man playing saxophone

Maîtriser l’Improvisation Pentatonique

L’improvisation, c’est souvent le Graal des musiciens appréciant le jazz, le funk, la soul, les musiques électroniques etc… En effet, quel musicien n’a jamais rêvé de jouer en ayant une certaine liberté, en se détachant de la partition? Quel musicien n’a jamais souhaité exprimer ses idées au travers de phrases musicales personnelles ? En gros quel musicien n’a jamais ambitionné de jouer avec ses trippes et ses oreilles plutôt que son cerveau?

Globalement je pense que la grande majorité d’entre nous pourra se reconnaître dans ces rêves… Mais parfois le passage à l’acte est difficile. Souvent, on ne se sent pas capables. On se décourage vite en se disant : « non ce n’est pas pour moi » ou « je n’y arriverai jamais « .

Ce fameux Graal musical nous semble alors être une montagne à gravir, un sommet de plus de 8K mètres infranchissable.

Si vous êtes jeunes, ou que vous avez des ados à la maison, ou que vous vous intéressez à youtube, prenez exemple sur le célébrissime Youtuber « Inoxtag ». Il s’est surpassé avec son défi « Everest » !

C’est ça qui est génial en musique. Chaque sujet, chaque concept, chaque nouvel objectif devient un nouveau terrain de jeu. Cela permet d’approfondir et d’enrichir sa palette. Et pas besoin non plus de faire une préparation sportive intensive. Il n’y a aucun risque pour sa vie. Il y a juste le risque d’être meilleur et de se faire plus plaisir.

Par contre, les choses ne viennent pas en un jour. Il faut avancer en utilisant une bonne méthode. Soyez patient, résilient, et optimiste. Ne jamais lâcher ni reculer devant la difficulté.

Selon moi, la voie la plus facile et la plus rapide pour aborder l’improvisation, réside dans l’utilisation des gammes pentatoniques. Ces gammes sont en effet assez simples (elles ne contiennent que 5 notes) et elles sont tellement utilisées en Jazz, Blues, Pop, Rock, funk… que leur sonorité va de suite vous parler.

Si vous êtes lecteur(trice) assidu(e) de ce blog, vous avez déjà lu mes articles sur ces gammes. Ils vous expliquent comment construire les principales gammes pentatoniques. Sinon, voici les liens pour découvrir ces billets et revenir ici ensuite pour la suite 😉

Comme je le répète souvent, en musique, il n’y a pas tant de secrets que ça…

La répétition, la patience et la persévérance finit toujours par payer.

Comme à mon habitude donc, mon premier conseil, est le suivant :

Si vous voulez improviser en utilisant les gammes pentatoniques, il va falloir les travailler. Il va falloir vous les mettre dans les doigts. Il vous faudra les travailler tellement qu’elles deviendront instinctives.

Comment les travailler?

Il vous faudra les travailler en partant de chacun des degrés. Pour Ré mineur pentatonique par exemple, vous travaillerez la gamme en partant du premier degré pentatonique (Ré), puis du deuxième (Fa), puis du troisième (Sol), puis du quatrième (La) et puis du cinquième degré pentatonique (Do)

Et pour que ce travail soit efficace, il vous faudra les travailler en utilisant des articulations différentes.

Je conseille au moins de travailler chaque degré 5 fois avec 5 articulations différentes.

L’objectif ici est que vous intégriez ces gammes et que vous soyez capables de jouer n’importe quelle pentatonique en montant et en descendant, depuis n’importe quel degré.

Pour intégrer cette gamme et la ressortir instinctivement dans des phrases musicales et mélodiques, il vous faudra des « expressions » « des mots musicaux ». Il faut la travailler cette gamme dans tous les sens, plus uniquement avec des notes conjointes.

L’arme ultime se sont des patterns. Les patterns, ce sont des schémas type de jeu , des formes ou motifs qui se répètent. Il en existe de nombreuses possibilités, par exemple ici en voici quelques uns, toujours sur Ré mineur pentatonique : (à travailler en montant et en descendant, dans toutes les tonalités)

C’est fastidieux, c’est vrai, pas très intéressant à jouer hors contexte de jam ou d’une backing track, mais le jeu en vaut la chandelle, faites moi confiance !

Pour comprendre l’intérêt de ce travail, faites un parallèle avec les grands discours.

Les meilleurs orateurs ont beaucoup de vocabulaire. Ils développent leurs idées. Ils utilisent de nombreux mots, un réservoir riche de mots et d’expressions.

Ils assemblent tout ça pour créer des phrases percutantes, un peu comme des « punchlines ».

En musique, c’est pareil :

Plus vous aurez un réservoirs de notes riche, plus vous pourrez avoir des phrases en stock à assembler entre elles, plus vous aurez des choses à dire avec votre instrument. Grâce à cela, vous pourrez développer des solos percutants, riches et variés. 

Si vous en êtes arrivés ici, c’est que vous avez littéralement poncé votre instrument à en faire des cauchemars.

Il est temps d’exorciser tout ça et de jouer ces pentatoniques à votre façon. 

L’idée est de la jouer, sans musique de fond, sans métronome, rien que vous, votre instrument et votre gamme pentatonique.

Grâce à tout le travail préparatoire accompli, vous pourrez trouver vos propres phrases. Vous composerez avec les différents patterns. Surtout, vous intégrerez votre sensibilité et votre personnalité dans l’utilisation de ces schémas standards.

Très vite, vous vous entendrez jouer et improviser avec une certaine cohérence. Cela est possible car vous utiliserez votre fameux réservoir de notes, acquis au prix d’un travail long et discipliné.

L’idée ici, est de s’amuser en travaillant des phrases personnelles de manière acoustique, vraiment pour les entendre, les ressentir. Essayez, expérimentez, vous êtes seul(e) ! profitez en !

N’hésitez pas à répéter les phrases ou les bouts de phrases qui vous plairont. Un bon exercice consisterait à les écrire sur du papier à musique. Puis dans un second temps, les transposer dans toutes les tonalités. 

Bon, les gammes pentatoniques sont dans les doigts en montant et en descendant.

Vous savez aussi les jouer de manière plus “angulaire” grâce aux patterns que vous avez travaillés.

Vous avez même commencé à créer votre propre style en jouant acoustique, “a capella” sans backing track.

Maintenant il faut se lâcher un peu ! C’est le moment de travailler l’improvisation pentatonique avec un fond musical. La technique c’est bien beau, mais à trop réfléchir, on perd en créativité.

A cette étape, mettez vous une backing Track sur un accord unique pour démarrer, en boucle pour vous exercer sur la gamme que vous travaillez. Jouez avec cette gamme et l’accompagnement : mélodiquement, rythmiquement. N’ayez pas peur de laisser passer des silences.

La peur du vide nous pousse souvent à combler, mais parfois, il vaut mieux laisser passer quelque temps, et lancer une super phrase bien construite, plutôt que de jouer tout le temps des choses incohérentes. 

Il faut oser, tenter, essayer, c’est comme cela que vous fonderez votre propre style. 

Dernière chose qu’il me semble important pour s’améliorer en improvisation, c’est tout simple : ECOUTER, ECOUTER, ECOUTER, ECOUTER… REPRODUIRE, REPRODUIRE, REPRODUIRE…

Qui écouter? qui relever et imiter ou reproduire? Eh bien tous vos artistes préférés qui jouent de la pentatonique dans leurs chorus de manière majoritaire. Des Maceo Parker, Gerald Ablright, Dave Koz, David Sanborn… La liste et longue et plus vous vous inspirerez de ces légendes, plus vous intégrerez leurs influences et les reproduirez dans vos chorus.

Donc n’hésitez pas à inonder vos oreilles de ces artistes, cela aide vraiment pour trouver son style de s’inspirer des autres.

Improviser, ce n’est pas chose facile. Nous l’avons vu plus haut… Cela demande de mobiliser de nombreuses compétences à la fois techniques saxophonistiques (doigtés, techniques, intervalles etc..), harmonique (suivre une progression d’accords), mélodique, rythmique… Mais au delà des compétences musicales, improviser demande d’aller chercher en soi de la confiance, de l’assurance, de la curiosité, de la persévérance, de la résilience, de la motivation, de la créativité…

C’est difficile, oui. Mais pas impossible ! TOUT LE MONDE en est capable ! Cela prendra plus ou moins de temps selon les personnes, mais en travaillant progressivement les 4 étapes décrites dans cet article, votre route est toute tracée. Elle sera longue et parfois vous tomberez en panne d’essence, mais vous trouverez toujours le moyen d’avancer si vous garder confiance et envie de réussir.

Bon travail, Bon Sax, et n’hésitez pas à nous partager en commentaires vos avis, vos méthodes personnelles, vos galères, vos succès….

Vous pourrez retrouver une synthèse de cet article en vidéo sur ma chaine youtube, avec quelques exemples des différents exercices que je propose.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour voir le tuto !

Mixage Audio #3 : Comprendre La réverbération du son

Vous êtes musicien, vous vous enregistrez un peu de temps en temps mais vous êtes débutant(e) en MAO ? Vous avez certainement déjà mis « à balles » des plugin de réverbe sur vos pistes d’enregistrement. Avec plus ou moins de succès, vous vous être retrouvé(e) soit dans le stade de Wembley, soit dans une cathédrale, soit dans une cage d’escalier etc… Ce que je veux dire, c’est que très souvent, l’effet est immédiat et parfaitement audible quand on ajoute une réverbe. En revanche, cela n’est pas toujours très adapté si on ne fait pas quelques réglages pour rendre l’effet plus « naturel »…

Tout le monde le fait. Je crois que c’est un passage obligé pour tout MAO-iste en herbe. Pourquoi ce reflexe quasi systématique de coller un plugin de réverbe en insert de nos pistes d’enregistrement ? Tout simplement, cela vient du fait que la réverbération du son est un phénomène naturel, et qu’il nous manque quand on réécoute sa meilleure prise captée à la maison en close micking !

En effet, faites le test dans votre environnement, dans différents lieux, intérieur, extérieur etc… La réverbération est partout ! Et en général, pour le home studiste de base, les enregistrements sont faits en « close micking » (position de la source très proche du micro), ce qui enlève toute réverbération de la pièce dans laquelle vous enregistrez : votre micro ne capte que le son de l’instrument enregistré. A l’écoute de cette piste, elle semble donc plate, sans vie, sèche.. Il manque donc toute la partie de « résonnance » qui accompagne TOUJOURS un son qui est émis dans n’importe quel espace.

Voilà, vous avez désormais compris pourquoi vous avez cette envie irréfragable de mettre tout de suite de la réverbe sur vos pistes ! C’est tout bête, mais il fallait juste vous en faire prendre conscience ! On dit merci qui ?? Merci Saxtunes ! lol

Bon, il y a une autre raison souvent utilisée, qui est que mettre une grosse réverbe bien longue cache un peu les erreurs de jeu de l’instrumentiste en les fondant dans un gloubiboulga sonore qui fait l’artifice, mais je sais très bien que les lecteurs(trices) assidus de ce blog ne sont pas concernés 😉

Bref, maintenant, ce qui peut être intéressant, c’est de comprendre un peu mieux comment fonctionne la réverbération du son et ainsi avoir quelques billes pour mieux régler vos plugins… C’est ce que je vous propose d’aborder plus bas et de vous partager.

Attention, c’est un peu théorique, mais si vous lisez attentivement et que vous en retenez la moitié, vous pourrez vous faire mousser lors de votre prochaine soirée en parlant de champ diffus, de réflexion précoce, de réponse impulsionnelle etc…

Echo Vs Réverbération

Avant d’aller plus loin, il est important de savoir différencier ces deux notions. 

Considérons qu’un son est émis dans un local, quel qu’il soit. Je tape dans les mains à l’intérieur d’une pièce, par exemple. Le son qui me parvient en premier s’appelle le son direct : le trajet le plus court entre mes mains et mon oreille. A ce stade, la salle n’a pas d’influence sur le son que je perçois. Mais il peut se passer d’autres phénomènes acoustiques : 

L’echo : 

On va considérer une seule paroi, je tape dans mes mains, à 17 m de la paroi. Le son va parcourir 34m avant de revenir. Le son se propage jusqu’à la paroi, rebondi et me revient.

Le son direct me parvient instantanément instantanément ici car entre mes mains et mes oreilles il y a peu de distance. 

Mais en prenant en compte la vitesse de déplacement du son dans l’air (340m/s), Il faudra 1 dixième de seconde pour que le son revienne de la paroi. Je pourrai ici percevoir deux sons en décalé. Le son direct et la réflexion de manière distincte. Plus la distance entre la paroi et moi est importante, plus l’écho va être long, c’est-à-dire, plus l’écho mettra du temps à être entendu.

Je suis certain que vous en avez tous déjà fait l’expérience à la montagne par exemple. Qui n’a pas crié à s’en déchirer les cordes vocales : « EEEEEECCHHHHHoOOOOOOOoooOOOO » pour entendre la montagne nous répondre quelques centièmes de secondes plus tard?

La réverbération : 

Le son semble ici plutôt prolongé et non répété. Il y a un sentiment de traînée du son et non pas d’impulsion distincte du son direct. Ici, je tape dans mes mains et les réflexions vont m’arriver plus rapidement, mais de tous les murs, elles vont se fusionner, se densifier et vont m’envelopper de manière plus diffuse. 

Il est important de préciser ces deux notions car ce sont deux effets acoustiques bien différents et à utiliser pour des besoins spécifiques… Selon la couleur à donner à la production musicale, le style de musique etc…

Rencontre du troisième type…

Vous commencez à l’entrevoir, la réverbération se produit lorsqu’un son rencontre une ou des parois. Il est ainsi réfléchi et revient à l’oreille de l’auditeur. Les réflexions sont très nombreuses, et on peut les entendre parfois longuement, selon la puissance du son direct, le nombre de parois, la taille de la pièce etc…

Mais concrètement que se passe-t-il?

Quand un son rencontre une paroi, il va se passer 3 choses : une partie de l’énergie sonore émise va être absorbée par la paroi rencontrée, une autre partie va être transmise de l’autre côté et la dernière sera réfléchie dans la pièce.

Ce qui va nous intéresser donc ici, sera particulièrement la partie réflexion :

L’onde sonore va heurter le mur, sera ré-émanée par le mur et va rester à l’intérieur de la pièce. Donc vous l’avez compris, elle va à nouveau heurter des parois, être réfléchie à nouveau etc… Mais comme une partie est absorbée et transmise à chaque rencontre, cette énergie va diminuer au fur et à mesure jusqu’à s’éteindre. Le temps de réverbération ne sera donc pas infini et la réverbération s’entendra dans un temps imparti qui dépendra fortement de la taille de la pièce et des matériaux constituant les parois de cette dernière. 
Dès lors, et pour véritablement décomposer ce phénomène acoustique naturel, il convient donc de se pencher un peu sur ce qui se passe au moment de la réflexion du son sur une paroi.

Pour cela, je dois en quelques mots vous parler de ce qu’on appelle en acoustique la « réponse impulsionnelle ».

Je suis bien évidement conscient que tout cela est très théorique et barbant. Moi le premier quand j’ai voulu m’y intéresser je n’y saisissais vraiment rien du tout!

Mais accrochez vous un peu , promis je ne vous donne encore que deux-trois concepts pour me la péter et après, vous pourrez jouer du potard à foison sur vos plugin, mais en connaissance de cause, ce qui devrait vous être utile pour régler vos réverbes…

La réponse impulsionnelle est un terme un peu pompeux pour qualifier ce qui se passe quand un bruit sec est émis dans une pièce, comme un claquement de mains par exemple.

Trois choses précisément sont audibles :

  • Le son direct : c’est le son qui arrive directement dans vos oreilles
  • Les réflexions précoces : ce sont les premières réflexions qui arrivent à vos oreilles jusqu’à 100ms après l’émission du son. Selon la pièce et sa position dans cette dernière, elles seront bien différentes.
  • Le champ diffus : c’est la « queue » de la réverbe. C’est la résonnance des réflexions multiples qui rencontrent les parois de la pièce. C’est globalement cela qui donne ce sentiment d’espace, de profondeur d’une réverbe.

Je vous promets, j’ai fait très court sur la théorie acoustique… Mais ces bases étaient absolument nécessaires à connaitre.

Pour être bien concret, maintenant, essayons de parler plugin de réverberation … et mettons les doigts ou les souris sur les potards…

En pratique : utiliser un plugin de réverbe dans votre DAW

Bon, je suis désolé par avance, mais je ne vais pas ici avoir de recette miracle à vous proposer… En effet, il existe autant de plugin de réverb que d’EQ ou de compresseurs sur le marché. Certains sont gratuits, d’autres payants, qualitatifs ou pas, faciles d’utilisation ou pas…

Mais pour ne pas vous laisser avec votre frustration et mes explications théoriques fumeuses ci-dessus, je vais m’efforcer de faire le lien avec l’illustration du plugin TrueVerb de la maison Waves Audio dont je vous propose une capture d’écran.

Ce que je peux vous dire par contre, c’est que quoi qu’il en soit, l’utilisation d’un plugin de réverbe sert à simuler un espace sonore. En gros, utiliser tel ou tel preset vous permettra de simuler le son rendu par une cathédrale, un cinéma, un parking, une salle de concert, un studio d’enregistrement etc…

Et pour créer cette simulation, les plugin de reverbe utilisent les concept acoustiques évoqués plus haut dans cet article, modélisés par différents paramètres à régler en fonction de la couleur que l’on souhaite obtenir.

Vous remarquerez aisément qu’il y a BEAUCOUP de boutons et de paramètres… Et c’est là que ça se complique si on ne sait pas à quoi correspond tel ou tel potard.

Régler les volumes des composantes de la réponse impulsionnelle

Commençons par en bas à droite de l’image : Vous avez 3 faders de volume. C’est ici que vous pourrez régler et ajuster le volume des 3 composantes de la réponse impulsionnelle dont je vous parlais plus haut : vous pourrez jouer sur le volume entre le son direct (son émis « brut » ou « dry » par votre source sonore), celui des réflexions précoces (early Ref) et celui du champ diffus (Reverb).

Un bon exercice pour forger votre oreille pourrait consister à ne faire jouer ces fader que un par un pour écouter individuellement l’effet restitué. Chargez un preset au hasard et prenez quelques minutes pour tester cela.

En général, plus on entend le son direct, plus on se sent proche de la source sonore (premier rang d’une salle de spectacle par exemple).

Pour parler des réflexions précoces, plus elles sont longues à arriver, plus la pièce nous semble grande. Plus elles sont fortes, plus on se sent proche des murs de la pièce simulée.

Enfin, plus le champ diffus est fort, plus on a l’impression d’être loin de la source, presque à n’entendre que les résonnances mais sans plus trop distinguer les différents élément (d’où le terme diffus 😉 ).

Réglage du DAMPING

Ensuite, vous pourrez trouver dans la plupart des plugin un endroit pour régler le « damping ». Vous vous souvenez tout à l’heure, quand je vous parlais d’absorption ? Et bien nous y voilà. Avec ce réglage, vous allez pouvoir jouer sur la couleur de votre réverbe en choisissant « d’absorber » plus ou moins les graves, les aigus, les médiums etc… Petit tips ici, si vous voulez un rendu naturel, rappelez vous que dans la nature, les aigus sont très peu présents dans la réverbération.

Dans le plugin TrueVerb, ces réglages se font en ajustant les courbes de filtre de l’espace « frequency response ».
C’est une sorte d’égaliseur qui vous permet de choisir d’appliquer un filtre lowcut (ER low cut) /highcut ou filtre en plateau (Rev Shelf).

Là encore, tester, expérimenter est une bonne manière de se rendre compte des impacts de ces réglages.

Temps de réponse et taille de pièce

Maintenant, beaucoup de plugin vous offriront la possibilité de régler les temps de réponse. Dans TrueVerb c’est le graphique du haut « Time response ».

Les barres verticales orange représente les différentes réflexions précoces. La grande barre verticale en Jaune représente la distance entre votre oreille et les parois de la pièce simulée (en gros, votre position dans la salle) et la grande barre bleu ciel représente la taille de la pièce.

Jouez avec ces réglages pour écouter les différences encore une fois !

Enfin, en haut à droite, la partie violette représente le temps de réverbération, la forme du champ diffus qui suit les réflexions précoces. C’est ici que vous pourrez finement régler le volume du champ diffus (balance), le temps de réverbération (decay time), mais également le predelay.

Petit mot sur le predelay, plus il est important, plus on a l’impression de se rapprocher de la source sonore. Arme redoutable pour avancer un élément dans un mix, par exemple une voix ou un instrument soliste.

Conclusion

J’espère ne pas vous avoir perdu(e)s dans les méandre de l’acoustique… Je sais bien que tout un chacun aimerait appuyer sur un bouton magique afin d’avoir le son tant espéré appliqué à sa production musicale du moment, mais je me dois d’être réaliste et de vous dire la vérité… Rien n’est simple dès lors qu’on parle de réverbération du son car vous l’avez compris, l’utilisation de plugin de réverb ne fait que reproduire artificiellement les caractéristiques sonores naturelles d’un type d’environnement. Et la nature est complèxe… belle, mais complexe… La dompter et l’apprivoiser est un chantier perpétuel et de très long terme…

Néanmoins, ce qu’il faut noter, c’est que les différents présets de reverb inclus dans vos plugin sont la plupart du temps très bien configurés et assez réalistes, mais pour ne pas sonner « comme les autres » et mettre sa propre patte, reproduire plus précisément le son imaginé dans la vision de son mix, connaître les différentes caractéristiques acoustiques du son est nécessaire.

Vous avez vos premières bases ici, maintenant, à vous de jouer ! Testez, expérimentez, essayez, jouez avec tout ces nouveaux concepts pour mieux les comprendre et vous les approprier !

Les gammes d’improvisation #4 : La gamme Blues Majeure

Blues et majeur ? Comment est-ce possible? La « vraie » gamme blues est mineure, nous l’avons vu dans un autre billet, et le Blues, n’est il pas sensé être une musique mélancolique, empreinte de tristesse et de profondeur d’âme? Par ailleurs, ne dit-on pas toujours que les tonalités Majeures en musique, sont joyeuses, optimistes et positives non?

Dès lors, comment une gamme blues peu-elle être majeure et donc avoir une sonorité positive?

C’est comme ça en musique, rien n’est gravé dans le marbre, les règles sont souvent tansgressées ou réadaptées : la créativité n’a pas de limites, et il existe une gamme blues majeure qui crée une nouvelle dimension musicale à explorer.

person holding a cardboard banner with what now written on it

Mais je ne voudrais pas vous assommer avec de longs discours de théorie… Même s’il faut y passer à un moment ou un autre… Je vous propose plutôt de découvrir un blues majeur par une écoute, par un exemple de ce qui s’est fait de mieux dans le genre : Un des morceaux les plus représentatifs de ce qu’est un Blues Majeur est « Sister Sadie » de Horace Silver.

La mélodie typiquement « hard-bop » évoque fortement le gospel et le blues grâce à une sonorité très « soul ».

Ce morceau est comme une réponse au célebriscime « Moanin » du batteur Art Blakey et en l’écoutant, il fait penser à une composition de big band alors qu’il a été écrit pour un Quintet ! C’est la tout le génie du pianiste Horace Silver qui nous a laissé entre autres, « Jody Grind », « Opus de Funk » ou « Song for my father » ou l’unique « Nic’s Dream »qui sont autant de standards éternels que tout amateur de jazz écoute ou joue régulièrement dans sa vie !

Je vous propose de jouer ce morceau pendant que vous lisez la suite en cliquant sur le lien :

Franchement, on ne s’en lasse pas non? C’est un blues, il n’y a pas de doutes ! Mais c’est un blues qui donne envie de danser et pas de se morfondre !

Mais revenons justement à la gamme blues majeure. Après tout, c’est bien le titre de cet article !

Nous l’avons vu dans un article précédent, la gamme blues mineure est déduite à partir de la pentatonique mineure en y ajoutant la Quinte Bémol qui fait partie des « blues notes ». Une gamme blues compte donc 6 notes, 6 degrés.

Je vous le donne en mille : La gamme blues majeure va aussi se déduire à partir de sa pentatonique majeure, en y ajoutant une Sixième note.

Vous vous souvenez comment construire les gammes pentatoniques? Non? petit rappel…

La pentatonique majeure se construit sur les degrés 1-2-3-5 et 6 de la gamme majeure

La pentatonique mineure se construit elle sur les degrés 1-3b-4-5-7b de la même gamme majeure.

Si vous voulez réviser, ça se passe par là :

Et pour que ce soit du blues, il faut une connotation mineure, plus sombre à cette gamme. Pour cela, nous utiliserons la tierce mineure.

les 6 notes de la gamme blues majeure seront donc les degrés 1-2-3b-3-5-6.

Pour Mi Blues Majeur nous aurons donc :

Maintenant que le « Secret » est révélé, regardons quand même d’un peu plus près ce qui se passe dans le thème de Sister Sadie, l’exemple de mise en pratique que je vous propose ici.

Voici le thème écrit en Eb pour saxophone Alto :

En lisant ces notes, vous arrivez à reconnaître la gamme utilisée? …….. Regardez bien…… Si je vous dis gamme de 5 notes ?

Non toujours pas? Je je vous dis Pent… Penta…. Oui ! La gamme pentatonique est utilisée dans ce thème!

Sur le Mi 13 (E13) c’est assez clair ! Seulement quelle gamme pentatonique? Majeure ou mineure?? Attention il y a un piège…

Le A du thème de Sister Sadie (les 8 premières mesures) tourne sur un Mi septième (E7). La gamme pentatonique majeure est donc Mi Fa# Sol# Si Do#. Vous ne remarquez rien? Si si !! On retrouve bien ces notes dans cette mélodie…mais vous avez raison…pas toutes… En effet, une note s’est immiscée la dedans et ne sonne pas pareil, elle amène une sonorité plus sombre, plus « Blues ».

Regardez à nouveau la première phrase : Oui, en effet, il n’y a pas le Fa# de cette pentatonique majeure, mais un Sol Bécarre … Ce sacré Horace nous a fait une blague et a remplacé le deuxième degré de la penta majeure par une tierce bémol.

Prise dans son ensemble, cette phrase compte 5 notes… une pentatonique donc… Mais sous une nouvelle forme, carrément inventée par ce morceau. Mais quel Génie Vraiment !

Mi, Sol bécarre, Sol #, Si, Do #, si on compte les degrés, la forme est donc 1-3b-3-5-6 . Certains ont appelé cette gamme la « Soul pentatonique » car c’est une variante de la penta majeure, mais avec cette tierce mineure qui amène une sonorité caractéristique du blues. Cela ne vous rappelle rien? Comparez cette forme de pentatonique avec la gamme blues majeure décrite plus haut, vous constaterez qu’on est en plein dedans!

Donc au final, nous pourrions dire que la gamme blues majeure est un mix entre la pentatonique majeure et la Soul pentatonic.

En tous les cas, un nouveau terrain de jeu s’offre à vous et maintenant que vous connaissez les « Secrets » des 4 gammes d’improvisation les plus répandues vous allez sortir des Solos dignes des plus grands maîtres du style !! En tous les cas, je vous le souhaite !

Pratiquez, écoutez, expérimentez et surtout, prenez du plaisir !!

Introduction aux modes en musique

Si je vous dis dorien, phrygien, lydien, mixolydien, lydien, ionien etc… Vous me direz que vous n’êtes pas là pour coudre des bonnets révolutionnaires, revoir vos cours de grec, ou disserter des populations d’Asie centrale à l’antiquité j’imagine, et que vous ne voyez pas l’intérêt d’employer ces termes sur ce blog… Ne prenez pas peur, restez un peu et lisez tranquillement ce qui suit…

La théorie musicale, qu’est-ce que c’est barbant, ennuyeux, rasoir, relou diraient les jeunes… En effet, ce n’est pas toujours une partie de plaisir de s’atteler à un nouveau chapitre, j’en conviens, avec tout son lot de complexité, et il est plus facile et confortable de rester sur ses acquis…

Après-tout, quand on joue de la musique, on veut simplement se faire plaisir, « kiffer la vibe », s’amuser et obtenir du plaisir instantané en jouant sur un morceau, ou pour les amateurs de jazz, improviser et sortir le Chorus de Michael Brecker, de Cannonball ou de John Coltrane de suite…

La dure réalité de la vie est que cela n’est pas aussi simple… Et que pour y arriver, il faut apprendre encore et toujours pour enrichir sa culture musicale et faire sien des concepts les plus fumeux et toujours plus complexes… En apparence seulement car si on regarde sans stress, on se rend souvent compte que ce n’est pas si difficile qu’il n’y paraît…

Si vous êtes tombé sur cet article, c’est que vous avez déjà un niveau assez avancé de la musique, au moins une bonne culture générale ou que vous êtes très curieux et désireux de progresser dans votre pratique de la musique.

Alors mettez de côté tous vos a priori et soyez attentifs.ves à ce qui suit.

dressmaker smiling in white long sleeve blouse holding a scissors with measuring tape hanging on her neck

Qu’est-ce qu’un mode en musique ?

Sans vouloir faire de jeu de mot douteux, j’ai envie de dire que l’utilisation des modes en musique, n’est pas le nouveau truc « à la mode » chez les compositeurs, artistes ou grands improvisateurs… Et ce n’est pas non plus la nouvelle tendance sur insta pour devenir une « fashion Victim » !

En effet, l’utilisation des modes remonte à l’antiquité et ces derniers ont toujours été utilisés depuis que la musique existe… Le fait de dire que ce sont des modes n’est en fait que l’expression de l’intégration de ces pratiques dans la théorie musicale.

Mais rentrons un peu dans le concret.

Un mode, ce n’est ni plus ni moins qu’une gamme commencée à partir d’une note différente que sa racine, que sa note « d’origine ».

Pour le dire autrement (et de façon plus conventionnelle), un mode est obtenu à partir du moment où une gamme est commencée par autre chose que sa tonique.

Ce n’est toujours pas clair? Prenons un exemple :

Vous connaissez tous.tes la gamme de do majeur, non? Et bien appliquer les modes sur cette gamme consistera tout simplement à utiliser toutes les notes de cette gamme en partant de chacun de ses degrés.

Petit rappel sur les degrés… en effet, si vous ne maîtrisez pas encore cette notion, vous ne comprendrez pas grand chose à ce qui suit donc je vous conseille d’aller réviser par là :

De retour ? Ok ! reprenons alors !!

Un exemple plus visuel peut-être vous parlera plus :

Ci-dessus, vous avez la gamme de Do majeur, et avec inscrits en dessous en chiffres romains tous les degrés de cette gamme (du 1er au 7ème degré).

Maintenant, appliquons la définition du mode évoquée un peu plus haut, utilisons toutes les notes de la gamme de Do majeur, mais à partir du deuxième degré (à partir de la note ré).

Cela donnerait :

Et bien vous venez de créer un mode de la gamme de Do…

Faisons maintenant l’exercice sur le 6ème degré : on retranscrit les 7 notes de la gamme de Do majeur, mais en partant du 6ème degré (VI), en partant donc de la note La.

Cela amènerait à :

Vous pouvez constater que nous utilisons la même gamme majeure, celle de Do car il n’y a toujours pas d’altération à la clef, aucune note dièse ni bémol ! Et bien cette gamme partant de La est aussi un mode.

Que pouvez-vous en déduire? …… Musique bossa nova…………………………. petit solo de xylophone pour la concentration…..odeur du café fraîchement torréfié……………………………….senteurs chimique de hall d’hôtel pour stimuler le plaisir des clients………………..

Eureka !!!!!!!

Exactement ! chaque gamme majeure possède 7 notes, donc 7 degrés donc 7 modes !

Nous rentrerons un peu plus dans le détail de chacun de ces modes un peu plus tard… Le temps pour vous de digérer cette nouvelle révélation !

Donc, si je n’ai pas été trop mauvais, vous avez compris désormais ce qu’est un mode en musique…. Ok d’accord, mais quel intérêt de décaler la gamme majeure de cette manière? à quoi ça peut bien servir, si ce n’est se triturer le cerveau et inventer un nouveau concept théorique à utiliser dans les dîners mondains pour étaler toute sa culture musicale ?

A quoi servent les modes en musique ?

question marks on paper crafts beside coffee drink

C’est vrai que comme ça, on pourrait se dire que ces modes ont été inventés et créés artificiellement et qu’au final, ils n’ont aucune différence avec les gammes majeures habituelles puisqu’on utilise exactement les mêmes notes.

Détrompez vous ! et pour vous en rendre compte, faite l’exercice vous même sur la gamme de do majeur.

Jouez cette gamme en entier , de Do à Do et écoutez bien le son, la couleur de cette gamme. ……………………..Ça y est? C’est fait? C’est une gamme majeure, donc sa sonorité est plutôt joyeuse, chaleureuse.

Maintenant jouez cette même gamme mais de La à La (à partir du VIème degré) et écoutez bien la couleur …………….. Vous entendez la différence? Ne trouvez-vous pas que la sonorité est plus Mélancolique ?

Un autre exemple en partant du deuxième degré : jouez toutes les notes de la gamme de do majeur de Ré à Ré. Entendez-vous cette sonorité « Jazzy » ?

Vous avez entendu la différence ? j’en suis sur que oui ! Ces différentes gammes, ces différents modes, bien qu’ils utilisent strictement les mêmes notes, ils ont des couleurs différentes, et c’est là que réside tout l’intérêt de leur utilisation.

« Mais comment est-ce possible? Mon oreille et mon cerveau me jouent-ils des tours ?? Suis-je sujet à des hallucinations auditives ?? »

Non pas vraiment, je vous rassure. Le secret, c’est qu’en décalant les notes degré par degré, on décale aussi la structure de la gamme, ce qui a pour effet de placer les tons et les demi-tons différemment, et c’est cela qui crée cette différence de perception auditive et ces différences de couleurs.

Finalement donc, les modes en musique servent à enrichir le vocabulaire dans un morceau donné, en utilisant des couleurs différentes. Que ce soit en composition ou en improvisation, utiliser les modes permet de « moduler », d’amener un élément nouveau qui va sortir l’auditeur de son habitude, le surprendre, retenir encore plus son attention car on lui propose autre chose dans le cadre du même morceau.

Nous parlons de « couleur » musicale. Faites le parallèle avec la peinture : un artiste qui utilise les trois couleurs primaires uniquement sera-t-il capable de créer des oeuvre plus riches ou moins riches que celui qui utilise ces mêmes couleurs primaires mais déclinées en plusieurs nuances, voire techniques (fusain, aquarelle etc…). Ce sont les mêmes notes de couleur mais leur variété visuelle rendra l’oeuvre plus intéressante.

Après tout, un Bleu nuit, un bleu ciel ou un Bleu pétrole sont tous des bleus, mais ils ne provoquent pas la même émotion. Tout comme un Ré naturel un Ré dorien ou un Ré myxolidien sont tous des ré, mais leur sonorité apportera des ressentis différents et enrichiront votre composition ou improvisation.

J’espère que vous êtes allé jusqu’au bout de cet article, mais surtout, que vous avez désacralisé ce concept de mode en vous rendant compte, que ce n’est pas si difficile que ça, et que vous avez compris l’intérêt d’utiliser ces modes !

Dites le moi en commentaires !

A plus tard pour rentrer un peu en détail dans ces modes…

ii V i

Les 2-5-1 mineurs : les reconnaître, les comprendre et improviser dessus.

Bonjour toute le monde !

Voilà quelques semaines que je n’avais pas écris sur ce blog. Manque de temps, d’inspiration, de motivation? Je ne sais pas trop, peut-être un peu de tout ça.

Mais me revoilà ! Aujourd’hui je voudrais vous parler de la cadence ii-V-i ou 2-5-1 mineur.

Dans un précédent article, je vous partage les notions de base pour repérer les ii-V-I (2-5-1 majeurs) et comment jouer sur ces accords, notamment comment reconnaître la gamme majeure associée. Pour réviser, c’est par là :

Aujourd’hui donc, nous allons reprendre globalement la même chose, mais les gammes à utiliser pour improviser seront un peu différentes.

Si tu as besoin de réviser un peu, je t’invite à aller lire ou relire les trois articles ci-dessous et à revenir vite ici pour connaître la suite.

Si tu es déjà au fait de ce que sont les accords de l’harmonisation des gammes majeures, de ce que sont les accords « 7 » en Jazz et que tu maîtrises les 2-5-1 majeurs, tu peux passer à la suite directement.

Quelques révisions…

Application : construire l’harmonisation de la gamme mineure naturelle

person standing near brown welcome on board printed floor map

Pour comprendre ce qui se passe avec les ii-V-i mineurs, refaisons une harmonisation de la gamme mineure naturelle un utilisant la même méthode que pour la harmoniser la gamme majeure.

Et pour cela, nous prendrons l’exemple de la gamme de La Mineur naturelle.

1. Ecrivez sur du papier à musique toute les notes de la gamme de la mineur (la si do ré mi fa sol) :



2. Sous chaque note, notez le degré correspondant (première note = premier degrés, deuxième note = deuxième degrés…):

3. A partir de chaque degrés, empiler les triades pour créer les accords jusqu’à avoir 4 notes :

4. Caractériser chaque accord en déterminant la nature des tierces :

Pareil, si vous avez besoin de réviser ici, je vous renvoie à l’article sur les intervalles :

Revenons donc sur notre harmonisation et caractérisons nos accords en déterminant la nature des tierces , sur la gamme de la mineur :

Premier degré, La (I) = il y a trois tierces empilées : la-do (tierce mineure car 1, 5 tons), do-mi (tierce majeure car 2 tons), mi-sol (tierce mineure car 1,5 tons). 3m-3M-3m : nous avons donc un accord min 7, La min7 (Am7).

Deuxième degré, Si (II) = même exercice, regardons les tierces : si-ré (tierce mineure), puis ré-fa (tierce mineure) et enfin fa-la (tierce majeure). 3m-3m-3M : nous avons donc un accord de septième semi diminué. L’accord Mineur 7 quinte bémol ou semi-diminué peut s’écrire de plusieurs façons (m7b5 ou ∅). Pour improviser sur ces accords ∅, nous choisirons souvent la gamme mineur harmonique, en mode dorien. Nous verrons les modes plus tard, mais pour l’instant dites vous que comme le Bm7b5 est le deuxième degré de la gamme de la mineur, c’est la gamme mineur harmonique de La que nous utiliserons 😉

Troisième degré, Do (III) : do-mi (tierce majeure car 2 tons), puis mi-sol (tierce mineure car 1,5 tons), puis sol-si (tierce majeure car 2 tons. 3M-3m-3M = sous sommes sont sur un accord Majeur 7 (DoM7)

Quatrième degré, Ré (IV) : ré-fa (tierce mineure), fa-la (tierce Majeure), la-do (tierce mineure). 3m-3M-3m, nous sommes donc un un accord min7, Ré min7 ici (Dm7)

Cinquième degré, mi (V) : mi-sol (tierce mineure), sol-si (tierce majeure), si-ré (tierce mineure). 3m-3M-3m, nous sommes donc sur un accord min7 , Mi min7 (Em7).

Sixième degré, fa (VI) : fa-la (tierce majeure), la-do (tierce mineure), do-mi (tierce majeure). 3M-3m-3M donc nous avons un accord Maj7, Fa Maj7 (FM7).

Septième degré, Sol (VII) : sol-si (tierce majeure) puis si-ré (tierce mineure) et enfin ré-fa (tierce mineure). 3M-3m-3m, c’est un accord 7, Sol 7 (G7).

Pour ancrer ces notions bien dans votre mémoire, je vous invite à faire l’exercice pour chaque gamme, cela vous habituera à compter les tierces, à trouver leur nature et donc caractériser vos accords. C’est une gymnastique un peu fastidieuse mais pas si compliquée au final quand on suit étape par étape.

Puisque je suis toujours un gars sympa, je vous mets le tableau complet, mais vraiment, faites l’effort, cela vous aidera à avoir des automatismes pour la suite.

Nous retrouvons ici tous nos degrés de 1 à 7, en en empilant nos triades sur les notes de la gamme mineure naturelle, nous obtenons des accords caractéristiques de chaque degré.

Passons à la pratique : Comment improviser sur un ii-V-i mineur?

brass saxophone on white plastic chair

Un ii-V-i mineur sera donc une suite d’accords enchaînant le second et le cinquième degré d’une gamme et finira par le premier degré d’une gamme mineure.

Attention, il y a quand même un petit piège… En effet, si on se réfère au tableau ci-dessus, les cinquièmes degrés des gammes mineures doivent être eux aussi mineurs.

En pratique, pour repérer un 2-5-1 mineur, nous n’allons pas faire attention à la nature du degré 5. En sommes, peu importe s’il est mineur.

La plupart du temps, on repèrera plutôt le second degré qui est un accord bien spécifique, comme nous l’avons vu plus haut, c’est un accord semi-diminué, soit un accord min7 quinte bémol, noté sur les grilles m7b5 ou ∅.

Repérez l’accord ∅ dans une progression. Considérez-le comme un deuxième degré et donc déduisez-en la tonique (le premier degré). Si l’accord qui suit est un cinquième degré de cette même tonique (peu importe si l’accord est majeur ou mineur), vous êtes en 2-5-1 mineur.

Sur cette progression, vous pourrez jouer, la gamme pentatonique mineure, la gamme blues, la gamme mineure naturelle évidemment, mais surtout, la gamme mineure harmonique. Cette dernière à un petit côté oriental qui ne passe pas inaperçu lors d’une phrase musicale, en l’utilisant, vous ferez votre petit effet à chaque fois ;-).

Un article sera rédigé plus tard sur les gammes mineures, mais en anticipation, voici comme construire la gamme mineure harmonique : l’exemple est la la gamme de La mineur harmonique, mais la construction est la même pour toutes les tonalités, à reproduire donc selon vos contextes :

Voilà pour cet article un peu long, mais assez récapitulatif de plusieurs concepts vus précédemment.

Maintenant que vous avez le savoir, il faut pratiquer, pratiquer, pratiquer…. C’est à dire, analyser vos grilles, repérez les accords, compter les degrés pour trouver les tonalités, puis utiliser les bonnes gammes, selon la progression d’accord dans laquelle vous vous trouvez.

Je vous souhaite bon courage dans votre apprentissage !