Techniques d’Interprétation Saxophone Pour Une Musique Plus Expressive

🎷 Tu sais jouer les notes… mais est-ce que tu racontes vraiment quelque chose avec ton saxophone ?

Que tu joues du jazz, de la pop ou de la musique classique, ces idées vont t’aider à sonner plus expressif, plus personnel, plus musical.

Interpréter une mélodie au saxophone ne consiste pas seulement à jouer les bonnes notes au bon moment. Interpréter, c’est transformer une ligne écrite en un discours expressif, personnel et vivant. Le saxophone, par sa proximité avec la voix humaine, offre une large palette de nuances et d’inflexions. Voici cinq axes essentiels pour enrichir ton interprétation.

Alors voyons ensemble comment passer de la note au message 🎶🎷

Les nuances (piano, forte, crescendos, decrescendos) participent à l’expressivité. Pense la mélodie comme une phrase parlée : elle monte, elle descend, elle insiste sur certains mots. 

La plupart du temps, les nuances sont indiquées sur la partition. Elles traduisent clairement l’intention du compositeur par rapport à la mélodie. Respecter les nuances est un premier pas indispensable pour interpréter une mélodie. 

Mais il arrive que tu n’aies pas d’indications de nuances sur ta partition : Pense alors à la mélodie quand tu la joue et essaye d’en faire ressortir l’intensité sonore qu’elle mérite selon toi : quels passages, méritent d’être faibles, Pianos, lesquels selon toi doivent être plus forts. 

Le vibrato est l’un des outils expressifs majeurs du saxophoniste. Bien utilisé, il apporte chaleur et profondeur à une note tenue. 

Mais Il ne doit jamais être automatique : certaines notes gagnent à être droites, d’autres à vibrer légèrement ou plus amplement selon le style, le tempo ou l’intensité émotionnelle.

Le vibrato au saxophone est principalement un vibrato de mâchoire, et non de doigt comme à la guitare ou de gorge comme à la flûte.

  • Imagine un mouvement très léger de la mâchoire inférieure, comme si tu disais lentement “ya-ya-ya” ou « wa-wa-wa »sans articuler.
  • La lèvre inférieure reste souple, jamais crispée.
  • Le mouvement est régulier, contrôlé, et vient modifier très légèrement la hauteur de la note

Utiliser le vibrato musicalement

  • Applique-le surtout sur les notes longues, souvent en fin de phrase.
  • Tu peux démarrer la note droite et faire apparaître le vibrato progressivement.
  • Évite le vibrato constant sur toutes les notes : pense-le comme un outil expressif.

Interpréter, c’est aussi jouer avec le temps. Sans jamais sortir de la mesure, tu peux légèrement anticiper ou retarder certaines notes pour créer de la souplesse rythmique. Cette micro-liberté donne l’impression que la mélodie respire et évite une exécution trop rigide.
Cela demande une pulsation intérieure solide : plus tu es ancré dans le tempo, plus tu peux t’en éloigner subtilement. Cette approche est particulièrement présente dans le jazz, la musique brésilienne ou certaines ballades, mais elle enrichit aussi d’autres styles.

Ce qu’on veut faire : 

Tu ne modifies pas la structure rythmique ici, mais la sensation du placement.

  • Tu peux légèrement retarder une note expressive.
  • Ou anticiper une note de passage.
  • Le tout en retombant toujours sur les temps forts.

Comment l’exécuter concrètement

  • Garde une pulsation interne très stable (travail au métronome indispensable).
  • Joue la mélodie parfaitement en place.
  • Ensuite, autorise-toi de micro-décalages volontaires.

Les appoggiatures, notes de passage ou petits glissendos sont autant de moyens d’embellir une mélodie. Ils créent une tension puis une résolution, attirant l’oreille vers les notes importantes.
Attention cependant à ne pas surcharger : les ornements doivent servir l’intention musicale, pas la masquer. Ils sont souvent plus efficaces lorsqu’ils soulignent les temps forts ou les notes structurantes de la phrase.

Qu’est-ce qu’une appoggiature au saxophone ?

C’est une note d’approche, jouée juste avant la note cible.

  • Elle peut être diatonique (dans la gamme)
  • ou chromatique (un demi-ton au-dessus ou en dessous)

Comment les jouer

  • L’appoggiature est courte et légère
  • La note cible reste la plus importante

👉 Exemple :
Pour arriver sur un do :

  • joue un ré (au-dessus) très bref → do
  • ou un si (en dessous) → do

Le glissendo : on l’utilise pour passer d’une note à l’autre, en ajoutant les notes intermédiaires (diatoniques ou chromatiques) entre les deux notes. Par exemple, pour jouer un intervalle do-la (descendant) on intercalera entre le do et le la les notes : si et sib avant de tomber sur le la qui est notre note cible.

Le saxophone permet de “sculpter” chaque attaque. Un scoop, un portamento (glissement continu entre deux hauteurs) ou un vibrato progressif sont des moyens puissants de personnaliser ton jeu.
Ces effets rapprochent l’instrument de la voix humaine et renforcent l’expressivité. Ils doivent être utilisés avec intention : demande-toi toujours ce que tu veux raconter avec cette note précise.

Le scoop

Le scoop consiste à attaquer légèrement en dessous de la note, puis à monter vers elle.

Exécution :

  • Commence la note avec une embouchure plus relâchée.
  • Monte très vite à la hauteur juste en resserrant légèrement la mâchoire.
  • Le mouvement est bref, expressif, jamais caricatural.

🎷 Très utilisé en jazz et en blues.

Le portamento

Le portamento est un glissement continu entre deux notes.

Exécution :

  • Combine :
    • un léger mouvement de mâchoire
    • un relâchement progressif de l’embouchure
    • parfois un doigté intermédiaire (selon l’intervalle)

Enfin, interpréter une mélodie, c’est parfois s’en éloigner légèrement. Ce que j’appelle l’encadrement mélodique consiste à entourer une note cible par des notes voisines (au-dessus, en dessous, chromatiques ou diatoniques), créant ainsi une forme de broderie improvisée.
Cette approche introduit une part d’improvisation tout en respectant l’identité de la mélodie originale. Elle permet de varier les reprises d’un thème, de le rendre plus vivant et de développer progressivement ton propre langage musical.

Conclusion

Interpréter une mélodie au saxophone, c’est trouver l’équilibre entre fidélité au texte et liberté expressive. En travaillant le son, le temps, les ornements et l’improvisation, tu transformes une suite de notes en un véritable récit musical. L’objectif n’est pas d’en faire trop, mais de faire juste, avec intention et sensibilité.

En bonus, si tu veux écouter cet article avec quelques exemple sonores, je t’invite à aller sur ma chaîne Youtube :

Gamme d’Improvisation : Guide Complet

Bonjour à toi ! Si tu es un lecteur assidu de ce blog, tu auras certainement déjà parcouru les articles de la série « gammes d’improvisation ». Et si tu es sérieux, tu as même peut-être commencé à les travailler dans tous les sens et dans toutes les tonalités pour les imprimer dans tes doigts…

Il est temps je pense de revenir sur ces articles pour en faire une synthèse ! Ce sera l’occasion pour toi de réviser ou de vérifier que tu as bien tout compris… Du moins, de la partie théorique : comment les construire et dans quel contexte les utiliser. Pour la pratique, c’est une autre paire de manches et il n’y a que le travail, l’expérimentation et le temps pour te permettre de t’améliorer.

En effet, ne nous voilons pas la face… L’improvisation est un exercice compliqué nécessitant des compétences nombreuses.

Après, tout dépend de ce que vous voulez avoir comme rendu… Sortir un solo digne de Michael Brecker, Bob Berg ou Chris Potter n’est pas donné à tout le monde… Et la majorité des saxophonistes n’en sera jamais capable… et je me mets dans ce lot. Il faut dire que ces musiciens sont tellement des extra-terrestres…Mais c’est aussi pour cela qu’on les aime…

Néanmoins, improviser, c’est composer sur le moment. Composer des phrases musicales sur une progression harmonique en utilisant des notes. Donc improviser, c’est jouer des notes, jusque là tout le monde suit ?? (rire)

Mais quelles notes ?

Nous allons puiser dans un réservoir de notes pour improviser. Ce réservoir provient de différentes gammes que nous prendrons soin de bien choisir au préalable, en faisant une analyse harmonique pour connaître la tonalité du morceau a minima.

Ensuite, une fois la bonne tonalité trouvée, il faudra repérer les bons degrés pour construire les différentes gammes.

Pour rappel, nous allons utiliser des chiffres arabes pour qualifier les degrés d’une gamme. Les degrés, se sont simplement l’ordre d’apparition de la note dans cette gamme.

Exemple pour La majeur :

Voici donc la synthèse de l’architecture des principales gammes utilisées en improvisation (il en existe d’autres, cette liste n’est pas exahaustive):

Je mets ces gammes en premier car elles me semblent être les plus abordables pour les niveaux débutants à intermédiaires. Elles fonctionnent en général avec à peu près tout, si tant est qu’on choisisse la bonne dans le contexte du morceau.

Pour faire simple, les gammes pentatoniques sont déduites des différentes gammes majeures. Elles contiennent 5 notes choisies de ces gammes à partir de certains degrés :

  • La Pentatonique majeure : Composée des degrés 1, 2, 3, 5 et 6, elle est utilisée pour improviser sur des accords majeurs et sur des morceaux ayant une tonalité majeure. 
  • La Pentatonique mineure : Composée des degrés 1, 3b, 4, 5, 7b, elle est utilisée pour improviser sur des accords mineurs ou des morceaux à tonalité mineure. Elle est très courante en blues. 
  • Pentatonique dominante : Composée des degrés 1, 2, 3, 5, 7 d’une gamme majeure, elle est utilisée principalement sur les accords de septième dominante (comme G7 C7 ou A7 par exemple), typiques du blues et du jazz. 

Si vous voulez retrouver les détails de mes explications sur ces trois gammes, je vous invite à cliquer ci-dessous.

Ces gammes sont des variantes des gammes pentatoniques, ajoutant une « note bleue » (b5) pour la gamme blues mineure et un b3 pour la gamme blues majeure. Elles sont essentielles dans le vocabulaire improvisé en blues et dans le jazz fusionné avec le blues.

  • Gamme blues mineure : Composée des degrés 1, 3b, 4, 5b, 5, 7b, elle est utilisée pour donner une sonorité typique du blues, surtout sur des progressions I-IV-V ou sur des accords de septième. 
  • Gamme blues majeure : Elle se construit en partant de la gamme pentatonique majeure, les 6 notes de la gamme blues majeure seront donc les degrés 1-2-3b-3-5-6. 

J’aurais pu commencer par ces gammes car toutes les autres gammes d’improvisation de notre système occidental se construisent à partir de ces dernières (notamment les gammes majeures). Mais le choix des pentatoniques ou blues est en général plus judicieux au départ car il y a moins de notes !

Néanmoins, pour des phrases plus riches et plus colorées, ces gammes vous offrent plus de possibilités et sont fondamentales à connaître et à travailler. D’ailleurs, si vous suivez un cursus de formation avec un professeur de musique, il vous a certainement déjà fait commencer le travail avec des somptueux recueils de gammes (pour ma part, c’était celui de Marcel Mule qui m’a martyrisé dans ma jeunesse)

  • Gamme majeure : Composée des sept notes constituant nos fameux 7 degrés (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7), elle est utilisée pour improviser sur des accords majeurs. En jazz, elle est souvent utilisée dans des contextes plus modaux ou pour des passages de tonalité stable sur des cadences ii-V-I notamment.
  • Gamme mineure naturelle : Composée des notes (1, 2, 3b, 4, 5, 6b, 7b), elle est utilisée pour improviser sur des accords mineurs dans un contexte classique ou modal.
  • Gamme mineure harmonique : Composée des notes (1, 2, 3b, 4, 5, 6b, 7), elle est utilisée dans des contextes de jazz plus complexes, notamment dans les progressions de type mineur avec des accords de septième ou mineurs harmoniques. Cette gamme va très bien fonctionner sur les progressions 2-5-1 mineurs. Personnellement j’adore la couleur orientale de cette gamme ! 

On commence ici à être sur des niveaux plutôt avancés d’improvisation, mais si vous aimez Miles Davis, John Coltrane, Wayne Shorter ou Cannonball Adderley, cette partie va certainement vous intéresser… La musique modale en jazz est une approche où l’harmonie se base davantage sur des modes (gammes dérivées des degrés d’une tonalité) plutôt que sur des accords traditionnels et leurs progressions. Cette approche a marqué un tournant dans l’histoire du jazz dans les années 1950-1960.

Si cela devient trop compliqué (ce serait normal), passez ce paragraphe car il risque plus de vous embrouiller qu’autre chose, et revenez y quand vous serez plus affûté(e) en maitrise des degrés et des gammes…

Néanmoins, voici les modes les plus utilisés : 

  • Mode dorien (mineur) : Utilisé pour improviser sur des accords mineurs. Le dorien est le mode du jazz modal et convient aux progressions d’accords mineurs où il conserve une sonorité mineure mais avec une sixte majeure. Le principe ici est de considérer l’accord mineur sur lequel on se trouve comme le deuxième degré d’une autre gamme. Ex, l’accord A-7 est bien le deuxième degré de la gamme de Sol Majeur, donc on jouera la gamme de Sol majeur mais en partant du La par exemple. Il se construit sur les degrés 1 2 3b 4 5 6b 7b.
  • Mode mixolydien (dominant) : Utilisé principalement pour improviser sur des accords de septième dominante (comme G7). Tous les accords « 7 » sont les cinquièmes degrés d’une gamme majeure. Donc par exemple, sur l’accord A7, nous jouerons Ré Majeur, en partant du La par exemple. Il se construit sur les degrés 1 2 3 4 5 6 7b
  • Mode lydien : Utilisé pour improviser sur des accords majeurs avec une septième majeure, comme dans des contextes de jazz plus modernes. Il possède une quarte augmentée qui lui donne une sonorité unique qui sonne « fantastique » ou « flamboyant ». Pour garder l’exemple l’accord AMaj7 ici sera considéré comme le 4ème degré de Mi majeur. Nous pourrons donc jouer avec quatre dièses à la clé (tonalité de mi Majeur). Il se construit sur les degrés 1 2 3 4# 5 6 7
  • Mode phrygien : Utilisé pour improviser sur des accords mineurs ou dans des contextes d’accords dominants secondaires. Assez avancé aussi, mais si cela vous chante, vous considèrerez ici votre accord de A-7 comme le troisième degré de Fa Majeur. Vous pourrez jouer avec un seul bémol (Tonalité de fa majeur). Il se construit sur les degrés 1 2b 3b 4 5 6b 7b

Maintenant qu’on a dit ça, reste à utiliser ces gammes à bon escient, c’est à dire que les notes jouées doivent idéalement bien sonner dans le contexte global du morceau, même si à certains moments on joue plus ou moins « out ». Ceci vient à force de travail et d’expérience. L’oreille peut aider aussi :).

Nous pourrions aussi parler des gammes bebop, altérées, ou gamme par ton… mais ces techniques sont encore plus avancées, donc je ne développerai pas plus. Sachez juste qu’elles existent et fouillez le net si vous voulez en savoir un peu plus 😉 

En jazz et en blues, l’improvisation repose sur une variété de gammes qui permettent de naviguer entre des sonorités majeures, mineures, dominantes et modales. Chaque gamme a une fonction particulière en fonction de l’accord ou de la progression harmonique sur laquelle elle est appliquée. Pour maîtriser l’improvisation, il est essentiel de connaître et de pratiquer ces gammes dans différents contextes musicaux, en particulier les gammes pentatoniques, blues, majeures, mineures, modales et bebop.

Donc le mieux : mettez vous un métronome et expérimentez ! Commencez par des grilles simples, typiquement un blues (3 accords), puis passez progressivement à des grilles de jazz plus compliquées. Jouez, trouvez vos phrases et ensuite essayez de les placer sur des accompagnements enregistrés (Backing tracks : notamment sur youtube (gratuit), ou les play-a-longs Aebersold (payant), ou encore l’application iReal Pro (payant) : Google play / App store ) ou pendant vos répétitions et jam sessions entre amis ! 

Pour aller plus loin, je vous invite également à aller consulter deux de mes vidéos sur l’improvisation, vidéos “exemple” de l’utilisation des pentatoniques, gammes blues et modes… 

Pentatonique mineure : Improvise sur une gamme pentatonique

Utilisation Pentatonique, gamme blues, mode dorien, gamme mineur harmonique : Tuto : Faire une impro jazz percutante sur Work song, tout instrument!

Les Gammes d’improvisation #5 : la pentatonique dominante

J’en suis certain, vous êtes un(e) lecteur(trice) assidu(e) de ce blog et vous avez appris par coeur les articles précédents sur les gammes pentatoniques, majeures et mineures.

Non? Peut-être ne les avez vous pas vus?

Je vous invite alors à aller les consulter sans plus tarder avant de revenir ici pour compléter vos connaissances sur ces gammes d’improvisation essentielles à maîtriser pour des solos endiablés et colorés.

Je vous entends déjà râler… « encore une autre gamme à connaître et à apprendre par coeur et dans les 12 tonalités…. »
Rassurez vous, comme à mon habitude, je ne vous conseillerai jamais de surcharger votre cerveau avec des informations inutiles et pour le coup, je vous préconiserai la même choses que pour les autres articles : apprenez seulement la structure de cette gamme, de manière à savoir la reproduire facilement dans tous les contextes. C’est une formule magique à connaître et à appliquer ensuite au besoin dans toutes les tonalités.

Bien que moins connue, la gamme pentatonique dite « dominante » est très intéressante pour les improvisateurs désireux d’explorer des sonorités différentes. Grâce à cette nouvelle gamme, vous allez pouvoir enrichir votre vocabulaire facilement et sortir un peu des sentiers battus. En plus, vous allez voir, cette gamme pentatonique dominante est vraiment très proche de la pentatonique majeure.

Non non, elle ne va pas dominer les autres et les écraser dans une dictature harmonique sans pitié…

Elle ne vient pas non plus d’une pratique intime SM entre deux adultes consentants …

Ne cherchez pas une signification proche du jeu de Domino car vous ne trouverez aucun lien, cette dernière gamme ne fait pas tomber les autres quand elle est jouée.

En fait, le nom « dominante » provient de la théorie musicale…

Souvenez-vous, la « dominante » est la 5ème note d’une gamme, le cinquième degré.

Un petit coup de révision?

En d’autres termes, si vous prenez par exemple la gamme de Do majeur (Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si), la « dominante » est la note qui se situe en cinquième position (dans notre exemple, c’est la note Sol).

On l’appelle la gamme « pentatonique dominante » car elle est construite à partir de la note «dominante» d’un accord de septième de dominante (aussi appelé accord 7ème tout court).

Vous voilà donc au moment où il vous faut tout donner question concentration, car je vais vous livrer la formule magique qui vous permettra de déduire cette gamme pentatonique dominante dans toutes les tonalités !

A l’instar des gammes penta majeures, mineure, blues, blues majeure déjà décrite dans de précédents articles, nous allons nous baser sur les degrés d’une gamme majeure pour en déduire la penta dominante.

Trop fastoche…. Oui, ça doit vous rappeler quelque chose, car elle est très proche de la penta majeure : elle se construit quasiment sur les mêmes degrés, à par la dernière note qui dans notre cas est la 7ème mineure.

Prenons quelques exemples :

  • Mib pentatonique dominante : on part de Mib majeur (Mib fa sol Lab sib do ré), on garde les degrés 1, 2, 3, 5, 7b, et ça nous donne mib fa sol sib réb
  • Sol pentatonique dominante : on part de sol majeur (sol la si do ré mi fa#), on garde les degrés 1, 2, 3, 5, 7b, et ça nous donne sol la si ré et fa bécarre (oui la septième majeure étant fa#, il faut lui enlever un demi ton pour qu’elle devienne mineure)

Nous pourrions décliner dans toutes les tonalités, mais je vous laisserai faire pour vous exercer.

Cette gamme pentatonique dominante sera utilisable dans de nombreux contextes mais plus particulièrement sur les accords 7ème et les accords 7/9. En effet si on observe sa structure on voit qu’elle contient tous les intervalles d’un accord 7ème (Tonique – 3ce majeure – 5te juste – 7ème mineure). 

Essayez par exemple de jouer la penta dominante de Sol par dessus un accord de Sol 7ème (G7) et vous constaterez qu’elle met vraiment l’accord en valeur. Les accords 7ème sont très présents en blues

En jazz on joue aussi des accords 7ème mais on utilise souvent des accords un peu plus riches comme les accords 7/9. Et cette gamme est parfaite pour mettre en valeur ce type d’accord puisqu’elle contient toutes ses notes.

Maintenant que vous savez construire cette pentatonique dominante, il va vous falloir la travailler dans tous les sens afin que votre corps s’en imprègne parfaitement afin de la sortir au besoin sur l’une de vos improvisation.

Bon courage pour le travail, il faut y aller patiemment et avec rigueur… Mais désormais, vous disposez d’une nouvelle arme dans votre vocabulaire musical !

Maîtriser le Rythme en Musique : Méthode et Conseils Pratiques

Ahhh… Le rythme… Cela fait longtemps que je voulais vous écrire un billet à ce sujet. Le rythme est un des piliers fondamentaux de la musique. Cette notion est tellement large, très concrète, mais à la fois qui paraît tellement abstraite pour la plupart d’entre nous… Je ne savais pas par où aborder cette notion.

Mon objectif est de vous aider. Si je ne me lance pas sur ce sujet, je ne vous apporterai pas d’aide sur ce qui pour moi est plus important que les notes elles-mêmes en musique.

J’en entends déjà crier au scandale… « Comment ça, les notes c’est moins important que le rythme? mais sans note pas de musique ! « . Et vous avez raison, mais la réciproque est la même : sans rythme, pas de musique… Même si pour tenir mon propos quelques lignes plus haut, j’insiste et signe : le rythme c’est ce qui a de plus important dans la musique.

Pourquoi ? passons par l’exemple… tentez l’expérience avec moi…

  • Jouez une seule note droite, sans aucun rythme, quelque soit votre instrument d’ailleurs. Vous pouvez ajouter un crescendo et decrescendo pour le fun…. mais ça va rester quand même relativement monotone et « a-musical » (ouais, j’invente des mots si je veux d’abord!)
  • Tapez dans vos mains des rythmes sans aucune note, aucun chant. C’est pas fou fou, mais tout de même plus vivant qu’une simple note.
  • Jouez maintenant votre note du début note en faisant varier le rythme, en utilisant plusieurs figures rythmiques sur la même note (des croches, des doubles, des croches pointées doubles, des soupirs, des quarts de soupirs etc…). Nous sommes d’accord, de là à dire que c’est de la musique, peut-être pas… mais c’est tout de même plus intéressant qu’une note froide et sans vie….

Un autre point qui me semble intéressant à soulever, c’est que la musique, c’est finalement l’enchainement de notes ordonnancées dans un ordre précis sur une ligne temporelle bien cadrée et répétitive…

Et c’est justement là la difficulté principale si vous avez du mal avec le rythme : Jouer en rythme et donc jouer « musical », c’est en fin de compte traiter de nombreuses informations en même temps.

La lecture de note, la reproduction de la note sur votre instrument, la lecture des figures rythmiques, le décodage du rythme et la reproduction du rythme… Sans oublier que ce rythme doit être appliqué dans une dimension temporelle qui est la plupart du temps cadrée et rigide (mesures, temps, contretemps etc…).

Appréhender autant de concepts en même temps quand on ne les maîtrise pas bien individuellement, c’est mission impossible pour 80% des mortels que nous sommes car cela fait trop d’informations à gérer pour notre cerveau qui surchauffe à faire tant d’efforts.

Mais néanmoins, aucune fatalité ! Apprendre le rythme, s’améliorer en rythme est parfaitement possible pour tout le monde, c’est juste que ça peut prendre plus ou moins de temps, selon nos capacités individuelles.

Je vous renvoie à deux articles que j’ai rédigés sur ce blog afin de réviser vos figures rythmiques : relisez ça puis revenez vite pour la suite 😉

Vous me direz, « ok Sylvain, c’est bien beau ce que tu me dis là, mais concrètement, comment je fais moi pour m’améliorer en rythme? »

Vous allez dire que je suis rabat-joie (encore), mais la seule méthode 100% garantie pour des résultats à terme : c’est le TRAVAIL et la PATIENCE !!!!

Et en particulier pour le rythme le mot d’ordre est DECOMPOSITION.

Soyons honnêtes 5 minutes avec nous mêmes (et moi le premier) quand on déchiffre une partition, on y va cash. On lit les notes les une après les autres et on découvre avec stupeur chaque rythme associé à chaque note, surtout si la partition est « noire » de doubles croches et de silences imbriqués un peu partout… Notre méthode de déchiffrage est mauvaise. Lire les notes c’est bien, mais avez vous l’habitude de déchirer le rythme sans dire les notes? Avez vous l’habitude de décomposer votre déchiffrage en prenant chaque mesure une à une pour repérer quel rythme va où ?

Je prends toujours mes métaphores sportives ou culinaire :

Un bon plat, c’est l’agencement parfait entre des ingrédients individuellement peu intéressants, mais qui, liés ensembles laissent un souvenir inoubliable en bouche.

Une bonne musique, ce sera donc l’exécution de ces ingrédients dans le bon ordre, au bon moment pour que la mélodie coule naturellement et parfaitement dans vos oreilles sur une ligne temporelle cohérente.

Quant au sport, pensez vous être capable de faire un Fosbury à 2m50 sans maîtriser parfaitement au préalable le nombre de pas, la longueur des pas, le timing de saut, la vision dans l’espace, la gestion du stress …

Des heures et des heures de travail seront nécessaires pour maîtriser cela à 100%, surtout si vous sautez avec votre saxophone et en costard…

Donc si je récapitule un peu et que je rassemble tout ça, le rythme est un élément fondamental de la musique et jouer en rythme nécessite plusieurs choses :

  • 1 : Des connaissances théoriques pour comprendre la temporalité de la musique (le tempo, les mesures, les figures de notes, les figures de silence etc… )
  • 2 : Jouer en rythme vous amène à traiter de très nombreuses informations en même temps et moins vous les maîtrisez individuellement, plus cela demande trop d’efforts à votre cerveau
  • 3 : Notre façon de déchiffrer et d’apprendre les morceaux est mauvaise car on ne prête que rarement d’attention à isoler uniquement le rythme.

Ma stratégie pour dominer le rythme :

Donc voici ma proposition de méthode pour vous aider à travailler le rythme :

Les pré-requis :

  • Connaître la partie théorique, savoir reconnaitre les différents rythmes et connaitre leurs valeurs temporelles cf articles ci-dessus.
  • Mettre un metronome qui va vous marteler chaque temps par un « clac » ou un « clic » fort agréable. (au début mettez un tempo réduit)
  • Assurez vous que vous arrivez à effectuer l’étape correctement en synchronisation avec le métronome avant de passer à la suivante.

Ensuite, suivez ces 5 étapes :

  • En vous référant au maître du temps (le fameux métronome), vous allez « dire » les rythmes avec une onomatopée de votre choix : « ta », « pa », « di », « pouf », « paf » (le chien), peu importe, il faut que ce soit la votre celle qui va sortir naturellement.
  • Ensuite, dites le rythme avec votre onomatopée préférée, et tapez la pulsation en même temps que le métronome. La pulsation, c’est la manifestation sonore et temporelle de chaque temps. En gros, tapez sur la table de façon synchrone avec le clac du métronome. Cette étape est très importante pour que vous preniez conscience du temps.
  • L’étape d’après consiste à dire les rythmes ET à les taper dans vos mains. à chaque « da », « tu » « pif » (gadget), vous tapez dans vos mains.
  • Puis tapez uniquement les rythmes dans vos mains, sans les dire. Je vous conseille de vous exercer sur des rythmes simples au début, à tempo modéré, et en boucle ! Et de monter le niveau de difficulté au fur et à mesure. Vous trouverez aisément des exercices rythmiques progressifs sur le net.
  • Enfin, quand vous aurez bien ancré le rythme en vous, choisissez un morceau et jouez le en rythme !

J’espère que cet article vous aura un peu démystifié ce diable de rythme et que cela vous inspirera et vous décidera à le travailler pour vous améliorer et vous sentir plus à l’aise dans votre pratique musicale !

Comment Trouver la Tonalité d’un Morceau Rapidement – Saxtunes

Vous avez un nouveau morceau, une nouvelle partition que vous voulez jouer ou que votre prof vous a suggérée ? « Rien de sert de souffler, il faut respirer à point…. « 

En effet, partir directement sur un déchiffrage acharné, saxophone en bouche, les doigts sur les clés prêts à fumer du doigter sera un bon moyen de vous frustrer direct, car si le morceau est un peu costaud, vous allez vous engouffrer dans la difficulté et vous confronter à l’échec immédiat, ce qui n’est jamais bon pour la motivation… Et vous vous direz « ah non!!! ce morceau est trop dur pour moi, je n’y arriverai jamais…C’est trop dur, de toute façon je suis trop nul(le)…  »
Si si… Ne faites pas non non de la tête, tout le monde y passe, j’y suis passé, et encore aujourd’hui cela m’arrive de tomber sur un os… Et quand ça arrive, le négativisme arrive toujours en premier !!!
Alors, oui, regarder rapido le morceau, faire quelques notes pour au moins entendre quelques sons sera nécessaire, mais en complément de mon excellent article (j’aime bien m’auto congratuler) sur « comment travailler une phrase difficile » que je vous invite à (re)lire, Je vous invite à travailler la gamme principale du morceau.

Encore des gammes, toujours des gammes… Et oui… la musique, c’est comme le sport… il faut toujours faire un peu de travail de fond pour entretenir ou développer son niveau… Reste à travailler intelligemment pour que les exercices soient ludiques, mais c’est un autre sujet…

Donc pour en revenir à mes moutons…

Ce que je conseille à mes élèves systématiquement face à un nouveau morceau, c’est de travailler la gamme d’un morceau avant de travailler le morceau lui même. Pourquoi ? Tout simplement parce que dans le morceau, vous aurez des enchainements de notes de la gamme principale, et que vous l’ancrer dans les doigts vous permettra de déchiffrer plus vite de morceau en morceau…

Ok, mais comment savoir quelle est la gamme à travailler?

C’est exactement le sujet de cet article. Cela pourrait paraître très fastidieux et théorique, mais il n’en n’est rien ! Saxtunes, en grosse feignasse de la musique, est là pour vous apporter une astuce rapide et imparable pour repérer la tonalité d’un morceau.

Vus avez votre partition sous les yeux, regardez l’armure (pour rappel, l’armure, c’est le nombre de dièses ou de bémol qui apparaissent juste à côté de la clé de sol (ou fa ou ut…)en début de partition).

Et là, deux possibilités :

  • Si l’armure est composée de dièse(s) : Repérez le dernier dièse de l’armure et ajoutez un demi-ton : vous avez trouvé la tonalité majeure de ce morceau
  • Si l’armure est composée de bémol(s) : Repérez l’avant dernier bémol : vous avez trouvé la tonalité majeure du morceau.

Ce n’est pas plus complexe que cela !

Cette révélation va changer votre vie…

(ou pas…)

Bon, je vous fais quand même quelques exemples en images :

Sur cette armure, il y a trois dièses, de gauche à droite : Fa, Do et Sol.

C’est une armure en dièses donc je repère le dernier dièse :

C’est le SOL#

Je rajoute un demi-ton Sol# + 1/2 ton = La

La tonalité du morceau est donc LA MAJEUR ! (trop fastoche)

Sur cette armure, il y 4 bémols, de gauche à droite : Si, Mi, La et Ré.

C’est une armure en bémols donc je repère l’avant dernier bémol

C’est le LA bémol

Je n’ai rien d’autre à faire…

La tonalité du morceau est donc LA bémol MAJEUR ! (encore plus fastoche)

tools on toolbox

Vous pouvez mettre cette astuce dans votre boîte à outils du parfait musicien, elle vous sera, j’en suis sur, très utile pour repérer rapidement les tonalités de vos morceaux, afin de travailler la bonne gamme (si vous ne les connaissez pas encore par cœur), ou savoir quelle gamme utiliser pour faire une improvisation.

Je vous ferai une vidéo explicative un peu plus tard, mais en attendant : tous à vos cahiers de gammes et travaillez votre Sax !

person in black shirt playing brass colored saxophone

Comment améliorer sa dextérité dans son instrument?

Comme vous le savez certainement si vous êtes lecteur(trice) assidu(e) de ce blog, j’anime une communauté de saxophonistes « apprenants » sur Facebook.

Tous les mois, je propose aux membres de travailler un standard de Jazz pour progresser en interprétation, improvisation etc…

Ce mois ci, je voulais rendre hommage à Wayne Shorter, décédé le mois dernier et qui nous a laissé grand nombre de thèmes et mélodies aujourd’hui ancrées et reconnues comme faisant partie des titres fondateurs du jazz. Bon ok, Wayne ne fait pas l’unanimité car au niveau harmonique c’est toujours un peu tordu, et disruptif par rapport au jazz plus traditionnel, mais il faut de tout pour faire un monde ! 

Pour cet hommage, j’ai choisi « Speak No Evil », de l’album Eponyme de cet artiste.

J’ai pris un peu au hasard celui qui me paraissait le plus connu, et en le jouant et en analysant un peu l’harmonie pour improviser dessus, je me suis rendu compte qu’il était vraiment très complexe, difficilement accessible (en écoute ou à jouer). D’ailleurs il n’a pas beaucoup de succès sur le groupe, car il est soit trop difficile, soit trop perché question harmonique… Cela m’a donné envie de faire ce billet…

Speak No Evil

Le thème en effet est assez complexe, car il est construit sur une mélodie avec de nombreux et grands intervalles, surtout dans le B. Pour rappel, un intervalle est la distance qui sépare deux notes. Do fa par exemple est un intervalle de Quarte (4 notes), mi-Do est un intervalle de Sixte (6 notes) etc…

Au niveau harmonique, c’est vraiment chaud ! Mode Locrien, Lydien, substitutions tritoniques etc… Pour l’instant, je m’y forme moi-même, mais promis, dès que je maîtriserai ces concepts, je vous partagerai tout cela dans un nouvel article en essayant de le rendre le plus accessible possible !

Mais bon, revenons sur les intervalles. Pour réviser, vous pouvez retrouver mon article sur ce thème :

C’est vrai que ce thème ne tombe vraiment pas sous les doigts, ce ne sont pas des enchainement qu’on a l’habitude de faire. 

Eh bien zéro fatalité ! Tout peut se travailler ! 

Peu importe votre niveau de saxophone pour ce qui suit, je vous propose un exercice qui améliorera grandement votre dextérité. 

L’exo Ultime pour travailler ta dextérité (fonctionne avec tous les instruments)

Le principe est le suivant : nous allons jouer tous les intervalles possibles d’une note à une autre sur une octave maximum. Pour cela, nous allons enchainer les notes demi-ton par demi-ton. 

En montant d’abord, par exemple Fa-Solb/Fa-Sol/Fa-Lab/Fa-La etc… Comme illustré ci-dessous (c’est un extrait, le contenu complet est téléchargeable gratuitement en bas de cet article)

Puis en descendant sur le même principe. 

Accrochez-vous car cet exercice est rébarbatif, ennuyeux, difficile, pas fun et n’a aucun intérêt mélodique…

La façon dont je le décris n’est effectivement pas très attractive, mais malheureusement, certaines réalités sont indéniables… Et comme le dit le proverbe : « Il faut souffrir pour être belle (ou beau) », de la même manière, devenir un virtuose nécessite beaucoup de travail et parfois de souffrances et appliquer des exercices très peu satisfaisants…

Mais en revanche, question dextérité, il est redoutable pour jouer tous les doigtés et tous les intervalles. C’est un excellent exercice de chauffe aussi très complémentaire avec les sons filés. 

Pour rendre cet exercice encore plus efficace, nous allons exécuter chaque ligne deux fois. 

La première en jouant les notes détachées, puis en deuxième temps nous jouerons les notes liées. 

Pour le travail, bien entendu, c’est au métronome, très lentement au début, et très progressif. Commence par une mesure, puis ajoute en une deuxième etc… jusqu’à jouer une ligne entière. 

Puis augmente la vitesse peu à peu…. puis, passezà la ligne d’après…. 

Si vous avez 10 minutes devant vous, je vous invite à cliquer et visionner la vidéo que j’ai faite pour l’occasion sur ma chaîne Youtube avec illustration son et image de l’exercice 😉

man wearing black headset

Méthode : Travailler une phrase difficile au saxophone (ou n’importe quel autre instrument)

Bonjour tout le monde. Dans cet article aujourd’hui, je voudrais vous partager la méthode que j’utilise lorsque je travaille un morceau ou une phrase musicale qui me pose problème.

a certificate beside white paper with message

Je n’aime pas trop m’engager sur ce genre de choses en général car chacun est unique et a des capacités différentes, mais là, je peux vous assurer que si vous utilisez cette méthode, vous obtiendrez des résultats rapidement et vous vous surprendrez vous-mêmes !

Cette méthode est infaillible !

Pourquoi ce billet? En tant que musicien et instrumentiste (il ne vous aura pas échappé que je suis saxophoniste….) non professionnel mais amateur « éclairé », je suis sans cesse en quête de progression dans mon instrument et je suis toujours envieux de jouer les solos de mes idoles.

La plupart du temps, à l’écoute, je les connais tellement que je me dis, « mais oui ! c’est un solo que je pourrai faire » … Mais dans la vraie vie, quand j’essaie de jouer ces solos, je me rends compte que j’ai eu « le bec plus gros que le sax » … (tentative d’adaptation d’une expression Française bien connue…)

Mais comme je suis un peu têtu, voire obstiné parfois quand je veux réaliser un objectif sax, j’ai du me questionner sur la meilleure façon de travailler pour obtenir le résultat attendu.

Ma formation en école de musique (ça commence à dater…) m’a certainement aidé à structurer cela, mais rien que pour vous, j’ai tout posé sur papier afin de vous partager ma méthode.

Loin de moi la prétention de dire que c’est la seule ou la meilleure, mais une chose est sure, avec moi elle fonctionne ! Et je reste persuadé qu’elle peut être utilisée par tout le monde ! ce ne sont à mon sens que des concepts de bon sens, mais qui, quand ils sont utilisés avec rigueur ET patience, sont redoutables d’efficacité.

Les 5 fondamentaux de la méthode :

  1. Isolez la difficulté dans la phrase que vous souhaitez travailler
  2. Ecoutez / réécouter de très nombreuses fois le modèle que vous souhaitez reproduire pour vous en imprégner au maximum
  3. Travaillez en boucle la difficulté
  4. Travailler autant que possible au métronome
  5. Garder la vision globale de la phrase

Les 4 étapes pour mettre en œuvre la méthode :

  1. Lire les notes, sans notion de rythme, enchaîner les doigtés jsute pour les entendre et commencer à s’habituer à les réaliser
  2. Travailler ces enchaînements de notes en boucle , en se donnant soi-même une pulsation « confortable »
  3. Travailler ensuite ces passages difficiles au métronome, toujours en boucle, en montant la vitesse progressivement de 2 en 2
  4. Reliez les passages difficiles que vous avez travaillé au reste de la phrase, au fur et à mesure, au reste de la phrase. commencez par les notes les plus proches de la difficulté puis remontez le temps jusqu’à enchaîner la phrase dans sa globalité (au métronome et/ou avec le modèle) à vitesse réduite, puis de plus en plus vite

crop cook preparing dough at table

Si vous êtes lecteur régulier de mon blog, vous savez déjà que j’aime bien faire des comparaisons entre la musique et d’autres thème (souvent la nourriture en effet car je suis aussi très gourmand…).

En fait, cette méthode, c’est un peu comme respecter une recette de cuisine !

Assembler les différents ingrédients pour faire un grand plat, mérite minutie, patience, persévérance, passion, motivation et respect d’étapes bien huilées (ou beurrées pour celles et ceux d’entre vous qui sont plutôt cuisine au beurre, vaste débat…).

Au début, c’est tout fouillis, il y en a de partout, on ne sait pas par où commencer… pour le travail d’une phrase musicale, c’est un peu pareil : vous aurez certainement le sentiment d’être submergé au début, qu’il y a trop de notes, trop de subtilités rythmiques, dans le phrasé etc… Mais en organisant bien votre travail, en suivant une recette (la mienne ici, mais vous avez peut-être la votre), les différents éléments vont progressivement s’imbriquer entre eux et vous trouverez du sens, de la cohérence dans tout ça…

Je décris ici de manière synthétique cette méthode qui pour moi est magique et me permet régulièrement de dépasser des difficultés importantes et de jouer des morceaux ou des phrases que je n’aurais jamais osé tenter car jugées trop complexes, trop difficiles pour moi, mais pour vous illustrer cette méthode, je vous invite à aller consulter la vidéo que j’ai faite à ce sujet sur ma chaîne Youtube . j’y présente un exemple bien concret d’une phrase musicale injouable au début, mais que j’ai réussi à dompter en utilisant cette méthode.

A vous de jouer maintenant ! croyez en vous ! une difficulté ne doit pas vous arrêter, elle doit au contraire vous stimuler, vous motiver !!

Les gammes d’improvisation #4 : La gamme Blues Majeure

Blues et majeur ? Comment est-ce possible? La « vraie » gamme blues est mineure, nous l’avons vu dans un autre billet, et le Blues, n’est il pas sensé être une musique mélancolique, empreinte de tristesse et de profondeur d’âme? Par ailleurs, ne dit-on pas toujours que les tonalités Majeures en musique, sont joyeuses, optimistes et positives non?

Dès lors, comment une gamme blues peu-elle être majeure et donc avoir une sonorité positive?

C’est comme ça en musique, rien n’est gravé dans le marbre, les règles sont souvent tansgressées ou réadaptées : la créativité n’a pas de limites, et il existe une gamme blues majeure qui crée une nouvelle dimension musicale à explorer.

person holding a cardboard banner with what now written on it

Mais je ne voudrais pas vous assommer avec de longs discours de théorie… Même s’il faut y passer à un moment ou un autre… Je vous propose plutôt de découvrir un blues majeur par une écoute, par un exemple de ce qui s’est fait de mieux dans le genre : Un des morceaux les plus représentatifs de ce qu’est un Blues Majeur est « Sister Sadie » de Horace Silver.

La mélodie typiquement « hard-bop » évoque fortement le gospel et le blues grâce à une sonorité très « soul ».

Ce morceau est comme une réponse au célebriscime « Moanin » du batteur Art Blakey et en l’écoutant, il fait penser à une composition de big band alors qu’il a été écrit pour un Quintet ! C’est la tout le génie du pianiste Horace Silver qui nous a laissé entre autres, « Jody Grind », « Opus de Funk » ou « Song for my father » ou l’unique « Nic’s Dream »qui sont autant de standards éternels que tout amateur de jazz écoute ou joue régulièrement dans sa vie !

Je vous propose de jouer ce morceau pendant que vous lisez la suite en cliquant sur le lien :

Franchement, on ne s’en lasse pas non? C’est un blues, il n’y a pas de doutes ! Mais c’est un blues qui donne envie de danser et pas de se morfondre !

Mais revenons justement à la gamme blues majeure. Après tout, c’est bien le titre de cet article !

Nous l’avons vu dans un article précédent, la gamme blues mineure est déduite à partir de la pentatonique mineure en y ajoutant la Quinte Bémol qui fait partie des « blues notes ». Une gamme blues compte donc 6 notes, 6 degrés.

Je vous le donne en mille : La gamme blues majeure va aussi se déduire à partir de sa pentatonique majeure, en y ajoutant une Sixième note.

Vous vous souvenez comment construire les gammes pentatoniques? Non? petit rappel…

La pentatonique majeure se construit sur les degrés 1-2-3-5 et 6 de la gamme majeure

La pentatonique mineure se construit elle sur les degrés 1-3b-4-5-7b de la même gamme majeure.

Si vous voulez réviser, ça se passe par là :

Et pour que ce soit du blues, il faut une connotation mineure, plus sombre à cette gamme. Pour cela, nous utiliserons la tierce mineure.

les 6 notes de la gamme blues majeure seront donc les degrés 1-2-3b-3-5-6.

Pour Mi Blues Majeur nous aurons donc :

Maintenant que le « Secret » est révélé, regardons quand même d’un peu plus près ce qui se passe dans le thème de Sister Sadie, l’exemple de mise en pratique que je vous propose ici.

Voici le thème écrit en Eb pour saxophone Alto :

En lisant ces notes, vous arrivez à reconnaître la gamme utilisée? …….. Regardez bien…… Si je vous dis gamme de 5 notes ?

Non toujours pas? Je je vous dis Pent… Penta…. Oui ! La gamme pentatonique est utilisée dans ce thème!

Sur le Mi 13 (E13) c’est assez clair ! Seulement quelle gamme pentatonique? Majeure ou mineure?? Attention il y a un piège…

Le A du thème de Sister Sadie (les 8 premières mesures) tourne sur un Mi septième (E7). La gamme pentatonique majeure est donc Mi Fa# Sol# Si Do#. Vous ne remarquez rien? Si si !! On retrouve bien ces notes dans cette mélodie…mais vous avez raison…pas toutes… En effet, une note s’est immiscée la dedans et ne sonne pas pareil, elle amène une sonorité plus sombre, plus « Blues ».

Regardez à nouveau la première phrase : Oui, en effet, il n’y a pas le Fa# de cette pentatonique majeure, mais un Sol Bécarre … Ce sacré Horace nous a fait une blague et a remplacé le deuxième degré de la penta majeure par une tierce bémol.

Prise dans son ensemble, cette phrase compte 5 notes… une pentatonique donc… Mais sous une nouvelle forme, carrément inventée par ce morceau. Mais quel Génie Vraiment !

Mi, Sol bécarre, Sol #, Si, Do #, si on compte les degrés, la forme est donc 1-3b-3-5-6 . Certains ont appelé cette gamme la « Soul pentatonique » car c’est une variante de la penta majeure, mais avec cette tierce mineure qui amène une sonorité caractéristique du blues. Cela ne vous rappelle rien? Comparez cette forme de pentatonique avec la gamme blues majeure décrite plus haut, vous constaterez qu’on est en plein dedans!

Donc au final, nous pourrions dire que la gamme blues majeure est un mix entre la pentatonique majeure et la Soul pentatonic.

En tous les cas, un nouveau terrain de jeu s’offre à vous et maintenant que vous connaissez les « Secrets » des 4 gammes d’improvisation les plus répandues vous allez sortir des Solos dignes des plus grands maîtres du style !! En tous les cas, je vous le souhaite !

Pratiquez, écoutez, expérimentez et surtout, prenez du plaisir !!

Introduction aux modes en musique

Si je vous dis dorien, phrygien, lydien, mixolydien, lydien, ionien etc… Vous me direz que vous n’êtes pas là pour coudre des bonnets révolutionnaires, revoir vos cours de grec, ou disserter des populations d’Asie centrale à l’antiquité j’imagine, et que vous ne voyez pas l’intérêt d’employer ces termes sur ce blog… Ne prenez pas peur, restez un peu et lisez tranquillement ce qui suit…

La théorie musicale, qu’est-ce que c’est barbant, ennuyeux, rasoir, relou diraient les jeunes… En effet, ce n’est pas toujours une partie de plaisir de s’atteler à un nouveau chapitre, j’en conviens, avec tout son lot de complexité, et il est plus facile et confortable de rester sur ses acquis…

Après-tout, quand on joue de la musique, on veut simplement se faire plaisir, « kiffer la vibe », s’amuser et obtenir du plaisir instantané en jouant sur un morceau, ou pour les amateurs de jazz, improviser et sortir le Chorus de Michael Brecker, de Cannonball ou de John Coltrane de suite…

La dure réalité de la vie est que cela n’est pas aussi simple… Et que pour y arriver, il faut apprendre encore et toujours pour enrichir sa culture musicale et faire sien des concepts les plus fumeux et toujours plus complexes… En apparence seulement car si on regarde sans stress, on se rend souvent compte que ce n’est pas si difficile qu’il n’y paraît…

Si vous êtes tombé sur cet article, c’est que vous avez déjà un niveau assez avancé de la musique, au moins une bonne culture générale ou que vous êtes très curieux et désireux de progresser dans votre pratique de la musique.

Alors mettez de côté tous vos a priori et soyez attentifs.ves à ce qui suit.

dressmaker smiling in white long sleeve blouse holding a scissors with measuring tape hanging on her neck

Qu’est-ce qu’un mode en musique ?

Sans vouloir faire de jeu de mot douteux, j’ai envie de dire que l’utilisation des modes en musique, n’est pas le nouveau truc « à la mode » chez les compositeurs, artistes ou grands improvisateurs… Et ce n’est pas non plus la nouvelle tendance sur insta pour devenir une « fashion Victim » !

En effet, l’utilisation des modes remonte à l’antiquité et ces derniers ont toujours été utilisés depuis que la musique existe… Le fait de dire que ce sont des modes n’est en fait que l’expression de l’intégration de ces pratiques dans la théorie musicale.

Mais rentrons un peu dans le concret.

Un mode, ce n’est ni plus ni moins qu’une gamme commencée à partir d’une note différente que sa racine, que sa note « d’origine ».

Pour le dire autrement (et de façon plus conventionnelle), un mode est obtenu à partir du moment où une gamme est commencée par autre chose que sa tonique.

Ce n’est toujours pas clair? Prenons un exemple :

Vous connaissez tous.tes la gamme de do majeur, non? Et bien appliquer les modes sur cette gamme consistera tout simplement à utiliser toutes les notes de cette gamme en partant de chacun de ses degrés.

Petit rappel sur les degrés… en effet, si vous ne maîtrisez pas encore cette notion, vous ne comprendrez pas grand chose à ce qui suit donc je vous conseille d’aller réviser par là :

De retour ? Ok ! reprenons alors !!

Un exemple plus visuel peut-être vous parlera plus :

Ci-dessus, vous avez la gamme de Do majeur, et avec inscrits en dessous en chiffres romains tous les degrés de cette gamme (du 1er au 7ème degré).

Maintenant, appliquons la définition du mode évoquée un peu plus haut, utilisons toutes les notes de la gamme de Do majeur, mais à partir du deuxième degré (à partir de la note ré).

Cela donnerait :

Et bien vous venez de créer un mode de la gamme de Do…

Faisons maintenant l’exercice sur le 6ème degré : on retranscrit les 7 notes de la gamme de Do majeur, mais en partant du 6ème degré (VI), en partant donc de la note La.

Cela amènerait à :

Vous pouvez constater que nous utilisons la même gamme majeure, celle de Do car il n’y a toujours pas d’altération à la clef, aucune note dièse ni bémol ! Et bien cette gamme partant de La est aussi un mode.

Que pouvez-vous en déduire? …… Musique bossa nova…………………………. petit solo de xylophone pour la concentration…..odeur du café fraîchement torréfié……………………………….senteurs chimique de hall d’hôtel pour stimuler le plaisir des clients………………..

Eureka !!!!!!!

Exactement ! chaque gamme majeure possède 7 notes, donc 7 degrés donc 7 modes !

Nous rentrerons un peu plus dans le détail de chacun de ces modes un peu plus tard… Le temps pour vous de digérer cette nouvelle révélation !

Donc, si je n’ai pas été trop mauvais, vous avez compris désormais ce qu’est un mode en musique…. Ok d’accord, mais quel intérêt de décaler la gamme majeure de cette manière? à quoi ça peut bien servir, si ce n’est se triturer le cerveau et inventer un nouveau concept théorique à utiliser dans les dîners mondains pour étaler toute sa culture musicale ?

A quoi servent les modes en musique ?

question marks on paper crafts beside coffee drink

C’est vrai que comme ça, on pourrait se dire que ces modes ont été inventés et créés artificiellement et qu’au final, ils n’ont aucune différence avec les gammes majeures habituelles puisqu’on utilise exactement les mêmes notes.

Détrompez vous ! et pour vous en rendre compte, faite l’exercice vous même sur la gamme de do majeur.

Jouez cette gamme en entier , de Do à Do et écoutez bien le son, la couleur de cette gamme. ……………………..Ça y est? C’est fait? C’est une gamme majeure, donc sa sonorité est plutôt joyeuse, chaleureuse.

Maintenant jouez cette même gamme mais de La à La (à partir du VIème degré) et écoutez bien la couleur …………….. Vous entendez la différence? Ne trouvez-vous pas que la sonorité est plus Mélancolique ?

Un autre exemple en partant du deuxième degré : jouez toutes les notes de la gamme de do majeur de Ré à Ré. Entendez-vous cette sonorité « Jazzy » ?

Vous avez entendu la différence ? j’en suis sur que oui ! Ces différentes gammes, ces différents modes, bien qu’ils utilisent strictement les mêmes notes, ils ont des couleurs différentes, et c’est là que réside tout l’intérêt de leur utilisation.

« Mais comment est-ce possible? Mon oreille et mon cerveau me jouent-ils des tours ?? Suis-je sujet à des hallucinations auditives ?? »

Non pas vraiment, je vous rassure. Le secret, c’est qu’en décalant les notes degré par degré, on décale aussi la structure de la gamme, ce qui a pour effet de placer les tons et les demi-tons différemment, et c’est cela qui crée cette différence de perception auditive et ces différences de couleurs.

Finalement donc, les modes en musique servent à enrichir le vocabulaire dans un morceau donné, en utilisant des couleurs différentes. Que ce soit en composition ou en improvisation, utiliser les modes permet de « moduler », d’amener un élément nouveau qui va sortir l’auditeur de son habitude, le surprendre, retenir encore plus son attention car on lui propose autre chose dans le cadre du même morceau.

Nous parlons de « couleur » musicale. Faites le parallèle avec la peinture : un artiste qui utilise les trois couleurs primaires uniquement sera-t-il capable de créer des oeuvre plus riches ou moins riches que celui qui utilise ces mêmes couleurs primaires mais déclinées en plusieurs nuances, voire techniques (fusain, aquarelle etc…). Ce sont les mêmes notes de couleur mais leur variété visuelle rendra l’oeuvre plus intéressante.

Après tout, un Bleu nuit, un bleu ciel ou un Bleu pétrole sont tous des bleus, mais ils ne provoquent pas la même émotion. Tout comme un Ré naturel un Ré dorien ou un Ré myxolidien sont tous des ré, mais leur sonorité apportera des ressentis différents et enrichiront votre composition ou improvisation.

J’espère que vous êtes allé jusqu’au bout de cet article, mais surtout, que vous avez désacralisé ce concept de mode en vous rendant compte, que ce n’est pas si difficile que ça, et que vous avez compris l’intérêt d’utiliser ces modes !

Dites le moi en commentaires !

A plus tard pour rentrer un peu en détail dans ces modes…

ii V i

Les 2-5-1 mineurs : les reconnaître, les comprendre et improviser dessus.

Bonjour toute le monde !

Voilà quelques semaines que je n’avais pas écris sur ce blog. Manque de temps, d’inspiration, de motivation? Je ne sais pas trop, peut-être un peu de tout ça.

Mais me revoilà ! Aujourd’hui je voudrais vous parler de la cadence ii-V-i ou 2-5-1 mineur.

Dans un précédent article, je vous partage les notions de base pour repérer les ii-V-I (2-5-1 majeurs) et comment jouer sur ces accords, notamment comment reconnaître la gamme majeure associée. Pour réviser, c’est par là :

Aujourd’hui donc, nous allons reprendre globalement la même chose, mais les gammes à utiliser pour improviser seront un peu différentes.

Si tu as besoin de réviser un peu, je t’invite à aller lire ou relire les trois articles ci-dessous et à revenir vite ici pour connaître la suite.

Si tu es déjà au fait de ce que sont les accords de l’harmonisation des gammes majeures, de ce que sont les accords « 7 » en Jazz et que tu maîtrises les 2-5-1 majeurs, tu peux passer à la suite directement.

Quelques révisions…

Application : construire l’harmonisation de la gamme mineure naturelle

person standing near brown welcome on board printed floor map

Pour comprendre ce qui se passe avec les ii-V-i mineurs, refaisons une harmonisation de la gamme mineure naturelle un utilisant la même méthode que pour la harmoniser la gamme majeure.

Et pour cela, nous prendrons l’exemple de la gamme de La Mineur naturelle.

1. Ecrivez sur du papier à musique toute les notes de la gamme de la mineur (la si do ré mi fa sol) :



2. Sous chaque note, notez le degré correspondant (première note = premier degrés, deuxième note = deuxième degrés…):

3. A partir de chaque degrés, empiler les triades pour créer les accords jusqu’à avoir 4 notes :

4. Caractériser chaque accord en déterminant la nature des tierces :

Pareil, si vous avez besoin de réviser ici, je vous renvoie à l’article sur les intervalles :

Revenons donc sur notre harmonisation et caractérisons nos accords en déterminant la nature des tierces , sur la gamme de la mineur :

Premier degré, La (I) = il y a trois tierces empilées : la-do (tierce mineure car 1, 5 tons), do-mi (tierce majeure car 2 tons), mi-sol (tierce mineure car 1,5 tons). 3m-3M-3m : nous avons donc un accord min 7, La min7 (Am7).

Deuxième degré, Si (II) = même exercice, regardons les tierces : si-ré (tierce mineure), puis ré-fa (tierce mineure) et enfin fa-la (tierce majeure). 3m-3m-3M : nous avons donc un accord de septième semi diminué. L’accord Mineur 7 quinte bémol ou semi-diminué peut s’écrire de plusieurs façons (m7b5 ou ∅). Pour improviser sur ces accords ∅, nous choisirons souvent la gamme mineur harmonique, en mode dorien. Nous verrons les modes plus tard, mais pour l’instant dites vous que comme le Bm7b5 est le deuxième degré de la gamme de la mineur, c’est la gamme mineur harmonique de La que nous utiliserons 😉

Troisième degré, Do (III) : do-mi (tierce majeure car 2 tons), puis mi-sol (tierce mineure car 1,5 tons), puis sol-si (tierce majeure car 2 tons. 3M-3m-3M = sous sommes sont sur un accord Majeur 7 (DoM7)

Quatrième degré, Ré (IV) : ré-fa (tierce mineure), fa-la (tierce Majeure), la-do (tierce mineure). 3m-3M-3m, nous sommes donc un un accord min7, Ré min7 ici (Dm7)

Cinquième degré, mi (V) : mi-sol (tierce mineure), sol-si (tierce majeure), si-ré (tierce mineure). 3m-3M-3m, nous sommes donc sur un accord min7 , Mi min7 (Em7).

Sixième degré, fa (VI) : fa-la (tierce majeure), la-do (tierce mineure), do-mi (tierce majeure). 3M-3m-3M donc nous avons un accord Maj7, Fa Maj7 (FM7).

Septième degré, Sol (VII) : sol-si (tierce majeure) puis si-ré (tierce mineure) et enfin ré-fa (tierce mineure). 3M-3m-3m, c’est un accord 7, Sol 7 (G7).

Pour ancrer ces notions bien dans votre mémoire, je vous invite à faire l’exercice pour chaque gamme, cela vous habituera à compter les tierces, à trouver leur nature et donc caractériser vos accords. C’est une gymnastique un peu fastidieuse mais pas si compliquée au final quand on suit étape par étape.

Puisque je suis toujours un gars sympa, je vous mets le tableau complet, mais vraiment, faites l’effort, cela vous aidera à avoir des automatismes pour la suite.

Nous retrouvons ici tous nos degrés de 1 à 7, en en empilant nos triades sur les notes de la gamme mineure naturelle, nous obtenons des accords caractéristiques de chaque degré.

Passons à la pratique : Comment improviser sur un ii-V-i mineur?

brass saxophone on white plastic chair

Un ii-V-i mineur sera donc une suite d’accords enchaînant le second et le cinquième degré d’une gamme et finira par le premier degré d’une gamme mineure.

Attention, il y a quand même un petit piège… En effet, si on se réfère au tableau ci-dessus, les cinquièmes degrés des gammes mineures doivent être eux aussi mineurs.

En pratique, pour repérer un 2-5-1 mineur, nous n’allons pas faire attention à la nature du degré 5. En sommes, peu importe s’il est mineur.

La plupart du temps, on repèrera plutôt le second degré qui est un accord bien spécifique, comme nous l’avons vu plus haut, c’est un accord semi-diminué, soit un accord min7 quinte bémol, noté sur les grilles m7b5 ou ∅.

Repérez l’accord ∅ dans une progression. Considérez-le comme un deuxième degré et donc déduisez-en la tonique (le premier degré). Si l’accord qui suit est un cinquième degré de cette même tonique (peu importe si l’accord est majeur ou mineur), vous êtes en 2-5-1 mineur.

Sur cette progression, vous pourrez jouer, la gamme pentatonique mineure, la gamme blues, la gamme mineure naturelle évidemment, mais surtout, la gamme mineure harmonique. Cette dernière à un petit côté oriental qui ne passe pas inaperçu lors d’une phrase musicale, en l’utilisant, vous ferez votre petit effet à chaque fois ;-).

Un article sera rédigé plus tard sur les gammes mineures, mais en anticipation, voici comme construire la gamme mineure harmonique : l’exemple est la la gamme de La mineur harmonique, mais la construction est la même pour toutes les tonalités, à reproduire donc selon vos contextes :

Voilà pour cet article un peu long, mais assez récapitulatif de plusieurs concepts vus précédemment.

Maintenant que vous avez le savoir, il faut pratiquer, pratiquer, pratiquer…. C’est à dire, analyser vos grilles, repérez les accords, compter les degrés pour trouver les tonalités, puis utiliser les bonnes gammes, selon la progression d’accord dans laquelle vous vous trouvez.

Je vous souhaite bon courage dans votre apprentissage !