout simplement à reculer légèrement votre anche sur la table du bec. Normalement, le bout de votre anche devrait être pile à raz avec le bord du bec. Laissez donc un petit millimètre ou deux d’écart et retenter de souffler. Vous devriez avoir plus de facilité d’émission immédiatement!

person doing card trick

Magique non ??

À l’inverse, pour pallier le problème d’une anche trop faible, procédez à l’inverse : avancez un peu votre anche de manière à la faire dépasser très légèrement du bec. Soufflez à nouveau dans votre tube, vous devriez avoir plus de résistance et une anche plus forte.

Comme je l’indique plus haut, ces petites astuces sont des solutions de secours… et n’améliorera pas fondamentalement votre anche ni votre son, mais cela devrait vous permettre de jouer avec un peu plus de confort.

L’idéal reste évidemment de travailler l’anche pour en améliorer les caractéristiques, en utilisant vos technique d’ébénisterie préférée : coupage, grattage, arbitrage etc… et de la jouer « normalement » et sur la durée afin qu’elle se façonne.

Ou dans les cas les plus désespérés, malheureusement pas trop de solution… c’est poubelle direct… ou mise en attente dans la boîte… ces petites choses sont tellement capricieuses, que qui sait… dans quelques semaines, avec plus ou moins d’humidité ou de chaleur… votre planche à pain pourrait s’assouplir comme par magie!

Si tout cela est un peu obscur et que vous n’avez pas encore vraiment compris ce qu’est une anche, l’importance de ce petit objet dans la production du son au saxophone, comment la choisir etc… je vous invite à aller lire ou relire les articles dédiés sur ce sujet :

man with headphones using a cellphone

Transposer une partition d’un instrument à l’autre

Bonjour ,

Je voudrais aujourd’hui aborder un sujet EXTREMEMENT courant que rencontrent tous les musiciens, saxophonistes ou pas d’ailleurs : la transposition.

Vous avez trouvé une partition de votre morceau préféré et quand vous la jouez, avec une backing track ou par dessus l’originale, ça sonne faux?? Vous êtes trop haut ou trop bas?

Pourtant vous êtes certain.e que vous jouez les bonnes notes ? Vous êtes persuadé que vous exécutez le bon doigté… Mais que se passe-t-il ??? mon saxophone est il cassé???? Mais comment vais-je faire !!!!!!!!

sad mature businessman thinking about problems in living room

Pas de panique !!! C’est un problème bénin qui n’est pas du à votre compétence de saxophoniste et qui se règle sans trop de problème.

Dans 95% des cas, c’est que vous lisez une partition qui n’est pas transposée dans la bonne tonalité…

Quand est-ce que ça arrive? La plupart du temps cela se produit quand vous jouez une partition écrite pour un instrument différent du votre.

Par exemple, vous avez trouvé la partition pour piano de votre tube de l’été préféré : le piano est un instrument « en Ut », donc à moins que vous ayez un saxophone C melody, cela ne va pas marcher.

En effet, les saxophones sont « en Eb » (Mi bémol) ou « en Bb » (Si bémol) et pas « en Ut » d’où cette différence de hauteur que vous entendez entre la note do que vous jouez au saxophone et la note Do de votre morceau préféré jouée au piano.

Comment régler ce problème? Il faut appliquer une transposition des notes pour les réécrire dans la bonne tonalité en lien avec votre instrument.

Bon c’est là que ça se complique un peu, mais vous verrez, pas tellement.

Avant de lire la suite, je vous invite à aller lire, ou relire l’article sur les intervalles car ce sera utilise à maîtriser ici afin de comprendre la transposition : (revenez vite ensuite!!!)

Les instruments « concerts » comme la guitare ou le piano sont « en Ut » ou en Do. Le saxophone ténor est en Si bémol. Entre do et Si bémol il y a une seconde majeure (1 ton) d’écart. Pour jouer à l’unisson entre le piano et le sax Ténor, il va donc falloir corriger la hauteur de l’instrument transpositeur de manière à jouer un do « en ut » avec le sax ténor. C’est cela qu’on appelle la transposition.

Alors comment faire pour transposer maintenant?

Pour transposer la note Do du piano au Sax ténor, on applique Do + 1 ton = Ré.

Donc en fait, pour être très clair et simple, si vous jouez une partition écrite pour Piano, mais que vous la jouez au Sax ténor, il faut augmenter toutes les notes de la partition d’une seconde majeure (1 ton). Donc un do devient un ré, un mi devient un fa#, un sol devient un la etc…

Les choses sont un peu plus compliquées pour transposer du piano au sax alto qui est en Mi Bémol.

La différence ici est un peu plus importante : le Sax alto est une tierce mineure (1,5 tons) plus haut

La transposition « à vue », sur l’instant, est plus difficile, mais la méthode reste la même : Pour jouer un Do « en ut » avec mon sax Alto, et bien je vais devoir ramener ma note, la transposer, une tierce mineure en dessous. Pour avoir un unisson avec la note Do du piano je devrai donc jouer à l’alto un La.

C’est une gymnastique intellectuelle un peu particulière, mais avec un peu de travail ça marche très bien !

Autre cas qui arrive très souvent : J’ai trouvé la partition ténor pour mon morceau préféré, mais je veux la jouer à l’alto, ou inversement, j’ai une partition de Sax alto que je veux jouer au ténor.

C’est la même chose ! Il faut calculer la distance en tons entre les deux instrument pour en déduire l’intervalle à corriger.

Le saxophone Alto est en Mi Bémol, le ténor en Si bémol, une quinte juste les sépare (Intervalle de 5 notes représentant 3,5 tons). Donc, pour jouer ma partition d’alto avec mon ténor, je vais devoir transposer les notes en les abaissant d’un quinte juste.

Si on part du ténor et qu’on va vers l’alto, pareil ! Je vous redonne la méthode en vous la schématisant encore plus :

  1. Que veux-t-on faire ? On part d’un instrument en Si Bémol, on va à Mi bémol.
  2. On compte les notes (Si-Do-Ré-MI) pour trouver l’intervalle –> Quatre notes, c’est donc une quarte
  3. On qualifie l’intervalle : entre si et do il y a 1/2 ton, entre do et ré il y a un ton, entre ré et mi, il y a un ton. 0,5+1+1 – 2,5 tons. Nous sommes donc sur une quarte juste
  4. Je transpose : chaque jouée avec mon ténor devra être montée de 2,5 tons pour être à l’unisson avec l’alto.

Facile ou pas facile ??? Si vous avez des questions, je vous laisse les poser en commentaires !

Petit Tips de feignant de la musique que je suis : Pour vous faciliter la vie, rien de tel qu’un logiciel éditeur de partition comme Musescore, Finale ou Sibelius pour transposer rapidement une partition entière.

L’idéal est de disposer d’un fichier midi de la partition que vous souhaitez transposer, sinon, il faut tout rentrer à la main. Mais une fois que c’est fait, vous pouvez tout transposer en quelques clics !

Pour que votre transposition soit telle qu’attendue, il suffira juste de choisir le bon intervalle à transposer en utilisant ma technique décrite plus haut !

Et puisque je suis sympa et que j’aime bien vous être agréable, je vous mets ci-dessous un tableau complet d’équivalence pour transposer tout types d’instruments !!

Le son, mais de quoi parle-t-on ?

Pour aborder ce qui va suivre dans les prochains articles, sur les notes, les altérations, les intervalles, les tons etc… Nous devons repartir un tout petit peu sur les bancs de l’école, en cours de physique. 

N’ayez pas peur, j’ai fait un bac Eco, donc je ne suis pas allé très loin dans cette matière scientifique. Ce qui suit sera donc largement à la portée de tous.tes. 

Qu’est-ce que le son ? 

Le son est une déformation de l’air qui se propage sous forme d’onde périodique. Une onde possède deux caractéristiques : la fréquence et l’amplitude.

La fréquence désigne le nombre d’oscillations de l’onde par seconde. Plus la fréquence augmente, plus le son résultant est perçu comme aigu.

L’amplitude désigne la force de la déformation. Plus l’amplitude augmente, plus le son est perçu comme fort. En musique, on fera jouer l’amplitude pour faire “des nuances” dans le volume sonore des sons produits. 

Pour bien vous représenter ce concept un peu savant, fermez les yeux et représentez vous à la montagne, face à un lac, avec une pierre dans la main. Quand vous lancez la pierre dans l’eau se crée une onde, vous pouvez alors voir plusieurs cercles concentriques qui se propagent dans le lac. Le son que vous percevez quand la pierre tombe dans l’eau sera plus ou moins grave/ medium selon la dimension de votre lac. 

Si vous faites la même expérience en jetant un cachet d’aspirine dans un verre après une soirée trop arrosée, vous aurez le même phénomène d’onde à la surface du verre, mais le son sera beaucoup plus faible (et heureusement pour votre migraine) et plus aigu que le rocher qui tombe dans un lac. 

En ce qui concerne la production du son au saxophone et donc les différentes notes, c’est un peu le même principe : en faisant vibrer votre anche sous l’effet de la pression d’air, vous faites varier l’amplitude (le volume sonore et donc les nuances), et en appuyant sur les clés, vous faites varier la “longueur du tube” et la fréquence de vibration de votre anche, donc la hauteur du son. Par exemple, le “La” du diapason a une fréquence de 440 Hertz, ce qui signifie qu’à cette hauteur de note, votre anche vibre 440 fois par seconde. Au saxophone Alto, le “La 440” est produit par la note Fa# (dièse) médium. 

Plus une fréquence sera élevée (tube court), plus le son produit sera aigu et plus votre anche vibrera vite. En revanche, plus vous rallongez le tube (en fermant les clés jusqu’au si bémol grave par exemple), vous obtenez un son grave et votre anche vibre moins vite. 

Pour qu’il y ait musique, il faut plusieurs sons. On peut combiner des sons en les jouant successivement, on parle de mélodie. On peut les jouer en même temps, on parle d’harmonie. 

Certains sons se combinent bien entre eux, d’autres non… On dit alors que les sons sont “consonants” ou “dissonants”. 

A. DANHAUSER donne une définition assez simple et pertinente que je vous restitue ici : “Les intervalles consonants sont ceux que forment ensemble deux sons que l’oreille n’éprouve pas le besoin de séparer ; la consonance donne une impression d’unité, de cohésion et de stabilité.

Les intervalles dissonants, au contraire, sont ceux que forment entre eux deux sons que l’oreille éprouve le besoin de modifier, en les remplaçant par d’autres sons ; la dissonance donne une impression d’instabilité…”

Si vous avez un piano ou une guitare sous la main, jouez en même temps un sol et un sol#. Vous ressentez ce “frottement” désagréable dans vos oreilles? 

Maintenant, jouez un do et un mi en même temps : vous percevez normalement bien les deux sons, mais ces derniers sont bien plus agréables à entendre. 

ll existe des intervalles fondamentaux entre deux sons qui nous garantissent qu’ils seront consonants que nous aborderons plus bas, et que nous détaillerons lors des articles sur l’harmonie nécessaire à l’apprentissage de l’improvisation en jazz. 

Alors au final, qu’est-ce qui arrive dans vos oreilles quand vous jouez une note de musique? Et bien ce n’est jamais un son “pur”, mais plutôt un ensemble de sons consonants qui se superposent à des fréquences différentes : une note fondamentale et des notes harmoniques, distantes les une des autres d’intervalles consonants. 

La “richesse” d’un son produit par un instrument, son “timbre” dépend du nombre d’harmoniques audibles qu’il contient. 

Pour illustrer ce phénomène physique, je vous propose de regarder l’image ci-dessous qui représente la forme d’onde fréquentielle de la note Si grave jouée au saxophone ténor qui équivaut à un La grave au piano. 

On peut y voir de nombreuses “vagues” qui correspondent tout simplement aux différentes formes d’ondes des sons produits et que l’on entend dans la note Si grave au saxophone ténor. On a l’impression d’entendre qu’un seul son, mais en fait, il y a de très nombreuses courbes qui s’ajoutent les unes aux autres et à des intervalles consonants, de telle sorte que notre cerveau interprète n’entendre qu’un seul son. 

Pour aller au bout de mon exemple, voici le détail de ces différentes sons pour produire un Si grave au ténor : 

  • Le point vert est la fondamentale (la note Si à une fréquence d’environ 110 Hz), 
  • Le point bleu est la première harmonique. Le son est aussi un un Si, mais avec un intervalle de 8 (octave), à 220 Hz. Remarquez au passage que l’octave = 2x la fréquence fondamentale,
  • Le point violet est la troisième harmonique (la note Fa à environ 330Hz),
  • Le point jaune est la quatrième harmonique : à nouveau le Si (double octave de la fondamentale et comme par magie Fréquence à 440Hz donc deux fois la précédente octave). NB: Vous remarquerez au passage que la note entendu en jouant ce Si est à 440Hz, comme le fameux La 440Hz que nous utilisons généralement pour accorder nos instruments. Normal, puisque le saxophone ténor est un ton en dessous des instruments en Ut.

J’aurai pu continuer longtemps comme ça car le spectre fréquentiel est infini, mais l’oreille humaine n’est pas assez sophistiquée pour percevoir les sons trop graves ou trop aigus. 

Mais ce que vous devez retenir, et cela vous sera utile par la suite de votre apprentissage, c’est que les notes que vous jouez sont en fait un ensemble de sons qui se superposent à des intervalles réguliers (consonants de surcroit) dont vous pouvez faire varier l’amplitude pour créer des nuances.

L’embouchure au Saxophone #3 : Comment la renforcer ?

  1. La métaphore sportive

Quand on débute, nous n’avons pas suffisamment développé les muscles de notre visage qui forment notre embouchure. Il est donc important d’avoir à l’esprit que l’embouchure doit se travailler ! 

Pour illustrer cela, pensez à un sport : si vous n’avez jamais fait d’haltérophilie, il y a peu de chances que vous ayez naturellement assez de muscles pour soulever de fortes charges. 

Pour l’embouchure, c’est pareil ! sans muscles suffisamment développés, il est impossible de développer et maintenir longuement la pression nécessaire pour jouer d’un bec ouvert et une anche forte. 

Même si vous jouez déjà sur faible ouverture et avec une anche faible, il est possible que vous vous sentiez parfois fatigué de souffler ces premières notes. C’est normal et cela signifie que vous le faites correctement. C’est comme quand vous courrez 5 km alors que vous n’en avez pas l’habitude, au 3ème ou au 4ème km, vous ressentez certainement des douleurs musculaires dans les jambes… 

Soufflez maintenant des notes plus longues et expérimentez la pression de votre mâchoire et de votre lèvre inférieure sur l’anche et le bec. Remarquez comment il affecte le son. Plus de pression a pour effet de produire un son plus aigu, moins de pression entraîne un son plus grave. 

Vous pouvez vous entraîner avec un diapason pour trouver la bonne pression : un diapason joue en général un LA. Au saxophone alto ou Baryton, il faut jouer un Fa# pour obtenir le La du diapason; au saxophone ténor et au soprano, c’est un Si qu’il faut jouer. (je vous renvoie à votre liste des doigtés au saxophone que vous pouvez télécharger dans un autre article). 

Pendant que vous jouez, “accordez” vous avec le son du diapason, votre note doit se fondre dans celle du diapason, comme s’il n’y avait qu’un seul son. Si ce que vous entendez “frotte” dans votre oreille, c’est que vous n’y êtes pas, c’est que le son produit par le diapason et celui de votre saxophone jouent à des fréquences différentes mais assez proches. 

Relâchez ou accentuez la pression de votre embouchure pour trouver la bonne hauteur de note. 

Au fur et à mesure que vous vous développerez en tant que saxophoniste, votre embouchure se renforcera et vous gagnerez plus de contrôle, ce qui se traduira par un meilleur son.

Sachez simplement que cela prend du temps. Pensez à un joueur de saxophone avec une embouchure entièrement développée comme à quelqu’un qui soulève 160Kg à l’épaulé jeté. Cette personne a dû passer des heures et des heures tous les jours dans une salle de musculation pendant longtemps pour atteindre ce niveau et doit continuer à s’exercer tous les jours pour maintenir son niveau.

Tout vient à point à qui sait attendre dit le dicton, donc ne désespérez pas, restez motivé et fixez vous des objectifs ! 

2. Les bonnes pratiques

Pour finir, voici quelques bonnes pratiques à adopter pour développer, renforcer et stabiliser votre embouchure : 

  • Jouez votre saxophone tous les jours : régularité dans la pratique = retour sur investissement ! De courtes sessions mais régulières seront plus bénéfiques que de très longues séances trop espacées dans le temps.
  • Lorsque vous êtes fatigué, prenez des pauses. Une fois votre embouchure entièrement développée, vous pourrez jouer pendant des heures sans vous fatiguer, mais cela peut prendre des années. Cela ne sert à rien de s’entêter, si votre musculature n’est pas encore prête, vous ne pourrez pas monter votre altère ! 
  • Ne mordez pas. Mordre l’anche est ce que nous avons tendance à faire naturellement pour compenser une embouchure fatiguée. Lorsque nous ne pouvons pas maintenir une pression constante avec nos muscles du visage, nous mordons avec l’anche sur une lèvre mince et étalée. Cela a pour effet de diminuer l’amplitude de votre son et d’altérer votre justesse. 
  • Si vous sentez que vous vous fatiguez vite, changez votre anche et prenez en une plus faible ou un bec moins ouvert. Vous pourrez repasser à une anche plus forte quand vos muscles seront prêts !

L’embouchure du saxophone #2 : trouvez la votre !

Il y a différents paramètres d’embouchure à prendre en compte et à expérimenter afin de trouver vos repères.

  1. Quantité d’embouchure dans la bouche

Vous devez d’abord trouver la quantité de bec à mettre dans votre bouche.

Regardez votre bec de côté : regardez depuis le bout du bec (l’ouverture, c’est à dire là où l’anche n’est plus en contact avec le bout du bec). Descendez votre regard et trouvez le point où l’anche est à nouveau en contact avec le bec. Vous avez trouvé ? C’est à peu près l’endroit où il faut appliquer la légère pression de la lèvre inférieure dont je parlais dans l’article #1 sur l’embouchure du saxophone.  

Une erreur courante pour les débutants est de ne pas “prendre” assez de bec dans leur bouche et de simplement jouer sur la pointe ou d’en prendre trop…

Vous obtiendrez un meilleur son et aurez plus de contrôle avec la bonne quantité de bec dans la bouche.

Essayez donc de souffler quelques notes supplémentaires en expérimentant cela : prenez beaucoup de bec dans la bouche, puis très peu, puis positionnez vos lèvres plus au milieu, vous devriez très vite trouver une différence entre les différentes positions d’embouchure.

2. “Coussin” à lèvres inférieur

Expérimentons maintenant ce fameux “coussin”.

Comme je l’ai dit plus tôt, ce coussin est obtenu en positionnant vos lèvres du bas sur vos dents inférieures. Cela crée donc un “coussin” sur lequel va reposer votre anche quand vous aurez le bec en bouche. C’est sur ce coussin que l’anche va vibrer et produire des sons. 

Si vous repliez complètement votre lèvre sur vos dents, vous perdez tout le coussin et votre son sera “mince” et peu puissant. 

Nous avons tous des lèvres de forme différente, mais essayez de trouver le meilleur emplacement pour votre lèvre inférieure sur les dents qui vous permet d’avoir autant de coussin que possible tout en maintenant le soutien de la mâchoire et une embouchure bien hermétique. 

Soufflez quelques notes supplémentaires en expérimentant avec votre coussin à lèvre et essayez de ressentir pour trouver votre position des lèvres inférieures. 

Une bonne embouchure doit être ferme et détendue à la fois… Pas simple, mais vous allez trouver j’en suis sur ! 

3. Pression de la mâchoire

La dernière variable est la pression que nous appliquons à partir de la mâchoire.

Il y a beaucoup de facteurs en jeu ici : La force de votre anche détermine la résistance à cette vibration, l’ouverture de votre bec détermine la distance à parcourir par l’anche pendant qu’elle vibre. Donc plus d’ouverture signifie plus de résistance, plus de difficulté à faire vibrer l’anche et donc à produire un son. Une ouverture importante sollicite beaucoup les muscles faciaux, donc si vous débutez et que vous avez un bec très ouvert, vous allez très vite vous fatiguer, voire avoir des crampes dans la mâchoire… 

A l’inverse, lorsqu’il y a moins de résistance, dans le cas d’un bec peu ouvert combiné à une anche faible, nous mettrons moins de pression sur l’anche pour produire un son. 

C’est pourquoi pour débuter je vous conseille de jouer avec un bec peu ouvert et un anche de force assez faible (en général 1,5 pour les enfants et 2ou 2 ½ pour les adultes) 

L’apprentissage, c’est la découverte, mais aussi le mimétisme ! Vous pouvez allez voir des vidéos sur Youtube pour comparer les différentes embouchures de vos saxophonistes préférés, vous verrez, en étant assez attentifs, vous trouverez à chaque fois quelque chose de différent selon le saxophoniste, dans la quantité de bec en bouche, la position de la lèvre inférieure et parfois même le relâchement des joues. 

A vous donc d’expérimenter et de jouer sur les différents paramètres décrits plus haut pour trouver votre position, votre embouchure afin de produire votre propre son !

Embouchure saxophone

L’embouchure au saxophone #1 : produire son premier son

Pour émettre un son avec un saxophone, il faut à minima un bec et une anche montée sur ce dernier. Je vous renvoie aux autres articles rédigés à ce sujet.

Souvent dans les forums, groupe etc… vous entendrez parler d' »embouchure »…

Le mot embouchure fait référence à tout ce qui se passe avec notre bouche lorsque nous jouons du saxophone.

Pour démarrer, nous n’allons pas jouer avec le saxophone complètement monté. Nous allons simplement utiliser le bec (avec l’anche bien positionnée comme vu précédemment). 

  1. Quelques notions techniques sur la production du son au saxophone

Tout d’abord, il est important de comprendre ce qui se passe physiquement lorsque nous soufflons dans l’instrument. L’ air que vous envoyez dans votre bec va faire vibrer l’anche contre l’ouverture du bec. Si nous jouons la note La qui a une fréquence de 440hz, cette anche va s’ouvrir et se fermer 440 fois par seconde pendant que nous jouons. Enorme non? 

Maintenant, vous pouvez voir pourquoi nous avons besoin d’une étanchéité aussi parfaite entre l’anche et le bec, n’est-ce pas ?

2. Configuration de l’embouchure du Sax

Le bec va entrer dans notre bouche avec l’anche fixée en dessous de ce dernier, comme expliqué dans un article précédent. 

Vos dents supérieures vont être en contact avec le haut du bec et votre lèvre inférieure va se positionner entre vos dents inférieures et l’anche. 

Votre lèvre inférieure va agir comme un coussin sur lequel l’anche vibre. Ce coussin doit être à la fois ferme et souple. Avec l’aide de votre mâchoire, vous pourrez exercer une certaine pression sur l’anche afin de contrôler le son. Il faut donc trouver la bonne pression de vos muscles du visage et de la mâchoire pour stabiliser au mieux le bec dans votre bouche hermétiquement de sorte que l’air vous allez envoyer passe dans l’ouverture du bec (entre l’anche et le bec) et non pas à l’extérieur. (il ne faut pas qu’il y ait de « fuites d’air » qui s’échappent de votre embouchure. 

Attention cependant à ne pas mordre trop fort le bec et l’anche, vous risqueriez de “boucher le tuyau” et ainsi empêcher l’anche de vibrer, donc ne produire qu’un son minime ou pas de son du tout. 

Au début, il faut trouver le niveau de pression de la mâchoire qui fonctionne le mieux. chacun est différent de ce côté là, mais prendre de bonnes habitudes au départ permet de gagner du temps ensuite ! Donc, je vous conseille vivement de prendre le temps de “trouver” votre embouchure, votre son n’en sera que meilleur par la suite. 

3. Jouer votre première note

Respirez profondément, mettez le bec dans votre bouche, réglez votre embouchure en mettant un peu de pression sur l’anche et soufflez la note la plus longue possible…

Si votre anche est configurée comme vu précédemment vous devriez obtenir un son assez facilement.

Position saxophone

Quelle posture au saxophone : comment le tenir pour bien jouer ?

Après avoir monté votre anche sur votre bec, votre bec sur votre bocal, votre bocal dans le corps du saxophone, mettez votre cordelière autour du cou et accrochez votre saxophone. 

Ajustez la hauteur de la cordelière jusqu’à ce que le haut du bec arrive jusqu’à vos dents du haut tout en vous tenant droit. 

Si vous ne l’avez pas déjà fait, retirez le capuchon de votre embout buccal : souffler dans le couvre bec n’aura pas l’effet escompté, vous vous en doutez certainement, mais j’aime bien être précis 😉

Votre cou et votre tête doivent être bien droits, surtout pas inclinés vers le haut ou vers le bas. 

Si besoin donc, réajustez avec votre cordelière. 

  1. Position des mains

Commençons par la position de la main droite. Placez votre pouce droit sous le crochet du pouce puis placez votre index, votre majeur et votre annulaire sur les trois touches (clés) en face. 

Le pouce droit n’est pas destiné à supporter le poids de l’instrument. C’est le travail du cordon autour de votre cou. Ce pouce ne fait que stabiliser l’instrument donc si vous sentez du poids dessus, cela veut dire que votre cordelière doit être ajustée. (trop lâche, il faut la resserrer)

Pour la position main gauche, commencez par placer votre pouce sur le repose-pouce juste en dessous de la clé d’octave afin que la pointe puisse l’actionner avec un minimum de mouvement. 

C’est un peu plus compliqué de l’autre côté puisqu’on a plus de boutons que de doigts. La plupart des saxophones auront 4 ou 5 touches. Il vous faut placer votre index, votre majeur et votre annulaire sur trois des plus grands, en sautant le plus petit pour le moment. 

Il est important d’avoir une position de main agréable et détendue. Cela aide à prévenir la création de toute tension supplémentaire dans vos mains, poignets et bras.

2. Réglage fin de la configuration avant de jouer

Votre tête doit être droite et non inclinée d’un côté ou de l’autre. Alors, ajustez votre embouchure en conséquence, votre bout de votre bec doit être parfaitement à l’horizontale dans votre bouche à part si vous avez la bouche tordue, ce qui peut arriver.

Les mauvaises langues pourraient en faire des blagues mais ce n’es évidement pas mon style 😉

Les saxophones alto, ténor et baryton sont conçus pour être tenus légèrement sur le côté droit de votre corps, le soprano, plutôt devant vous. 

Personnellement, en position debout, je tiens l’alto et le tenor devant moi. La seule règle en la matière, c’est de trouver la posture qui vous permet de tenir le saxophone avec les mains détendues, vos doigts sur les clés et les poignets droits et sur de longues périodes sans apparition de douleur. 

3. Dernier petit checkup, position assise :

Placez-vous devant un miroir en position assise en tenant le saxophone et vérifiez les points suivants :

  • Vous vous tenez droit avec une bonne posture
  • Votre cou n’est pas incliné sur un côté ni de l’avant du dos
  • Votre cordelière maintient le saxophone suffisamment haut et vous ne ressentez pas de poids sur votre pouce droit. 
  • Votre bec vient jusqu’à vos dents du haut
  • Vos doigts reposent légèrement les clés et vos poignets sont droits
  • Vos épaules sont détendues et non voûtées
  • Votre saxophone légèrement sur la droite de votre corps
Position saxophone